19/11/2017

Chilouvision : La Mort et le Poulailler

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Depuis des années qu’on se pratique, tu dois commencer à savoir comme je suis fait, ma routinière, mon expérimentée, ma blasée en blazer : vu qu’il y avait un bout de temps que tu n’avais plus eu le plaisir de t’abreuver à mon savoir encyclopédique – t’inquiète, je porte des protège-tibias même quand j’écris – tu avais nécessairement supputé que j’allais te produire une belle Chilouvision, avec plein de calembours en Bresse, de feintes à pas lire la nuit et de jugements derniers.

C’est effectivement ce que j’avais en plan quand je me suis connecté à mon compte Twitter. D’habitude, je ne fais ça que quand je suis tracassé par une pointe de constipation car il y a plein de trucs qui paraissent là-dessus et qui me font chier, mais cette fois, c’était seulement pour le plaisir de trouver quelques jolies piquetcheures destinées à illustrer mon propos – car je sais que quand il n’y a que du texte, ton attention se relâche après trois lignes et demie, ma dissipée, mon impatiente, mon approximative.

Or donc, ce faisant, et entre deux récriminations de masculinistes radicaux qui s’engueulent avec des homosexuels lesbiens en train de harceler des féministes antiporcines aux prises avec des pornocrates gauchisants, eux-mêmes en butte à la sournoise vindicte de hooligans catholico-musulmans de la troisième génération, deuxième porte à gauche au-dessus de l’escalier, il y a du papier, je tombe sur un avis.

171118 Chilouvision La Mort et le Poulailler (Mouscron - RSCA 1-2) 2.jpgUn bête avis, sans rien autour, pas de photo, pas de grands mots, pas de long récapitulatif de sa carrière, que dalle. Malcolm Young est clamsé. Comme ça, paf, en plein dans ta gueule : ni tambour, ni trompette, ni fleurs, ni couronne. Il a passé l’arme à gauche à 64 ans, tchaow, mes riffs de guitare ravageurs, tu te les rentres dans le cul, moi je lâche la rampe, à plus tard, si tu le vois tu lui dis, sinon tu en prends deux, essaie d’avoir un prix de gros, on les mettra à côté des autres.

Forcément, ça m’a un peu coupé la chique : j’adore la musique d’AC-DC et leurs jeux de mots sexo-ringards depuis quarante ans. On savait évidemment que Malcolm Young souffrait de troubles mentaux. Pour le dire franchement, on avait toujours soupçonné qu’il avait de temps en temps deux fils qui faisaient contact alors qu’ils n’auraient pas dû. Mais de là à imaginer que ça finirait par avoir sa peau...

Même pour des rockstars archi-milliardaires, vieillir jeune et en bonne santé, c’est un peu le parcours du combattant, ma rhumatismale, mon arthrotique, ma déficiente mnémonique. On s’y attache, on ne bouffe plus de bidoche, on surveille son poids, son cholestérol, son sucre, on bouge son vieux corps le plus possible, on ne picole plus que dans des grands moments, on compte les clopes qu’on fume et tout ça, mais on le sait un peu trop bien : on est plus proche de la fin que du début.

On baise trop peu aussi, mais bon, on a le Sporting, ça compense. Quoique...

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Reconnaissons que pour avoir droit à un soupçon de vague sensation érectile après la première mi-temps qu’on a vécue ce samedi soir, on aurait eu besoin de s’avaler toute une boite de Viagra – la maison Concarneau, ancienne maison de confiance, accepte les dons en nature en compensation de la pub que je vous fais, bande d’ingrats, merci de déposer les colis à mon attention au bistrot d’en bas, j’ai autre chose à faire qu’attendre le facteur.

Rien de bien étonnant en fait, d’avoir la bande hésitante à observer la composition concoctée par Ketchup Vanhaezebrouck : je suis prêt à te parier ton corset anti-scoliose contre une biroute en plastique véritable qu’il trouvera encore autre chose au prochain match afin de réussir à maintenir Kums dans l’équipe. Admettons que ce bon vieux Sven – il finira par faire partie des meubles, au même titre que le buffet de ta mère qui encombre le salon depuis des siècles – n’a pas disputé son pire match depuis le parachutage de son grand protecteur à la tête de l’équipe. Malheureusement, cela ne signifie pas qu’il a été bon, ni surtout, qu’il eut un volume de jeu satisfaisant pour le rôle qu’il est supposé tenir. Et cela n’enlève rien à l’incongruité de voir Trebel jouer les numéros dix alors qu’il est visiblement bien plus à l’aise et plus efficace un cran plus bas.

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Vu que Stanciu refait seulement surface et que Hanni avait obtenu le droit d’assister au match du banc de touche, le Sporting souffrit donc de ce qu’il est convenu d’appeler « un déficit de créativité ». Bien sûr, et comme on le remarquera sur la screen capture ci-dessus, le match aurait changé de look si, au lieu d’un écran riquiqui planté sur le bord du terrain afin de répercuter les images sélectionnées par des planqués installés sur leurs derrières dans une camionnette à la con, on avait pu disposer de la « goal line technology ». La mauvaise foi de l’imbuvable Delire n’y changera rien – please, que le Sporting ne prenne aucun point en Champions League, qu’on ne doive pas se farcir l’image de ce déplorable à poil –, il est patent que le ballon avait franchi entièrement la ligne sur la reprise de volée d’Henry On-A-Couru.

Quelques minutes plus tard, Bruno aurait fait 0-2 et les carottes auraient été cuites : forcés de se déployer au lieu de se regrouper en défense pour partir en contre, les Mouscrurlus auraient ouvert un peu plus d’espace dans leur camp, s’exposant à une punition comme tu les aimes, ma mère-verse, ma disciplinable, ma cochonnette en massepine.

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À la reprise, le Sporting montrait un peu plus de mordant, mais Trebel ne parvenait pas à joindre Stanciu, parti assez bizarrement en profondeur alors qu’il lui adressait un ballon dans les pieds. Rageur comme toujours, le pit-bull rouquin revenait à toute allure en défense... pour se fendre d’une remise dans l’axe parfaitement suicidaire : quand c’est pas le jour, c’est pas le jour, donc. Pas que Trebel fût l’auteur d’un mauvais match, mais tout simplement, à force de faire tourner tout le monde autour de son translucide Kums, Ketchup est en train de désorienter ses joueurs.

Heureusement, alors que l’on se baguenaudait pesamment vers un partage qui n’aurait pas été immérité pour les Mouscrontus mais qui n’arrangeait absolument pas le Sporting, Hanni retrouvait sa place et y allait d’une ouverture lumineuse pour Henry : c’était 1-2 et tu pouvais enfin te rassoir afin de soulager tes varices, ma vieillasse, ma décatie, ma moribonde.

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Dire qu’on gardera un souvenir impérissable de cette rencontre reviendrait indiscutablement à faire preuve d’un optimisme délirant... Et pourtant, on aura noté la prestation très encourageante de Massimo Bruno, malheureusement trop souvent servi dans les pieds par Josué alors qu’il n’est jamais aussi bon que quand on le lance le long de sa ligne, et surtout de Leander Dendoncker qui semble enfin retrouver son punch de la saison passée. Parallèlement, on reverra avec intérêt Stanciu dans un rôle de titulaire : on sait parfaitement qu’il est capable de bien mieux que ce qu’il a montré ce samedi, mais il me parait limpide qu’il a besoin de temps de jeu pour redevenir lui-même.

Toutefois, comme il est apparu clairement dans la foulée, que ce Sporting a besoin de Hanni, il y a nécessairement quelqu’un qui devra sauter dans l’entrejeu. Étant donné que l’on sait d’ores et déjà que ce ne sera pas Kums, les paris sont ouverts.

–––

Je m’en voudrais de terminer sans mentionner la prestation de David Goffin aux Masters de Londres. En vérité, j’ai été vachement surpris par sa victoire face à Roger Federer en demi-finale : le Suisse l’avait tellement balayé durant le premier set que j’avais considéré que j’avais des choses plus importantes à faire que de continuer à mater un match si déséquilibré. Quoi qu’il en soit, pour continuer de me comporter comme un vieux con, je rappellerai à chacun que le match réellement important, sera la finale et que pour ceux qui n’ont pas payé leur facture chez VOO, elle sera diffusée sur BBC 2 (match ce dimanche 19/11 à 19:00).

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31/07/2017

Naaah, j'déconne (Saison d'œufs : Le Martyre d'un Surimi cacochyme)

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Chiffre préféré des carnivores frustrés – car qui mangue un neuf, papaye un bœuf –, le 9 est d’autant plus plaisant qu’il s’est fait la coupe au carré de 3 et que, ainsi que c’est le cas pour ce dernier, dans le système décimal, un nombre est divisible par neuf (trois) si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 9 (3).

Ainsi donc :

738 ==> 7+3+8=18==> 1+8=9

[738 est divisible par 9]

741 ==> 7+4+1=12==> 1+2=3

[741 est divisible par 3]

Tu dis ? Tu trouves ça cool ? Oué, moi aussi. Mais ne te fatigue pas : 3 et 9 sont les seul nombres avec lesquels ça fonctionne.

Par ailleurs, je ne sais pas si on enseigne encore beaucoup le calcul mental en classe, mais toujours est-il que tu te souviens peut-être de la preuve par 9, ma surannée, mon antiquité, mon antédiluvienne : en simplifiant une multiplication ou une addition par l’addition des chiffres composant ses facteurs (termes), on peut vérifier si une opération n’est pas fausse. La preuve par 9 permet en effet de savoir si une opération effectuée est fausse ; pas si elle est juste. Si tu te souviens vaguement du truc mais qu’un peu plus de détails te rappelleraient tes années d’école primaire avec un doux sourire : clique.

Parallèlement, dans la recherche d’erreurs, 9 joue un rôle intéressant. Ainsi, quand les additions de deux séries de nombres seraient supposées donner le même résultat mais que ce n’est pas le cas et que la différence est divisible par 9, c’est qu’un nombre a été écrit en inversant deux chiffres dans une des deux colonnes.

Ainsi :

21+10+32 = 63

11+20+23 = 54

Plait-il ? « C’est ridicule de s’encombrer le cerveau avec ces conneries alors qu’on a tous une calculette parmi les applications de notre smartphone et que désormais, les colonnes de nombres, ce sont les ordinateurs qui les additionnent » ?

Ouais, tu as sûrement raison. Encombre-toi plutôt le cerveau avec autre chose.

 

24/04/2017

Chilouvision : C'est un peu court, jeune homme

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Ce jeudi soir, je me suis souvenu des tourments de mes 15 ans et de la visite que j’avais rendue à une accorte dame qui avait sérieusement tapé dans mes économies avant de me débraguetter pour me lancer un regard dépité : « C’est un peu court, jeune homme ». Heureusement pour mon orgueil de mâle en devenir, qu’elle s’était léché les lèvres avant de me lâcher un « Ne t’inquiète pas, je vais arranger ça » qui m’avait échauffé le cerveau jusqu’à pas loin de l’ébullition...

Un peu partout, tu auras pu lire des commentaires élogieux à propos du Manchester United – RSC Anderlecht de ce jeudi 20 avril, mon avide, ma glorieuse, ma déçue. Et un peu partout, tu auras rencontré des phrasettes qui t’auront confortée dans une impression que l’on pourrait résumer par « déçue, mais fière ».

Tu me connais évidemment, et tu sais comment je suis fait : chez moi, après une telle rencontre, la déception l’emporte sur la fierté. Si j’ai effectivement apprécié la combativité et l’esprit des Mauves – exactement comme lors du match aller de la semaine dernière –, je ne peux pas me satisfaire des déclarations de Mourinho, qui a osé dire que le Sporting avait dominé Manchester pendant une heure.

Car j’ai vu, au contraire, une équipe anglaise qui, certes restait extrêmement attentive et concernée par le match, mais qui n’en faisait pas moins quelque peu joujou avec nos velléités offensives, et qui, de plus, fit preuve d’une certaine inefficacité au plan de la finition. Voyons les choses en face : si les attaquants mancuniens avaient montré autant d’habileté que le reste de l’équipe, on se prenait une branlée. Un peu comme La Gantoise à Tottenham il y a quelques mois... Tu dis ? Les Gantois avaient fait match nul à Londres ? Oui en effet. Mais tu m’excuseras certainement si je te rappelle qu’ils avaient vraiment eu le cul bordé de nouilles, pour le dire crument tout en restant pourtant dans l’euphémisme.

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Là-dessus, je t’entends maugréer jusqu’ici : « Ouais, mais si on compare les budgets », « T’as un peu vu quelle clique de superstars ils alignaient ? », « Franchement, c’est quand même pas mal de les avoir forcés aux prolongations », et compagnie.

Je te concède tout ça. Il n’en reste pas moins qu’on s’est fait éliminer et que c’est ça que retiendra l’histoire, bien au-delà de quelques petits grincements de dents du genre « M’enfin, pourquoi avoir remplacé Hanni[1] qui justement, pétait des flammes » ou autres « C’est malheureux à dire car on les adore, mais Bruno ne fut pas à la hauteur et la condition physique d’Acheampong me laisse un peu sceptique ».

Le seul véritable profit sportif que l’on peut tirer de rencontres de ce genre se situe ailleurs que dans les gazettes. D’une façon générale, on n’a pas été trop inférieur à Manchester. On n’a toutefois, pas (encore ?) tout ce qu’il faut pour remporter de tels matches. Or c’est en en disputant tant et plus que l’on pourra grandir.

Dès lors, vivement la Ligue des Champions de la saison prochaine. Mais pas pour ce qui concernera les matches de poule, où une défaite à l’extérieur reste un résultat que l’on peut compenser par une victoire à domicile : vivement février 2018, pour les duels à élimination directe ! Et non plus par rattrapage en Europa League, please : il faudra sortir des poules à la 1ère ou à la 2ème place, car qui n’avance pas recule !

Plait-il ? Ah oui, juste... Il faut encore qu’on se qualifie pour la Champions League. Et notamment en bouffant du Boer ce dimanche... Bon appétit !

 

[1] À en croire une info diffusée par RSCA.be, Sofiane serait blessé et douteux pour le match de ce dimanche 23. Si cela s’avère, on espère vraiment que ce n’est pas grave : a priori, on avait pensé que Weiler le faisait sortir pour le ménager...

05/09/2016

Chilouvision : Les supporters les plus cons du monde

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Qu’on se mette bien d’accord : je n’ai jamais rien eu contre Marc Wilmots. Même si je n’ai jamais rien eu pour non plus. Mon sentiment de base a toujours été qu’il n’en connait pas assez au plan du football pour entrainer un grand club, ni a fortiori, une équipe nationale – à l’exception probable de celle de Saint-Marin – mais bon, regardons la vérité en face : moi non plus.

Toujours est-il qu’une fois Leekens confronté à un noyau qui lui jetait tous les jours à la face qu’il n’avait jamais été qu’un minable défenseur – lire matraqueur – brugeois de l’époque la plus Boerechtig de l’histoire de ce club déplorable, Wilmots fut le seul à en avoir suffisamment dans le falzar pour permettre à son prédécesseur d’aller soigner son égo meurtri.

Faut-il le dire ? Cela fonctionna. Pas à 100%, car contre l’Argentine à l’été 2014, par exemple, on n’eut pas l’air très malin : le système ‘Allez les gars, on va mord’ dins leurs coillons nondidju en voor de Vlamingen, hetzelfde’ montra en effet quelques limites. Mais un fait vaut plus qu’un premier ministre – surtout celui qu’on a – et les détracteurs de l’ancien avant de choc de la Bundesliga, ont le droit absolu de la fermer : au départ d’une clique d’incertains et de timorés, le Tracteur de Dongelberg créa un groupe qui fit de la Belgique la 1ère nation du football mondial, amen.

Les premières vraies fissures remontent à peu avant l’Euro 2016 : d’un entrejeu faiblard en termes numériques, dessiné afin de rendre indispensable la présence de Witsel, à la sélection ridicule de Jean-François Gillet ‘pour l’ambiance dans le vestiaire’, on eut vite compris qu’on n’allait pas en France pour la gagne. Pis : la plupart des joueurs retenus aussi ! Jouant petitement sur le copinage dans une atmosphère de fin de règne, Meunier et Witsel profitèrent de leur statut d’incontournables pour aller négocier leurs contrats à quelques encablures du crucial Belgique – Pays de Galles, donnant aux autres le sentiment que tout était dit d’avance et qu’il n’était plus l’heure de se déchirer les tripes pour continuer à se faire chier au beau milieu d’une ambiance globale que les attentats terroristes avaient rendue délétère.

 

On ouvre une petite parenthèse à ce moment, et on met l’accent sur un phénomène qui ne semble pas avoir frappé les médias : dès les qualifications pour l’Euro 2016, le profil des supporters des Diables Rouges a changé, ainsi qu’en témoigna les pénibles ‘Oooooh, enculaÿ, fils de prostituaÿe’ enregistrés face aux gentils amateurs andorrans. Là où, auparavant, on retrouvait un peu de tout, y compris une petite chaudasse avide de se montrer le plus possible afin de conclure un contrat avec l’une ou l’autre agence de pub, se dresse soudain un mur : celui des supporters d’un club bien connu de la Jupiler Pro League – à l’étranger, on a oublié de qui il s’agit – et qui, désireux de se retrouver un groupe gagnant, se peignent soudain la tronche en tricolore.

Faut-il le dire ? Je méprise fondamentalement ces navets qui ont trop souvent usé de moyens aussi illégaux que minables pour permettre à leur équipe de bras cassés de remporter des matches alors qu’elle était promise à une défaite humiliante. Je vomis tout autant leur propension à porter aux nues des bidons pour descendre froidement des joueurs au simple motif qu’ils n’émanent pas des bonnes couleurs – alors qu’ils évoluent pourtant à l’étranger depuis longtemps.

 

Souhaitons par conséquent beaucoup de courage à Roberto Martínez qui n’a probablement pas soupçonné qu’il mettait les orteils dans un véritable panier de crabes.

Car non seulement, il se prend d’emblée une volée de critiques à l’issue de trois entrainements suivis d’un match amical contre l’Espagne, mais de plus, pour éviter de se mettre à dos le public le plus con du monde, il va devoir :

!  Continuer à se coltiner un Witsel complètement ramolli par des années passées à glander dans un championnat complètement dévalorisé. Ce n’est un secret pour personne que j’ai du mal à encaisser la présence continuelle de ce gros glandeur. Mais pas des suites d’un évènement crapuleux appartenant à un lointain passé : parce qu’il n’apporte rien, comme il l’a encore montré ce jeudi soir en n’ayant aucune réponse à apporter à l’emprise de l’entrejeu espagnol.

!  Éviter à tout prix de sélectionner un Defour requinqué par deux saisons réparatrices au Parc Astrid. Après un temps indéfini passé à se remettre de son chômage portugais et de blessures à répétition, Steven a retrouvé du temps de jeu au Sporting, avec un bonheur à géométrie variable. Mais en définitive pas en vain, ainsi qu’en témoigna sa bonne entrée en matière en Premier League. Hélas, pour les débiles mentaux, il a renié ainsi son passé Rouche et ces ânes footballistiques ne sont pas prêts à le lui pardonner : ils se fichent de voir les Diables gagner. Eux, ce qu’ils veulent, c’est voir certains joueurs (ne pas) jouer.

!  Accepter de voir les pelouses amochées par la bonne dizaine de kilos superflus trimballés par un Hazard que ses performances sporadiques en club rendent intouchable. Cela fait maintenant des années qu’Éden se traine quand il joue avec les Diables alors qu’il brille dans le très dur championnat anglais. On a connu suffisamment de tels joueurs, magnifiques avec leur club, mais incapables de répéter leurs exploits en équipe nationale...

 

Quant à nous... Eh bien, tout ce que l’on espère, c’est que les performances des Diables Rouges continueront sur leur lancée actuelle, de façon que leurs supporters de l’heure, ne se trouvent plus de – mauvaises – raisons de nous rendre honteux de l’amour que nous portons à une équipe qui vaut définitivement mieux qu’eux. Et tant pis si cela passe par des défaites : en tant que supporters, on en a ras le bol de se voir assimiler à un effroyable ramassis de décervelés dénués de la moindre once de respect humain. Comme du temps où Defour se ramassait des gobelets de bibine sur le portrait !

06/03/2016

Chilouvision Camions League -1 : Corruption

#rmpand, #coym

A priori, sur ce blog, je cause principalement des matches du Sporting, donc. Toutefois, un problème se pose à partir du moment où il n’y a rien à en dire : féroce contre Olympiakos, grand contre le Standard, et les deux fois en dépit d’un arbitrage défavorable, les Anderlechtois sont petits face aux nains du championnat belche. Les exemples sont multiples et donnent la rage : 2 points sur 6 pris contre Malines, une défaite après un match bâclé à Courtrai en Coupe, idem à Beveren, rebelote à Mouscron, etc.

Après évidemment, être sortis d’un groupe de feu en Europa League, après avoir pris 6 points sur 6 contre Bruges, après avoir renvoyé Olympiakos à ses feuilles de vigne farcies...

Mais justement, à propos du match disputé en Grèce contre ce dernier club : l’ineffable Marc Delire avait tenu des propos extrêmement durs à l’encontre de l’arbitre nord-irlandais Hunter, l’accusant de s’être laissé corrompre. Personnellement, j’avais plus le sentiment d’un mec dépassé par la vitesse et l’intensité du jeu développé par les deux équipes et impressionné par la pression du public : avec un arbitre acheté, on n’aurait jamais gagné cette rencontre et de plus, il n’aurait certes pas fermé pudiquement les yeux sur le pénalty flagrant commis par Dendoncker.

Mais visiblement, on rengaine vite fait les commentaires au couteau à partir du moment où on revient en Belgique : le comportement scandaleux d’un public qui fausse des rencontres (au pluriel !) tournant en défaveur de son équipe ? On passe ça au bleu : un match à huis clos – étonnant que l’on n’ait pas précisé ‘à l’extérieur’ ! – et rien, que dalle, schnoll, nitchevo pour redresser le résultat faussé. Charleroi ? Dins ’s cul !

Deux penalties oubliés – dont une faute de main archi flagrante – lors d’un Anderlecht – Standard qui se terminera sur un partage à mourir de rire dimanche dernier. Puis, ce samedi, ça :

#rmpand, #coym

Le Standard – encore et toujours – prend l’avance sur son voisin limbourgeois sur une phase où pas moins de quatre joueurs sont en position hors-jeu. Or, vu la trajectoire donnée au ballon, il est inévitable qu’un de ces quatre joueurs le disputera. En écarquillant convenablement tes jolis yeux, tu remarqueras, tout en haut de l’image, le placement impeccable du juge de ligne et tu en déduiras qu’il est réellement improbable qu’il ne lève pas son drapeau... Et pourtant !

De tout temps, les fins de saison ont été propices aux petits arrangements entre amis : dans le ventre mou du classement, se retrouvent des équipes qui n’ont plus rien à gagner ni à perdre. On n’est plus complètement dans ce cas de figure depuis qu’ont été instaurés les play-offs, encore que, par exemple, les gens qui dirigent Mouscron – en sous-main car règlementairement, leur activité d’agent leur interdit d’apparaître dans le cadre dirigeant d’un club – furent pour beaucoup dans le gros transfert de Mitrovic à Newcastle l’été dernier. Rien ne dit dès lors, qu’ils ne pourraient pas encore rendre de signalés services au moment où se concrétiseront des départs comme ceux de Praet ou de Suarez.

Plus que cela toutefois, c’est réellement le favoritisme éhonté dont bénéficie le Standard qui interpelle durement : nul doute que sur un plan commercial et télévisuel – donc publicitaire –, l’absence d’un club wallon dans les play-offs 1 porterait préjudice aux entreprises qui font du pognon avec le foot. On commence à mieux piger l’indignation sélective du Marc Delire dont je te parlais ci-dessus !

Mais moi, je vais au stade ou je mate des matches à la télé pour voir du foot. Pas des machins arrangés entre amis ou de manière à sauvegarder les intérêts de grosses sociétés qui de toute façon, s’organisent toujours pour ne payer que des impôts symboliques sur les profits que je leur fais réaliser.

–   Alors quoi ? », me diras-tu.

Ben, ch’sais pas. Je suis un peu beaucoup dégoûté, là : tout le monde a été soulagé de voir sauter Blatter, Platini et quelques autres. Mais on est vraiment fondé à se demander s’ils n’ont pas fait des émules en Belgique.

 

*        *

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En attendant, au classement, on remarque que le ventre mou s’élargit, surtout si on y adjoint les équipes déjà assurées de disputer les play-offs 1.

#rmpand, #coym

Dans le bas du tableau, j’aimerais beaucoup voir descendre Saint-Trond : c’est l’équipe qui marque de loin le moins de buts et de plus, elle fait chier tout le monde avec son synthétique et son Duchâtelet de président fantôme. Malheureusement, cela n’a pas trop l’air d’en prendre le chemin...

 

17/01/2016

Chilouvision - Camions League -8 : Deux vieux cons

 

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Ben oui... C’est à ça qu’ils ressemblent, à 66 ans à eux deux... C’est d’une tristesse infinie, mais c’est la stricte vérité : deux mecs avec des vraies couilles, qui se battent à chaque match, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes, qui restent concentrés d’un bout à l’autre de la rencontre... Alors que les autres s’en foutent.

Perdre à La Gantoise ? Contre un club qui se prétend lui-même le meilleur de Belgique, reléguant négligemment la gloire du Sporting dans les oubliettes de l’histoire ? So fucking what !

–   On a joué une bonne seconde mi-temps...

Sans inscrire aucun but, avec un entrejeu où on en était réduit à espérer que l’introduction de Conté allait apporter un minimum de... De quoi, en fait ? De punch, de créativité, d’allant ? On en rirait si on avait le cœur à ça...

Dès l’affichage de la composition de l’équipe, on avait pigé. On avait compris qu’Hasi n’avait rien compris : pas besoin d’être un professionnel du foot pour savoir que le flanc gauche gantois est réputé pour sa vivacité. Et donc, pour contrer cela : Michael Heylen déguisé en back droit – après l’expérience ridicule de Nathan De Medina à la même place face à Vitesse.

Ou encore, un arrière central rarement titulaire et pas renommé pour sa vitesse de course, contre le flanc gantois Asaré – Rafinha, dédoublé et ultra-rapide... Même un apprenti entraineur de D8 luxembourgeoise aurait trouvé mieux. Mais en vouloir à Heylen pour sa mi-temps catastrophique reviendrait à se tromper de cible, un peu comme si on faisait jouer Acheampong comme keeper avant de se plaindre de son mauvais rendement.

Même constat pour Praet, qui a pratiquement toute une demi-saison, joué déporté sur l’aile gauche ; et que l’on replace au centre avec pour mission de faire exactement l’inverse de tout ce à quoi on l’a habitué : attaquer, distribuer le jeu dans l’axe, jouer près de Suarez, et ne pas trop défendre.

Parce que pour défendre, on mise tout sur le top absolu, l’espoir reconfirmé du football belge, le dénommé Youri Tielemans, idole absolue de tous et qui, depuis de longs mois, ne fait rien d’autre que faire chier tout le monde du haut de son agaçante suffisance, de son manque de concentration qui lui fait louper des passes à quatre mètres, de sa grotesque lenteur à manier le ballon qui en fait une proie facile pour ses opposants.

Le résultat fut net, et particulièrement après une première mi-temps où le Sporting fut balayé comme s’il était face à un clone barcelonesque de l’équipe nationale allemande : une multitude de ballons perdus avant même qu’ils ne dépassent le rond central, des relances systématiquement dans les pieds adverses, des attaquants réduits au rôle de spectateurs...

Puis on ose te dire « On a joué une bonne seconde mi-temps » ! Sans paraître s’émouvoir du fait que les Gantois avaient désormais le choix : soit s’époumoner pour le vain plaisir d’augmenter leur avance, soit un peu laisser venir leurs adversaires, histoire de montrer à tous qu’ils n’avaient rien dans le ventre.

Vas-y, Besnichou, continue comme tu es lancé, et laisse souffrir en pure perte un Trézéguet vidé, et aligne Dodi sur le banc, et ne t’emmerde pas à aller voir comment fonctionnent des Bourard, Matthijs, De Medina (dans l’axe, donc !) and co. Mais surtout, prépare déjà l’une ou l’autre phrase intéressante que tu pourras sortir quand, à la mi-mars, le Sporting se retrouvera dans les play-offs 2 ! Avec une petite chance de les remporter si tu parviens enfin à articuler une équipe de façon cohérente, et surtout, si tu réussis à la motiver – ce qui fait partie de ton job, jusqu’à plus ample informé.

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Herman ! Au secours ! Et ne viens pas nous dire que Delferière n’a pas sifflé son meilleur match ce dimanche, même si c’est la vérité : il y en a d’autres que lui qui m’ont fait mal aux yeux.

 

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22/05/2015

Camions League 9 : Miroir, miroir, génie de mon miroir...

 

On ne va pas se le cacher : même s’ils se sont trop longtemps dissimulés derrière une façade de gentils outsiders aux ambitions limitées, les Gantois ont mérité leur titre. Et par corollaire, leurs concurrents, pas.

Quand le Sporting termina sa rencontre face au Standard avec un pauvre point produit par un partage bien mièvre, on a cru à un mauvais rêve. Puis on s’est dit « Merde, on ne peut pas être champion chaque année, au moins la deuxième place représentera un lot de consolation acceptable ». Mais les mauvais rêves sont comme les calbars trop serrés : il faut savoir en sortir. Quitte à se les arracher de force !

Dans la sagesse populaire, ça s’appelle ‘se remettre en question’ ; ‘croire en soi et faire face’ ; ou encore ‘se sortir les doigts du cul’. Et non s’enrouler dans la chaleur malsaine d’une couette maléfique, en attendant de les voir revenir. Ou que tes couilles s’atrophient.

C’est malheureusement ce qu’il s’est passé. Avoir tout en main et avoir cru que cela suffirait pour réussir, il faut bien que tu te l’avoues, mon accusée, ma coupable, ma condamnée : c’est très con. Cela correspond à un terrain que tu aurais préparé avec amour, tout en négligeant d’inviter des équipes à venir jouer dessus. À un cocktail merveilleux que tu te serais composé et que tu oublierais de boire. À une nana que tu aurais chauffée à blanc avant de lui tomber endormi sur le ventre... Quoi ? C’est pas le moment de causer de cul, tu n’as pas la tête à ça ? Soit, mais de quoi on va causer alors, puisque le football c’est foutu et que la bibine est éventée ?

Des caliméros ? Ah, ben, il faut savoir regarder les choses en face : on pourrait très vraisemblablement trouver des excuses aux Mauves en cherchant bien et en s’armant d’une dose raisonnable de mauvaise foi. Mais ce n’est vraiment pas de cette façon que l’on pourra tirer de cet échec – appelons un chat une chatte – les leçons qui conviennent. Or il y en a à tirer, et le simple fait de devoir bien admettre que, de toutes les équipes engagées dans ces play-offs, celle du Sporting était la plus talentueuse, le montre à souhait...

Mais le talent, cela doit se cultiver et s’utiliser : tu as vu la tête que tirait Dennis Praet hier soir après son – très beau – but ? Il y avait dans cette équipe, des gens qui n’avaient pas trop envie de jouer avec d’autres, si tu veux mon avis. Une saison, c’est long. On y connaît une succession de joies et de peines, de certitudes éphémères et de doutes qu’il faut évacuer... Les personnalités s’entrechoquent parfois. C’est surtout pour cela qu’il y a des entraineurs : pas pour apprendre à jouer au football à ces joueurs triés sur le volet ! Mais surtout pour les faire évoluer ensemble, en équipe soudée, apte à développer un jeu fluide. Même s’ils ne peuvent pas se sentir...

Cette image de Praet tirant la gueule alors qu’il vient de marquer, me hante : Besnichou ! Sors-moi de ce mauvais rêve !

Tu dis ? Il est sourd ? Huhuh... Il n’est de pire myope que celui qui a perdu ses lunettes faute d’oreilles.

Fais-moi quand même un plaisir ce dimanche 24 mai, ma sportive, ma fairplay, ma belle joueuse, et ce, même si nous sommes tous de moins bons perdants que d’excellents gagnants : félicite chaleureusement les Buffalos pour leur premier titre national, ils le méritent. Félicite-les et fais la fête avec eux : après tout, on est déjà vachement content que ce ne seront pas les Barakis ni les Boeren qui viendront exposer leur joie au Parc.

Oui, félicite-les. Mais bats-les, putain ! Sait-on jamais que les Courtraisiens iraient flanquer la colique aux Boeren...

Mais, fuck ta race ! On avait tout en main, bordel !! Quoi ? Oui, je me sors les doigts du cul, chérie !

 

 

20/05/2015

Chilouvision : Le Temps des Cuistres

Image : Purple Dynamite

C’est Coluche qui avait soulevé le premier, le problème de base que pose le poisson avarié : « Déjà, à manger, c’est pas bon, mais alors, à vomir... ».

Il n’y avait pas besoin d’en avoir avalé, ce lundi soir, pour se sentir pris de nausée : d’emblée, ‘La Tribune’ donnait le thon avec ses images de la semaine...

Si Stephan Streker soulignait les mérites du trio gantois formé de Brecht Dejaeghere, de Daniel Milicevic, mais surtout de l’excellent Sven Kums, pur produit de Neerpede qu’un casting discutable fit un jour partir du Sporting au profit de Jan Polak, la suite donnait dans la daube la plus écœurante :

=  Rodrigo Beenkens : « La tristesse des Brugeois, qui furent durant 9 mois, la meilleure équipe du championnat (...) et qui resituèrent la Belgique sur la carte du football européen ».

Faut oser ! Après une saison régulière où ils battirent le record du plus petit nombre de points engrangés depuis que les play-offs existent et un parcours en Europa League dont l’aspect parfaitement quelconque n’échappera effectivement qu’à ceux qui peinent à situer sur une carte, des petits clubs de rien du tout comme Borussia Dortmund, Arsenal ou Galatasaray.

On t’explique ensuite que les Boeren ont disputé 17 matches de plus que les Buffalos. Mais qu’ils disposent d’un noyau bien plus riche que celui des Gantois. D’ailleurs, pour Philippe Albert, un titre pour La Gantoise serait un camouflet pour Bruges et pour le Sporting. Surtout pour les Anderlechtois, évidemment : ne pas être champion quatre fois d’affilée, c’est véritablement une honte...

Comme on s’y attendait et en dépit d’un timing complètement farfelu, le Standard n’ayant plus d’autre rôle que celui d’utilité dans ces play-offs, Geoffrey Mujangi Bia, invité du jour, a étalé une personnalité sympathique et amusante, citant bien clairement, les noms d’Anthony Vanden Borre, d’Hervé Kagé, d’Ilombe ‘Pelé’ Mboyo... Mais pfff... Comment faire entrer dans la tête de ces joueurs magnifiques, que la rigueur, la faculté de concentration et l’hygiène de vie sont des facteurs aussi importants que le talent dans le sport professionnel ?

Il est visiblement plus que temps pour les beaufs, de se recentrer sur ce qu’ils font de mieux.

On parle de choses et d’autres, puis on cause de Charleroi, on souligne avec une acrimonie plus que suspecte, les bons contacts qu’il y a entre les deux Sportings – ils oublient qu’Anderlecht et La Gantoise ne sont pas non plus en mauvais termes – et on se marche sur la langue très convenablement en voulant une nouvelle fois chier dans les poches des Mauves : dans le système Mazzù, les actions centrales de Kebano sont d’une importance capitale, mais les Carolos ont joué magnifiquement tous leurs matches des play-offs sauf ceux contre Anderlecht.

OK, bande de gros beaufs : lors du premier match, Kebano rentrait de blessure avec le manque de rythme que cela présuppose – encore amplifié par la fête que les Carolos avaient faite après leur qualification –, et pour le deuxième, il dut jouer sur l’aile. Ça vous va comme explication ?

Comme le souligne Mehdi Bayat, si à la RTBF, « On sait des choses que je ne sais pas, qu’on les dise. Alors que j’ai mis des primes de fou à mes joueurs pour la deuxième, la troisième et la quatrième place, je serais descendu dans le vestiaire pour leur dire : “Contre Anderlecht, on lève le pied !”. Risible ! Et si cela concerne les joueurs dont mon frère est manager, rappelons qu’il y en a plus encore à La Gantoise, dont le coach est aussi lié à Mogi, à qui on a pris pas mal de points ! ».

Le pire était à venir : honteusement tourné en ridicule alors qu’il fut le seul – ‘pour une fois’, diront les mauvaises langues – à développer des avis cohérents, Marcel Javaux eut toutes les peines à se faire entendre.

Et pas seulement à propos des phases de jeu : sur la question de savoir qui doit s’occuper d’utiliser le défibrillateur en cas de problème cardiaque sur le terrain, on insiste sur le fait que l’arbitre devrait s’en occuper. « Stupide ! », tonne Javaux. Et il a entièrement raison, putain ! En principe, une dizaine de personnes doivent avoir été formées à l’emploi de ces machines magiques. Charger les arbitres de cela en plus, n’a ni queue ni tête : a priori, ils ne sont pas là lors des entrainements, à ce que l’on sache.

Dégoûté, Javaux lâche « Je termine la saison sur la RTBF, et après on verra bien ». Ce serait dommage : on n’est pas toujours d’accord avec lui, on craint parfois que l’Orval ne prenne le dessus, mais c’est une autorité, une vraie, qui s’exprime avec un franc-parler remarquable.

Pour une fois, ce fut le souvent dispensable ‘Kiki’ qui remonta le niveau, soulignant à quel point les supporters Mauves sont des gens sympas, accueillants et dotés d’un aimable sens de l’humour au deuxième degré.

Ils auraient mieux fait de montrer ces images au début de l’émission, cela en aurait fait peut-être réfléchir certains sur le plateau.

Pas beaucoup plus de classe dans Extra-Time, avec quelques pleurnicheries ridicules sur les malheurs des Boeren et le positionnement à la con de Timmy Simons, seul Wesley Sonck relevant le niveau : même Jan Mulder eut le don d’agacer.

Pour le dire franchement, au Sporting on espère toujours être champion. Le fait est évidemment que, comme on dit dans ces circonstances, ‘on n’a plus le sort en mains’. Personnellement, je trouverais dommage que le championnat se termine avant dimanche.

Mais quoiqu’il en soit, que La Gantoise, dès ce jeudi ou dimanche, ou le Sporting finisse par vaincre, on fera la fête ! Même si la bande à Ketchup Vanhaezebrouck l’emporte : on n’est ni des Boeren, ni des Barakis. Le fairplay, cela veut dire quelque chose chez nous !

 

 

22/04/2015

Mixed Zone : Le Dégoût, l’Écœurement, la Colère

 

Depuis mon enfance, j’ai appris combien fut âpre et difficile la lutte des libres-penseurs laïques contre la domination de l’Église Catholique dans nos pays. Cette lutte n’est certes pas terminée, tant sont encore lourds d’intolérance, les diktats religieux pesant sur nos libertés individuelles en général et sur celles des femmes en particulier.

Que l’on se mette bien d’accord : que l’on considère personnellement que Dieu existe ou pas, n’est pas un débat. Chacun doit être libre de penser ce qu’il estime juste et correct, personne ne peut se sentir en droit d’imposer ses propres vues aux autres. Toutefois, en admettant que Dieu existe, on est fondé à se demander par quel minable tour de passe-passe, certains se sont arrogé le pouvoir de Le représenter sur terre ; et comment l’être humain a-t-il jamais été assez faible pour accepter que des guignols mégalomanes érigent en lois immuables les délires de domination de pensée qui ont traversé leurs cerveaux pervers !

Car il faut quand même une bonne dose de perversion pour prétendre par exemple, qu’une femme enceinte ne recouvrera sa liberté de décision par rapport à son propre corps qu’une fois qu’elle aura accouché ! Que ces escrocs l’avouent une fois pour toutes, qu’ils fassent au moins pour une fois preuve d’honnêteté, et qu’ils disent enfin ce que tout le monde sait depuis bien longtemps : oui, les églises sont des sectes qui ont réussi, et oui, dans une optique de secte, on veut qu’il y ait le plus de membres possibles qui paient le plus de cotisations possibles ; et que les payeurs soient le fruit d’un accord mutuel, d’un égarement de jeunesse, d’une imprudence malheureuse ou même d’un viol ou d’une planche de cabinet douteuse, importe peu !

Mais tandis que l’on en est à crier un peu trop doucement pour l’égalité des droits, pour la similarité des traitements, pour la liberté de choisir, d’autres mènent encore et toujours, des combats difficiles dont on a peine à imaginer qu’ils n’aient pas encore été gagnés aujourd’hui.

Ainsi, une page Facebook appelée ‘My stealthy Freedom’, que l’on pourrait traduire par ‘Ma Liberté furtive’ – l’adjectif furtif étant ici bien pris à son plein sens de clandestin, frauduleux, souterrain en plus de ponctuel et temporaire – illustre jour après jour, la lutte des femmes iraniennes contre le port obligatoire et légal du voile islamique, sous l’une ou l’autre de ses formes – foulard, hijab, burka, niqab, etc. – alors que les versets originaux du Coran ne recommandent que de ‘se vêtir modestement et se couvrir la poitrine – pour les femmes – ainsi que les organes génitaux – pour tous – en présence de tiers’, et prouvent bien ab absurdo, que toute extension à la couverture partielle ou totale de la physionomie féminine par des habits n’a été inventée qu’à cause de la jalousie maladive de pseudo-mâles en proie au doute envers eux-mêmes.

Ma Liberté furtive’ montre jour après jour, des photos d’Iraniennes qui se libèrent de leur voile souvent subrepticement, un peu comme des écoliers feraient un pied de nez dans le dos d’un instituteur dont les préceptes et sanctions seraient incompris. Voyons les choses en face : ces photos sont à la fois tristes et émouvantes tant les gestes de liberté qu’elles montrent paraissent dérisoires ; mais la révolte de ces femmes – accompagnées parfois de leurs maris à moins qu’elles ne soient photographiées par eux – montre que des lois religieuses ridicules et surannées ne font enfin plus l’unanimité dans des pays vivant depuis bien longtemps sous une lourde chape obscurantiste.

Les textes de ‘Ma Liberté furtive’ sont pour la plupart écrits au départ en farsi ; ils sont le plus souvent accompagnés d’une traduction en anglais et en français. Toutefois, il m’est paru important de fournir une traduction complète du texte se rapportant à la visite officielle en Iran, de l’Australienne Julie Bishop, Ministre des Affaires Étrangères et Chef de Groupe du Liberal Party au parlement.

D’après Tabnak [Site internet iranien d’information générale], repris par les médias nationaux iraniens, « la Ministre Julie Bishop a déclaré qu’elle ne s’est pas sentie obligée de se couvrir la tête, mais qu’elle-même porte souvent un chapeau ou un foulard dans la vie quotidienne » [Rappelons que l’Australie est le pays le plus exposé au trou dans la couche d’ozone et qu’à ce titre, le port de protections solaires y est particulièrement recommandé, surtout durant l’été austral. Toutefois, un examen rapide de photos de Julie Bishop, la montre systématiquement tête nue, sauf lors de son voyage officiel en Iran : Mensonge n°1].

« Une journaliste iranienne exilée [Masih Alinejad], responsable d’une page Facebook montrant des Iraniennes non coiffées d’un foulard, a demandé il y a peu à Madame Bishop de ne pas se rendre en Iran pour montrer son opposition au port obligatoire du hijab ».

C’est la deuxième tromperie du texte de Tabnak (Mensonge n°2). En effet, l’administratrice de ‘My stealthy Freedom’ n’a pas demandé à Madame Bishop d’annuler sa visite en Iran, mais plutôt de poser des questions au sujet du voilage obligatoire des femmes et de se joindre aux protestations émises par de plus en plus d’Iraniennes. Nous lui avons aussi demandé d’insister auprès des représentants officiels de la République Islamique afin que l’on n’impose plus aux Iraniennes de se voiler et que l’on respecte leurs choix personnels.

Nous trouvions qu’une telle requête était cohérente en regard de ce que les officiels de la République Islamique demandent eux-mêmes souvent lorsqu’ils se déplacent à l’étranger – à savoir, que leurs valeurs islamiques soient respectées.

Nous n’aurions certainement pas demandé à la Ministre Australienne des Affaires Étrangères d’annuler sa visite en Iran car nous sommes ravies de voir des femmes politiques venir dans notre pays, de manière qu’elles soient en mesure de se rendre compte comme les droits les plus élémentaires des femmes y sont foulés aux pieds depuis plus de 30 ans.

Nous aimons l’Iran et nous n’avons jamais défendu l’idée de le voir isolé du reste du monde. Nous considérons fondamentalement que les relations avec l’étranger ne peuvent tolérer ni mensonge ni traitrise, et qu’un dialogue devrait s’ouvrir de façon à accorder graduellement leurs droits fondamentaux aux femmes iraniennes.

Tout ce que nous demandons aux femmes politiques étrangères se rendant en Iran, est de se montrer solidaires des Iraniennes et qu’elles s’abstiennent d’entrer dans les jeux du mensonge de nos propres hommes politiques.

Nous aimerions qu’elles s’inquiètent publiquement de voir que le port du hijab est imposé en Iran et que celles qui refusent d’obéir à cette obligation se voient privées de leurs droits à l’éducation, à trouver un travail, ou même à vivre dans leur propre pays. Car en résumé, une Iranienne qui refuse de se voiler n’a plus d’autre choix que de s’exiler. Il est faux de prétendre, comme le fait Tabnak quand il interprète les paroles de Julie Bishop, que le voile n’est pas obligatoire en Iran.

Quoiqu’il en soit, nous n’en perdons pas nos espoirs pour autant ; nous continuerons de nous faire entendre à haute et intelligible voix en faveur de nos droits. Et nous considérons comme une victoire, le simple fait que les médias officiels iraniens, aient reconnu notre existence en écrivant quelques lignes à notre sujet.

Nous continuerons à nous exprimer, jusqu’à ce que notre lutte aboutisse.

En fait, Julie Bishop avait fait le déplacement en Iran en vue de négocier la solution d’un problème vieux de douze ans : le retour au pays de 190 exilés iraniens. Elle devait également discuter de la lutte engagée contre Daesh.

Bien que les deux pays aient décidé de poursuivre les pourparlers au niveau diplomatique, Bishop n’a pas réussi à convaincre directement ses interlocuteurs. Le fait donc, qu’elle se soit hypocritement coiffée d’un hijab, n’eut pas l’effet positif qu’elle avait espéré : on l’a considérée comme just another potiche à la con dont elle a accepté de donner l’image et on lui a dit en substance « Retourne dans ta cuisine connasse, et occupe-toi de tes fesses, les choses sérieuses seront discutées entre hommes ».

Alors, je te laisse le choix par rapport à l’attitude minable de Julie Bishop et à la manière puante de laquelle elle a nié la lutte des Iraniennes contre l’obligation de se voiler comme si elles n’étaient jamais que des êtres de deuxième zone : Dégoût, Écœurement ou Colère ? Ou les trois ensemble, sachant que bien des Iraniennes fondaient beaucoup d’espoirs sur son voyage officiel au pays des souverains curetons ?

 

C

Malheureusement, il n’y a pas qu’en Iran que se passent des conneries difficiles à supporter : dans le football belche aussi.

Ainsi, après que des briquets et des pièces de monnaie eurent accompagné les boulettes de papier qui visaient Defour à chaque corner lors du match disputé à Bruges, la police locale a donné la preuve de son impartialité très relative en dressant à l’encontre de Silvio Proto, un procès-verbal au motif qu’il avait provoqué les Boeren en leur montrant 10 (pour dix ans sans titre de champion) des mains, avant de leur conseiller de se taire en pointant l’index devant la bouche.

D’une part, on ne pige pas trop que tout le monde semble s’amuser de voir des objets divers atterrir sur le terrain – on attend probablement pour s’en émouvoir, qu’un joueur soit blessé... à moins que l’on s’en foute froidement car de toute façon, ce ne serait jamais qu’un gros enculé d’adversaire –, de l’autre, Proto n’est pas allé au fond des choses : il aurait aussi bien pu se rouler par terre de rire devant le ridicule des veaux qui peuplent les tribunes brugeoises.

Mais évidemment, en tout, il y a des exemples. Ainsi, quand on voit une fois de plus, l’esprit sportif qu’entretient Michel Preud’homme, on comprend mieux l’imbécillité des fans des Boeren. On est particulièrement désolé de voir que les attitudes systématiquement scandaleuses de ce sinistre personnage ne soulèvent jamais comme commentaires que « Oui, on le connaît, on sait qu’il vit complètement pour le football, c’est un ‘grand enfant’, et blah blah blah ». Rappelons aimablement à l’arbitre Verbist et au quatrième assistant, auquel ce geste n’a sûrement pas dû échapper, que Defour fut renvoyé du terrain à Sclessin pour une attitude comparable...

 

En parlant de Verbist, il a reconnu publiquement s’être trompé à propos du pénalty dont Acheampong aurait dû hériter, et il a ajouté que revoir les images l’avait rendu malade. Que dire de plus ? Qu’il aurait été souhaitable qu’il eût eu les yeux en face des trous  au bon moment ? Oui, bien sûr. Mais de là à continuer à s’acharner sur sa bévue, il y a un pas qu’on ne franchira pas, on peut pousser un coup de gueule de temps à autre sans pour autant se complaire dans le calimérisme. De la même façon, on ne reviendra pas sur l’insistance que ‘La Tribune’ a mise à essayer de trouver un autre pénoche non sifflé dans le rectangle anderlechtois : Jan Mulder a bien expliqué dans Extra Time que, vu le nombre de cravates serrées autour du cou des attaquants dans les 16 mètres, trouver qu’il aurait fallu siffler pour la bousculade dont a été victime De Sutter, relèverait du pinaillage le plus malsain.

 

B

Un peu de fraicheur dans ce monde de troudbaux, c’est ce mercredi que sera disputé La Flèche Wallonne, ma pédaleuse, ma classique, mon ardennaise, toi dont l’univers n’est peuplé que de gens bons.

Inscrite au calendrier ‘World Tour’ et longue de 206 km., ‘La Flèche’ escalade 11 côtes significatives, dont, à trois reprises, le célèbre Mur de Huy, long de 1.300 mètres au pourcentage moyen de 9,6%, au – troisième – sommet duquel sera jugée l’arrivée.

La météo se montrant agréablement clémente dans cette seconde partie du mois d’avril, nul doute que l’horaire le plus optimiste sera respecté – départ de Waremme à 11:30, arrivée à Huy vers 16:30.

Je te livre ci-dessous le planning des ‘directs TV’ tel qu’annoncé. A priori, la grève nationale prévue pour ce mercredi 22 avril ne perturbera pas la diffusion de la course sur les chaînes belges.

RTBF La Une : à partir de 14:20

VRT Één : à partir de 14:20

Eurosport : à partir de 14:20

France 3 : à partir de 14:55

 

 

13/04/2015

Camions League 2 : Retour à la Case Départ

Après que les premiers des Play-Offs 1 eurent tous trois gagné le week-end dernier, ils ont perdu de concert lors de la deuxième journée. La réflexion s’impose donc, ma logique, ma cartésienne, ma raisonneuse : six matches pour rien !

Voire... Le statu quo profite nécessairement à ceux qui avaient l’avantage à l’issue de la saison régulière. Et de plus, en tout, il y a la manière. Or celle affichée par le Sporting fut véritablement à pleurer ce dimanche soir : quand on ne se donne pas les moyens de l’emporter, on perd.

Pourtant, d’une façon générale, les moyens de l’emporter, on en disposait : individuellement, le seul joueur liégeois qui aurait sa place dans le noyau anderlechtois est Mehdi Carcela, les autres devant systématiquement rendre des points à leurs concurrents... qui cependant, n’ont existé que durant un malheureux quart d’heure.

On connait la méthode Riga : power football d’entrée de jeu, quitte à se cramer physiquement et obligation absolue de marquer donc, de façon à pouvoir passer une fin de match plus ou moins relax. Tout le monde est bien au courant aussi qu’en privant Carcela de ballons, il ne peut jouer avec ses grigris et te foutra donc une paix royale. Mais pour faire cela, il faut nécessairement lui coller sur le dos un défenseur vif, sachant jouer l’interception. Donc, pas Olivier Deschacht, bien plus à l’aise quand il évolue au centre de la défense où son placement fait merveille et où le déclin de sa vitesse de course ne se remarque pas encore.

Dans le même sens, pour mettre des bâtons dans les roues du jeu en bloc prôné par l’entraineur liégeois, on veillera à occuper le plus d’espace possible sur le terrain, et donc, à montrer de la vitesse dans les couloirs le long des lignes de touche tout en changeant d’aile de temps à autre pour mettre le bloc adverse hors de position.

En se rappelant que le match disputé contre Charleroi avait été tout sauf enthousiasmant et en constatant que depuis lors, pas mal de blessés ou de convalescents avaient récupéré de la santé, on s’était dit – sûrement un peu trop naïvement – que l’on allait appliquer, au Sporting, le mot d’ordre de tous ceux qui sortent d’une expérience négative : Back to Basics ; ou encore, retour aux fondamentaux, lesquels comportent effectivement une règle immuable de gestion humaine connue sous le slogan ‘The Right Man in the Right Place’.

Malheureusement, et sans doute dans le but de surprendre l’adversaire, Besnichou a cru bon de jouer à l’apprenti-sorcier et de fouler aux pieds ces préceptes forgés par l’expérience.

Il aligna donc :

RDeschacht à l’aile gauche, se privant de lui dans l’axe de la défense, ainsi que de l’énergie, de la vitesse et de la combativité de N’Sakala sur le flanc.

RNuytinck et Rolando dans l’axe, sachant pourtant pertinemment qu’ils ont très peu joué ensemble, qu’ils sont tous deux rapides comme des fers à repasser et que leurs capacités de relance sont approximativement du même niveau que celles de ma bobonne –laquelle ne disposait pas d’un jeu de tête équivalant le leur, n’ayons pas peur de l’admettre.

RMbemba à l’aile droite de la défense, poste où il n’a pour ainsi dire jamais joué alors que Colin était jusqu’aux débuts des play-offs, dans une forme ascendante à cette place où il est lui aussi, capable d’apporter vitesse et créativité.

RPlus haut dans le jeu, il avait également jugé bon de se priver de Tielemans, soit un des deux joueurs – avec Deschacht quand il évolue dans l’axe – capables de renverser le jeu par une transversale précise.

REt encore plus haut, de manière à surprendre l’adversaire de façon absolument définitive, il avait placé Praet à gauche, alors qu’il n’est jamais meilleur que quand il peut jouer dans l’axe, et l’ailier de débordement Acheampong, dans l’axe.

Soyons-en sûr : l’adversaire fut surpris. Agréablement. Besnichou tenta bien ensuite de changer son fusil d’épaule, mais on est limité à trois changements par match, dois-je te le rappeler, hélas...

On le sait, en algèbre, moins multiplié par moins donne plus. Malheureusement, ce n’est ni le cas au plan bancaire, ni au plan général : une accumulation de paris débiles ne débouche jamais que sur un trou dans ton portefeuille, ma dispendieuse, ma prodigue, ma dissipatrice.

On comprend parfaitement que l’on veuille brouiller les cartes quand on affronte un adversaire supérieur, et tant pis si on se plante. C’est plus difficile à accepter à partir du moment où on dispose de plus d’atouts que lui. Surtout que, sur le terrain, les joueurs doivent subir ces tentatives hasardeuses : qui s’étonnera dès lors que, connaissant le foot comme ils le connaissent, « ils ne remportèrent que trop peu de duels », ainsi que le soulignait Olivier Deschacht à l’interview ?

Dans la foulée, Besnichou reconnaissait publiquement qu’il avait commis des erreurs. On peut accepter cela, surtout s’il retourne ‘back to basics’.

Néanmoins, on s’interroge quelque peu sur l’opportunité de se lancer dans des expérimentations comme celles de ce dimanche, en plein dans les play-offs : on aurait eu moins de mal à l’accepter dans le courant de la saison régulière, au moment où on ne jouait que pour 1½ point.

Si le Sporting veut remporter son quatrième championnat d’affilée, il faudra réellement qu’il puisse s’aligner désormais dans une composition nettement plus cohérente et équilibrée, qui tiendra compte des qualités, défauts, affinités et caractéristiques propres des joueurs qui composent son noyau. Sinon... Eh bien, on devra se contenter des miettes que daigneront nous laisser nos adversaires.

27/03/2015

Mixed Zone : Le Beurre et l'Argent du Beurre

 

On peut ajouter le sourire – ou même un peu plus – de la crémière...

Tout le monde suit plus ou moins, la préparation des Diables Rouges en cette fin pluvieuse du mois de mars. Et donc, on est au courant des différents forfaits dont Marc Wilmots doit tenir compte : Lukaku, Defour, & Co, à compléter de Lombaerts et de Benteke, pas sûrs de pouvoir jouer les deux matches.

Au niveau des U21, on fait bien sûr plus dans le national, mais il n’empêche : Walem a dû enregistrer les défections de Praet, de Dendoncker, de Storm (Club Brugge) et de Raman (La Gantoise), soient quatre joueurs importants pour leurs clubs respectifs dans l’optique de play-offs.

On apprécie avoir droit à une fin de championnat passionnante dans de nombreux pays, et la Belgique ne fait certes pas exception avec 6 équipes réparties sur 6 points alors qu’il en reste 30 à gagner – ou pas.

Ce n’est pas la première fois que le break de printemps est contesté. Pas trop en tant que petite pause alors que la saison fut déjà très longue, mais parce qu’il implique un ou des matches à disputer avec les équipes nationales alors que les clubs ont le couteau entre les dents. Que l’on ne se leurre pas : si pour nous, les sprints de fin de saison sont excitants et captivants, aucun dirigeant de club ne trouve cela very funny indeed. Eux ne rêvent que d’une avance confortable leur amenant leur objectif dans un fauteuil le plus tôt possible, et tant pis pour le public : les droits de TV de la saison prochaine compenseront son éventuel désintérêt.

Dès lors, les discussions de vestiaire ne doivent pas être très éloignées de ceci :

   Ça va les gars ?

   Super, président !

   Et toi, Jefke ? Tout va bien ?

   J’ai une pointe de méningite dans le genou, mais ça va aller...

   Ouille ! Mais tu es convoqué avec l’équipe nationale !

   Oué je sais...

   Bon, pour moi, l’affaire est entendue ! Tu restes ici, on leur expliquera !

   Mais allez, président, c’est l’équipe nationale...

   Tutututtt... Blaeift héé, daddik â zegh : je vais pas te laisser aller faire le clown pour ces zigomars alors que tu es déjà patraque !

   ...

   Et les autres, tout va bien ? Marcel ? Ça est quoi ce pack de glace sur l’autre côté de ton ischio-jambier, là, comment ça s’appelle encore ?

   Quadriceps, président.

   Oué... Awel, qu’est-ce qu’il a, ton 4 x 4, là ?

   J’ai reçu un coup, président.

   Un coup ? Bon, tu vas demain faire une échographie, ils te trouveront bien une zieverderâ, car toi tu vas non plus pas !

   Mais allez, président, mon gamin était si fier...

   Tu vas pas, que je te dis ! Tu viens de jouer comme une klet, tu as besoin de te reposer avant les play-offs !

   Mais président, mon gamin...

   Zegh astableeft ! Ça est lui qui te paie, ou ça est moi ?

Les choses sont claires : c’est le moment de la saison où, si on veut trouver un pépin physique à un joueur, on n’a pas à chercher trop longtemps car plus personne n’est véritablement en ordre à 100%. D’un côté, on compatit avec les dirigeants de clubs quand ils estiment que le moment est mal choisi pour disputer des matches internationaux ; de l’autre, on admet aussi les arguments de l’UEFA, qui veut que les rencontres qualificatives puissent avoir lieu à intervalles réguliers ; et on comprend aussi les joueurs, qui adorent porter le maillot de leur équipe nationale, mais qui ne veulent surtout se mettre leurs dirigeants de club à dos...

Résultat, on est dans la merde ! À un tel point qu’on ne sait même pas qui engueuler, car tout le monde a raison quelque part, mais euh... en fait, on voudrait bien en plus, pouvoir jouer au tiercé sur le compte du crémier !

 

K

Si on doit en croire Brice Robin, procureur en charge de l’enquête sur le crash de l’avion de Germanwings dans les Alpes de Haut Provence, un qu’on engueulerait volontiers, et jusqu’à plus soif, c’est un certain Andreas Lubitz. Copilote de l’aéronef – deux fois ‘avion’ si près l’un de l’autre, ça fait moche – il aurait volontairement causé l’accident en profitant d’un moment où le commandant de bord était parti dire bonjour à Jules. D’après plusieurs de ses amis et connaissance, il avait subi une période de burn out en 2012 et était resté dépressif depuis. Mouais... Enfin bon, des gens dans son cas, j’en connais plus d’un ; et il m’arrive de redouter qu’ils n’attentent à leurs jours. Mais je n’imagine pas qu’un seul d’entre eux ait l’idée d’emmener cent quarante-neuf personnes dans ses conneries : quand on se suicide, c’est toujours un peu pour faire chier son monde, mais de là à massacrer des enfants nécessairement non coupables par rapport à la rancœur que l’on éprouve...

Quoi qu’il en soit, le procureur Robin est très clair : « Lubitz n’était pas répertorié comme terroriste ». Quoi ? Il y aurait des pilotes ou copilotes de ligne répertoriés comme terroristes ? Putain, tu ne m’auras plus jamais à voyager autrement qu’en cuistax !

 

B

Après les amuse-gueules d’avant-saison, suivis du vrai départ de la saison des classiques, qui a traditionnellement l’Italie pour cadre, cette fois, c’est complètement parti : le circuit E3-Harelbeke – parfois appelé ‘le petit Tour des Flandres’ – ouvre le bal ce vendredi 27 mars avec une course de 215 km. Dans des voies étroites, dans des pentes courtes mais au pourcentage élevé, dans le froid, la pluie et les coups de vent.

Le journal Het Nieuwsblad en fait une belle présentation – en néerlandais, les bilingues en wallon devront se rabattre sur celle de SudPresse –, accompagnée d’une vidéo montrant l’itinéraire alambiqué que suit la course, de chemins de campagne en voies de remembrement parsemés de côtes et de virages qui obligent sans cesse à relancer la machine.

Classé ‘World Tour’, l’E3-Harelbeke est diffusé en direct sur VRT Één à partir de 14:15et sur RTBF La Une à partir de 14:30.

 

e

Il est des statistiques qui interpellent vachement au niveau du vécu. Ainsi, en 2014, la très française ‘Agence Nationale pour le Traitement Automatisé des Infractions’ aurait adressé 328.000 speed tickets à des Belges ! Cela signifie que, par jour, les Belges se bouffent en moyenne 900 flashes de radar sur les routes françaises ! Euh... Sont-ils bien sûrs de leurs chiffres ? À une moyenne de, disons 100 balles par tickets, cela représente une manne de 32 millions par an qui filent dans les caisses de l’État français ! Qui doit donc vraiment nous aimer très fort !

Parallèlement, on aurait encore eu droit à 51.000 tickets de parking, à 290 ‘utilisations intempestives de l’avertisseur sonore’ – ils ne nous auraient pas confondus avec les Italiens ? –, mais à seulement 37 cas d’ivresse au volant. Ah ben oui, tout ce qu’on claque en amendes, on ne le dépense pas dans les bistrots !

Allez, franchement... Il y a 11 millions d’habitants en Belgique. Et peu de raisons de croire que, sur le plan du trafic, nous soyons plus ou moins disciplinés que les autres. En extrapolant ces chiffres au niveau des pays voisins de la France, on en arriverait, rough rough, à 9.200.000 flashes de radar par an rien que sur les routes de l’Hexagone. Ou encore 25.205 par jour, soient 17,5 à la minute, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7...

Je ne sais pas toi, mais j’éprouve personnellement, le sentiment diffus qu’il y a un petit problème avec les chiffres publiés, ma sceptique, mon incrédule, ma sourcilleuse. Plaît-il ? Non, pas seulement avec celui qui concerne l’alcool au volant !

 

ü

C’est ce samedi 28 mars que sera célébrée l’Earth Hour annuelle : on éteindra les lumières de 20:30 à 21:30 heures, en ayant une pensée pour cette planète dont on a tant besoin pour vivre.

Tiens, ça tombera en plein pendant le match que les Diables Rouges joueront au stade Roi Baudouin contre Chypre... Mais à mon avis, on n’en éteindra pas les projecteurs pour autant.

28/02/2015

Tollé rance

Tout le monde a dû voir les vidéos montrant les voyous islamistes en train de fracasser des œuvres d’art deux ou trois fois millénaires à Mossoul. Une partie de cette ville – où furent exécutés les deux fils de Saddam Hussein – inclut les ruines de l’Assyrienne Ninive, cité antique du roi Assurbanipal où furent retrouvées ces statues qui appartenaient au patrimoine artistique et historique de l’Humanité. Enfin, certaines de ces statues, car les plus belles sont à Londres. On ne peut s’empêcher de ricaner en constatant que les gros cons de l’EI ont quand même détruit pas mal de brols en plâtre du genre de ceux que tu mettrais dans ton jardin s’il y avait  une ombre de snobisme en toi, ma modeste, ma discrète, mon incarnation de la sobriété.

Plaît-il ? Ah oui, je te donne raison quelque part : c’est l’intention qui compte. Il n’empêche qu’ils se retrouvent un peu cocus dans l’affaire, ce qui ne manque pas d’amuser quand on cause de trous du cul qui estiment approprié de voiler leurs meufs comme tu jettes un plaid sur ton vieux canapé quand tu as des invités. Pas de bol, leurs nanas ne sont pas toutes aussi soumises et stupides qu’ils le croient, ainsi qu’en témoigne cette page Facebook particulièrement rafraichissante.

On trouve cependant un peu étrange que, tout d’un coup, le monde se scandalise de ce genre de choses. Alors qu’il y a moins de trente ans, chacun applaudissait avec enthousiasme au déboulonnage des statues de Lénine, par exemple.

Pourquoi me dis-tu que ce n’est pas la même chose ? Pourtant, le Marxisme-Léninisme est aussi une théorie des fins dernières : il te suffit de remplacer l’avènement du ‘Messie’ ou du ‘Prophète’, par le ‘Grand Soir’ ! Quant à Lénine, il fait partie de l’histoire de la Russie et je ne suis pas certain qu’il ait fait plus de mal que le très cruel Assurbanipal.

De la même façon, on trouve honteux que les porcs bigots aient brûlé les incunables de la bibliothèque de Mossoul. Imagine un peu la tête des journalistes de la Déache quand tu rallumeras ton barbecue en mai : ils se cassent la nénette pour toi et voilà ce que tu fais de leur labeur ! Il est un fait qu’à moi, cela n’arrivera pas : tu devrais mettre le feu au device sur lequel tu me lis, ce qui risque de te causer la venue de quelque état d’âme. Surtout si tu n’as pas de backup...

De tout temps, l’être humain s’est attardé à des symboles, dépensant beaucoup d’argent pour les bâtir, et beaucoup d’énergie pour les détruire. Devant tant de vanité, on doit comprendre que Dieu en a eu marre et qu’il est parti s’occuper d’autre chose, nous laissant dans notre merde, déjà bien content de ne pas avoir été la victime collatérale de l’une ou l’autre guerre de religion.

Mais en vérité, ce qui m’interpelle le plus, c’est que l’on se soit tellement offusqué du saccage des statues de Mossoul, alors que la vente comme esclaves, de chrétiennes de la même ville n’a pas éveillé un tel écho. On a le monde qu’on mérite, mon indifférente, mon égoïste, ma blasée...

Que l’on ne se méprenne pas : je ne cautionne en rien la barbarie des demeurés qui fracassent des œuvres d’art que leur inculture empêche d’admirer, qui font cramer des bouquins que leur bêtise interdit de respecter à défaut de savoir les lire.

Je trouve seulement que les massacres qu’ils perpètrent depuis de longs mois, que l’irrespect dont ils font montre à l’égard de l’humanité en général et des femmes en particulier, méritent plus d’indignation que l’attaque à la masse de reproductions en plâtre. Et je me demande pourquoi personne ne semble vouloir mettre en place un Tribunal Pénal International pour les crimes en Syrie et en Irak.

Car les hauts responsables de ces organisations dégueulasses sont connus pour la plupart. Comme sont connus leurs financiers[1] arabes et – indirectement – européens, car il est certain qu’une partie des barils de brut mis sur le marché noir à moins de la moitié du prix officiel, finit dans le réservoir de ta voiture.

Info : DailySignal.com 2014 (Source : Iraq Energy Institute)

 

Tu disais ? Oui, j’ai regardé la course d’un œil ce samedi – l’autre avait un truc en chantier. Et je sais que l’Italie a battu l’Écosse, et que France – Galles a eu une extinction de voix.

Mais je n’avais pas envie de te parler de ça, l’image de ces femmes emmenées comme esclaves, m’a coupé la chique.

 



[1]Cet articles cite à plusieurs reprises Mathieu Guidère, accusé par certains d’être un des théoriciens de l’action de l’EI et dont les témoignages et avis sont donc à prendre avec prudence.

27/02/2015

Retraite de Russie

Pour prendre sa retraite, il vaut mieux choisir la Russie que la Grèce : scandalisé par la violence qui a entouré le dernier derby athénien Panathinaikos – Olympiakos, le gouvernement grec a tout simplement suspendu le championnat. À la Fédération, on explique que les membres du parti Syriza, présentement au pouvoir « veulent que le football reprenne le plus vite possible, mais exigent une réaction collective ! ».

On sait que les instances européennes reprochent à Syriza de ne pas accepter l’approche dure de la crise en Grèce. À la manière de laquelle il s’attaque au hooliganisme, force est toutefois de reconnaître que le gouvernement en question en a !

 

Herman Brusselmans est un excellent auteur flamand – ‘beuling’, mot de 7 lettres rapportant donc 50 points de plus ; pour la traduction, démerde-toi, je n’aime pas les insultes –, hélas bien trop peu connu en francophonie. Particulièrement productif, à la fois en bouquins et en éditos dont beaucoup sont friands ne serait-ce que par le ton décalé qu’il mâtine d’un humour à froid bien de chez nous, il n’a pas non plus sa langue dans sa poche. Il ne mâche pas ses mots à propos des rencontres d’Europa League de ce soir : « Le Club de Bruges est d’ores et déjà qualifié, mais pour Anderlecht, ce sera difficile. Les conditions météorologiques joueront un rôle important, mais je ne sais pas à quel point il fait froid – il ne semble pas faire nettement plus froid qu’ici – là-bas en ce moment. Bah, Dinamo n’est quand même qu’une équipe à la con, les Bruxellois se qualifieront ! Ils gagneront à Moscou ! ».

Il se pose des questions à propos d’Aalborg : « Le match aller n’était qu’une partie d’entrainement. Je n’arrive pas à piger ce qu’une équipe pareille fait à ce stade de la compétition. D’accord, on ne peut pas avoir droit qu’à des formations du top. Mais là, c’était vraiment nawak ! ».

De quoi faire plaisir à tout le monde : Bruges éliminera une équipe de glandus et le Sporting affronte des navets ce soir ! On entonne :

 Allez Herman, chante avec nous ! 

À l’adresse de tous les Herman concernés...

 

Tu dis ? Tu veux que je cause du match ? Fais pas chier, il ne démarre qu’à 18:00 heures, laisse-moi te faire passer le temps !

Tu connais le parallèle entre Cédric Roussel et Napoléon ? Ils se sont tous les deux plantés en Russie alors qu’ils croyaient qu’ils allaient vaincre les doigts dans le nez.

Cela s’arrête là : au jugé, Roussel fait facilement 1,85 mètre, alors que les cheveux de Napoléon arrivaient tout juste à la hauteur de ceux de Valbuena. Tu dis ? Mais non, enfin, ‘Head & Shoulders’, ça n’existait pas du temps de Napoléon ! Et puis de toute façon, Valbuena n’a pas de pellicules : ce sont des miettes du petit déjeuner car ces cons à l’hôtel, avaient oublié de lui mettre un bottin sur sa chaise.

 

À tête reposée, le Sporting a livré une 2de mi-temps indigne ce jeudi soir : aucun ballon n’est vraiment arrivé où il aurait dû, les duels ont systématiquement été perdus, bref, l’élimination est largement méritée. C’est bien triste pour Olivier Deschacht, mais lui-même n’est pas innocent dans ce naufrage...

Je sais parfaitement comment tu vas réagir, ma râleuse, mon épidermique, ma viscérale : ‘Oui mais, si cet enculé de lard-bite avait vu que le pénalty qu’il a sifflé n’en était clairement pas un’. Ou encore ‘Oui mais, ce gros connard acheté de nave scandaleux n’a pas sifflé une seule des fautes que Samba commettait à chaque intervention soi-disant de la tête’.

D’accord, le Norvégien Sven Oddvar Moen fut particulièrement favorable au Dinamo ce jeudi. Toujours d’accord, ce n’est pas la première fois que le Sporting se fait enculer par un arbitre scandinave – bien que Lennart Johansson ait été évacué de son poste de patron de l’UEFA depuis sept ans.

Mais tout le monde sait qu’un arbitre siffle toujours dans le sens de l’équipe qui joue au foot, bordel ! Et franchement, comment veux-tu gagner un match de la façon de laquelle le Sporting a procédé ? Si l’on excepte une occasion qui échut à Mitrovic, le bilan est clairement à zéro, car même son goal n’a pas clôturé une action réellement construite.

Après un début de rencontre où on ne sait pas trop ce que l’on doit faire du ballon, on parvient miraculeusement à la demi-heure de jeu sans dégât, moment où Mitrovic marque magnifiquement en reprenant un tir foireux de Tielemans – particulièrement décourageant ce jeudi.

Tout va bien, même si c’est immérité. Durant le quart d’heure qui suit, les Mauves prennent largement l’avantage dans le jeu, sans pour autant se montrer dangereux. Puis survient le repos...

À la reprise, on est nul de chez nul : seul N’Sakala avait envie de remporter ce match. De pertes de balle ridicules en dernières passes – c’est pour cela que ce sont les dernières – bâclées, d’une espèce de hourrah football bidon à des remplacements questionnables, tout le monde s’y est mis.

On savait que ce serait un combat. Mais presque personne n’avait envie de le gagner du côté anderlechtois...

Il reste la Coupe et les play-offs, mais franchement, ce soir, il manquait 10 Mauves sur ce terrain qu’on aurait aussi bien fait de tondre correctement.

Quoi ? Bruges s’est qualifié, donc c’est tout bonus pour nous ? Putain, tu me fais penser à Duchâtelet quand tu causes comme ça ! C’est quoi ce raisonnement de loser ? We are Anderlecht !quoique, ce soir...

 

 

18/02/2015

Mercredi ? Descendre !

 

Je sais évidemment quelle va être ta réaction : « Ouais, ce Chilou de mes fesses, en pleine période de carnaval, il ne trouve rien de mieux que de nous coller sous le nez, une image d’un des baraquements qui constituent Port Lockroy, charmante station balnéaire pour pingouins située sur l’île Goudier, dans l’Antarctique... Comme si on n’avait pas encore assez froid ici, bordel ! Il déconne, hein ! Il sénilise ! Il gagatise ! Il décline, il périclite, il périme ! ».

Stop ! Je dis « Stop ! ». Tu te méprends. Justement, je pense à toi et à ton avenir : ton compte d’épargne qui vient d’être divulgué sur Swissleaks, ton index qui va te sauter au derrière, Electrabel qui fait volontairement trainer l’enquête sur les fissures des cuves de ses centrales thermonucléaires pour organiser une pénurie afin de faire monter ses tarifs, les barbus du Diable qui en ont marre que tu vives comme tu l’entends, la Review Commission qui agit d’une façon tellement sélective qu’on en rirait si on n’avait pas les lèvres gercées...

Tu n’en as pas encore assez de toutes ces sodomies non sollicitées, ma dulcinée, ma candeur, ma douceur ? Si, mais tu ne sais pas comment y échapper ? Eh bien, j’ai une excellente nouvelle pour toi : un poste de facteur vient de se libérer à Port Lockroy. Évidemment, c’est pas fait pour les tapettes ! Comme on te l’explique aimablement dans le document de présentation du job (PDF), le Club Med, c’est autre chose. Mais d’une part, tu ne travailleras que durant l’été austral, c’est-à-dire pendant l’hiver de nos contrées, et de l’autre, tu seras annuellement, la star pour 70.000 touristes ! Qu’est-ce que tu attends pour t’inscrire ? Hmmm, tu dis ? Tu ne causes pas anglais ? Ah oui, effectivement, vu qu’il s’agit d’un territoire britton... Remarque que, pourtant majoritaires en ces lieux inhospitaliers, les manchots non plus, me suis-je laissé dire.

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Fête traditionnelle de l’Europe du nord, exportée depuis longtemps dans de nombreuses régions du globe, le Mardi Gras marque la fin d’une période de sept jours de fête : les quarante jours de carême commencent le lendemain, connu sous le nom de Mercredi des Cendres.

Historiquement, dans la société agricole préhistorique, on allait effectivement faire maigre : les réserves  prévues pour passer l’hiver tiraient à leur fin et on n’allait pas pouvoir bénéficier de nourriture neuve avant le printemps météorologique. Par la suite et par extension, le Mardi Gras devint le jour de l’année où l’on se moquait du futur, et par conséquent des autorités, ainsi que l’indique la nomination d’un Prince Carnaval – pour se gausser du vrai prince – dans toutes les localités où existe une tradition carnavalesque.

C’est principalement pour cette raison que, dans des villes comme Bruxelles, l’autorité en place prit assez rapidement des mesures afin d’y interdire le carnaval, de peur que les moqueries n’y soient trop facilement récupérées par des mouvements révolutionnaires ou rebelles. Ce qui, dans la durée, conduisit à l’oubli de cette tradition.

Elle persista évidemment ailleurs, ainsi qu’en témoignent la vivacité du Carnaval de Binche – inscrit au Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité de l’UNESCO depuis 2003 –, des Blancs Moussis de Stavelot, du kolossal carnaval de Cologne – qui fut interdit sous Napoléon mais reprit après – avec son célèbre Rosenmontag au caractère unzüchtig[1] très affirmé, mais aussi du carnaval d’Alost, de celui de Tilff et de ses Porais, de celui de Dunkerque ou de celui, plus confidentiel mais peut-être plus nature, d’Oostduinkerke et de ceux que célèbrent quantité de petites localités de Belgique, de Hollande, d’Allemagne, des pays baltes, etc.

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Tu as regardé la Champions League hier soir, mon impudique, mon exhibitionniste, ma provocante ? Non, car tu t’es retrouvée dans des circonstances difficiles, tellement pétée que tu n’arrivais plus à te débarrasser de ton masque ? Pas grave, je t’explique un peu Paris Saint-Germain – Chelsea (1-1), que tu n’aies pas à raconter à tout le monde que tu n’as rien vu pour cause de bamboche. Dans un match d’une haute intensité, on a surtout admiré les exploits d’Edinson Cavani du côté parisien et de Thibaut Courtois dans les rangs londoniens.

Mais ce qui a frappé les esprits, ce furent les fautes commises sur Eden Hazard – pas moins de neuf – et la grande mansuétude de l’arbitre vis-à-vis de ceux qui les perpétrèrent. Une fois n’est pas coutume, on suit intégralement le discours de José Mourinho quand il se plaint de la manière utilisée – pas seulement en Champions League – pour bloquer les dribbles des artistes du gazon. Et on en comprend d’autant moins que les strictes directives d’avant saison ne soient plus appliquées qu’avec pas mal de relâchement en Pro-League ; auteur de l’agression sur Ibrahima Conté, Joachim Van Damme s’indigne et déclare en substance,  « Pourquoi me poursuivre alors qu’on laisse Gedoz tranquille ? ». C’est dur à dire, mais on peut le comprendre...

Le foot redevient violent, comme ce fut le cas dans les années 70, où s’épanouit le football d’intimidation dont la figure de proue n’était autre que Johan Neeskens. Les tackles assassins, le mépris de l’adversaire et de son intégrité physique, l’arbitrage laxiste ne sont pas bons pour ce sport que nous aimons ; ils sont à la base de la détérioration de l’ambiance en tribunes et portent en eux les ferments d’un retour du hooliganisme.

Steven Defour a tort quand il estime que la société est devenue plus violente qu’avant. Au contraire même, et les statistiques de police le prouvent : simplement, l’essor pris par le développement médiatique sous toutes ses formes, nous met au courant de tout, très vite. À ton avis, combien de lignes auraient fait deux victimes à Copenhague dans une Dernière Heure de février 1975 ?

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Comme on le craignait, Claudy Criquielion n’a pas résisté à l’accident vasculaire cérébral qui l’a terrassé lundi à 58 ans. On se souviendra de lui comme d’un coureur cycliste particulièrement doué doublé d’un personnage optimiste et amusant ; comme d’une victime aussi, puisqu’un coup de coude vicieux du Canadien Steve Bauer le priva à Renaix en 1988, d’un deuxième titre de Champion du Monde.

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Tu dis ? Dinamo Moscou demain ? J’espère  me tromper, mais les seuls paramètres qui pourraient jouer en faveur du Sporting sont le manque de rythme d’une équipe russe dont le championnat est interrompu depuis pas mal de temps, et... sa forte connotation française : la déplorable propension de nos voisins du sud à nous prendre pour des nabots pourrait les pousser à traiter ce duel par dessous la jambe.

« Oui mais... Contre Arsenal, par exemple, on avait bien fait », me rappelleras-tu. Eh bien, que te disais-je des Français ?

 

 

 



[1]Pratiquement gommé du carnaval de Binche, par exemple, le côté licencieux et dissolu des carnavals, renforcé par le port du masque, est bien présent à Cologne, tout comme dans les Antilles, en Louisiane ou, évidemment, en Amérique Latine.

17/02/2015

Lundi noir, l'autre aussi

 

Journaliste sportif du Soir, Thomas Busiau a perdu, à 32 ans, le combat qu’il menait contre le cancer. On pense à lui, à sa famille, à ses amis, à ses collègues. À trente-deux ans, putain, dis-moi que c’est juste un cauchemar !

Partout, on nous serine de laisser tomber la clope, de nous alimenter d’une façon équilibrée, de faire du sport, de mener une vie régulière... On oublie trop facilement que le cancer atteint spécifiquement des gens qui vivent mal leur vie, qui s’imposent des stress importants, qui acceptent de se faire punir par leur inconscient de ce qu’ils estiment eux-mêmes être des échecs. En d’autres termes, l’aspect psychosomatique du cancer prend largement le pas sur les causes externes comme la clope, l’alcool ou les fumées de diesel – sans pour autant te recommander ces trucs, hein, ne me fais pas écrire ce que je ne pense pas.

Évidemment, on intègre difficilement le fait d’être en vérité, coupable de son propre cancer. Mais statistiquement, ceux que l’on appelle des ‘innocents’, personnes au quotient intellectuel très bas, sont très nettement moins victimes du cancer que les autres. Car forcément, il n’y a pas de stress chez eux. Ils ne connaissent pas la peur de l’échec puisqu’ils ne peuvent pas réussir, et que d’ailleurs, ils ne savent pas ce que c’est.

La conclusion pratique est claire : vis ta vie comme elle se présente, accepte avec bonne humeur et optimisme la sinusoïde qu’elle décrit invariablement, prends ton plaisir quand et où tu le trouves, et surtout, oui, surtout, FUCK THE SYSTEM ! Nie tous ceux qui ont pour vocation de te faire chier, protège-toi d’eux, fuis-les le plus possible, si tu persévères sereinement à les ignorer, ils finiront par se décourager. Ils te feront peut-être une réputation de merde, de non fiable, de mal appris ; mais le but, c’est de clamser après eux et... en bonne santé.

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Pour rester dans le noir, Claudy Criquielion, star incontournable du vélo belge, vient d’être hospitalisé dans un état grave après avoir été victime d’un accident vasculaire cérébral. Aux dernières nouvelles, son pronostic vital serait lourdement engagé.

Tant que tu en es à emmerder le reste du monde et à traiter par dessous la jambe, les inévitables très évitables petites tracasseries de la vie, surveille ton corps : écoute-le, fais-le fonctionner, ne lui donne pas trop de crasses à manger. Quoi ? Mais non, je ne suis pas en train de te dire d’arrêter de bouffer de la bidoche et toutes les graisses et toxines qui l’accompagnent. Je suis végétarien ma non fanatico et surtout, je n’ai pas l’âme d’un évangéliste ni d’un guru ! Seulement, vas-y mollo avec ces trucs qui te sclérosent les artères tout en te faisant péter comme si tu t’entrainais pour un concours ! Et regarde-toi : les gens en bonne santé bougent vite ; ils supportent facilement le froid comme la chaleur et ne se tapent pas un hématome à chaque fois qu’ils se cognent à l’angle de cette putain de tablette de merde de cette cuisine de mes couilles. Car leur sang circule facilement, draine leur corps et en régule aisément la température. Les autres feraient aussi bien de changer leurs habitudes alimentaires, de faire un peu de sport et d’avaler de temps en temps une aspirine pour se fluidifier l’hémoglobine. Tu dis ? ‘Recommander des machins pareil à la veille du mardi gras, faut oser’ ? Quand tu verras ta gueule dans le miroir de ta salle de bains mercredi, tu changeras d’avis.

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Chronique d’une phase terminale annoncée depuis longtemps, le RAEC Mons a fait aveu de faillite. Domenico Leone a fini par jeter le gant devant les difficultés rencontrées à s’extirper de la D2, mais aussi, et sans que l’on n’en parle trop, devant la persistance de l’administration communale montoise, à ne pas tenir ses promesses. Évidemment, le sport n’est pas de la culture, n’est-ce pas Elio... Excusez-moi, excellence ? ‘Un club de D2 et votre égo, faut pas déconner’ ? Tssss...

En tentant de voir les choses sous un angle positif, oserait-on espérer que cette décision conduise enfin à la mise en place d’un grand club de la Région du Centre ? Les fous de football qui peuplent le coin ne rêvent de rien d’autre : des monstres sacrés du football belge comme Enzo Scifo ou Silvio Proto furent enfantés par cette terre de souffrances. Mais ce qui devient de plus en plus nécessaire au fil du temps, c’est de réformer drastiquement la D2. Et surtout, de restaurer une perméabilité enfin correcte entre D1 et D2, de telle façon que la descente à l’étage inférieur ne soit plus automatiquement synonyme d’enterrement de première classe : voir plus de joueurs avec une expérience de D1 en D2, augmenterait sensiblement le niveau de cette dernière. Tandis que l’on a souvent pu constater l’effet positif d’une promotion pour un club de D2.

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À Copenhague, la veillée organisée à la mémoire des victimes de la tuerie de ce samedi 14 février, a réuni 30.000 personnes.

We shall overcome !

14/02/2015

Un peu louche / Under Fire

Première mi-temps très disputée, ce samedi 14 février, entre l’Irlande et la France. Les Grenouilles toutefois, se laissent un peu trop facilement mettre à la faute par les Shamrocks, raison pour laquelle ces derniers mènent 12-6 à la mi-temps, Jonathan Sexton se montrant intraitable dans l’exercice particulier que représente la conversion des coups de pied de pénalité. Cela nous donne un match sans coup d’éclat, sans grosse raison d’en espérer un : les Irlandais mènent au score, cependant que les Français – sans Morgan Parra – ne se donnent que peu d’occasions de les contrarier.

De l’autre œil, ce n’est pas plus folichon : le Standard mène 0-1 depuis le quart d’heure de jeu, cependant que les Zultinets n’amènent que trop rarement du danger dans les seize mètres liégeois. À une exception près : à la 42ème, ils trouvent le moyen de louper – Trajkovski – un pénalty aimablement accordé par Serge Gumienny pour une fauteke de Milec.

Grosse pression irlandaise en début de mi-temps dans l’Aviva Stadium – sis Landsdowne Road à Dublin – qui se solde par une nouvelle pénalité portant le score à 15-6, c’est-à-dire que les Irish se placent hors de portée même d’un essai transformé : on n’est pas près de voir vraiment quelque chose d’enthousiasmant, me lamenté-je. Quoique les Français montrent quelque velléité de se rebeller... Mais toujours ces imprécisions et cette indiscipline, à témoin le coup de genou de Papé dans les reins d’Heaslip, puni d’un carton jaune et d’une pénalité à la 52ème. Les Irlandais ne sont pas nécessairement plus malins, se prenant eux aussi un carton peu après pour une faute d’antijeu particulièrement ridicule.

Ça chauffe enfin un peu à Waregem, Cordaro loupant de peu l’égalisation.

Mais que les Français sont agaçants : Sexton porte la marque à 18-6 après un hors-jeu de Chouly – à faire pisser de rire un cheval de bois – sur une touche. Il fallait peut-être ça : à la 70ème minute, Taofifenua – Quoi ? Oui, c’est un Français, pourquoi cette question ? – marque un très bel essai à l’issue d’une phase bien construite. Lopez n’étant pas Sexton, il manque la transformation, mais les Grenouilles sont là : 18-11. Hasard ou coïncidence ? Non, non, rien de tout ça : Parra est entré au jeu quelques minutes auparavant, en remplacement d’un Kockott toujours aussi terne.

Tu dis ? Non, chié ! On est à la 80ème à Waregem et c’est toujours 0-1.

À Dublin, les Français poussent – évidemment, ils n’ont plus trop le choix. Mais, dans les arrêts de jeu, les Irlandais parviennent à balancer un de leurs adversaires en touche : game over. Les Grenouilles ont perdu le match en 1ère mi-temps : comme on le sait si bien en Belgique, quand on n’essaie pas de gagner, on perd.

 Peu avant, Zulte Waregem a enfin égalisé, sur un beau tir du gauche de Troisi – oui, ça existe, des Australiens qui jouent au foot, tu as déjà oublié Edi Krncvic ?

Ah, putain, à la 93ème... Raté magnifique de Carcela ! Game over ici aussi. On aura vécu deux matches pas trop riches en exploits, et qui n’auront valu que par l’intensité de leurs finales : trop peu pour moi, je ne crains pas de te l’affirmer, tout comme il est clair que je ferai l’impasse sur Waasland Beveren – Courtrai. C’est Saint-Valentin, quand même, on peut déconner mais pas trop.

 

 

Under Fire

Cet après-midi, avait lieu, dans un café de Copenhague, un débat sur le thème ‘Art, Blasphème et Liberté d’Expression’. Parmi les invités et participants, Lars Vilks – le dessinateur auteur des caricatures de Mahomet parues en 2010 – l’ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray – au titre probable de ‘témoin privilégié de la tuerie de Charlie Hebdo – et Inna Shevchenko – membre très connue des Femen.

D’une manière aussi crapuleuse que lamentable, un individu s’est cru autorisé à ouvrir le feu sur le bistrot, tuant une personne et en blessant plusieurs autres.

Inna Shevchenko détaille sur son compte Twitter (traduit de l’anglais par mes soins) :

 “Dans quelques heures, je prendrai la parole à propos de la liberté d’expression lors d’un débat avec Lars Vilks”.

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“Des coups de feu lors de notre débat à Copenhague”.

“Je me suis encourue par la porte de derrière avec une vingtaine de personnes. J’ai entendu 20 coups de feu en provenance de l’entrée de l’immeuble”.

“Dans la salle, il y avait Lars Vilks, l’ambassadeur de France et des douzaines de personnes venues assister au workshop”.

“Je n’ai rien vu. J’ai entendu une vingtaine de coups de feu au moment où j’avais pris la parole, puis les gens se sont mis à courir”.

“Je n’étais pas sûre de ce que c’était, je n’ai pas l’expérience ce que j’ai entendu, mais tout le monde s’est mis à courir”.

“Quelqu’un m’a rejointe. Il paraît que des policiers ont été touchés, des civils aussi. Mais je ne peux pas le confirmer”.

“L’évènement bénéficiait de la protection de la police, qui se trouvait à l’entrée. On me dit que certains d’entre eux ont été touchés”.

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“Il y a des policiers partout maintenant”.

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“Je suis au commissariat de police”.

“J’étais sur le point de déclarer que la liberté d’expression est souvent illusoire en Europe. C’est alors que nous avons entendu les coups de feu”.

“Ce que je voulais mettre en exergue est que ‘Nous n’avons pas à discuter de la liberté d’expression, nous devons la pratiquer’. J’ai été interrompue par quelqu’un qui pratiquait son idéologie”.

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Comment disaient encore ceux de Charlie Hebdo il y a peu ? Tout est pardonné ? De moins en moins, désolé, de moins en moins : on en a vraiment plein le cul des saloperies commises par la racaille islamiste. Et on se prend hélas, à espérer bien fort que l’ordure Fouad Belkacem ne sortira pas vivant des 12 ans de prison qu’il vient de ramasser dans sa sale gueule.

 

29/01/2015

Discours de Moules

 

Lundi 26 janvier

J’ai eu une hésitation avant de choisir l’image illustrant la présente. Puis j’ai reculé devant la réaction que ne manqueraient pas d’avoir certains devant l’image d’un sexe féminin amoureusement lubrifié, aimablement accueillant. Tu as le droit d’appeler cela de l’autocensure si ça te chante.

La représentation de la violence la plus crasse ne pose en général pas trop de problème. En revanche, le monde dans lequel nous vivons n’est sûrement pas (encore ?) prêt à recevoir l’appel à l’amour du délicat coquillage que tu camoufles au sein de ton string, ma discrète, mon effacée, ma décente...

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Un grand moment de télé ce lundi soir dans ‘La Tribune’ : ‘Des gamins mal élevés’, ‘Du 36ème degré’, ‘Ce tifo était prêt depuis 6 mois’, et pire : ‘Il ne faut y voir aucun lien avec l’actualité’.

Tout fut bon pour minimiser l’impact du tifo de la honte. Y compris critiquer la réaction – déplacée – de certains supporters du Sporting. Pourtant, quand on sème la haine, à ton avis, que récolte-t-on ? On l’a déjà assez dit : le Standard n’a pas le monopole d’avoir des âmes simples parmi ses fans. Mais dans les clubs normaux, on ne leur donne pas le pouvoir.

Face au hooliganisme et aux déraillements qui y mènent, il n’y a qu’une seule façon d’agir, et la direction du Sporting l’a adoptée depuis longtemps : tolérance zéro, respect maximum. On n’insulte pas, nulle part. On chante, on saute, les banderoles qui sont éventuellement déployées doivent être positives, on ne s’occupe pas des adversaires, on encourage nos joueurs.

Mais le plus honteux, là-dedans, est encore la réaction télévisée d’un gros veau, qui ose comparer une tête coupée avec un Manneken Pis qui aurait été représenté, il y a des années, en train de s’exercer sur la pelouse de Sclessin. D’un côté, un sanguinaire avec sa machette, de l’autre, un petit gamin légendaire qui fait pipi. Cherche l’erreur et dis-moi si tu la trouves ailleurs que dans le cerveau déficient de l’olibrius en question.

Franchement, on en a marre de ces amalgames puants enrobés dans des discours de moules : critiquer l’absence de cadre légal invoquée par les porte-paroles de la Fédération, me paraît un peu simple dans ce cas de figure. S’il n’y a pas de cadre légal à ce niveau, il y en a un quelques étages plus bas : les clubs sont responsables de l’attitude de leurs supporters. Et si les clubs ne réagissent pas, ils tombent sous le coup de la ‘Loi Football’, que tout le monde connaît par cœur, depuis le temps qu’elle existe.

Quand un club prétend ‘qu’il a été trompé quant au contenu d’un tifo’, il ment. Ce qu’il s’est passé en arrière-plan est très clairement : ‘Allez-y, faites fort, mais démerdez-vous pour que l’on ne puisse pas nous mettre en cause. De notre, côté, on arrivera bien à se démerder juridiquement pour vous tirer d’affaire au besoin’. C’est une constante depuis longtemps dans la politique de ce club pourri. C’est ainsi qu’ils en arrivent à ce que des projectiles de toute sorte pleuvent sur les adversaires sans jamais écoper d’une sanction significative.

On lit çà et là que les auteurs de la bâche pourraient subir une interdiction de stade allant de 3 mois à 5 ans, et des amendes de € 250,- à € 5.000,- ... Et le club passera au travers, donc, comme d’habitude – mais ira sûrement en appel de la décision si jamais elle fait trop de vagues. C’est absolument scandaleux : ils ne maîtrisent rien de ce qu’il se passe dans leur stade et les moules télévisuelles trouvent que c’est normal !!!

Le chapitre arbitrage était d’ailleurs du même tonneau : seuls les joueurs du Standard ont entendu le coup de sifflet de l’arbitre Boucaut. Mais on ne remet pas en cause la version de ce dernier pour autant. Et on passe aimablement sous silence son attitude pour le moins critiquable lors de deux matches précédents : le Standard – Anderlecht des fumigènes (07/10/2012) et le Zulte Waregem – Anderlecht du 24/01/2013.

 

Mardi 27 janvier

L’enjeu global n’a pas échappé à un dirigeant qui connaît ses responsabilités et qui a ce qu’il faut où cela doit se trouver : dans une lettre ouverte adressée aux supporters du Sporting, Roger Vanden Stock les exhorte à rester dignes. Et pas dans un discours de moule !

Bon, on ne va pas continuer à gloser sur ce match qui n’en était pas un, joué sur un terrain qui n’en était pas un, sifflé par un arbitre qui n’en est pas un, devant un public qui n’est qu’un tas de décervelés inspirant avant tout de la pitié. On mettra simplement tout et même le reste à l’abri pour le jour où le Standard reviendra jouer à Anderlecht. En espérant fondamentalement que ce club répugnant doive attendre la saison prochaine pour cela.

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On ne sait pas si c’est vraiment pour cela qu’il existe, mais le foot nous épargne souvent de nous retrouver confrontés aux grises réalités de la vie. Il est des jours toutefois, qui s’imposent à nous et nous obligent à réfléchir ponctuellement à autre chose qu’au piège du hors-jeu.

En cette journée internationale du Souvenir de l’Holocauste, juste une petite pensée, un instant de recueillement à la mémoire de tous ceux, Juifs, Tziganes, handicapés et antinazis, qui périrent dans des conditions ignobles, victimes de la barbarie humaine... Ce n’est pas grand-chose, mais cela t’évitera peut-être de tomber dans le piège sournois que te tendent certains gros connards, avec leur conception dévoyée de la ‘Liberté d’Expression’...

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On ne va pas se trimballer toute la journée avec la larme à l’œil non plus : la vie est courte...

Ce sont donc deux greluches qui circulent en voiture. Enfin, quand je dis ‘circuler’, je baigne dans l’optimisme délirant : elles sont arrêtées à un signal lumineux. Tout ayant une fin, sauf les saucisses qui en ont deux, le signal devient vert. Sans que cela ne semble émouvoir la conductrice.

   C’est vert ! », lui fait gentiment remarquer la passagère après un temps d’attente.

   C’est vert ! », répète-t-elle, quelque peu agacée, tant par le manque de réactivité de la conductrice que par le concert de klaxon qu’il cause.

L’air perplexe, la conductrice ne bouge toujours pas. Toutefois, ses doigts tapotent nerveusement le volant...

   Mais enfin ! C’est vert, te dis-je ! », s’emporte la passagère.

   Oui mais je ne sais pas moi, hein ! Un petit pois dans un ascenseur ? Tarzan avec son nouveau loden ?

   Mais non ! Je te parle du feu ! Le feu est vert !

   Un feu vert ? Tu me prends pour une blonde, toi, hein...

La passagère lève les yeux au ciel...

   Je te parle du signal lumineux : il est vert !

   Ah bon, d’accord ! Il suffisait de le dire !

Elle passe la première, embraie et traverse le carrefour ; au rouge car je t’ai déjà expliqué que tout a une fin. Elles échappent à l’accident par miracle et finissent par gagner la campagne où elles se plaisent à errer au hasard, à allure de promenade...

Soudain, la conductrice remarque une barque en plein milieu d’un champ. Et dans la barque, deux nanas en train de ramer. Elle freine sec, s’arrête...

   Tu vois ces deux connasses en train de ramer dans le vide ? », indique-t-elle à la passagère. « Eh bien, c’est à cause de ce genre de blondasses ridicules que nous avons, nous, une mauvaise réputation ! Je me demande ce qui me retient d’aller leur flanquer des baffes dans leurs bêtes gueules ! »

L’autre la regarde, l’air finaud.

   C’est peut-être que tu ne sais pas nager ?

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Quelques centaines de personnes ont manifesté dans le centre de Bruxelles contre l’introduction dans l’Horeca, de la caisse dite intelligente.

Un esprit doté d’un minimum de logique a du mal avec ce genre de manifestation, dont le message substantiel n’est autre que : « On ne veut pas que vous nous empêchiez de tricher ». Le problème est que l’on est en Belgique : il y a une différence sensible entre la logique et la logique belge, fiscalement du moins.

À partir du moment où les lois fiscales et la manière de laquelle elles sont appliquées, prennent en compte le fait que les contribuables trichent, on entre dans un cercle vicieux :

!Ils trichent, donc on diminue les déductibilités et on augmente les taux.

!Ils diminuent les déductibilités et ils augmentent les taux, donc on triche plus.

Il est tellement évident que la fiscalité exagérée sur le travail, et le manque de souplesse au plan de la législation sociale, portent en eux-mêmes tout ce qui justifie la fraude et la magouille, qu’il devient fatigant de le souligner.

Au-delà de la satisfaction personnelle de couillonner l’ennemi – d’un côté comme de l’autre – toutefois, subsiste une question fondamentale : à qui profite cette situation ridicule ? Les Luxleaks et autres ‘Affaire des taxrulings’ dont on a parlé – trop peu – dans un passé récent, apportent des éléments de réponse qui ne lassent pas d’inquiéter en ce sens qu’ils montrent une forme d’organisation – pas criminelle au sens plein du terme, mais... – dont l’objectif est de rendre les riches encore plus riches ; et, par conséquent, les pauvres...

 

Mercredi 28 janvier

Je t’ai déjà parlé de ma bobonne, qui a bercé mon enfance, me façonnant la personnalité que tant tu admires, mon idolâtre, ma révérencieuse, mon agenouillée...

On l’avait retirée de l’école à 6 ans et demi ; elle avait dû apprendre seule, à lire et à écrire. Elle avait connu le travail des enfants dans la mine, elle avait connu le dénuement, la misère et la faim ; elle était passée au travers de deux guerres...

Elle aurait eu 119 ans aujourd’hui.

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Une note interne qui arrive à la rédaction d’un journal, c’est devenu quelque chose d’une banalité ordinaire. Évidemment, quand cela concerne l’Union Belge, le journal en question se jette dessus et t’en fait un bel article bien accrocheur...

C’est ainsi qu’une note interne semble indiquer qu’en dépit de tout le merchandising lié à la Coupe du Monde 2014, on aurait fait une perte de € 200.000,-.

   Faux ! », s’insurge Steven Martens, Chief Executive Officer de la Fédération, « On n’a tenu compte que des frais, et pas des profits ! En réalité, on fait un bénéfice de l’ordre de € 600.000,- ».

Dans la foulée, il fustige les auteurs de jeux politiques en coulisses qui auraient rapport avec l’approche de l’élection présidentielle...

Étant donné que l’on ne dispose visiblement que d’informations fragmentaires, je suivrai la voie de la sagesse et je fermerai donc sa gueule provisoirement : je ne suis pas une gazette en train de courir derrière un chiffre d’affaires.

Il n’en reste pas moins que certaines choses prennent une vilaine tournure au sein des instances officielles : après Cappellen, c’est au tour de Ciney de refuser la demande d’une licence D2 pour 2015-2016. Pour les mêmes motifs : « Pas question de mettre en danger notre équilibre financier ! », se justifie-t-on dans le Condroz. C’est une situation inédite, bien triste pour les joueurs qui se battent semaine après semaine : les deux équipes classées en tête de la D3b refusent une éventuelle promotion en D2. Plaît-il ? Il faut réformer la D2 d’urgence ? Sans blague...

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D’après un article paru sur le site internet d’ESPN Mexique et qui cite Matias Bunge, agent du joueur, le défenseur central mexicain de 22 ans Diego Reyes pourrait quitter Porto durant 6 mois pour venir renforcer, encore cet hiver, les rangs du Sporting en prêt.

Tu dis ? ‘C’est sympa de mettre tous ces liens mais la langue espagnole et toi, c’est un peu comme les deux yeux de Jean-Marie Le Pen’ ? Ah... Euh, désolé, il est vrai que c’est plus facile pour moi, étant partiellement de sang ibérique par un ami de maman... Quoi ? Mais non, je déconne : j’ai fait beaucoup de latin à l’école, cela donne des facilités... Hmmm ? Et puis quoi encore ? T’as qu’à te démerder avec Gougoule Translate, hein, il est pas marqué ‘Secrétariat de Madame Feignasse’ sur la door of my office !

Parallèlement, de source anonyme, ESPN USA voit Sacha Kljestan rejoindre la MLS via New York Red Bull... Ce qui n’a pas trop l’air d’amuser les fans de L.A. Galaxy. Moi non plus, pour tout te dire : ce ne doit pas être trop amusant pour le joueur, mais il dépanne avec beaucoup de conscience, trouvé-je. Même si je ne le vois pas comme un titulaire indéboulonnable, il est souvent utile à l’équilibre de l’équipe. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le joueur lui-même le confirme via son compte Twitter : ciao, Sacha ! Tu n’étais pas le top des supertechniciens que l’on vénère au Parc, mais tu as été très utile à l’équipe !

26/01/2015

Par dessus l'Étang...

 

... Soudain j’ai vu passer les oies sauvages blanches

Lundi 26 janvier

Comme le monde entier – ce genre d’image scandaleuse fait vite le tour de la terre désormais –, j’ai vu, ce dimanche, le triste tifo enfanté par l’inaltérable créativité des supporters du Standard. Je t’en mets une photo ci-dessous, histoire que toi aussi, tu puisses te régaler du haut sens artistique de l’affaire, et de l’élévation de pensée que sa morale transmet.

Quoi ? ‘Non merci, tu n’as pas envie de regarder ça ?’. Je m’en fous. Colle-toi cette merde au fond de tes rétines, fais couler ces glaireux miasmes dans un coin de ton cerveau et fais en sorte de ne jamais l’oublier. Pas comme tu avais fait avec ce que les mêmes odieux avaient adressé à Ivica Mornar il y a 13 ans : ‘Nous jugeons les traîtres comme dans ton pays’ avaient-ils jugé bon d’écrire en référence aux lourds conflits qui ensanglantèrent les Balkans.

Pas non plus comme quand tu étais passée au-dessus de ce qui précède avec un haussement d’épaules du style ‘Après tout, ce ne sont que des gamins, laissons-les s’amuser’.

Eh bien, tu les as laissés s’amuser trop longtemps. Et la soi-disant direction du Standard – car quand on apprend qu’on ne savait pas, on est fondé à se demander qui dirige ce machin – a fait la même chose. Pendant qu’ailleurs, on exigeait de la tenue et du respect en distribuant éventuellement des interdictions de stade à ceux qui franchissaient, n’était-ce que de 69 millimètres, les lignes tracées.

Personnellement, ce n’est pas la teneur de ce lamentable tifo qui m’interpelle le plus : on s’habitue à tout, même à la bêtise et à l’irresponsabilité de certains demeurés. Mais je trouve étranges les cris d’orfraie poussés par les oies blanches qui, soudain, semblent découvrir l’atmosphère nauséabonde et antisportive entretenue à Sclessin par le meilleur public du monde.

En fait, peut-être ne sont-ce pas des oies blanches mais des autruches. Avec au coeur, le fol espoir que confèrent l’aveuglement et la crédulité, vous vous attendiez à échapper, la tête dans le sable et le cul en l’air, à la définitive enculade ? Elle est arrivée...

Ça vous a plu ? Vous en aurez encore : devant l’indignation collective, au Standard, on promet de sévir avec la dernière énergie contre les auteurs de la bâche de la honte. On n’en profiterait pas pour se faire un petit examen de conscience, et se demander s’il est vraiment sain et responsable de toujours critiquer l’arbitrage, de toujours contester les décisions du Comité Exécutif, de toujours trouver quelque chose quelque part, pour justifier le manque de résultat de cette équipe soi-disant phare, qui fut championne deux fois en 30 saisons ?

Parce que, messieurs, c’est vous qui incitez les intellectuellement faibles qui vous supportent, à la violence, c’est vous qui les poussez à essayer de gagner des matches autrement que sur le terrain, c’est vous qui n’avez même pas les fondements éducatifs suffisants pour réussir à épeler convenablement le mot S.P.O.R.T.

Mais nous sommes fairplay. Et nous nous engageons à vous créer une banderole comme celle ci-dessus, au cas où on vous punirait enfin de votre manque de discernement et de jugeotte.

 

 

14/01/2015

Les Gens sans Foot (ou presque) : Mon Soulier dort

 

Tu es déjà restée un peu trop longtemps les jambes croisées, mon immobile, ma statique, mon assise ? Oui ? Et quand tu t’es levée, tu as rencontré un petit problème d’équilibre, avant de ressentir dans la guibolle, les picotements désagréables de la circulation sanguine en plein rétablissement ? Hmmm... Donc, tu sais ce qu’est d’avoir un membre qui dort ! Tu disais, ma paresseuse, ma feignasse, mon hypersomniaque ? ‘C’est toujours ça de gagné !’ Oui bon, tout dépend évidemment de quel membre on cause !

 

Mardi 13 janvier

C’est un peu le boxon dans les news, donc on comprend que tu t’abandonnes à une petite sieste réparatrice. Je te livre en vrac, pas que tu aies l’air de ce que tu es quand tu abandonneras les bras de Morphée pour la planche des gogues :

CAu Ballon d’Or, on a assisté au triomphe de l’Allemande Nadine Kessler. Quoi ? Ben ouais, fieux, les dames d’abord, c’est pas parce qu’elles revendiquent – à juste titre, espèce de vieux macho ringard !– l’égalité des sexes que la galanterie doit en voler à la poubelle pour autant. Puis de toute manière, ça ne peut pas te faire de tort, de penser pour une fois à autre chose que te contempler ta bite. La joueuse du VfL Wolfsburg a eu quelques mots pour déplorer le décès brutal de Junior Malanda qui « occulte cet évènement », selon elle. On n’est pas complètement certain que dans l’autre sens, on aurait fait preuve d’autant de délicatesse et de sensibilité.

CChez les mecs, le même trophée a été remporté par Cristiano Ronaldo devant Lionel Messi. Premier Belge, Thibaut Courtois se classe 20ème, tout juste devant Eden Hazard ; aucun de nos compatriotes ne figure dans l’équipe de l’année, concoctée par les spécialisses... C’est peut-être un peu vexant, mais ça ramène sur terre ceux qui nous voient champions du monde sans même devoir en montrer plus que contre la Corée. En admettant une légère sous-évaluation éventuelle, on n’osera quand même pas dire que c’est plus anormal que la 4ème place des Diables au ranking FIFA... Mais ça vole bas sur Twitter :

CDe toute évidence, sa 3ème place ne contente pas trop Manuel Neuer, keeper du Bayern et de l’équipe nationale allemande : « Je suis sous contrat avec Adidas, mais cela ne fait pas de moi l’ambassadeur d’une marque, ni un modèle qui poserais en sous-vêtements », a-t-il balancé tout en jetant un regard lourd de sous-entendus en direction de Cristiano Ronaldo. Oups, on n’est pas passé loin des noms d’oiseau, si tu veux mon avis.

U  Glen De Boeck estime que son avenir est dans le business, plus dans le foot. Blondel raccroche, dans la foulée. Qu’aimerais-tu que j’eusse comme réaction à ces nouvelles de première importance ? Rien ? Qu’il en soit fait suivant tes désirs.

B  Je ne t’en ai pas causé avant, ma francophone, mon unilingue, ma mono culturelle, mais Klaas Vantornout a remporté le championnat de Belgique de cyclo-cross. Vu la situation, il sera un candidat plus que sérieux au titre de Champion du Monde de cette discipline extraordinairement exigeante, dangereuse et difficile à défaut d’être très glamour. La preuve ? En dehors des goeie Vlamingen van bij ons, ils sont bien peu à disposer de couilles assez grosses et dures pour oser s’y risquer.

^Le numéro 1.178, dit des survivants de Charlie Hebdo sera en définitive, tiré à 3.000.000 d’exemplaires. Dans ma mythologie à moi, ils l’auraient distribué gratos, ou au pire, au prix coûtant. Mais on est au XXIème siècle, en fait.

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Le Sporting est rentré à Bruxelles, Neerpede recommence à vivre au rythme des séances d’entrainement entrecoupées de matches. Plus que cinq fois dormir...

Dans l’intervalle, on aura encore droit à la grand-messe flamando flamande du Soulier d’Or. A priori, la lutte serait circonscrite entre le Brugeois Carlos Vasquez et Dennis Praet. On sait que celui qui l’emportera aura le sourire aux lèvres. Mais on sait aussi que, socialement et médiatiquement, c’est un trophée lourd à porter et que le gagner n’est pas nécessairement conseillé pour la suite de la saison d’un joueur...

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Le football belge, en général, et le Sporting en particulier, a déjà payé un lourd tribut à la route, aux longs déplacements que les joueurs font régulièrement en voiture, et à la vitesse que leur autorisent les bolides vrombissants qu’ils ont les moyens de s’offrir – quand ce ne sont pas les clubs qui les leur mettent à disposition.

N  Laurent Verbiest, arrière central du Sporting, se tue le 2 février 1966, en rentrant chez lui à Ostende.

N  Évoluant alors en Italie, Ludo Coeck, icône du Sporting et de l’équipe nationale, meurt dans un accident de la route le 9 octobre 1985.

N  En 1977, Jean-Claude Bouvy fait ses débuts en D1 sous le maillot anderlechtois. Il est transféré à La Gantoise en 1981 et devient vite la coqueluche du stade Jules Otten. Il perd la vie le 5 février 1986, des suites d’un accident de la route.

MChampion de Belgique avec le Sporting en 2000, le Congolais Elos Elonga-Ekakia est victime, peu après, d’un accident de la route particulièrement violent auquel il survivra, mais qui brisera sa carrière de joueur.

N  Joueur du VfL Wolfsburg, mais jouissant de liens très fort avec le Sporting ainsi qu’avec l’équipe nationale Espoirs, Junior Malanda est tué lors d’un accident de la route ce 10 janvier 2015. Anthony D’Alberto, espoir du Sporting, conduisait le véhicule. Il a lui aussi, été grièvement blessé dans l’accident.

Dites, les gars, vous ne trouvez pas que l’on commence à avoir le compte, là ? Il serait plus que temps de commencer à penser à habiter plus près de votre lieu de travail, à partir à temps pour ne pas se sentir obligé de tracer comme des bêtes et à apprendre les trucs et astuces de la conduite défensive... Le plus important étant bien sûr le premier point : quand j’apprends que certains se mangent chaque jour, plus de 300 kilomètres de bitume, je reste sans voix – ce qui ne m’est pas trop compliqué pour le moment... La première Loi de Murphy[1] est implacable : même en roulant prudemment, on multiplie les risques en se tapant plus de 50.000 kilomètres par an. Sans encore parler du temps que l’on perd...

 

Mercredi 14 janvier

En marge de la sortie du Charlie Hebdo des survivants (voir ‘Ik ben Charel’) le fabuleux dessin de Romain Dutreix :

Tout commentaire est, tu sais quoi ? Superflu.

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« Dans un sport collectif, l’important c’est le collectif », m’assènes-tu péremptoirement, ma contradictoire, ma schizophrène, ma duale. Avant de poursuivre : « C’est quel numéro encore, VTM ? ».

S’il est vrai que toute la Belgique du football aura les yeux braqués sur la chaîne commerciale flamande ce mercredi soir, il n’est pas faux non plus de dire que ce sera à défaut de mieux.

Parce qu’effectivement, si le fait que cette grosse fiesta avec strass et paillettes ne sera diffusée qu’en néerlandais ne me dérange pas personnellement, voir en revanche, le football wallon et francophone relégué de facto au rang d’utilité me donne des états d’âme.

Mais surtout parce que des trucs du style ‘Élection de la WAG de l’année’, me laisse d’une froideur de marbre en fin de carrière : alors que j’ai tant de fois critiqué le ton ‘foot variétés’ que prend de temps à autre ‘La Tribune’, tu imagines bien que ce qu’il se passe chaque début d’année entre tous ces costards de cérémonie et ces robes de soirée, m’attire autant que la perspective d’une nuit d’amour avec Anne-Marie Lizin. Tu dis ? Mais non, ce n’est pas à cause de son appartenance au PS !

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Nadia Sminate est quelqu’un de remuant. À 34 ans, elle est députée fédérale, députée de la Région Flamande, devrait être nommée bourgmestre de Londerzeel cette année et est membre de la NVA. Fille d’une Flamande et d’un Marocain, elle est aussi licenciée en philologie romane de la VUB et... de bien avenant aspect, si tu veux mon avis.

Au Parlement Flamand, elle brandit une affichette format carte bancaire : « Ce qu’il y a écrit ici dessus, signifie ‘Il n’est d’autre Dieu qu’Allah’ », explique-t-elle. « En soit, donc, rien qui vaille que l’on s’y attarde. Mais le message est imprimé en blanc sur fond noir, ce qui fait qu’il est double. Graphiquement, cela veut dire ‘Nous sommes en guerre’, et cette guerre, c’est la Djihad. Le problème est que personne ne sait cela, et que l’on fait ainsi passer des messages de mort sous le nez de tout le monde et en particulier dans nos écoles ! »

Pan dans le lard : merci Nadia, je ne savais pas cela non plus. Et je m’étais posé des questions à propos du très moche « Je suis Charlie ».

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Un qui n’est pas Charlie, c’est Jean-Marie ‘Neunœil’ Le Pen. On n’a pas trop bien pigé pourquoi il a tenu à le préciser : il croyait qu’on avait un doute ?

Tant qu’on cause des déchets sociaux, le très compostable Dieudonné, grand revendicateur de la liberté d’expression sur le thème ‘Adolf a laissé bien trop de Youpins vivants’ en remet une couche : « Je suis Charlie Coulibaly », a-t-il suavement déclaré, histoire d’honorer la mémoire de celui qui n’a pour finir, réussi à tuer que 4 personnes dans une supérette juive. Au lieu d’être pendu immédiatement par les couilles à un crochet de boucher jusqu’à ce que mort s’ensuive, il a été placé en garde à vue, puis renvoyé en correctionnelle. On peut trouver cela déplorable, mais dans un État de droit, il y a aussi quelques contraintes à accepter.

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Bon, c’est pas que j’aie des tonnes de trucs à te raconter en cette moins moche journée de la semaine, mais on cause, on glose, on cancane, puis le temps passe, et sur ces entrefesses, 21:12 heures viennent de sonner à Saint-Guidon. Ce qui signifie qu’il est temps pour tous ceux qui aiment le foot, d’aller se farcir Anne-Marie Lizin ! Allez, hue, cocotte ! Eins, zwei, gauche, marche, je veux voir qu’une seule tête de nœud ! Euh... Si je peux me permettre, tant que tu y seras, finis-la d’une bonne vieille faciale, on m’a confié qu’il y a longtemps. Et ne fais pas trop de bruit en lui claquant les fesses, pense à ceux qui regardent la télé et qui aimeraient le faire dans le calme et la sérénité !

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Putain c’est chiant, hein, ce genre d’émission où ça n’arrête pas de « Tiens, mais c’est Costard ! » ; « Oh, ce bon vieux Costard, laisse-moi te présenter Robe du Soir ! Robe du Soir, dis bonsoir à Costard ! » ; « Bonsoir, Costard ! Ça fait longtemps, dis donc ! Comment va Robe du Soir ? » ; « Très bien, je te remercie, tu ne l’as pas encore vue ? Regarde, elle est là-bas, en compagnie de Costard, de Robe du Soir et de Smoking ! » ; « Ah, ce Smoking, toujours besoin de faire autrement que les autres... Et Blazer est là aussi, dis donc ! »...

Comme les enfants sont couchés, une crasse pour passer le temps :

Or donc, c’est Séraphin. Il vit à la campagne avec la Germaine et ils ont une vache qui s’appelle Marguerite. Malheureusement, il se fait que cette dernière a vieilli et donne de moins en moins de lait.

   Faudrait bien la faire saillir ! », déplore Séraphin, non sans un certain émoi.

   T’as qu’à d’mander à gros Firmin ! », lui rétorque la Germaine.

   Firmin ? Il fait ça, lui ?

   Firmin ? Non.

Un long silence s’installe, témoignage poignant du labeur intense que Séraphin inflige impitoyablement à ses synapses...

   Ben quoi, alors ? », finit-il par rendre les armes.

   Il a un taureau !

   Ah...

   On le verra à la messe, dimanche, t’auras qu’à y demander !

   À qui ?

   À Firmin !

Et donc, le dimanche venu, Séraphin retrouve Firmin au comptoir du Café des Sports, du Commerce et de l’Industrie réunis, lequel se trouve en face de l’église, mais un peu de biais, si tu situes. Après quelques chopes, ils tombent d’accord et se fixent rendez-vous pour l’après-midi, dans la pâture où Ferdinand rumine son célibat.

Prévoyant, Firmin a amené des sixpacks de Cara Pils, tandis que Séraphin, lui, venait avec sa vache. Pour l’heure, la charmante Marguerite broute tranquillement pas trop loin du gros Ferdinand, lequel la snobe non sans une certaine morgue.

Accoudés à la barrière, nos deux héros viennent d’attaquer le deuxième sixpack de bibine quand Séraphin considère la situation d’un œil critique.

   Dis donc, Firmin », bafouille-t-il car la Cara Pils, ça rétame comme le reste, même si ça ne goûte pas pareil. « Il n’est pas bien vaillant, ton taureau, là... »

   T’as raison ! », rote l’autre. « Attends, tu vas voir... »

Il envisage un moment l’exploit de sauter par dessus la barrière, comme il a vu dans un film, mais trouve plus raisonnable en définitive, de faire les quelques pas qui le séparent d’un portillon. Remontant énergiquement son falzar qui a des tendances à s’affaler suite au durillon de comptoir qui le précède partout où il se rend, il s’approche de Marguerite. Il se retrousse une manche de chemise, puis lève la queue de la vache et lui flanque le bras entier dans le cloaque. Quoi ? Ben oui, dans son cul, si tu préfères...

Ça fait un bruit comme quand on marche dans la boue avec des bottes de caoutchouc, ce qui fait lever un sourcil à Séraphin.

   Qu’est-ce que tu fais à Marguerite ? », s’inquiète-t-il.

   Attends ! », lui renvoie l’autre avant de se diriger d’un pas mâle vers Ferdinand, le bras dégoulinant de euh... enfin, dégoulinant, quoi !

Arrivé face au taureau, il lui barbouille les nasaux de hum... la dégoulinance, donc hein, puis s’écarte prestement, manquant de justesse de s’affaler dans une magnifique bouse dont quelques jolies mouches bleues sont occupées à se faire un festin.

C’est comme si le réveil de Ferdinand avait sonné : il redresse la tête, couche les herbes alentour d’un souffle puissant, fixe Marguerite d’un regard vengeur, puis se précipite vers elle et lui monte dessus sans cul faire rire. C’est fort, c’est vigoureux, c’est impératif, Séraphin en reste bouche bée.

Ça ne dure pas trop longtemps, mais quand même suffisamment pour que le dernier sixpack passe de vie à trépas.

C’est bien connu, une fois qu’il n’y a plus rien à boire et qu’en plus, the show is over, la conversation meurt d’elle-même. Donc, ils se quittent et s’en vont vers d’autres horizons, Firmin avec les mains dans les poches, Séraphin en tenant précieusement la corde au bout de laquelle Marguerite le suit avec toute l’indolence de la femelle satisfaite.

Mais Séraphin est soucieux : ce qu’il vient de voir l’a profondément impressionné et il ne parvient pas à chasser de sa tête les images fortes dont il vient d’être le témoin captivé.

Après avoir conduit sa vache à l’étable, il rentre chez lui... pour tomber nez à nez avec Germaine. Ou plutôt avec le gros pétard de Germaine, laquelle est occupée à nettoyer le sol de la cuisine à grandes eaux.

   Saint nom di Diou ! », murmure-t-il, comme frappé par la foudre.

Il se penche, relève les cottes de Germaine, lui flanque sans cérémonie, son bras dans le soubassement, puis s’en met plein le visage.

Alertée, Germaine se retourne !

   Ah, c’est toi ! Mais qu’est-ce qui t’arrive ? Tu t’es battu ?

Tu dis ? Oui, elle est vulgaire et dégueulasse... Un peu dans le ton de l’émission, quoi.

*   *

*

þLe plus beau but de l’année : Vasquez – justifié si tu veux mon avis.

!Le meilleur keeper : Matt Ryan – ridicule. C’est un bon keeper, mais il n’a certes pas rapporté autant de point à son club que Silvio Proto.

LLe meilleur public : Club Brugge – l’endroit où la direction du Sporting s’est fait cracher dessus.

i    La WAG de l’année est la meuf de Laurent Depoitre : Shana Sonck. Sincères fellations !

þL’Espoir de l’année : Youri Tielemans – on a échappé de peu à Timmy Simons.

KL’entraineur de l’année : Michel Preud’homme Besnik Hasi – très prématuré, trouvé-je. S’il est très certainement un bon entraineur, il compte encore bien des lacunes au niveau de son coaching.

þLe meilleur Belge à l’étranger : Thibaut Courtois – en effet, who else ?

JLe Soulier d’Or : Dennis Praet – très content pour lui, même si ce fut surtout grâce à ses prestations récentes. Et en particulier, en Champions League, alors que cela ne devrait pas compter... La honte de la soirée : la 5ème place de Silvio Proto !


 

 

 

 

 

 

 



[1]« Quand il y a une possibilité pour quelque chose merde, dans la durée ça finira par merder ».

12/01/2015

Ik ben Charel !

 

10/01/2015

De l'Art de couper les Ailes aux Canards

Les Gens sans Foot : De l’Art de couper les Ailes aux Canards

Vendredi 9 janvier

J’ai toujours aimé les canards. Tout d’abord, je trouve qu’il s’agit d’un animal élégant. Euh, surtout quand il est sur l’eau ou quand il vole : il faut reconnaître que ses déplacements sur la terre ferme sont un peu moins harmonieux. Mais baste, un oiseau aquatique c’est fait pour voler et nager, le reste c’est du bonus, ai-je la faiblesse de croire.

Ensuite, il possède la seule viande que je mange sans dégoût : file-moi à volonté du gésier en salade, du confit, du foie gras, de la peau laquée à la chinoise, ça va marcher. Bon, ajoute des légumes pour faire passer, on ne se refait pas !

Ceci dit, il y a des gens qui se plaisent à couper les ailes à ces animaux merveilleux. Au figuré, mais quand même : je ne félicite pas Youri Tielemans pour avoir déclaré en substance « Allez tous vous faire enculer, je signerai au Sporting quand j’aurai 18 ans, c’est-à-dire le 7 mai. Vous pouvez à la fois oublier que je pense à faire ça avant car ce ne sont plus mes parents qui signeront, ou que je me laisserais attirer par les pots d’or offerts par d’autres clubs : pour mémoire, il n’est pas marqué crétin sur mon front ! ». Il n’a pas ajouté « T’as compris ? », mais c’est tout comme.

Ainsi donc, ce jeune homme qui, pour quatre mois, n’a encore que 17 ans, a coupé les ailes aux canards qui lui tournicotaient au-dessus de la tête... Pas bien ! Qu’est-ce qu’on va encore bien pouvoir écrire à ce sujet dans les canards, désormais ? C’est comme s’ils se retrouvaient enchaînés, les pauvres !

‘Le fil rouge sur le bouton rouge et le fil noir...’

Bah, on les connaît, ils trouveront bien quelque chose pour que l’un ou l’autre canard puisse reprendre l’air : c’est un animal qui a la vie dure, comme avait pu le remarquer le regretté Robert Lamoureux dans ‘La Chasse au Canard’ – tu en trouveras le texte ici, parce que le Robert, là, il avait quand même une diction un peu particulière.

*   *

*

En attendant, c’est un vendredi après-midi bien pluvieux et bien venteux auquel on a droit : le thermomètre affiche 11° mais il fait tellement humide que l’on n’a certes pas l’impression que l’hiver est fini, même s’il ne fait pas un froid de canard – expression provenant de la capacité qu’a la bête à résister aux pires frimas, probablement grâce à l’épaisse couche de graisse qui la protège.

Étonnamment, l’Aquitaine, où l’on consomme de grandes quantités de cette viande très lipidique, est aussi une des régions où le nombre de décès pour cause de problème cardio-vasculaire est le plus faible.

*   *

*

Plus au nord, les connards sont toujours vivants. Ils se multiplient, même, puisqu’une autre merde a trouvé fun de prendre en otages, des clients d’une épicerie kasher. Ils n’ont pas assez du RAID et du GIGN, ils veulent en plus, avoir le Mossad sur le dos...

C’est le boxon sur Euronews : « Personne m’écoute en régie, ça fait 10 minutes que je hurle, bande de cons ! », entend-on râler un reporter. Les circonstances ont beau être dramatiques, on a du mal à ne pas rigoler... Alors que le GIGN aurait donné l’assaut à Dammartin en Goële, ainsi que semble en témoigner un nuage de fumée (grenades aveuglantes ?) visible à la télé.

Ah putain, ouais, tirs d’armes automatiques, éclair, explosion...

17:13 heures : l’assaut est terminé à Dammartin, ainsi que le montre l’atterrissage d’un hélicoptère sur le toit du bâtiment. L’otage[1] est sain et sauf, les frères Kouachi sont allés rejoindre leurs ancêtres... L’information est confirmée par le Ministère de l’Intérieur, qui ne précise pas s’ils auront droit aux 14.000 vierges, dont on se demande d’ailleurs bien ce que pourraient faire ces gros enculés à part les torturer.

Dans la foulée, le RAID a donné l’assaut à la supérette de Vincennes. Ça canarde sec, ‘la vache’ comme on entend dire un reporter. On voit des otages sortir du magasin... Les enfants des écoles ont été autorisés à rentrer chez eux. Le criminel récidiviste Amedi Coulibaly, qui avait été en contact avec les frères Kouachi, a passé l’arme à gauche dans l’opération, quatre otages ont malheureusement suivi le même parcours.

Faut vraiment être des dégueulasses pour jouer ainsi avec la vie des autres ! Mais ce n’est  visiblement pas condamnable sans réserves pour certains peigne-culs. Je lisais tout à l’heure, dans la Déache, qu’une saleté de poufiasse de merde se mettait la bouche en cul de poule : « Je ne cautionne pas, blah blah blah, mais quand on montre des dessins insultant le Prophète... ». J’ai l’estomac bien accroché, mais franchement, ce sont des réflexions à lui dégueuler ma pizza sur sa sale gueule de grosse pute, tu ne trouves pas, ma poétesse, ma rimailleuse, ma versificatrice ? Plaît-il ? Dommage que je ne mange pas de jambon ? Oui, bon, c’est comme ça... Tu dis ? Lui flanquer, dans la foulée, son tchador dans l’oignon, au bout d’une pique en acier rougi aux flammes de l’enfer ? L’idée paraît séduisante, en effet... Mais ne sombrons pas au niveau de ces sous-merdes :

on ne combat pas la barbarie par la barbarie !

 Donc, bon, les voyous ont tous lâché la rampe. D’un côté, ça évitera des frais de procès, de l’autre, ça risque de poser quelques problèmes pour savoir d’où ils tenaient leurs armes, leurs munitions, leurs gilets pare-balle, etc. Hmmm ? C’est ça qu’on voulait ? Peut-être... Car désormais, l’État français dispose de tous les arguments qu’il lui fallait pour intervenir militairement en Irak ou en Syrie...

*   *

*

L’insupportable autoproclamé expert en contre-terrorisme[2] Claude Moniquet en tant que consultant sur Euronews : « Renforcer la législation, pour autant que la société civile l’accepte ».

Ben voyons... Il faudrait donc que l’on soit d’accord avec les écoutes systématiques et le fichage qui ne le serait pas moins. De telle façon que les terroristes atteignent leur but, à savoir détruire note modèle social, c’est bien ça ? FUCK OFF !  ¡ No Pasarán !

*   *

*

Un canard qui vole de façon récurrente ces dernières années, concerne la mort de Fidel Castro. Il est vrai qu’à l’âge de 88 ans, l’ancien lider maximo cubain, est plus proche de la fin que du début.

Mais les rumeurs de sa mort n’ont jamais été colportées que par les très interlopes milieux anticastristes, actifs principalement en Floride et en Espagne. Ainsi, le dernier canard en date à ce sujet, prit son envol au départ du quotidien ‘Diario de Las Americas’, édité à Miami. Il se fit couper les ailes à Paris, du siège de Libération, où, by the way, est accueillie provisoirement, la rédaction de Charlie Hebdo.

S’il n’a pas fait que du bien – notamment en restant vraiment trop longtemps au pouvoir – Fidel n’a pas non plus fait que du mal : on aurait tort d’oublier que c’est lui et le médecin argentin Ernesto Che Guevara qui menèrent à bien la Révolution Nationale Cubaine, dont le premier objectif n’était jamais que débarrasser l’île de la mainmise des gangsters américains.

Admettant de facto que l’aide apportée par la Mafia à l’armée américaine lors du débarquement de Sicile, était remboursable, l’administration américaine leur mit une pression bien suspecte, qui les poussa dans les bras accueillants de l’URSS, transformant leur mouvement de base – lequel ne cassait pas trois pattes à un canard –, en la dictature communiste que l’on sait.

*   *

*

Un peu partout, on a pu lire depuis plusieurs semaines, que le Sporting a besoin de renforts s’il veut une nouvelle fois, remporter le championnat. C’est un avis que me laisse quelque peu songeur : je trouve personnellement, que l’on n’a pas un vilain noyau. La seule chose que je lui reproche, c’est de ne pas prendre suffisamment au sérieux les petits matches. Or ce sont souvent les points pris ou perdus lors de ceux-ci, qui se révèlent déterminants au moment où on fait les comptes. En tout état de cause, je n’ai pas dans l’idée que les joueurs de Vitesse Arnhem me contrediront : 5-0 dans leur gayole à l’issue d’un match – amical, bien sûr – disputé cet après-midi en Espagne !

Le Standard, quant à lui, affrontait Heereveen. Après qu’il eut sifflé un troisième pénalty en leur défaveur, les Hollandais adressèrent un vibrant ‘¡Cabrón!’ à l’arbitre de la partie et quittèrent la pelouse. On est très inquiet pour l’avenir des Rouches : auraient-ils trouvé plus caliméros qu’eux ?

On notera encore que Lokeren a infligé un 4-0 bien sec aux Algériens de Setif, qu’Ostende a vaincu NEC par 2-0 et que le Lierse – putain, chaque fois que j’écris ce nom, j’ai envie de nettoyer mon clavier – a mis un bon vieux 3-0 des familles, à l’AZ de John Van den Brom.

D’accord, on cause de matches dont le résultat n’est qu’accessoire. Mais il y a quelques saisons, c’étaient les clubs belges qui se mangeaient ce genre d’amères pilules... Est-on bien sûr que la faiblesse de notre championnat, dont on nous rebat les oreilles, n’est pas devenue un canard ?

 

Samedi 10 janvier

Les comptes sont faits : en 3 jours de terreur, on décompte 17 victimes. Plaît-il ? J’oublie les trois terroristes ? Crève salope !

Il faut reconnaître au gouvernement Hollande, qu’il a plutôt bien géré cette crise : efficacité et dignité furent au rendez-vous ; avec un zeste d’humilité, même. Gageons que l’on atteindra le million de personnes dans les rues de Paris ce dimanche, pour un défilé qui ne devrait pas se limiter à hurler un indéfectible attachement à la liberté d’expression : le respect de la vie d’autrui ne ferait pas tâche dans le décor.

Je lis çà et là que certains aimeraient voir la liberté d’expression s’étendre à des gens comme Dieudonné. C’est non ! Il y a une sacrée différence entre diffuser des caricatures de Mahomet, en visant surtout les aspects religieux pour le moins discutables qui accompagnent l’Islam – comme la Sharia, le voilage des femmes (et pourquoi pas celui des mecs ?), l’interdiction de manger du porc (on est au XXIème siècle, on a inventé les frigos depuis lulure), etc –, et donner la parole à des gros cons du style de Soral et Faurisson ou réinventer le salut nazi en l’appelant du nom d’une préparation culinaire à base de farine et de chair de brochet.

Que l’on se mette bien d’accord : si on me dit qu’Israël est devenu un état raciste, je fais la grimace sans pour autant réussir à le nier. Mais les antisionistes, je les emmerde : si Israël n’était pas soumis à une telle pression de la part de son voisinage, peut-être l’extrême-droite n’y serait-elle pas au pouvoir, et du coup, peut-être ferait-il meilleur vivre pour tout le monde dans ce pays. Tu dis ? Ben non, des gens comme Dieudonné prétendent qu’il n’y a pas eu six millions de Juifs assassinés par les Nazis. Bah, si on leur dit ‘cinq’, c’est plus acceptable pour eux ?

*   *

*

On vit décidément un début d’année peu réjouissant : on vient d’apprendre, en milieu d’après-midi, le décès de Junior Malanda des suites d’un accident de la route.

Formé au Sporting, puis à Lille, Malanda avait bien contribué à la belle campagne réalisée en 2012-13 par Zulte Waregem avant d’obtenir un transfert à Wolfsburg. Il avait 20 ans et un avenir radieux se profilait devant lui : il commençait à se faire un nom en Bundesliga et certains le voyaient rejoindre d’ici peu le noyau des Diables Rouges...

Il est temps que le championnat reprenne : il se passe moins de choses tristes quand on joue au foot.

 

 



[1]Otage qui n’en était pas un : c’était un employé de la société que les deux branquignols n’avaient pas remarqué et qui a tuyauté les forces de police par téléphone... Quand je te disais que ces deux là auraient fait passer les Pieds Nickelés pour d’invincibles caïds...

[2]Rappelons brièvement que la différence entre terreur et contre-terreur n’existe que pour les cons.

09/01/2015

Les Gens sans Foot : The Day After...

 

Un peu partout, on s’épanche, on exprime ses émotions, on crie son indignation. Dans un concert qui n’est pas nécessairement exempt de fausses notes : « Non, on n’a jamais acheté Charlie Hebdo », reconnaît à la télévision, une dame dont la tenue explique à satiété pourquoi elle n’a jamais sorti les vulgaires 2 euros que coûte le magazine. « Mais ils nous représentaient, c’était eux, l’esprit frondeur, le fer de lance des libertés », ajoute-t-elle avant de s’effondrer sur l’épaule de celui que l’on imagine être son mari.

Je n’ai rien contre personne en général, ni contre cette grande bourgeoise en particulier, elle qui a même le bon goût de retenir un sanglot durant sa courte interview. Mais en vérité, je n’ai rien pour non plus : fugitivement, passe devant mes yeux, la tronche rigolarde de Georges Wolinski, en train de lui faire un doigt d’honneur...

J’aurais aimé qu’ils soient là, Cabu, Charb, Wolinski et les autres, ne serait-ce que pour nous trouver une couverture de circonstance à la sauce Charlie : est-ce que « Quelques vieux cons décèdent et le monde bascule », aurait été à la hauteur ? À moins qu’ils n’eussent préféré « On n’est pas parti seuls, on a pris deux flics avec nous » ? Va savoir...

Attends ! Encore une pour la route : dans ce genre de conjoncture, on a l’habitude de chercher à qui le crime profite. Ce n’est pas compliqué : alors qu’usuellement Charlie Hebdo tirait à 60.000 exemplaires, on annonce que le prochain numéro, le 14 janvier prochain, sera édité en 1.000.000 de copies... Alors qu’il y aura au moins quatre grosses pointures en moins à rémunérer ! Qu’est-ce qu’on dit aux connards de terroristes ?

*   *

*

De nombreux dessins sont parus évidemment, toute la terre voulant rendre hommage à ceux qui, après avoir animé Hara Kiri avec le trouble Georges Bernier aka ‘Professeur Choron’ et le formidable écrivain que fut François Cavanna, fondèrent un Charlie Hebdo que les tragiques évènements d’hier viennent de rendre incontournable pour un bon bout de temps. J’ai retenu le travail du très controversé Carlos Latuff, publié par le Middle East Monitor parce que j’estime qu’il exprime sans faux fuyant, le désarroi dans lequel cet acte aussi scandaleux qu’imbécile a mis les musulmans normaux du monde entier.

Remarquons que les anormaux n’ont pas trop tardé à s’exprimer non plus, les écœurants « Charlie Hebdo n’a eu que ce qu’il méritait » et autres « Ils n’avaient pas à salir ma religion, tant pis pour eux », n’ayant pas tardé à fleurir sur les réseaux sociaux où ces demeurés aiment vomir leur fiel.

J’ai apprécié aussi le dessin de Tommy, illustrateur travaillant pour plusieurs organes de presse, dont Libération, le Huffington Post, Fakir, et autres Vents Contraires :

J’ai aimé d’autant plus que l’on ne sait pas si Dieu regrette de voir débarquer la clique de Charlie Hebdo parce qu’il est malheureux pour eux, ou parce qu’il va être obligé de supporter ces emmerdeurs pour l’éternité...

À chacun ses petits problèmes, naturellement : d’une part, nous serons privés d’eux et de l’autre, s’Il S’était occupé un peu mieux de Ses brebis égarées, Il n’aurait pas été confronté à ce genre de situation.

*   *

*

D’une façon générale, on n’a qu’un seul espoir : que ces douze personnes ne soient pas mortes pour rien et que, dans un avenir très proche, ceux qui souhaitent vivre leur foi en accord avec les principes sociaux en vigueur dans les pays où ils vivent, se distancient désormais très clairement et de façon virulente, des voyous fascistes et rétrogrades qui se réclament du même Dieu qu’eux.

Ne les acceptez plus ! Marquez distinctement la frontière qui vous sépare !

On ne tolérera pas que vous deviez pratiquer votre religion dans la peur d’autres crapules qui profaneraient vos lieux de culte ou les attaqueraient ! Mais il faut que vous bougiez aussi : ceux qui sont partis commettre des crimes contre l’humanité en Irak ou en Syrie, n’ont pas droit à votre mansuétude. Et ceux qui en programment ici, non plus ! À moins que vous ne soyez leurs complices...

 

 

07/01/2015

Le dernier Outrage

Mercredi 7 janvier

Ainsi, il n’aura pas suffi que l’on tue les icônes de la pensée indépendante, ennemie de tous les fanatismes sauf de celui de la liberté. Il aura fallu qu’en plus d’ôter la vie à des gens comme Cabu, Wolinsky ou Charb, qui avaient traversé tant de tentatives de censure, de procès et de menaces, on leur fasse subir l’outrage d’hommages internationaux émanant de gens qu’ils avaient sur leur mauvaise dent comme Angela Merkel ou David Cameron ; puis que John Kerry les pleure, avant que François Hollande ne les finisse d’une journée de deuil national...

Évidemment, tu me diras que c’est magnifique : « Je ne partage pas tes idées, mais je me battrai pour que tu puisses les exprimer ».

Mouais... « Je me battrai, oui, mais jusqu’à ta mort ».

Croire que Charlie Hebdo était – est – apprécié dans les hautes sphères, serait se leurrer. De la même façon, les cibles préférées de Charlie Hebdo ne sont ni politiques, ni islamiques : les intégristes catholiques, le pape, l’industrie française, l’Europe, tout le monde a toujours eu droit à son paquet, jusques et y compris le sport professionnel en général et le football en particulier.

J’avais prévu, à l’origine, un article dont le sujet principal était le Dakar et ‘Les Grands Espaces’. Quand j’ai appris ce qu’il s’était passé ce matin à Paris, j’ai mis le rallye à l’arrêt : plus qu’une attaque contre un organe de presse, c’est un symbole que l’on a traité à la Kalach. Le symbole d’une pensée libre et libertaire, ne supportant aucune chaîne : il n’y a pas, il n’y a jamais eu de publicité dans Charlie Hebdo – à part des caricatures de pub, vieille tradition héritée d’Hara Kiri. Et il n’y a jamais rien eu de plus important à célébrer, édition après édition, que la vie, sous toutes ses formes : il fallait les buter pour qu’ils ferment leur gueule. Tu t’en douteras rien qu’à mater les quelques couvertures qui illustrent la présente, Charlie ratissait large et nul doute que seront nombreux ceux qui, en dépit des masques tragiques de circonstance, éprouveront un certain soulagement après le carnage de ce 7 janvier, ...

 

Il reste les questions de base, et d’abord, qui a commis cet acte scandaleux. À la vue de la vidéo publiée un peu partout, on ressent un malaise, si pas deux :

!On voit distinctement deux personnes armées sortir du bâtiment. Puis se passe quelque chose dont on peut soupçonner qu’il s’agit d’un tir les visant. Ils s’arrêtent – ripostent ? – et courent vers un homme à terre. On entend clairement un « Tue-le ! » cependant que le tueur le plus proche du blessé, l’ajuste et tire. Puis il continue de courir dans la direction opposée de l’endroit où se trouve la voiture de fuite ! Il paraît évident qu’il y a là, dans le chef du tireur, une perte de sang froid ahurissante s’il s’agit d’un soldat entrainé.

!Mais il y a pire : il finit par faire demi-tour, non sans avoir pratiquement télescopé son acolyte qui l’a accompagné dans son jogging au lieu de se mettre en couverture, puis ils gagnent la voiture de fuite, une Citroën C3 dont on est quand même très surpris de voir qu’elle ne semble même pas avoir subi de modification au niveau du compartiment arrière.

!Là, nouvel ébahissement : le tireur se met au volant ! C’est du jamais vu : pour une opération de ce type, il y a toujours un chauffeur prévu, ne serait-ce que pour sécuriser le repli – l’adrénaline qui a monté chez les opérationnels ne permet pas d’assurer une conduite de véhicule normale, et certainement pas s’il faut se grouiller. Or, il faut toujours se grouiller dans ces circonstances.

!Enfin, dernière connerie : au moment de prendre place dans le véhicule de fuite, le passager se penche et ramasse une feuille de papier... qu’il aura sans doute fait tomber de la voiture quand il en est sorti.

Alors bon, on te cause de professionnels et d’opération militaire... Je veux bien, mais ce que j’en ai vu me laisse franchement un arrière-goût de chasseurs de lapins ayant forcé sur la bibine...

Au plan des conséquences, on a un autre malaise : on peut être à peu près sûr que l’attentat sera imputé à des terroristes islamistes. Et que donc, ce massacre perpétré sur un journal qui est bien plus d’extrême gauche que satyrique, comme on l’a déjà bien trop décrit, profitera à l’ultra droite de Marine Le Pen.

À se taper la tête au mur et les cuisses au plafond dans le même mouvement...

*   *

*

On va pas se laisser aller... La vie continue, tant qu’on en a une et te servir du réchauffé, c’est un truc que le respect que j’éprouve pour ta copine, m’empêche d’envisager... Donc :

 

Les Gens sans Foot : Les grands Espaces.

Mercredi 7 janvier

J’ai éventuellement aimé le sport automobile dans mon enfance. Ce qui ne devrait pas étonner grand monde : tout ce qui fait du boucan et qui va vite, fascine jusqu’à un certain moment où on commence à plus apprécier le calme, la sérénité, la beauté de la nature qui nous entoure quand on n’est pas en ville ; ou l’animation et la variété des pôles d’attraction qui s’offrent à la vie citadine quand on n’est pas à la campagne.

Mais franchement, j’ai toujours trouvé sacrilège de mélanger les deux : les charrettes tirées par des chevaux en ville, ce n’est acceptable que pour faire rigoler lors des dimanches sans voitures ; et de la même façon, voir des monstres hurlants parcourir à fond de caisse une nature jusque là vierge, me donne des états d’âme.

Tout le monde n’est pas comme ça : j’ai fréquenté dans ma vie professionnelle, un mec extraordinaire qui bossait comme un damné pour pouvoir financer sa passion, laquelle était de participer au Paris – Dakar... en sidecar ! À ce que je sais, Ronny Renders et Herman Verboven furent d’ailleurs les seuls à finir l’épreuve en usant de ce moyen de locomotion spécial en 1983 ! Une ou deux années plus tard, Ronny s’inscrivit même à l’épreuve en compagnie de son épouse !

Des gens qui veulent vivre leurs rêves d’une telle manière, cela force le respect. Même si tu n’es pas trop d’accord avec l’idée de base de faire passer dans des endroits reculés, une caravane de véhicules pétaradants et bariolés aux couleurs de sponsors avides d’images télévisées, couverte d’un ballet continuel d’hélicoptères. Même si dans la façon de laquelle tu conçois les choses, faire défiler un tel paquet de fric consacré à des plaisirs fugitifs, te paraît à la limite injurieux envers des populations locales parfois confrontées à la famine ou à la malnutrition. Sans encore compter les dangers inhérents à la vitesse pratiquée dans des endroits pas toujours trop bien gardés.

Je cessai de vraiment m’intéresser au Dakar en 1986, quand Thierry Sabine, organisateur du rallye, Daniel Balavoine, chanteur bien connu qui avait été invité à suivre l’épreuve, Nathalie Odent, une journaliste, ainsi que le pilote François Xavier Bagnoud et l’opérateur de radio Jean-Paul Le Fur, trouvèrent la mort dans un accident d’hélicoptère[1].

À l’époque, personne ne fut indifférent à ce qu’il s’était passé, d’autant plus que deux participants – le Japonais Yasuo Kaneko et l’Italien Giampaolo Marinoni – furent eux aussi tués, dans d’autres circonstances. Ce qui apparaissait encore jusque là comme une succession d’exploits réalisés par des aventuriers modernes, devenait un cortège funèbre.

On peut rire de tout, a-t-on coutume de dire, même si on ajoute souvent ‘mais pas avec tout le monde’.

On ne s’en était pas privé[2] : « La légendaire débrouillardise africaine a fait son profit de l’accident et a transformé l’hélicoptère accidenté en une machine agricole : par devant, ça bine, par derrière, ça bat l’avoine ». Pour cruelle ou exorcisante, selon les points de vue, que soit cette histoire inventée de toutes pièces – précisons à l’intention d’éventuels naïfs – elle mettait toutefois le doigt sur un constat incontestable : l’Afrique avait – a toujours – plus besoin d’engins agricoles que d’un rallye automobile...

En dépit des limitations de vitesse imposées dans les secteurs peuplés, la course en elle-même s’est montrée terriblement gourmande en vies humaines.

Avec le décès, enregistré ce 6 janvier, du motard polonais Michal Hernik, le nombre de participants tués en 36 éditions du Dakar, se monte à 24 ; il convient d’y ajouter 20 journalistes et membres du personnel d’assistance, ainsi que 24 victimes civiles recensées – sans compter les blessés gardant des séquelles à vie.

Cela fait lourd. Tellement lourd que,  même s’ils ne sont sûrement pas loin de la vérité, les chiffres que je cite sont sujets à caution, car du côté du Dakar, on ne tient pas une comptabilité que l’on préfère, très hypocritement, juger morbide.

On doit reconnaître l’exploit formidable réalisé par ceux qui parviennent à finir cette épreuve dantesque. Et ce n’est certes pas le minimiser que de critiquer le fait que l’on se serve de sites qui se passeraient bien de cela pour tourner des images de télévision qui feront le tour du monde, colportant par la même occasion, les logos des différents sponsors des concurrents.

Mais quand même, tant de morts... Cela fait plus que froid dans le dos,  cela glace. Surtout quand on pense à des enfants happés par des bolides, à des taxis percutés par d’énormes camions d’assistance, ou à Mon Fils, ma Bataille, en train de brûler dans la carcasse d’un hélicoptère.

 

 



[1]À titre purement documentaire, les images diffusées ce jour-là par le Journal d’Antenne 2.

[2]Dans Charlie Hebdo, si ma mémoire ne me trahit pas. Coïncidence : c’était écrit avant l’attentat.

Il n'y a plus rien à dire

 

Tout ce que l’on espère, c’est que ce n’est pas pour ça qu’on fermera nos gueules. Ni que Charlie fermera la sienne...

 

#lalottacontinua