03/09/2017

Un peu plus à l'ouest

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Chacun se souvient probablement de cette phrase mythique prononcée par le professeur Tournesol dans le « Trésor de Rackham le Rouge ». Profitant d’une marée basse de forte amplitude tombant à pieds joints au beau milieu d’un après-midi tout ensoleillé, j’ai fait comme disait ce cher Tryphon ce samedi 2 septembre 2017...

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Départ donc de Westende Bad peu avant 15:00 heures. Au large semble se disputer une régate...

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La marée n’est pas encore basse-basse, mais malgré cela, l’estran atteint déjà une taille inhabituelle.

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On est aux aguets : les endroits qui se découvrent rarement doivent nécessairement regorger de nourriture.

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Le long du cordon de dunes, un des derniers vestiges du Mur de l’Atlantique. Comme quoi tout n’a pas toujours été aussi paisible que maintenant.

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À vue de nez, il doit y avoir deux mètres de fond à cet endroit quand la marée est haute...

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Hum, pas loin de trois mètres, en fait.

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Dans un trio, il en faut toujours un qui fait rire les autres !

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Entrée de la réserve naturelle qui jouxte le domaine militaire de Lombardsijde. Un petit coup d’œil... OK, pas de drapeau rouge !

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Au fond, Nieuport et son estacade.

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IJzermonding est vraiment le refuge de milliers d’oiseaux. Un vol de sternes...

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De l’autre côté de l’embouchure de l’Yser, le poste de pilotage du port de Nieuport. Il est un peu plus de 16:00 heures.

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Le splendide vaisseau grâce auquel la Région Flamande nous permet de traverser l’Yser à pied sec et gratos... durant les weekends et pendant les vacances scolaires. Le reste du temps, il faut aller chercher le pont situé à proximité du monument au Roi Albert I (à environ trois kilomètres).

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Pas mécontent de m’assoir cinq minutes. ZZ-Top joue “Legs” dans mes oreilles...

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Bachte de Kuppe : le petit bout de la Belgique se trouvant de l’autre côté de la coupe que dessine l’Yser avant de se jeter dans la Mer du Nord.

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Nieuport, et ce bâtiment étrange, dont le look m’a toujours fasciné.

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Mais ici aussi, on attend...

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On attend que le pêcheur de crevettes revienne sur le rivage : il ramènera inévitablement dans son chalut, toutes sortes de bestioles qu’il ne voudra pas garder.

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Oostduinkerke et le Duinpark de mon enfance... Bâti en lieu et place de ce qui avait été prévu pour être un casino pour lequel les autorisations ne sont jamais arrivées.

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17:40 heures. Le flux de la marée est probablement occupé à s’inverser. L’estran est vraiment très long. Au loin, on devine le mole de Dunkerque... 

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22/07/2017

Naaah, j’déconne (Saison 1, avertissement – traduit du sanskrit du Moyen Âge)

8.jpgOn causait des problèmes de créativité l’autre jour, à propos du 6, rappelle-toi. Plait-il ? T’étais pas là, rapport à un surentrainement au niveau du coude en vue de la nouvelle saison de football ? On en est infiniment triste pour toi... Mais bon, on soulignera que sur le plan de la créativité, le glyphe 8, c’est pas terrible non plus.

Par exemple quand tu poireautes au téléphone au motif que toutes les lignes de ces enculés sont occupées, qu’est-ce que tu dessines machinalement au moyen du joli stylo Parker qu’on t’a offert pour ta fête des pères ? Des huit. Quand tu suis une belle pouf en rue – par inadvertance, précisons, car tous les pervers ne sont pas des satyres – et que tu lui imagines un stylo Parker – pas celui de la fête des pères, hein, on peut être pervers tout en respectant ses enfants – dans le cul, qu’est-ce qu’elle dessine sur le trottoir ? Des huit. Quand tu l’abordes et qu’elle répond « D’accord, du moment qu’après, on va baiser comme des malades » au moment où tu lui demandes si une invitation au restau lui ferait plaisir, qu’est-ce qu’elle choisit ? Des huîtres. Et quand tu te fais chier dans des embouteillages à dix heures du soir car si les piaules ne sont pas trop chères par là, c’est aussi le quartier de la Foire du Midi, qu’est-ce que tu mates pour tenter de juguler ta mauvaise humeur ? Le grand huit !

Donc, il y a des 8 partout, à un point tel que c’en devient banal. Pourtant, 8 sur 10, c’est plutôt pas mal comme note, as-tu toujours considéré. Si tu tapes 8 dans Wikipédia, on te montre une particularité liée au chiffre 8 et aux deux unités qui le séparent de 10... De quoi amuser les enfants que tu t’es engagé un peu témérairement à garder en ce premier jour des soldes d’hiver et alors que la météo est bien crapuleuse.

Voyons toutefois les choses en face : 8 figure dans la suite de Fibonacci et en plus, c’est un cube – celui de 2. Il signifie le dernier saut d’unité sur les quatre bits du binaire, puisqu’on le représente sous la forme 1000.

En hexadécimal, 8 bits forment un octet, ce qui représente un caractère. Les permutations binaires (de 0000 0000 à 1111 1111) sur un octet se montant à un maximum de 256, tu sais maintenant pourquoi le nombre de caractères différents sur un ordinateur est de deux cent cinquante-six. On dit « Merci, qui ? ». Quoi ? Quelle est la salope qui a crié « Merci Jacquie et Michel » ?

21/07/2017

Naaah, j’déconne (Saison 1, Introduction aux prémisses de l’avant-propos du pilote)

7.jpgLe nombre de jours que compte une semaine, sebt en arabe, shabbat en hébreu, SE7EN à Hollywood, 7 partout ailleurs où la main de l’homme a déjà mis le pied...

Pour dire les trucs comme il convient, il y a pas mal de croyances et de superstitions qui entourent le nombre 7 : les 7 péchés capitaux, les 7 prophétesses de la religion juive – Tu dis ? Euh... Sarah, Deborah, Myriam, hum, enfin ouais, quoi, tu les reconnaitras facilement, tous les autres prophètes sont des mecs –, les 7 merveilles du monde... Quoi ? Naaah, jeu, 7 et match, ça n’a pas de rapport, je crains. Par contre, si tu as sept fils, le roi sera le parrain du 7ème et il s’appellera Philippe – donc fais gaffe car si un des six premiers porte déjà ce prénom, ça va être la merde. Et si tu as sept filles, c’est Mathilde qui sera la marraine de ta petite dernière. Un conseil en passant : dis à ton mec de ne pas essayer de la coincer dans les cabinets car bien que de la noblesse, elle n’a pas l’air d’être du genre à avoir la raie putation, si je me fais bien comprendre.

Enfin, bref, 7 c’est aussi le quatrième nombre premier dans la progression arithmétique et le deuxième nombre premier de Mersenne. Après 4 et 6, 7 est le premier nombre impair à être absent de la suite de Fibonacci, mais vu que tu t’en fous du nombre d’or depuis que les écrans sont devenus 16:9, je serais malvenu d’insister là-dessus.

En binaire, 7 s’écrit 111, c’est-à-dire qu’il correspond à 22+21+20. Plait-il ? Le binaire, t’as jamais pigé à quoi ça servait ? Huhuh... Personne, en fait, sauf les ordinateurs. C’est un peu comme le téléphone : tant qu’il n’y en avait qu’un, on ne voyait pas bien ce qu’on pourrait bien foutre avec une connerie pareille. Hélas, une fois qu’on a eu pigé, on s’est dit qu’on aurait préféré rester dans l’ignorance.

20/07/2017

Naaah, j’déconne (Saison I, addendum à l’épilogue de la postface)

6.jpg6 est représenté dans la notation arabe, par le glyphe inversé du nombre 9 – à moins que ce ne soit le contraire, va savoir – ce qui permit aux érotomanes de trouver un surnom plaisant à la figure dite de la « tête bèche » mais qui n’en dénote pas moins un certain manque d’imagination de la part de celui qui créa la suite des chiffres. À moins que l’on ne fût vendredi, et que ses potes ne l’attendissent pour l’apéro : tu sais comment ça va, tu te promets de régler cette connerie lundi à la première heure, puis ton boss te trouves un machin urgent à faire car sinon demain, il va se retrouver dans la merde et ça, il ne te le pardonnera pas, résultat des courses, tu perds le truc de vue...

Bref, par la décomposition de 6 en facteurs premiers, on obtient la suite des deux premiers nombres premiers (2, 3) dans la progression arithmétique. Comme tous les produits de deux nombres premiers, 6 n’est divisible que par ces nombres. Et il s’agit d’un nombre pair, comme tous les produits dont au moins un des facteurs premiers est 2.

D’une façon générale, 6 entretient avec 3 des rapports et trois étroits : par exemple, un cube a six faces, mais c’est aussi une élévation à la puissance 3 et de plus, on obtient 6 en additionnant les trois premiers nombres de la progression arithmétique (1+2+3), ou encore en additionnant les deux premiers nombres pairs de cette même progression (2+4), mais bon, ça, j’aurais dû l’enlever du paragraphe qui cause de 3.

Notons encore que 6 est le premier nombre à exiger deux mains de ceux qui comptent sur leurs doigts, tout en étant le premier nombre pentagonal centré après un.

Quoi, « Après un quoi ? ». Ben, après 1, quoi, qu’est-ce que tu peux être lourde, bon sang !

19/07/2017

Naaah, j'déconne (Saison I)

5.jpgDeuxième nombre premier de Fermat, et un des cinq nombres de Fermat dont on est sûr qu’ils sont premiers, 5 est aussi le sixième nombre de la suite de Fibonacci. Accessoirement, 5 est aussi le seul nombre premier à être le jumeau de deux autres nombres premiers : 3 et 7.

Tous les nombres divisibles par 5 se terminent obligatoirement par 0 ou par 5 ; et tous les nombres se terminant par 0 ou par 5 sont nécessairement divisibles par 5.

Par ailleurs, 5 est aussi un nombre de Pell (les burnes), mais si tu as pigé à quoi se rapporte effectivement la suite de Pell (le jonc), je t’adresse mes félicitations admiratives. Plait-il ? Ah ouais, super sympa, mais là, euh, j’ai laissé du lait sur le feu...

24/04/2017

Chilouvision : C'est un peu court, jeune homme

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Ce jeudi soir, je me suis souvenu des tourments de mes 15 ans et de la visite que j’avais rendue à une accorte dame qui avait sérieusement tapé dans mes économies avant de me débraguetter pour me lancer un regard dépité : « C’est un peu court, jeune homme ». Heureusement pour mon orgueil de mâle en devenir, qu’elle s’était léché les lèvres avant de me lâcher un « Ne t’inquiète pas, je vais arranger ça » qui m’avait échauffé le cerveau jusqu’à pas loin de l’ébullition...

Un peu partout, tu auras pu lire des commentaires élogieux à propos du Manchester United – RSC Anderlecht de ce jeudi 20 avril, mon avide, ma glorieuse, ma déçue. Et un peu partout, tu auras rencontré des phrasettes qui t’auront confortée dans une impression que l’on pourrait résumer par « déçue, mais fière ».

Tu me connais évidemment, et tu sais comment je suis fait : chez moi, après une telle rencontre, la déception l’emporte sur la fierté. Si j’ai effectivement apprécié la combativité et l’esprit des Mauves – exactement comme lors du match aller de la semaine dernière –, je ne peux pas me satisfaire des déclarations de Mourinho, qui a osé dire que le Sporting avait dominé Manchester pendant une heure.

Car j’ai vu, au contraire, une équipe anglaise qui, certes restait extrêmement attentive et concernée par le match, mais qui n’en faisait pas moins quelque peu joujou avec nos velléités offensives, et qui, de plus, fit preuve d’une certaine inefficacité au plan de la finition. Voyons les choses en face : si les attaquants mancuniens avaient montré autant d’habileté que le reste de l’équipe, on se prenait une branlée. Un peu comme La Gantoise à Tottenham il y a quelques mois... Tu dis ? Les Gantois avaient fait match nul à Londres ? Oui en effet. Mais tu m’excuseras certainement si je te rappelle qu’ils avaient vraiment eu le cul bordé de nouilles, pour le dire crument tout en restant pourtant dans l’euphémisme.

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Là-dessus, je t’entends maugréer jusqu’ici : « Ouais, mais si on compare les budgets », « T’as un peu vu quelle clique de superstars ils alignaient ? », « Franchement, c’est quand même pas mal de les avoir forcés aux prolongations », et compagnie.

Je te concède tout ça. Il n’en reste pas moins qu’on s’est fait éliminer et que c’est ça que retiendra l’histoire, bien au-delà de quelques petits grincements de dents du genre « M’enfin, pourquoi avoir remplacé Hanni[1] qui justement, pétait des flammes » ou autres « C’est malheureux à dire car on les adore, mais Bruno ne fut pas à la hauteur et la condition physique d’Acheampong me laisse un peu sceptique ».

Le seul véritable profit sportif que l’on peut tirer de rencontres de ce genre se situe ailleurs que dans les gazettes. D’une façon générale, on n’a pas été trop inférieur à Manchester. On n’a toutefois, pas (encore ?) tout ce qu’il faut pour remporter de tels matches. Or c’est en en disputant tant et plus que l’on pourra grandir.

Dès lors, vivement la Ligue des Champions de la saison prochaine. Mais pas pour ce qui concernera les matches de poule, où une défaite à l’extérieur reste un résultat que l’on peut compenser par une victoire à domicile : vivement février 2018, pour les duels à élimination directe ! Et non plus par rattrapage en Europa League, please : il faudra sortir des poules à la 1ère ou à la 2ème place, car qui n’avance pas recule !

Plait-il ? Ah oui, juste... Il faut encore qu’on se qualifie pour la Champions League. Et notamment en bouffant du Boer ce dimanche... Bon appétit !

 

[1] À en croire une info diffusée par RSCA.be, Sofiane serait blessé et douteux pour le match de ce dimanche 23. Si cela s’avère, on espère vraiment que ce n’est pas grave : a priori, on avait pensé que Weiler le faisait sortir pour le ménager...

02/01/2017

Cinq livres qui ont changé ma vie...

Depuis quelques jours, parait régulièrement sur ‘DeRedactie.be’, un article intitulé ‘De vijf boeken die het leven van ... hebben veranderd’. Amusé de remarquer les différences qui se marquent en fonction de la personne concernée, j’ai décidé de me prêter moi aussi à ce jeu. Que l’on soit bien d’accord toutefois : dans tout ce que j’ai lu à ce jour, ce ne sont certes pas les seuls ouvrages qui m’ont plu. Il serait d’ailleurs fastidieux de faire le compte de ces derniers... à un point tel qu’il me serait probablement plus facile de lister ceux qui m’ont cassé les pieds – à commencer par celui que je suis en train de terminer un peu à la cravache et qui n’est autre que le très encensé ‘Vernon Subutex – Tome 1’ de Virginie Despentes. Bien fait pour moi, de toute façon, je n’avais pas besoin de me laisser prendre au charme sulfureux de la couverture : en règle générale, les bouquins écrits par un mec et dont le personnage principal est une nana, me donnent des boutons, et vice versa. Que la femme et l’homme soient égaux, n’implique pas qu’ils ne sont pas différents – déjà qu’il faut neuf mois à une nana pour faire un gosse, alors que pour un mec, c’est l’affaire de trente secondes (d’inattention ?)...

 

Sexus – Henry Miller (Buchet-Chastel 1968), lu en 1970.

Cinq livres qui ont changé ma vie 1.jpgPremier tome de la trilogie autobiographique appelée ‘La Crucifixion en Rose’, cette brique de près de mille pages m’a attiré au départ à un simple motif : le bouquin était interdit en France. J’avais déjà lu, en Poche, Plexus et Nexus, dont le ton résolument malade m’avait plu. Il ne manquait plus qu’une chose pour faire mon bonheur et elle ne tarda pas à se produire : ma petite amie de l’époque venait de trouver de l’embauche dans une société qui importait de France, les bouquins édités par Le Seuil, Robert Laffont, Albin Michel, Stock et... Buchet-Chastel. Elle parvint à m’avoir un exemplaire de Sexus en ‘Service de Presse’...

Parfois décousu à un point qu’il faut s’accrocher pour suivre, parfois fastidieux, parfois aussi dingue que le plus taré des bouquins de Charles Bukowski, Sexus changea ma façon d’appréhender la lecture : non, il n’y avait pas que Bob Morane, James Bond ou San Antonio ! Il y avait aussi “ça” ! Et non, il n’y avait pas sur terre, que des gens bien comme il faut comme mes parents bienaimés et ma chère grand-mère, il y avait aussi Henry Miller ! Né en 1891, il était plus âgé qu’eux. Mais il était aussi plus jeune, complètement marteau et d’une insouciance affolante – peut-être parce qu’en tant qu’Américain, il n’avait pas connu les horreurs de la guerre.

Par la suite, je lus aussi ‘Tropique du Cancer’, considéré comme le chef d’œuvre de Miller – mais qui me laissa sur ma faim –, ainsi que le bien scandaleux ‘Jours tranquilles à Clichy’, dont un téméraire se hasarda à tirer un film (Quiet Days in Clichy, 1970) qui marqua tellement peu la mémoire collective que Claude Chabrol décida en 1990, que le moment était venu de faire les choses un peu mieux.

D’une façon générale, lire Sexus est une arme à double tranchant : après cela, toutes les autobiographies qui me tombèrent entre les mains me parurent fades et nombrilistes.

 

Do It ! – Jerry Rubin (1970)

Cinq livres qui ont changé ma vie 2.jpgDécidément, Éliane faisait bien les choses : m’ayant vu lire successivement ‘On the Road’, puis ‘Desolation Peak’ de Jack Kerouac – in English, please ! –, elle me ramène ‘Do It !’, sous-titré ‘Scénarios de la Révolution’ et préfacé par Eldrige Cleaver, membre connu des Black Panthers – réputé parallèlement pour être sérieusement fêlé, d’ailleurs.

D’une façon générale, ‘Do It !’ n’est pas un livre construit, mais plutôt un ensemble d’anecdotes plus ou moins bien contées, le tout parsemé de phrases-chocs comme « Une société qui abolit toute aventure, fait de sa propre abolition la seule aventure possible » ou encore « Nous troublons le sommeil sans rêves de l’Amérike ».

En décrivant la manière de laquelle il combat l’establishment et ses valets, Rubin fait rigoler. À de nombreuses reprise, on se dit que ce n’est pas possible, qu’il n’a pas fait ça – par exemple, présenter la candidature d’un porcelet aux élections –, mais si, il l’a fait. Il l’a fait, et il en a fait bien d’autres, devenant un modèle duquel se sont réclamés pas mal de soixante-huitards alors qu’en mai 1968, il n’était connu que des initiés.

Par la suite, Rubin opérera, comme Cleaver, un incroyable revirement à droite en se lançant avec succès dans les affaires, au grand étonnement de tous. Il n’empêche : si un type comme lui pouvait revenir pour secouer un peu la société coincée du cul dans laquelle nous vivons pour l’heure, il aurait ma bénédiction, urbi et orbi !

 

La Mémoire dans la Peau – Robert Ludlum (1980)

Cinq livres qui ont changé ma vie 3.jpgAcheté au départ comme un roman de vacances, ‘The Bourne Identity’ me rendra fou. Pour son dixième roman d’espionnage, Ludlum est au sommet de son art : bien que plusieurs de ses ouvrages précédents vaillent le détour, il n’a jamais été aussi bon. Et il ne sera jamais meilleur, s’enferrant parfois ensuite dans des intrigues d’une complexité embarrassante tout en sentant assez bizarrement le déjà vu. Portée à deux reprises à l’écran, ce chef d’œuvre de suspense en a souffert pas mal : si la première version (1988) est relativement fidèle au livre de Ludlum, elle pâtit indiscutablement de la mollesse de l’interprétaton de Richard Chamberlain dans le rôle de Jason Bourne. Sous les traits de Matt Damon, c’est évidemment nettement plus musclé, mais malheureusement, le film d’action signé Doug Liman (2002) ne reprend que quelques éléments du bouquin, privilégiant la bagarre et les poursuites en voiture au détriment du drame intérieur vécu par cet amnésique pourchassé par un tueur comme par ses propres commanditaires.

 

La Vieille qui marchait dans la Mer – Frédéric Dard (1988)

Cinq livres qui ont changé ma vie 4.jpgJe sais parfaitement que ce bouquin magnifique a été publié sous le pseudonyme de San-Antonio. Et je trouve cela regrettable : non seulement, le célèbrissime commissaire n’y apparait même pas au coin d’une page, mais de plus, aucun des tics d’écriture auxquels Dard se laissait parfois aller dans ses San-A., ne vient ternir le plaisir que l’on éprouve à lire cette arnaque hilarante et grinçante, écrite dans une langue d’une élégance et d’une richesse à couper le souffle.

Dire que cette Vieille – qui prendra les traits de Jeanne Moreau dans le très bon film éponyme de Laurent Heinemann (1991) – a changé ma vie ne sera jamais qu’une litote : alors que j’ai toujours rêvé d’écrire, la lecture de ce livre m’en guérira pour très longtemps. Comment en effet, imaginer parvenir ne serait-ce qu’à la cheville de ça ?

 

 

Common User Access – IBM (1989)
Advanced interface design guide.

Mettons les choses au point pour les distraits : si d’une part, les insomniaques apprécieront, de l’autre, on parle bien des livres qui ont changé ma vie !

Lorsqu’en 1984, en provenance des unités centrales aux allures de bahuts bretons, je prends le virage de la micro-informatique, le software pour PC a hérité des tares de ses ancêtres : ce sont bien entendu les analystes et les programmeurs qui dessinent les interfaces utilisateurs et en l’absence quasi-totale de guides ou de règles, chacun fait comme il le sent. Ainsi, dans certains logiciels, il faut taper sur ‘Escape’ pour charger un fichier, dans d’autres c’est une touche de fonction qu’il faut activer, etc.

Réalisé en majeure partie sur base des travaux de recherche effectués à Palo Alto dans les laboratoires de Xerox, ce guide de 220 pages (hors index) bouleversera tout cela en jetant aux orties les écrans non graphiques à fond noir – résolument à l’opposé de la feuille de papier qui nous est si familière –, articulant les menus de choix en fenêtres déroulantes au départ d’une poutre située dans le haut de l’écran et s’adressant à l’utilisateur au moyen de boites de dialogues.

Tout cela était bel et bien, mais malheureusement, la plupart des ordinateurs disponibles dans le commerce – y compris ceux que proposait IBM – n’avaient pas la puissance requise pour supporter ce genre de programmes.

Une relation me proposa alors de développer un ensemble d’outils pour lui permettre de créer une version de son logiciel comptable qui serait conforme aux prescrits du guide mais qui fonctionnerait sous DOS – Windows n’en était qu’à des balbutiements sympathiques mais peu fonctionnels. Je ressortis mes vieux manuels d’assembler d’une caisse et je me lançai dans l’aventure avec enthousiasme ! Je n’abandonnai le développement de logiciels que plus de vingt ans plus tard... et en regrettant profondément qu’au fil du temps, de nombreux développeurs trouvèrent judicieux de prendre beaucoup de libertés avec ce qui devrait rester une bible pour eux. Plus de détails pour les intéressés, ici.

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07/09/2015

Chilouvision : Ich bin ein Zypriotischer !

#cypbel, #chybel, #coyrLe 26 juin 1963, cinq mois avant d’être assassiné, le président américain John Fitzgerald Kennedy prononce un discours qui marquera un tournant dans la Guerre Froide qui règne alors en Europe occidentale. Pour la circonstance, il s’exprime à Berlin, alors partitionnée en deux par le Mur qui ne tombera qu’en 1989, et clôture son speech d’un émouvant « Ich bin ein Berliner ! », passé depuis à la postérité.

L’expression est évidemment parfaitement à sa place, à Chypre, sur ce bout de terre coupé en deux par l’occupation turque du nord-est de l’île, suivant la trop célèbre Ligne Verte...

#cypbel, #chybel, #coyr85ème minute : tu lèves un œil vers l’écran de la télé, ma somnolente, ma paresseuse, ma dominicale crépusculaire. Jusqu’alors, pratiquement rien ne t’a empêché de déjà entamer ta nuit. Mais il en faut plus pour altérer ton sens du foot, et ton réveil interne s’est mis à sonner juste à temps pour te permettre de déguster la contrattaque parfaite des Diables Rouges. Après une grosse récupération signée Kevin De Bruyne, ce dernier trouve superbement Dries Mertens sur l’aile gauche. Le petit centre à ras de terre du nain politain est simplement parfait : reprise de volée d’Eden Hazard, patatras, le match héroïque des Chypriotes vole à la poubelle. Il ne trainera pas longtemps sur le trottoir car ils passent demain matin...

Quand je cause de match héroïque, je ne tape pas sur la transversale, je t’assure. Après un début de rencontre pied au plancher des Diables, ces derniers baissèrent pavillon rapidement, probablement sous l’effet de la chaleur régnant ce soir sur l’île d’Aphrodite aka Vénus, grrrr, viens donc voir un peu par ici, toi, que je t’explique c’est quoi fumer du Belche. Les Chypriotes, s’ils avaient fait le gros dos pendant une bonne dizaine de minutes, reprenaient du poil de la bête. Ils n’avaient sans doute tenu le coup qu’en se disant qu’il serait impossible aux Belges de continuer sur un tel rythme, et pour le dire franchement, ils n’avaient pas été les seuls à avoir eu en tête ce genre de scénario.

On entend les commentaires d’après match, dans ce genre d’émission que l’on pourrait tourner dans n’importe quel bistrot du pays, et en fonction desquels, on aurait joué le pire des matches depuis que les Diables sont Rouges. Je me permets de ricaner : j’ai vu plus moche au Brésil. Et surtout, contre moins bon que cette équipe chypriote qui ne ressemblait plus du tout au machin faiblard qui était venu se ramasser un 5-0 bien tassé le 29 mars 2015.

Bon, disons-le clairement, si en tant qu’amateur de football, on a apprécié le jeu en déviation des Chypriotes, notre âme de supporters des Diables est sortie meurtrie de cette rencontre. À différents motifs, mais probablement surtout pour cette espèce de crasse arrogance qui nous a poussé à nous cramer comme des crétins en début de rencontre alors que, vu le partage enregistré à l’issue de Pays de Galles – Israël (0-0), nos adversaires étaient pratiquement dans l’obligation de s’emparer des trois points pour garder une chance de se qualifier dans la course à l’Euro 2016.

Depuis le temps que l’on sait qu’un match dure 90 minutes et même un peu plus, on a appris les vertus de la patience. On est d’autant plus abasourdi de la manière de laquelle Wilmots nous a fait entamer la partie. À croire qu’il a pris des leçons chez José Riga, ce champion du monde de l’ultra pressing mâtiné de kick & rush de début de rencontre.

Mais bref, on a fini par gagner contre une équipe que l’on avait certainement sous-estimée avec la morgue de ceux que la FIFA classe à la 2ème place de son amusant hit-parade, ce qui dénote un indéniable caractère en même temps qu’un sens intéressant de l’opportunisme.

#cypbel, #chybel, #coyrIl reste à aller l’emporter en Andorre. Si tu veux mon avis, cela devrait être du domaine du faisable en dépit de la présence sur le banc, du Tracteur de Dongelberg...

 

 

 

04/09/2015

Chilouvision : La Niaque du Boss

 

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Les paramètres étaient clairs comme l’eau en bouteille de plastoche : les Belges devaient gagner parce que l’on voyait mal les Gallinacés perdre des plumes chez les 6 Priotes ; les Bosniens pour leur part, devaient prendre au moins un point pour ne pas se laisser trop distancer dans la course à l’Euro 2016.

Dans l’axe défensif, les Diables récupéraient enfin la paire la plus classe du monde et de ses environs immédiats : Kompany – Vermaelen, aka ‘No pasaran’, comme disaient les républicains espagnols en 1936. Le parallèle n’est pas innocent : dès le quart d’heure de jeu, c’était 0-1 et si ça tirait la gueule d’Ostende à Arlon, en revanche, de Sarajevo à Mostar, on riait plein sa boudine.

Bon d’accord, le but de Dzeko était bien mis. Mais euh, prostituée, à quoi on jouait dans la défense belche, de laisser un mec se balader avec ses mains dans les poches avant de lui permettre d’adresser un joli petit centre d’entrainement à l’adresse du buteur ? Hein ? Ben, réponds-moi, mertt ! Quoi ? Si je n’ai pas oublié d’acheter des chips pour dimanche car ce sera Chypre – Belgique à la télé ? Non, et j’aime même pris des saucisses aussi, pour arranger ton cholestérol.

Enfin soit... On croyait l’avoir dans le fondement, et même grave, car du coup les Bosniens jouaient dans un fauteuil. Erreur. Tu vas dire que je ressasse car à chaque match des Diables, je raconte sowieso la même chose, mais qu’y puis-je si c’est toujours de lui que vient la solution à nos problèmes ? 22ème minute, Marouane ‘The Boss’ Fellaini trouve que ça a assez duré : il bouge aimablement le malheureux chargé de le marquer et paf, un bon coup de tampon Jex dans le ballon de De Bruyne, et c’est 1-1.

Le reste, c’est du détail : le 2-1 de De Bruyne juste avant le repos, puis le 3-1 d’Hazard sur un pénalty qui n’aurait jamais été sifflé si le match d’était déroulé à l’extérieur, coulaient de source. On a eu du mal à entrer dans le match, on en est sorti facilement. Ce n’est pas réellement surprenant : le foot que Wilmots fait jouer aux Diables privilégie le côté physique, la vitesse de la circulation du ballon, les longues courses offensives. On sait que cela correspond à sa vision du football, comme on sait que la plupart de ses joueurs évoluent en Angleterre où, rappelons-le pour les distraits, on ne joue pas à la baballe comme en Espagne. Dès lors, les adversaires des Diables auront toujours des difficultés à bien terminer une rencontre, sauf évidemment, s’ils sont rompus au même genre de jeu, amen.

Un peu partout, on fait la fine bouche, on dit « Oui mais », on estime que le jeu des Diables n’est guère séduisant. J’ai toujours été le premier à jouer aux fléchettes sur le poster de Wilmots. Mais pas ce jeudi soir : pour revenir au score puis l’emporter en se créant pas mal d’occasions de but face à une équipe qui ne manquait pas de qualités, il en faut. On en a eu. On ne joue pas un football de rêve, mais on s’est montré très solidaire, on a pris le match à notre compte et on ne l’a pas emporté sur des détails.

Suite du feuilleton ce week-end à Chypre : les six points en deux matches ne seraient pas encore suffisants pour fêter la qualification, mais ils ne manqueraient certes pas d’intérêt dans cette perspective.

 

27/07/2015

Chilouvision : C'est reparti !

 

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Une nouvelle saison, c’est comme un nouveau falzar : on peine un peu à s’habituer. Il faut trouver où sont les poches, comme il est le plus confortable à porter, quelle ceinture va le mieux dessus, ... Quoi ? Tu n’en as rien à foutre, tu portes des bretelles ? Bon, on recommence tout, mais avec une nouvelle chemise. D’un beau vert, tirant sur le jaune, que l’on inaugurera probablement dimanche prochain à Louvain. C’est mieux comme ça ?

En attendant, on était en mauve et tout se passait on ne peut mieux. Comme pronostiqué, les Waeslandiens n’étaient pas venus avec l’idée de faire le spectacle : bien alignés sur deux lignes disposées en quinconce, ils attendaient le Sporting de pied ferme. Toutefois, c’est toujours quand tu te dis que ça ne posera pas trop de problème que cette grosse conne a ses bazars, ou qu’elle s’est chopé une angine à cause de cette saloperie d’airco, et que tu te retrouves avec ta bête gueule grande ouverte et la bestiole au garde à vous.

Ça n’a pas loupé : on jouait depuis à peine deux minutes que Tielemans réceptionnait un corner de Defour et y allait d’un missile à ras de sol. Le ballon ricochait sur Henkinet, sur la barre transversale puis sur le front de Gillet qui avait bien suivi et le préposé au marquoir pouvait accrocher un 1 à la place du zéro initial. Ce n’est qu’une image évidemment, car tout est électronique de nos jours, comme tu le sais certainement. Mais bon, autant causer de ça que d’autre chose, puisque le Sporting continuait de pousser gentiment, cependant que Beveren restait très gruppiert pour l’empêcher de faire monter le score. À un point tel que l’on voyait systématiquement les deux arrières d’aile anderlechtois participer ensemble aux offensives mauves : le surmenage, question boulot défensif, ce sera pour une autre fois.

 

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Pourtant, on ne dira pas que les occasions se succédaient à un rythme effréné... Les Waeslandiens se montraient en vérité tellement quelconques et peu entreprenants que quand Sylla inscrivit le 2-0, on crut le match terminé.

Malheureusement, la 2ème mi-temps ne fut vraiment pas de la même eau : pratiquant un jeu lent et peu inspiré, avec un véritable mikado dans l’entrejeu – le premier qui bouge a perdu –, les Anderlechtois n’attendaient visiblement que le coup de sifflet final quand Langil profitait de ce que pratiquement toute l’équipe du Sporting était montée à l’attaque et prenait facilement Defour de vitesse pour aller réduire l’écart. Il en aurait fallu plus pour réveiller les Mauves : quelques minutes plus tard, Vanzo laissait Gillet sur le cul et rétablissait l’égalité.

Te dire qu’on faisait la gueule serait relativement conforme à la réalité. Heureusement, Tielemans lâchait une mine exceptionnelle, un peu à la désespérée à quelques instants de la fin. On ne va pas faire la fine bouche devant ce tir qui suffit à assurer les trois points au Sporting, mais voyons les choses en face : c’est le genre de truc qui d’ordinaire, ne marche jamais.

On le sait, les premières rencontres d’une saison ne signifient pas grand chose habituellement. Toutefois, on n’a toujours pas appris à gérer un résultat, et c’est un peu inquiétant...

 

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Dans le même registre,  si Dendoncker avait bien brillé au milieu du jeu la saison passée, imaginer qu’il pourra faire oublier Mbemba au centre de la défense me semble un pari très audacieux. Or, Nuytinck continue de cirer le banc... Plaît-il ? Deux gauchers dans l’axe de la défense, ça ne peut pas marcher ? On n’a jamais rechigné à y aligner deux droitiers, explique-moi la différence !

 

 

23/06/2015

Tu sais que tu es de Malines quand...

#kvm

,Il n’y a pas de babe sur la photo qui illustre la présente : ton ancien voisin, Godfried Daneels, n’était pas amateur. Quant à ton nouveau, il n’est jamais là... Comment il s’appelle encore ?

,Pour toi, l’art, c’est du bois. D’ailleurs, ne dit-on pas que l’art chie et pisse copeaux ?

,Au moment où tu rentres chez toi aux petites heures après un match, tu ouvres la porte et tu t’écries : “Mais qu’aspers-je ?”.

,Heureusement, tu sais y faire avec les gonzesses. La tienne en particulier, qui n’a pas intérêt à faire sa Malines.

,Dans ta jeunesse, ton idole était Leo Clijsters. Après, c’est sa fille qui t’a fait saliver. Comme quoi, tes goûts ont évolué dans le bon sens.

,Tu t’insurges quand on reproche leur vulgarité à tes potes. Tu aimes d’ailleurs à rappeler qu’en la personne d’Aleksandar Jankovic, tu as certainement le coach le plus classe de Belgique.

,Tu ne peux pas voir un poulet sans lui faire : “Coucou !”.

,Dans un lointain passé, ton club était francophone. Mais tu t’en fous : les seuls Wallons que tu as appréciés, c’étaient Wilmots, Czerniatynski et Preud’homme. Philippe Albert aussi, mais moins, car il ne cause pas flamand.

,Tu trouves que Google, c’est vraiment de la merde. Si tu tapes « Malinwa » comme il convient quand on aime vraiment son club, tu tombes systématiquement sur des images de clébards. Enculés !

,Tu regrettes le temps où il y avait des moutons sur les prairies où on a bâti des zonings industriels. Là, les bergers servaient à quelque chose !

,Un jour tu as gagné une Coupe Européenne. Puis tu es volé en faillite. Mais tout ce que tu as eu, on ne pourra pas te le reprendre !

,Tu craches par terre quand tu entends le mot ‘Racing’. D’ailleurs, tu détestes la course automobile.

,La saison prochaine, tu espères que le Malinwa se qualifiera pour les play-offs 1. Ce qui t’embête, c’est que les supporters des quinze autres clubs pensent de la même façon.

 

 

 

 

15/06/2015

Les Gens sans Foot : La vie moderne

Tu as beau être née au siècle passé, mon antique, ma désuète, mon obsolète, tu vis dans celui-ci... Et au fur et à mesure que passe le temps, tu ne cesses de t’extasier devant ce que l’on appelle ‘la vie moderne’. Enfin, c’est comme cela que l’on en cause dans le présent immédiat, parce que demain, elle sera déjà ringarde, dépassée, vieillotte tant la modernité se cesse de se moderniser jour après jour, heure après heure, dans une espèce de course à l’échalote à laquelle on aurait un peu de peine à pronostiquer un vainqueur.

« This is the modern way », chantaient il n’y a pas si longtemps Kaiser Chiefs, groupe de power pop largement sous-estimé chez nous, dans un stade de Leeds United[1] – Elland Road pour les British – archicomble.

Le paradoxe de l’affaire, c’est que la vie s’allonge et que donc, plus l’âge avance, plus tu te dois de digérer la modernité sous peine de te sentir vraiment vieillir. Dans ta jeunesse, vivre jusque 70 piges, c’était bien. On disait d’un défunt de cet âge « Bah, il a vécu sa vie... », avec une tristesse édulcorée de fatalisme. Puis tout d’un coup, on pense « Bordel, 70 balais ! ». On jette un coup d’œil dans le rétroviseur et on voit des trucs bizarres : il y a 70 ans, se terminait la Deuxième Guerre Mondiale... Tu sais bien, c’est celle qui t’a fait pleurer de rire en regardant les chefs d’œuvre d’exorcisme que constituent ‘La Grande Vadrouille’, ‘Le Mur de l’Atlantique’, ‘La 7ème Compagnie’, ‘Allo Allo’ et autres films et séries s’attachant à dépeindre la guerre comme pouvant se prêter à un certain comique de situation : c’était atroce, mais putain rions-en, ridiculisons toutes ces horreurs, que l’être humain ne nous fasse plus jamais vivre ça !

Mais dans ces films, tu vois... Tu vois les téléphones à manivelle, les radios qui crachotaient ‘Les Français parlent aux Français’, les bagnoles à l’aérodynamisme marginal, les planeurs qui ‘n’ont pas d’hélice, hélas, c’est là qu’est l’os’, les phonographes qui éraillaient les ‘78 tours’, galettes de cire qui partaient en mille morceaux si tu les laissais tomber sur le carrelage de ta cuisine...

Remarque que là, les progrès n’ont pas été fulgurants : ton super iPhone Galaxy S69 5G à 20 milliards de térapixels qui te sert à presque tout même à téléphoner, se ramasse tout d’un coup une vache de sale gueule quand il se prend un billet de parterre.

On dit toujours ‘les blondes’, mais visiblement, la brune ci-dessus n’a pas tout pigé...

Or donc, pour t’éviter ce genre de désagrément en rue, les autorités de différentes villes – dont celle d’Anvers – ont décidé d’un nouveau marquage au sol réservant des bandes de circulation piétonne aux gens occupés à s’envoyer des balivernes sur Facebook en marchant, à moins qu’ils ne soient dans une phase cruciale de Candy Crush... On n’arrête pas le progrès, chérie. Et on n’arrête pas non plus la communication madness, même si communiquer vraiment n’est plus trop à la mode : l’inspiration te vient plus facilement dans la fièvre des tapotages qu’installée sur un tabouret de bar, par exemple. Et il t’est devenu plus facile de présenter tes excuses pour avoir écrit une connerie à double sens involontaire, que de dire merci à un inconnu ne figurant pas dans tes contacts, mais qui aurait eu l’amabilité de te tenir ouverte une porte à fermeture automatique.

Le monde moderne, c’est Facebook. On le sait, ça changera : nul n’est éternel et surtout pas une application informatique. Mais en attendant, celui qui n’a pas de profil Facebook, n’est rien d’autre qu’un arriéré. Enfin, c’est du moins comme ça que le voient les modernes, ceux qui ont un profil Facebook.

Mais pourquoi ne pas s’inscrire sur Facebook ? C’est gratos, ça te permet de garder des liens avec de la famille éloignée, avec des anciens potes de l’école, il y a des jeux, des conseils vachement valorisants et positifs dans le style « Si ton jules t’a plaquée, c’est que c’est un con » ou encore « Un tien vaut mieux que deux tu l’auras pas », etc. De plus, c’est très américano américain, donc c’est bien sage : pas de nichons en gros plan, pas de biroute déchainée en train de balancer sa purée sur ton écran, pas de chatte grande ouverte occupée à quémander une pénétration quelconque, rien de tout ça. C’est Facebook, on te l’a dit et on ne te le répétera assez, pas Culbook. Ça n’empêche pas l’une ou l’autre pute de me demander comme ami de temps à autre, mais bon, c’est pas non plus comme si elle se mettait en vitrine rue d’Aerschot...

Toutefois, ça se chambre un peu entre Facebook et la Commission de la Protection de la Vie privée du gouvernement fédéral. En effet, Facebook compense son accès gratuit en faisant du pognon sur ton dos par la publicité. Entreprise mondiale, elle se doit bien entendu de cibler correctement ses annonces : si tu crèches à Londerzeel, par exemple – même quand tu n’as pas bu –, pas question de te montrer une pub pour le marchand de crème glacée située à l’angle de la rue Staline et de la rue Beria à Vladivostok. Et de la même manière, si tu te connectes depuis le Darfour, inutile de te vanter l’efficacité des chaudières Lucifer ou de t’expliquer comment faire pour perdre tes kilos excédentaires au moyen de la méthode révolutionnaire du docteur Gradouble.

Donc, Facebook te suit. En imaginant que tu surfes régulièrement sur des sites de Q – Plaît-il ? Mais non, en imaginant, te dis-je ! –, ils vont te proposer des annonces sur lesquelles une nana plus ou moins bien de sa personne t’alléchera en te racontant comme elle se sent seule et comme elle aimerait que tu l’invites à une dégustation de fruits de mer et plus si tu les trouves à ton goût.

Le hic, c’est que Facebook ne se limite visiblement pas à faire du tracking sur ses membres, lesquels ont signé nécessairement un accord de licence – sans le lire car on a tout fait pour que ça te casse les pieds à du 100 à l’heure.

Tous les gens qui se sont désinscrits restent des cibles, de la même façon que tous ceux qui ont déjà accédé à une page Facebook, même sans s’inscrire.

On imagine bien le prix d’une base de données mondiale d’utilisateurs dûment répertoriés en fonction de leur localisation, de leurs goûts et habitudes, de ce qu’ils aiment, des endroits où ils se rendent, de leurs achats on line, etc. Tout comme on perçoit facilement l’intérêt qu’elle peut présenter pour les multinationales.

Donc, le tracking à la Facebook, c’est un truc qui irrite vachement la Commission pour la Protection de la Vie privée. On ne comprend pas exactement pourquoi, car elle est méchamment moins regardante en ce qui concerne tes comptes bancaires ou les conversations téléphoniques que tu entretiens avec ton téléphone portable, entre autres... Mais soit, ça l’irrite ! Peut-être parce que du coup, les données que possède le pouvoir politique doivent paraître un peu neu-neu, et que par conséquent, la vente de ses fichiers à des sociétés privées prend un vilain coup dans l’aile ? Va savoir...

Toujours est-il que quand tu fais chier un gouvernement, il ne fait ni une ni deux, et il te traine devant ses tribunaux. Du côté de Facebook, on a réagi dans le style vierge effarouchée : « Non, mais allez, quoi !.. Et justement qu’on devait se voir le 19 juin, et puis en plus, nous on fait comme l’Union Européenne a dit, on suit les directives d’un truc en Irlande, là, comment ça s’appelle encore ? Ah oué, Data Protection Machin... Enfin bref, on n’a rien à se reprocher, je t’assure ! ».

On verra bien ce qu’il en sortira, et on suivra ça avec intérêt : les disputes entre enculés, ça fait toujours plaisir à voir, même si on n’est pas convaincu qu’ils ne finiront pas par s’arranger sur ton dos, ma dupe, ma trompée, ma pigeonne...

Je ne t’apprends rien, la vie moderne, c’est aussi ‘pas de pognon’. Non que tu en gagnes moins qu’avant, ma vaillante, ma laborieuse, ma valeureuse. Mais tu en dépenses plus.

Quoi ? Tu n’es pas d’accord ? Compare donc avec la vie que tu menais dans les années 80, et vois la différence : par exemple, avais-tu un abonnement à la télévision digitale qui te propose 120 chaines toutes plus nulles les unes que les autres ? Amortissais-tu un téléphone portable qui en plus te coûte au moins une trentaine d’euros tous les mois ? Étais-tu d’ailleurs abonnée au téléphone ? Possédais-tu une smart TV pas trop chère qui t’a coûté 700 euros ? Payais-tu un abonnement à internet ? Ressentais-tu le besoin de t’habiller différemment chaque jour, et donc d’entretenir une garde-robe kilométrique ? Et ton banc solaire ? Et tes vacances all-in qui coûtent deux fois rien en Turquie ou en Afrique du Nord ? Et ton lave-vaisselle ? Et ton séchoir à linge à condensation ? Quoi ? C’est quand même vachement pratique ? Bien sûr ! Indispensable, même ! En tout cas, c’est ainsi que l’on t’a présenté le tout pour te le vendre !

Comme  on a fait pour ton lecteur de blu-ray, ton computer, ta tablette, ton GPS, les flash-drives sur lesquels tu stockes tes films préférés et les musiques que tu aimes... Et ta redevance à Spotify ! Tu dis ? 5 euros par mois, je ne dois pas m’amener avec des conneries ? Additionne tous ces trucs qui soit te positionnent socialement, soit ne coûtent vraiment pas cher, et tu verras[2] !

Car c’est ça aussi la vie moderne : la société de consommation s’est démerdée pour multiplier tes envies, jusqu’à les transformer en besoins.

Or, si l’envie crée l’amour, le besoin crée la guerre. Et en guerre, il arrive d’avoir faim et froid. Il y a 70 ans, tout le monde savait ça, comment peux-tu l’avoir oublié ?

 



[1]Kaiser Chiefs ‘Live at Elland Road’ 2008’. Je te dirais qu’il est indispensable d’avoir vu au moins une fois ce DVD. Peut-être pas pour la musique très pop qui, sans être nulle, n’en est pas d’une qualité exceptionnelle pour autant. Mais l’énergie que dégage le groupe, de même que l’ambiance créée sont absolument phénoménales.

[2]Je te donne un système pour ce faire en prenant comme exemple, ton smartphone à € 500. Dans la logique commerciale, il aura une durée de vie de 3 ans. Comme tu n’es pas une dinde, tu réussiras à le garder fonctionnel durant 4 ans. Il te coûtera donc 500 / 48 = 10.42 € par mois.

Bien sûr, tous ces calculs te fatigueront. Aucune importance, tu disposes d’un sommier ajustable sur lequel repose un matelas médical, et d’un oreiller orthopédique – au lieu du coussin de bobonne – pour te permettre de piquer un petit roupillon qui te remettra d’aplomb. N’oublie pas d’ouvrir la fenêtre pour t’oxygéner convenablement quand tu dors. À moins que tu n’enclenches ton purificateur d’air...

12/06/2015

Chilouvision : Galles à ta soirée

 

Tu connais ma famille ? Pas grave, moi oui. On a une vieille histoire qui nous fait toujours marrer avec un Vieux Pané qui a trainé dans le frigo pendant longtemps, donnant un fumet incomparable à tout ce qui était stocké à proximité. À peu près tous les soirs, maman demandait « Un petit morceau de Vieux Pané pour finir le repas ? ». Et systématiquement, elle se ramassait un « Non, merci », qu’elle contrait avec une mine désolée et un rituel « Quel dommage, il est si bon ». Mais pourquoi n’en mangeait-elle pas elle-même ? « Il est tellement bon que je vous le laisse... ». D’accord, d’accord...

Eh bien, après un début de match en fanfare, ce soir, les Diables se sont pris un Vieux Pané dans les gencives. Et pour avoir un jour craqué devant le visage éploré  de ma mère, je peux te le dire : ça colle aux dents et pour t’en débarrasser, c’est pas gagné d’avance !

Je ne sais pas combien de fois j’ai revu ce but : la tête dispensable de Nainggollan, le manque de réactivité de Courtois, le sang-froid de Bale... Dur dur. D’autant plus que là-dessus, on se met à jouer un match de fin de saison, avec dans le rôle du métronome fatigué, Axel Witsel, particulièrement insignifiant ce soir, et dans celui du voleur de but assis sur une chaise au commissariat, Christian Benteke. Comme quoi on peut être un excellent joueur de club et ne pas réussir à émerger en équipe nationale.

Les Belges entameront la 2de mi-temps avec un peu plus de cœur à l’ouvrage, mais ce ne sera qu’un feu de paille. Tu vas dire que je ressasse, mais sans Marouane Fellaini, cette équipe manque cruellement d’âme, en dépit de la somme de talents qu’elle réunit.

La qualification n’est pas encore compromise. Il faudrait toutefois que l’on arrête de perdre des points stupides comme ce soir : un sur six contre le Pays de Galles, c’est décidément pauvre. Et on ne dira pas que c’est immérité : on savait comment jouent les Gallois depuis le match disputé à Bruxelles, on connaissait le laxisme de l’arbitre allemand, dont on crut souvent qu’il faisait du quality control sur les maillots des joueurs...

On n’a tenu compte de rien depuis le nuage où on planait depuis le match amical à Paris.

Pourtant, tout le monde sait parfaitement que l’on ne joue pas un football très offensif impunément face à un bloc ultra-défensif, faute de lui offrir des occasions de but. Les Belges auraient clairement dû se montrer patients, attendre qu’un trou soit laissé dans le maillage gallois et surtout, ne pas s’exposer à prendre un but comme celui encaissé : d’accord, il y a la floche de Nainggollan, mais sur cette phase, il y aussi plusieurs touches de balle galloises...

 

 

 

 

 

11/06/2015

Les Gens sans Foot : Dope ta race !

 

Depuis la nuit des temps, l’être humain a recherché des moyens de maximiser ses performances sans trop se fouler la rate, et on ne peut pas dire que c’est sans motif : compenser de longues heures d’entrainement par l’absorption du contenu d’une fiole de potion magique est en effet on ne peut plus tentant quand on sait combien est grande la propension à la paresse qui sommeille en nous. Enfin, quand j’écris ‘qui sommeille’, c’est une façon de dire les choses, car on en connaît chez qui elle est bien réveillée, cette mère de tous les vices.

Imagine donc, un trou dans le nord de l’Europe. Quoi ? Mais non, pas un patelin perdu ! Un trou ! Dans le sol ! Dans ce trou, les habitants du coin balancent allègrement tout ce qui est moisi ou fané : produits de la cueillette écrasés dans le transport ou gâtés, fleurs passées, etc. Puis, l’été passe et il se met à pleuvoir à seaux. Le trou se remplit d’eau.

Imagine encore que, plus tard et pour s’amuser, des gamins brisent la mince pellicule de glace qui se forme dans le froid nocturne et s’en servent pour se rafraichir car les journées d’automne sont encore chaudes... Viendra un moment où la glace qu’ils sucent aura un goût un peu bizarre. Pas désagréable en fait... Mais d’un seul coup, ils se sentiront d’humeur conquérante, ils auront le sentiment que rien ne leur est impossible et s’esclafferont pour un oui ou pour un non. « Évidemment », me dis-tu, ma sorcière, ma chimiste, mon organique : en fermentant, les débris végétaux ont produit de l’alcool qui empêche l’eau de geler, du moins tant que le thermomètre ne descend pas trop bas. Plus on grattera la couche de glace, plus le liquide se trouvant dessous sera chargé en alcool...

Comme tu le sais sûrement, mon exagératrice, mon abusive, mon extrémiste, c’est tellement fun de se sentir de bonne humeur, qu’il finira bien un moment où on aura dépassé la dose indiquée... Mais le lendemain, pour autant que l’on ne se tape pas un bon vieux coma éthylique dans la nuit, les effets dopants de l’alcool seront toujours présents : pour permettre l’évacuation du produit absorbé par évaporation, les artères se sont dilatées, facilitant d’autant la circulation sanguine, cependant que l’effondrement des barrières mentales causé par la taurine produite par l’organisme sous l’effet de la bibine, continuera de te faire agir comme une sauvage n’ayant peur de rien.

Ainsi donc, l’être humain apprit à boire un petit coup pour se réchauffer ou pour se donner du cœur au ventre, à engloutir un gobelet de rhum avant de partir au combat, à s’étourdir avec une petite goutte pour passer une nuit tranquille en dépit du froid, etc. Jusqu’à avaler le verre du condamné au moment de gravir l’escalier le menant à l’échafaud. Rien de bien dramatique dans tout cela, me balbutieras-tu avant de tituber jusqu’à la misérable Bugatti Veyron qui attend patiemment que tu l’envoies contre un arbre à 300 à l’heure après lui avoir dégueulé dedans.

Longtemps après avoir trouvé l’eau de feu, l’homme – à moins que ce ne soit une femme – trouva bien de l’échanger auprès des Amérindiens, contre du tabac. Qui ne produisit pas le même effet, la fumée ayant pour conséquence que les vaisseaux se contractent afin de laisser passer le moins possible les particules toxiques dans l’organisme... Jamais à court d’idées, et certainement pas quand il s’agit de se défoncer la tronche, l’être humain trouva d’autres substances à fumer, mais aucune d’entre elles n’eut d’effet dopant[1].

Pas nécessairement convaincu par la caféine qui a pour effet d’augmenter quelque peu la concentration, mais surtout le rythme cardiaque, il se tourna alors vers la chimie. Et là, il trouva très rapidement son bonheur : bien au-delà des maigres performances des feuilles mâchonnées par les Indiens d’Amérique du Sud, la cocaïne eut tôt fait de le conquérir, par sa capacité à améliorer brutalement la concentration, la réactivité et l’énergie qui l’anime. Puis on passa à la benzédrine, un peu plus légale  mais vite délaissée suite aux troubles visuels qu’elle occasionne ; on en arriva aux amphétamines, à la nandrolone, aux stéroïdes anabolisants, à l’androstérone et à l’EPO. Tu dis, chérie ? J’en oublie ? Oh oui, sûrement... Comme les corticostéroïdes, par exemple, plus connus sous le vocable générique de cortisone.

Produit soi-disant miracle, la cortisone permet notamment de lutter efficacement contre les douleurs musculaires consécutives à de longs efforts physiques, et que nous appelons communément « courbatures ». On a longuement cherché d’où provenaient ces douleurs. On a mis en cause l’acide lactique sans obtenir de preuve probante à son sujet. Tout ce que l’on sait certainement, c’est que les courbatures sont causées par de toutes petites blessures musculaires, que l’on pourrait comparer à des micro-déchirures.

Le remède traditionnel à ce problème – appelé parfois ‘surentrainement’ –, n’est autre que les vrais médicaments miraculeux de l’humanité souffrante : l’acide acétylsalicylique (Aspirine) et l’acide salicylique (Baume Algipan). Presque jumeaux, ces produits agissent toutefois moins vite que la cortisone administrée par injection.

Si les effets secondaires de l’aspirine sont connus et sont bien documentés, on sait moins que la cortisone, outre le fait qu’elle favorise la rétention d’eau et l’acné facial – dit ‘stéroïdien’ –, peut être aussi à la base de graves problèmes tendineux et augmente fortement le risque d’ostéoporose. Il est dès lors parfaitement justifié que les corticostéroïdes figurent sur la liste des produits interdits.

La médecine sportive toutefois, ne trouve pas trop amusant de prescrire de vieux remèdes comme l’aspirine ou l’algipan. En plus, on n’est jamais sûr que les grands enfants que sont les sportifs respecteront effectivement ce que l’on leur dit de faire. Une injection, c’est vite fait bien fait, le mec n’aura plus mal d’ici peu, et si jamais plus tard il se pète les ligaments, ce sera la faute à pas de bol ou à un adversaire sans scrupules. Plaît-il ? Les contrôles antidopage ? Bah, on lui a découvert une pointe d’inflammation musculaire ou un peu d’asthme, on lui a fait une piquouze et un certif, tu veux le voir ? Hmmm ? Ce ne sera pas nécessaire ? Il me semblait bien...

En vérité, tout le monde était content : le gamin n’avait plus mal à n’en plus pouvoir bouger, le toubib était pris vachement au sérieux – car deux comprimés d’aspirine avec un verre d’eau, ça fait un peu couillon à côté d’une injection de cortisone, faut reconnaître – et l’industrie pharmaceutique trouvait ça bien aussi, car franchement, pour vendre de l’Algipan et de l’aspirine, autant aller faire une pétanque avec les potes, ça rapporte autant.

Observatrice comme je te connais, tu auras noté l’emploi de l’imparfait dans le paragraphe ci-dessus, ma grammairienne, ma syntaxique, ma grévisse. En effet. Fondé en 2007, l’association ‘Mouvement Pour un Cyclisme Crédible’ (MPCC) a intensifié les contrôles au sein des équipes qui en sont membres. Or un de ces contrôles attrait au taux de cortisol, une hormone naturelle sécrétée par l’organisme, et dont l’équivalent synthétique est appelé hydrocortisone.

Plusieurs équipes cyclistes se sont élevées contre les tests à propos du taux de cortisol – un taux trop bas de cortisol indiquant une prise récente de cortisone – et notamment au motif que ce taux peut fortement varier en situation de stress, paramètre que le contrôleur ne peut maîtriser.

Du côté du MPCC, en dépit du récent retrait de l’association, de l’équipe Lotto NL-Jumbo, on a décidé de maintenir ces tests : « Plus de 1.300 tests de niveau de cortisol ont été effectués depuis 2009, et seuls 7 d’entre eux révélèrent un taux trop bas de cette hormone ».

Ou encore, « si vous avez envie de jouer au con, faites ça avec l’Agence Mondiale Antidopage, mais pas avec nous ».

Fondamentalement, on se pose quelques questions par rapport aux équipes qui ne font pas partie du MPCC : l’association semble organisée assez démocratiquement et il paraît évident que si la manière de laquelle sont structurés les tests au sujet du cortisol, soulève des critiques, chacun peut s’en ouvrir au sein même du mouvement.

 

Il y en a d’autres qui se posent des questions à propos du dopage. Comme une journaliste que l’on qualifiera gentiment d’ingénue, et qui se demande « Un ancien dopé peut-il être plus fort qu’avant ? ».

Déjà, « avant quoi ? », t’interrogeras-tu, ma critique, ma rebelle, ma contestataire.

Mais il paraît évident que tout ce qui est acquis est acquis : on sait parfaitement que, depuis la mise en place des contrôles, c’est surtout avant le début d’une saison que le dopage est efficace, de façon à aider à se développer une musculature qui tiendra le coup et sera performante par la suite. Alors, tu penses bien qu’un mec qui a carburé à la super 98 octanes pendant un bon bout de temps avant de se faire gauler... Tu dis ? Ça fait peur de voir que l’on se pose ce type de question ? Huhuh...

 

 



[1]Si la marihuana, le haschich et autres substances riches en THC figurent sur la liste des produits dopants, ce n’est pas pour elles-mêmes à proprement parler, mais seulement aux motifs qu’elles sont illégales un peu partout, et que de plus, elles peuvent servir à masquer la prise d’autres produits, qui eux, sont véritablement du doping.

08/06/2015

Chilouvision : Déjà Vu

Il y a un peu plus de quarante-cinq ans, sortait l’inoubliable album de Crosby, Stills, Nash & Young, intitulé ‘Déjà Vu’. Et en tant que supporter du Sporting, tu es fondé à te dire « Putain, on n’a toujours rien appris ! ». D’autant plus qu’une des chansons phares de ce mythique longplaying, n’était autre que Helpless. Car le vraiment peu cool scénario du très bon match mais malheureusement, on prend deux goals dans les arrêts de jeu, on en a fondamentalement marre !

Bien sûr, les Diables Rouges ont surclassé les Français ce dimanche soir. Bien sûr, il s’agissait d’un match amical. Bien sûr, l’arbitrage fut discutable... Mais bordel, on prend de nouveau des goals largement évitables quelques vagues minutes avant la fin de la rencontre ! Et après avoir mené 0-3, puis 1-4, on se prend à se ronger les ongles en attendant le coup de sifflet final. Car franchement, un partage à l’issue d’un tel match, on aurait eu plus que du mal à le digérer... Tu connais ce sentiment, mon Olga, ma Sportinggirl, ma Mauve.

On ne va pas reprendre ici toutes les péripéties de la rencontre, les gazettes, tant belges que françaises, te les détailleront à foison.

Mais on ne manquera pas de souligner la qualité de la prestation des Belges, avec en figure de proue, l’ineffable Marouane Fellaini et ses buts inscrits en joggant.

Je te l’ai déjà dit, j’éprouve une admiration particulière pour ce joueur, pour la simplicité de son jeu, pour l’intelligence de son placement, pour le tranchant de ses actions, pour l’efficacité qui pilote tout ce qu’il fait : il est là pour faire mal à l’adversaire, le reste c’est du détail et cela ne l’intéresse pas. On aura noté le contraste avec Benteke, qui eut une tête intéressante à placer et qui la balança dans les mains de Lloris, et Lukaku, dont le seul tir frappa la transversale. Tu paries que si Felloche s’était trouvé à leur place, il mettait le ballon au fond ? Quoi ? On ne peut pas préjuger ? Tais-toi, je te mets un ticket gagnant d’Euromillions sur la table, contre un string de Clara Morgane ! D’accord, elle est pensionnée, et après ?

Très rare, à archiver sans délai : Clara Morgane habillée.

On arrête de fantasmer : les journaux s’en chargeront pour nous dès ce lundi. Ça a d’ailleurs déjà commencé : tiens, juste pour que tu te voies déjà champion d’Europe l’été prochain, les cocottes de SoFoot, avec lesquelles nous serons probablement tous d’accord, du moins pour ce qui concerne les Belges.

Mais dans l’optique de l’importante rencontre que les Diables Rouges disputeront vendredi soir à Cardiff (match à 20:45) contre les Gallois, on espère que leur attention sera sévèrement attirée sur les fins de match. Car là, il ne s’agira pas d’un match amical !

 

 

07/06/2015

Mixed Zone : Pourquoi tant de haine ?

 

Pour le Petit Robert, “Sentiment violent qui pousse à vouloir du mal à quelqu’un et à se réjouir du mal qui lui arrive”. Pour la Grande Rousse, “Vive hostilité qui porte à souhaiter ou à faire du mal à quelqu’un”.

Allons bon, ces deux couillons ne sont pas tout à fait d’accord, et ça s’appelle ‘dictionnaires’... Après, tu te ramasses un 2 sur 10 peut mieux faire parce que tu n’as pas le même dico que ton vieux péteux de prof de französich. Encore merci, hein !

Enfin bref, on comprend le sens global, qui implique un certain niveau d’activité : si tu me hais parce que je te dis prout, tu vas devoir faire quelque chose à un certain moment. Car du haut de mon rien-à-foutisme, je continuerai à t’emmerder, cependant que dans la spirale de tes mauvaises pensées, tu me haïras de plus en plus.

La conséquence est accablante : la haine, c’est pas un truc pour les paresseux. D’ailleurs, le dictionnaire des synonymes que Bill Gates a fort aimablement inclus dans le traitement de texte qu’il m’a généreusement offert contre de l’argent, parle d’animosité, de malveillance, d’agressivité.

Ça te situe bien le topo : haïr, ça ne se fait pas du fond du fauteuil dans lequel tu te fabriques du lard en matant la finale de la Champions League. Disons-le tout net : c’est rien pour moi. Quoi ? Non, la Champions League pas trop non plus, du moins à ce stade de la compétition : ce sont toujours les mêmes qui jouent l’un contre l’autre, ça manque de sel, de piment et de fraicheur. Des Pirlo, des Messi, des Buffon, des Iniesta, ce sont des joueurs fantastiques, mais tu sens qu’ils ont déjà tout vécu, c’est un peu triste, je trouve.

On rigole parfois du public de ‘La Tribune’, mais ailleurs, c’est pas mieux : t’as vu les modèles ?

Mais on causait de la haine et des efforts qu’elle demande, et je te disais que pffff... Pas que je sois meilleur qu’un autre. Simplement, gaspiller de l’énergie dans un sens négatif, c’est un concept qui me passe carrément au-dessus de la tête. Pas la peine de me critiquer outre mesure pour ça, chacun a ses lacunes, toi non plus, tu n’es pas parfaite, mon humaine, ma vivante, ma mortelle combattante.

Personnellement, j’emmerde. Je ne hais pas, je ne déteste pas, je n’abomine rien ni personne. Je néglige. Je méprise, j’évacue, je m’en tamponne le gros mauve. Ce qui ne me plaît pas, je le mets sur le côté. J’ai un endroit ad hoc : c’est un sac blanc estampillé par la Région de Bruxelles-Capitale. Je les achète chez Delhaize, en rouleaux. Quand il y en a un qui est plein, je le ferme puis je le dépose sur le trottoir, un dimanche ou un mercredi après 18:00 heures. Quand je me lève, à l’aube du lendemain vers 13:00 heures, il a disparu... Sûrement qu’il y a des gens qui ça intéresse. Je ne sais pas ce qu’ils en foutent, peut-être sont-ce des haineux en bout de course qui se cherchent des nouveaux prétextes d’aversion, de répugnance, de répulsion, que sais-je... Bref, je m’en tape, je les emmerde.

C’est mieux, ça me préserve, ça me permet d’éviter de perdre mon temps à échafauder des stratégies complexes pour te faire marcher dans une crotte de chien le jour où tu étrennes tes nouvelles baskets blanches. Ça me garantit aussi, car les haineux sont souvent ridicules dans la durée, d’où sûrement, l’expression ‘tête d’haineux’, que l’on emploie beaucoup en tant que ponctuation d’un conseil à aller expérimenter des rapports sodomitiques.

On trouve de nombreux exemples de longues haines qui tournent à la confusion de leurs auteurs dans le foot professionnel. Rappelle-toi Defour, dont certains ne voulaient pas au Sporting car c’était une icône d’un club que je n’aurai pas l’indécence de nommer ici. Avec le temps, ils ont appris à chanter quand il marque un but. À l’opposé, tout le monde aimait bien Jonathan Legear du temps de sa mauvitude. Ce n’était pas une idole au Parc, mais on le considérait comme un bon garçon, passablement doué, gentiment fou-fou de temps en temps.

Maintenant qu’après un long détour, il se retrouve avec sur le dos, la vareuse d’une équipe euh... d’une équipe, donc, certaines le haïssent. Tu vois ça d’ici ! Jonah, quoi ! Pour haïr quelqu’un comme lui, il faut en tenir une couche, je te dis pas !

Ou alors, quand la direction de Barcelone a refusé la présence du Portugais – qui donc, emmerde la haine entre Catalans et Madrilènes –  Luis Figo dans l’équipe des vieilles gloires qui devait affronter son homonyme turinois avant la finale de la Champions League... On touche le fond du lamentable, là : tout le monde sait bien que son départ au Real Madrid vous a fait déféquer dans vos braies, les gars, mais avant ça, il n’avait pas inscrit assez de buts pour votre compte ?

Bon, faut que je termine : un de mes potes organise un karaoké ce soir et je lui ai promis d’être présent. Je prends sur moi, hein, l’amitié n’a pas de prix, mais on le paie parfois : Dieu sait comme je hais entendre brailler des saoulots qui se prennent pour Jean-Jacques Goldman ! Mais en même temps, tant pis pour lui, il n’avait qu’à pas attirer sur son balcon, les moineaux, les pigeons !

 

 

05/06/2015

Tu sais que tu es de la FIFA quand...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

% Ton premier métier était facteur : tu as toujours aimé les distributions d’enveloppes.

%Tu fais tout pour être réélu, puis tu démissionnes. Un peu comme si le Qatar te disait « On a bien réfléchi, on va plutôt investir dans du cul, ça coûtera moins cher et ça rapportera plus ».

%Tu rêves d’un bon coup de balai, comme quand la bonniche à Jack Warner brosse.

%Ton sport favori, après le foot, ce sont les fléchettes : tu t’entraines tous les jours sur un joli poster de Michel Platini.

%Tu pries souvent pour que Dieu fasse en sorte que les fichiers de tes e-mails disparaissent tous seuls. Ou qu’ils soient corrompus.

%Chaque fois que tu vois Blatter, tu le salues d’un cordial « Salut, Sepp ! ». Mais tu n’oses plus lui demander s’il va bien.

%Tu t’es toujours dit que Chuck Blazer porte un nom digne de celui d’un acteur porno des années 70. Dommage qu’il n’ait pas opté pour ce plan de carrière, d’ailleurs.

%Tu portes une écharpe hiver comme été, car tu n’as pas envie d’attraper un catarrhe. Et tu ne bois jamais de lait russe, mais ta crème glacée préférée est la brésilienne.

%Tu aimes les cérémonies de tirage au sort. Surtout quand le sort n’est pas l’élément dominant.

%Tu restes toujours très droit pour allumer ta télé.

%Tu considères que l’âge d’or de l’être humain se situe quelque part entre 70 et 90 ans.

%Tu maudis tous les jours la qatarie Phaedra Al Majid. Quel chameau, celle-là !

%Tu ne bois jamais de vin en bouteilles : toujours en pots, c’est plus sain.

%Tu attends sans impatience le 30 avril 2016, qui marquera le 100ème anniversaire de Joao Havelange. S’il pouvait avoir la bonne idée de crever avant, qu’on ne ressorte pas de nouveau le dossier ISL et la négligence de Sepp à propos de ce putain de million de dollars à la con...

%Il n’y a pas de dessus à ta table. Seulement des dessous.

%En voiture, tu n’aimes pas les courbes : pour toi, on peut supprimer les virages. Mais pas les virements, entendons-nous bien !

%Il t’arrive de cligner de l’œil en pensant au Comité des Tics.

 

 

 

03/06/2015

Tu sais que tu es de Zulte Waregem quand...

C Ton acteur préféré est Jean-Claude Van Damme, même si tu trouves qu’il aurait dû ajouter ‘egem’ à ses ‘aware’.

C  Tu as souvent regardé l’Escaut couler doucement, du fond de ton jardin, en rêvant que la saison 2014-15 soit un long fleuve tranquille.

C  Pour toi, le Dieu du football, c’est Francky. En espérant qu’un de ces jours, il ne pète pas une durite.

C  Tout ce que tu espères, c’est que la saison prochaine, au stade, tu ne passeras plus par toutes les couleurs de l’Arc En Ciel.

C  La saison passée, il t’est arrivé à de trop nombreuses reprises, de siffler ‘The Bridge over the River Kwai’, en repassant au-dessus du Gaverbeek pour rentrer tristement chez toi.

C  Tu t’es soudain souvenu que les play-offs 2 ressemblent à ça. Et tous les jours, tu fais une prière à Saint-Petrus pour ne pas devoir te les retaper en 2016.

C  Tu craches par terre à chaque fois que l’on te parle de Courtrai. De Mouscron aussi, mais moins fort.

C  Tu aimes la bouffe pimentée et les courses de chevaux : tu triques pour l’hippique et ce qui pique.

C  Dans le jardinet devant ta maison, il y a un nain de jardin que tu appelles affectueusement Stijn Meert.

C  Tu repenses trop souvent au coup franc tiré par Lucas Biglia le 19 mai 2013 : à chaque fois, il finit dans le but. C’est con, hein...

C  Tu sais que techniquement, le Essevee n’a plus rien à voir avec le KSV Waregem, mais il t’arrive de rêver que revienne la glorieuse époque où les frères Millecamps faisaient la loi chez les Diables Rouges. Dans ces moments, tu te vois volontiers chausser les godasses de Danny Veyt.

C  Tu sais que Molécule, c’est pour ton bien.

 

01/06/2015

Tu sais que tu es d'Ostende quand...

C Tu n’as jamais assisté à un match sans sentir qu’un peu de sable s’est glissé entre tes orteils. Mais en fait, c’est quand il n’y en a pas que ça te fait tout drôle.

C  Tu sais parfaitement que les couleurs du club sont le jaune du sable, le vert de la mer et le rouge pour faire joli. Mais tu ne les portes ensemble que pendant les matches, faut pas déconner, fraise-pistache-citron, c’est rien pour toi.

C  Tu trouves sincèrement que Marc Coucke n’a pas une si grande gueule que ça. Quoique...

C  Tu as du mal à accepter le fait que Fred Vanderbiest s’est fait la malle. Car à Ostende, ça ne se fait pas. Tu te demandes si son successeur sera aussi élevé au rang d’icône s’il s’en sort. Comme James.

C  Les soirs de défaite, tu évacues tes frustrations en allant faire des dérapages contrôlés en cuistax sur la digue.

C  Tu sais que si Coxyde monte un jour en D1, tu pourras aller assister au derby en tram. C’est pour rentrer chez toi en cas de victoire qu’une vague inquiétude te tarabuste.

C  Tu es le seul à dresser l’oreille quand on cite les noms de Jimmy De Wulf, de Dimitri Habran ou de Jean-Jacques Missé Missé. Heureusement que ça n’arrive pas trop souvent car l’équilibre de tes Ray Bans s’en voit perturbé.

C  Tu trouves bizarre de voir les supporters des autres clubs s’avaler un hot dog bière à la mi-temps. Pour toi, c’est une crème glacée à la vanille avec un supplément de Chantilly et un capuccino. Ou à la limite, un bol de crevettes avec une Rodenbach.

C  Tu es fier de pouvoir montrer à tous sur une horloge fleurie qu’il est l’heure d’aller au stade.

C  Tes deux fils sont prénommés Roger et Jordan. Mais ils ne sont pas Blacks, l’exagération nuit en tout. Le troisième sera prénommé Fernando. Ta femme l’a accepté car elle est fan d’Abba.

C  Pour toi, le bon endroit pour fêter une victoire, c’est dans la Langestraat. Tu sais qu’il est l’heure de rentrer quand tu crois entendre Marvin Gaye se mettre à jouer.

 

 

31/05/2015

Tu sais que tu es Carolo quand...

 

 

C Pour toi, un terril n’est ni une montagne, ni une colline, ni un crassier, mais bien une forme de relief factice au pied de laquelle tu vas cueillir des mûres et des fraises de bois. Mine de rien. 

C  Tu trouves que Bertoncello, Brogno et Mazzù sont des noms de famille wallons. Mathijssen aussi, mais différemment. 

C  Tu sais que le blanc et le noir sont des nuances et non des couleurs, mais tu t’en fous, tu supportes tes couleurs. Sans nuance. 

C  Tu trouves qu’un drôle de zèbre, ce n'est pas une espèce de cheval africain qui se promène en pyjama, mais bien un supporter qui ne chante pas 90 minutes. 

C  Tu laisses les autres déboucher les bouteilles de vin car le liège te donne de l’urticaire.

C  Tu prénommerais volontiers ton futur gamin Neeskens, mais tu n’es pas sûr qu’à l’État Civil, un supporter de l’Olympic ne va pas chercher à t’emmerder. Alors, tu hésites entre Mogi et Mehdi ; mais pas question qu’il s’appelle Abbas ! 

C  Pour toi, il n’y a qu’un seul Sporting, et c’est celui de Charleroi. Lokeren et Anderlecht, c’est tertous Flaminds et Brusleirs ! 

C  Tu plains sincèrement ceux qui ne connaissent rien du charme bucolique du Lac de Bambois, ni de la beauté sauvage de la Plate-Taille. 

C  Pour toi, le Boulevard Tirou vaut bien l’Avenue Louise. Surtout depuis que le tram y passe. 

C  Tu trouves que l’équipement away des Zèbres n’est pas magenta, mais fuchsia. Ce qui ne te plaît pas plus. 

C  Tu es le seul à avoir déjà vu sourire Fabian Debecq devant une caméra. C’était à une communion. 

C  Tu trouves que les filles de Charleroi sont jolies. C’est juste dommage qu’elles s’appellent toutes Graziella. 

C  Tu ne comptes fêter la qualification du Sporting pour les poules de l’Europa League ni en faisant la foire, ni la kermesse, mais la ducasse. Et tant pire si tu squettes èt’maronne à pesteller dins les berdouilles comme un bauyau tellement que t’auras afoné !

 

 

 

Tu sais que tu es de Waasland Beveren quand...

 

C Tu sais que supporter une équipe qui perd plus souvent qu’elle ne gagne, renforce la stabilité financière d’une famille – c’est toujours ça.

C  Tu considères que le Pays de Waes n’est pas si morne que ça, après quelques Crystal Pils.

C  Tu admets que le titre de La Gantoise t’a fait grincer des dents : plus qu’une fois et vous serez à égalité. Sauf qu’ils ont gagné une Coupe de plus !

C  Tu reconnais que tu as dû te retenir de flanquer une danse à ta copine le jour où elle t’a dit que Pfaff, c’était la marque de la machine à coudre de sa grand-mère.

C  Tu te souviens encore avec émotion du temps où tu jouais au 421 à la buvette avec Yaya Touré, Emmanuel Éboué et Gervinho.

C  Tu trouves que le poste le plus important, c’est celui de gardien. Mais tu es le seul à considérer que Tristan Peersman était un bon keeper.

C  Tu sais qu’il fallut un grand Barcelone pour venir à bout de ton club en demi-finales de la C2 en 1979, l’année du premier titre.

C  Tu sais que le joueur qui obtint le Soulier d’Or en 1980, s’appelait Jean Janssens.

C  Tu supportes un club au riche passé. Mais pour le présent et le futur, tu te demandes instamment si la suppression des play-offs 3 est vraiment une bonne chose.

C  Tu trouves que Freethiel est un joli nom pour un stade. Tu as d’ailleurs passé beaucoup de temps à expliquer à Jean-Marc Guillou qu’on ne prononce pas ‘Frites-Hill’.

C  Tu aimerais bien te faire une pom-pom girl du club, mais c’est délicat vu que ta fille fait partie du groupe.

C  Tu éprouves une grande fierté intérieure à être un des seuls à savoir que Yapi Yapo n’est pas une marque de petfood.

C  Tu n’as jamais rien compris à l’allemand, sauf à celui parlé par Jean-Marie Pfaff du temps où il évoluait au Bayern.

C  Tu trouves que Renaud Émond et David Hubert jouent presque aussi bien que s’ils étaient Flamands. Jonathan Wilmet aussi, mais moins.

C  Tu espères de tout cœur que Beveren – tu n’as jamais réussi à te faire à ce vilain ‘Waasland’ – remportera les play-offs 2 en 2016.

 

Tu sais que tu es d'Anderlecht quand...

 

C Tu sais que Saint-Guidon n’avait rien à voir avec le cyclisme.

C  Tu trouves qu’Astrid est un joli prénom. Même pour un parc.

C  Tu aurais volontiers appelé ton gamin Constant, mais tu as eu peur de la réaction de ta femme.

C  Tu sais que ‘Meir’, ça ne s’écrit pas comme dans ‘du Nord’.

C  Tu trouves que sur la Place de Linde, il y a un arbre et beaucoup de bistrots.

C  Tu sais qu’il faut un accent sur le e de palmarès, mais pas sur ceux de Pede.

C  Il t’est déjà arrivé de rêver que tu supportais un autre club et de dire « Arrêtez de déconner, Seigneur, s’il Vous plaît ! » quand tu t’es réveillé en sueur.

C  Tu sais sourire poliment à quelqu’un qui te parle des play-offs 2.

C  Tu sais que les gobelets à bière sont consignés à 1 euro, mais qu’après en avoir lessivé une dizaine, tout le monde s’en fout.

C  Tu sais que la surdité psychique est la qualité qui te permet de continuer à sourire pendant que le reste de la Belgique t’insulte.

C  Tu trouves que La Tribune et Extra-Time, ça pourrait être bien si on y causait un peu moins des loosers.

C  Tu as quand même été un peu triste d’apprendre que le Cercle de Bruges est descendu en D2. En revanche, tu as souri avec entrain à l’annonce du titre du FC Liège.

C  Tu sais dire « C’est dommage » tout en gardant ton sérieux à quelqu’un qui te parle du destin tragique du RWDM.

C  Tu trouves qu’être champion une année sur deux en moyenne, c’est pas mal, mais on peut faire mieux.

 

25/05/2015

Camions League 10 : Entre gens de bonne compagnie...

 

... Les choses se passent toujours bien : après un hommage vibrant, on laisse les invités inscrire un but, puis on gagne gentiment, sur un score qui ne laissera d’amertume à personne. Pour leur part, les Buffalos ont permis à Mitrovic d’atteindre le chiffre rond de 20 buts marqués en championnat et n’ont pas manqué de féliciter leurs hôtes pour l’esprit sportif dont ils ont fait preuve. Tout le monde a bu une bonne pinte de bière là-dessus, puis certains sont rentrés gentiment chez eux cependant que d’autres allaient prolonger la fête à Gand, tandis que les plus acharnés discutaient déjà des inévitables transferts de joueurs qui meubleront – ou pas – les jours d’été.

Un peu partout, on entend parler, à mi-voix, d’une saison ratée pour le Sporting. Comme le souligne Peter Vandenbempt, analyste de la VRT, « C’est à chaque fois qu’il fallait cueillir les lauriers que les Anderlechtois  ne se sont pas montrés à la hauteur de leur tâche ».

On rappellera en effet, le match peu enthousiasmant disputé à Moscou en Europa League, où une décision arbitrale finira par nous tordre le cou. Ou encore, la finale de la Coupe, que l’on trouva un peu bâclée... Ou le simple fait d’avoir encore eu toutes les chances de remporter un quatrième titre d’affilée à trois journées de la fin. Les Mauves n’ont pas tout le temps mal joué ; simplement, quand il fallait vraiment se montrer à niveau pour l’emporter, ils sont inexplicablement passés à côté de leurs matches.

Et de la même manière, ils ont connu un peu trop de moments d’égarement, même dans les rencontres les meilleures, pour pouvoir jouer leur jeu en confiance et avec une certaine sérénité.

On ne sait pas encore grand-chose à propos de la saison prochaine, si ce n’est qu’elle démarrera fin juillet : à l’été 2016, on aura droit au Championnat d’Europe des Nations, qui sera disputé en France, et il faudra nécessairement que tout soit fini vers la mi-mai. Du côté du staff technique, on a déjà mis une certaine pression sur le management, en disant clairement qu’il y a sûrement des sous et que l’on ne comprendrait pas que l’on ne les utilise pas pour renforcer l’équipe. Ou du moins, pour ne pas trop la déforcer : dans les pronostics les plus courants, on parle de départ pour Mbemba, pour Mitrovic, pour Praet... Ou même pour Tielemans.

D’une façon qui met un peu la puce à l’oreille, on a vu, pour ce dernier match de la saison, le Sporting s’aligner dans un 4-4-2 inhabituel, Aaron Leya venant épauler Mitrovic en pointe de l’attaque. Je l’ai déjà dit et écrit, dans mon esprit, le colosse serbe n’est pas assez rapide pour pouvoir jouer dans un système de ce type, où les courses croisées des attaquants peuvent mettre une défense hors de position. Ce qui signifierait que l’on doive s’attendre à le voir déménager... Dommage, penseras-tu probablement, ma nostalgique, ma chagrinée, ma mélancolique : il paraît assez évident que l’on regrettera un joueur capable de marquer 20 buts en championnat au sein d’une équipe qui ne fut pas tout le temps au meilleur de sa condition.

Mais laissons ces supputations à ceux dont c’est le métier et qui n’en peuvent déjà plus de ronger leur frein, comme on  le voit ci-contre. Gageons qu’une fois de plus, ils s’en donneront à cœur joie et n’attendront aucune confirmation officielle pour propager les rumeurs les plus folles...

Il nous reste la double confrontation pour l’Europe, entre Charleroi – qui essaiera de faire mentir les supporters du Standard – et le Malinois, puis le match amical France – Belgique, avant un Pays de Galles – Belgique qui pourrait valoir son pesant de cacahuètes dans la perspective de l’Euro 2016. Tu dis ? Oui, c’est peu de chose, mais il n’y a rien à faire, il faudra que tu t’en contentes et moi aussi... en attendant les matches amicaux d’avant-saison, lesquels ne manqueront pas de chevaucher le Tour de France, comme d’habitude !

 

 

 

 

 

 

22/05/2015

Camions League 9 : Miroir, miroir, génie de mon miroir...

 

On ne va pas se le cacher : même s’ils se sont trop longtemps dissimulés derrière une façade de gentils outsiders aux ambitions limitées, les Gantois ont mérité leur titre. Et par corollaire, leurs concurrents, pas.

Quand le Sporting termina sa rencontre face au Standard avec un pauvre point produit par un partage bien mièvre, on a cru à un mauvais rêve. Puis on s’est dit « Merde, on ne peut pas être champion chaque année, au moins la deuxième place représentera un lot de consolation acceptable ». Mais les mauvais rêves sont comme les calbars trop serrés : il faut savoir en sortir. Quitte à se les arracher de force !

Dans la sagesse populaire, ça s’appelle ‘se remettre en question’ ; ‘croire en soi et faire face’ ; ou encore ‘se sortir les doigts du cul’. Et non s’enrouler dans la chaleur malsaine d’une couette maléfique, en attendant de les voir revenir. Ou que tes couilles s’atrophient.

C’est malheureusement ce qu’il s’est passé. Avoir tout en main et avoir cru que cela suffirait pour réussir, il faut bien que tu te l’avoues, mon accusée, ma coupable, ma condamnée : c’est très con. Cela correspond à un terrain que tu aurais préparé avec amour, tout en négligeant d’inviter des équipes à venir jouer dessus. À un cocktail merveilleux que tu te serais composé et que tu oublierais de boire. À une nana que tu aurais chauffée à blanc avant de lui tomber endormi sur le ventre... Quoi ? C’est pas le moment de causer de cul, tu n’as pas la tête à ça ? Soit, mais de quoi on va causer alors, puisque le football c’est foutu et que la bibine est éventée ?

Des caliméros ? Ah, ben, il faut savoir regarder les choses en face : on pourrait très vraisemblablement trouver des excuses aux Mauves en cherchant bien et en s’armant d’une dose raisonnable de mauvaise foi. Mais ce n’est vraiment pas de cette façon que l’on pourra tirer de cet échec – appelons un chat une chatte – les leçons qui conviennent. Or il y en a à tirer, et le simple fait de devoir bien admettre que, de toutes les équipes engagées dans ces play-offs, celle du Sporting était la plus talentueuse, le montre à souhait...

Mais le talent, cela doit se cultiver et s’utiliser : tu as vu la tête que tirait Dennis Praet hier soir après son – très beau – but ? Il y avait dans cette équipe, des gens qui n’avaient pas trop envie de jouer avec d’autres, si tu veux mon avis. Une saison, c’est long. On y connaît une succession de joies et de peines, de certitudes éphémères et de doutes qu’il faut évacuer... Les personnalités s’entrechoquent parfois. C’est surtout pour cela qu’il y a des entraineurs : pas pour apprendre à jouer au football à ces joueurs triés sur le volet ! Mais surtout pour les faire évoluer ensemble, en équipe soudée, apte à développer un jeu fluide. Même s’ils ne peuvent pas se sentir...

Cette image de Praet tirant la gueule alors qu’il vient de marquer, me hante : Besnichou ! Sors-moi de ce mauvais rêve !

Tu dis ? Il est sourd ? Huhuh... Il n’est de pire myope que celui qui a perdu ses lunettes faute d’oreilles.

Fais-moi quand même un plaisir ce dimanche 24 mai, ma sportive, ma fairplay, ma belle joueuse, et ce, même si nous sommes tous de moins bons perdants que d’excellents gagnants : félicite chaleureusement les Buffalos pour leur premier titre national, ils le méritent. Félicite-les et fais la fête avec eux : après tout, on est déjà vachement content que ce ne seront pas les Barakis ni les Boeren qui viendront exposer leur joie au Parc.

Oui, félicite-les. Mais bats-les, putain ! Sait-on jamais que les Courtraisiens iraient flanquer la colique aux Boeren...

Mais, fuck ta race ! On avait tout en main, bordel !! Quoi ? Oui, je me sors les doigts du cul, chérie !

 

 

21/05/2015

Troubled Zone : Un peu sur les nerfs

En marge de la fin du championnat, la bagarre pour se placer en D1 fait rage un peu plus bas. On savait déjà depuis un bout de temps que le Cercle de Bruges allait retrouver la D2, après plusieurs saisons passées à flirter dangereusement avec la dégradation. C’est désormais chose faite pour le Lierse aussi et pour le dire franchement, il est assez rare de voir autant de gens se réjouir des malheurs d’un club.

Tout le monde s’accorde à dire que sans la mansuétude incompréhensible des instances dirigeantes du football belge, il y a déjà longtemps que le Lierse n’existerait plus, vu son implication dans les troubles manigances du fameux Chinois Zheyun Ye en 2005. Pour mémoire, c’est la situation financière catastrophique du club qui fit imaginer à certains de le sauver au moyen de paris truqués. On se souvient aussi que l’on fut nettement plus intransigeant avec La Louvière peu après, par exemple...

Pourtant, le Lierse est un club au riche passé sportif, avec quatre titres de champion de Belgique à son actif, de même qu’un quart de finale européen en 1971-72. Mais tant l’insupportable attitude anti-francophone de ses supporters, que son rachat en 2007 par Maged Samy, un homme d’affaires égyptien aux objectifs nébuleux, qui fit venir en Belgique quantité de joueurs bidons au mépris des jeunes du centre de formation, ont fait le nécessaire pour rendre ce club parfaitement antipathique.

Battus ce mercredi à domicile par Eupen (1-3), les Lierrois évolueront la saison prochaine en D2. Pour parler franchement, on espère qu’ils ne seront pas remplacés en D1 par leurs vainqueurs du jour et leurs patrons qataris : le seul truc qu’on aimait au Lierse, c’étaient leurs pom pom girls. D’ici à ce qu’on leur substitue des nanas en niqab...

 

C Branquignolles & Agendas cachés

On n’en peut plus de s’interroger à propos du Standard : quelle mouche a bien pu piquer ses dirigeants pour qu’ils introduisent une plainte officielle contre l’arbitrage du dernier match disputé par les Rouches à Anderlecht (1-1) ?

Pour le dire franchement, on n’a pas trouvé l’une ou l’autre équipe qui aurait été particulièrement avantagée lors de cette rencontre. Au troisième ( ! ) ralenti, on constate effectivement une poussée de Najar sur le but anderlechtois. Mais s’il fallait rejouer tous les matches au cours desquels un but a été inscrit après une irrégularité sur un centre, on serait parti pour recommencer l’ensemble de la saison ! Quant à demander que l’on enlève le carton jaune montré à Ezekiel – enfin, un des deux, donc – là, on tombe dans le ridicule complet, au point que l’on finit par se demander si du côté de Sclessin, on n’a pas picolé à marche forcée, les stocks de ‘Bière des Rouches’ en prévision de la fin de saison – il y a une date sur les bouteilles de bibine, on aurait tort de perdre cela de vue.

Puis, on cesse de rire des supporters, lesquels avouent eux-mêmes se taper la honte devant de telles stupidités. Pas que l’on ne les trouve plus comiques, mais bon, comme tu le sais sûrement, ma délicatesse, ma charcutière, ma rougeaude, tout a une fin sauf les boudins de Liège qui en ont deux. On se reprend donc, on sèche ses larmes, on fronce les sourcils en signe d’intense réflexion et on commence à chercher une logique dans ce qui, à première vue, n’en a guère.

Déception, désillusion, perplexité : on ne trouve pas. Mais on se dit « Tiens, peut-être du côté de l’arbitre ? »... On n’a pas besoin de torturer Google trop longtemps : c’était lui qui siffla le célèbre Standard – Zulte Waregem (1-2) du 19 octobre 2014 ! Souviens-toi, ma mnémophobe, mon oublieuse, mon alzheimèrique, de la prodigieuse prestation des supporters liégeois, qui balancèrent de tout sur le terrain puis envahirent la tribune officielle, obligeant Bart Vertenten à interrompre le match avant de l’arrêter. La Déache avait publié pour l’occasion, une galerie de photos édifiantes ; et même ton serviteur s’était fendu de quelques lignes sur le sujet dans Arsenic et Vieilles Dentelles, puis dans Catarrhe au Qatar, quand la Commission avait rendu un verdict absurdement clément sur l’affaire...

Une petite vengeance ? Ou plus prosaïquement, une mesure préventive visant à détourner l’attention des supporters en direction de l’arbitrage et à anticiper un classement final sans doute peu en rapport avec les ambitions exprimées en début de saison ?

 

C Ça se corse

Tant que l’on en est à causer des Liégeois, Guillaume Gillet vient d’être consacré ‘Meilleur Joueur de la Saison’ à Bastia. Connaissant les sentiments nationaux qui hantent les Corses, c’est d’autant plus remarquable qu’il devance, dans ce classement, François Modesto et Yannick Cahuzac, tous deux natifs de l’Île de Beauté.

Rappelons que Gillet est toujours sous contrat avec Anderlecht. Il fut prêté à Bastia pour la saison et devrait revenir en Belgique si son club d’accueil ne levait pas l’option de € 500.000,- dont est assortie la convention de prêt. Dans l’état actuel des choses, on se demande bien comment les dirigeants corses pourraient éviter de passer à la caisse...

Quoi ? Oui, chérie, mais comprends-moi aussi : on s’emmerde en attendant le début du match difficile et capital que le Sporting disputera ce soir à Courtrai ! Parce que tout le monde s’interroge à propos de la volonté du Standard de défendre normalement ses chances à Gand, mais on semble oublier qu’il faut surtout que le Sporting l’emporte !

 

C Back in the picture !

Regarde un peu qui on a choisi pour remettre à Youri Tielemans, le trophée du ‘Meilleur Jeune de la Saison’ – son deuxième en deux ans.

Oui, c’est bien lui ! On l’a reconnu, même s’il a troqué pour la circonstance, son pull rouille, sa chemise verte à rayures noires et sa cravate jaune à pois bleus mâtinés d’étoiles multicolores, pour un sobre complet d’entrepreneur des pompes funèbres.

Après des détours peu glorieux, reconnaissons-le, par le White Star et le RAEC Mons, l’ancien Directeur Général du Standard, Pierre François, revient à l’avant de la scène avec le titre de Chief Executive Officer – CEO, en jargon des affaires, donc – de la Pro League présidée par Roger Vanden Stock.

Même si je l’ai souvent caricaturé dans mes textes sous le sobriquet de François François, il n’est pas inutile de rappeler qu’il s’agit d’une personnalité d’envergure du football belge, et que c’est aussi un avocat particulièrement habile et fin. Si sa désignation en tant que CEO de la Pro League doit beaucoup aux Brugeois, qui voulaient un contrepoids à la nomination de Roger Vanden Stock comme président de l’organisme, on n’est pas sûr du tout que ses rapports avec le Sporting soient si mauvais que cela – ni de l’inverse d’ailleurs. En revanche, dire qu’il garde une dent à l’égard de Roland Duchâtelet consisterait probablement à rester largement en dessous de la vérité.

 

Bon, là-dessus, chaussettes mauves, calbar mauve et le reste à l’avenant : moi je m’en fous du résultat de La Gantoise, qui ne ferait certes pas un vilain champion. En revanche, j’accepterais difficilement que le Sporting ne joue pas sa chance jusqu’au bout !

Dans un bar bien connu d’Anderlecht, le 19 mai 2013, quelques minutes avant #32. Dis-moi que tu n’as pas envie de revivre ça et je t’en colle une !J

 

 

 

 

 

18/05/2015

Camions League 8 : Surf à Saint-Trèplouc

 

Rendez-nous Boucaut ! Au moins avec lui, on avait une excuse valable pour perdre des points contre le Standard !

Car franchement, on se perd en conjectures à l’issue de la faible prestation du Sporting de ce dimanche 17 mai. On croyait vraiment les Mauves bien partis après qu’ils eurent mouché très convenablement les Boeren la semaine passée. Mais on n’a jamais eu le sentiment, de la semaine, que l’on prenait les choses aussi au sérieux qu’avant le match contre Bruges : « On a fait joujou contre l’équipe qui a mené pendant la plus grande partie du championnat, contre les ploucs du Standard, ça va être du gâteau », était en substance, ce que l’on entendait de tout côté. On oubliait d’ajouter « SI on atteint le même niveau de jeu ! ». Or cela ne fut le cas que trop rarement face à un Standard qui vint manœuvrer au Parc un peu dans le style qu’adopterait une équipe de D3 soucieuse surtout de limiter les dégâts.

Et cela fonctionna. Au-delà probablement de tous les espoirs que les Rouches auraient encore fondés après l’ouverture du score par Andy Najar. Hélas, après une nouvelle inattention sur un coup de pied arrêté, imputable cette fois à une estimation ridicule de la trajectoire du ballon par Chancel Mbemba, Ezekiel rétablissait l’égalité.

À ce moment du match, on ne dira pas que c’était logique. Cela ne le sera d’ailleurs jamais tout au long des 90 minutes. Toutefois, pour reprendre l’avantage, le Sporting aurait dû faire preuve de plus de créativité et de plus de justesse dans son jeu. Si le résultat du match est décevant, la manière de jouer empruntée et trop souvent prévisible des Mauves le fut plus encore : plus que de fraicheur physique, c’est de fraicheur mentale que manqua le Sporting. À croire que la victoire des Gantois à Bruges en début d’après-midi, leur avait mis une pression à laquelle ils furent incapables de faire face...

C’est dans des moments pareils que l’on doit pouvoir compter sur un joueur capable de faire basculer un match à lui seul. Mais Mitrovic fut systématiquement servi, presque ‘en désespoir de cause’ aurait-on dit par moments,  dans des conditions abominables et complètement impropres à le laisser libérer sa puissance.

La victoire amusante – car acquise à l’issue d’un match au cours duquel pas mal de Courtraisiens ne se cassèrent pas trop la tête, et encore moins le cul – de Charleroi maintient un peu de suspense en vue de la ligne d’arrivée : les Carolos pointent désormais à la quatrième place, à une unité du Standard, qui ne pourra donc pas laisser filer le match, ce jeudi 21 mai, à La Gantoise. Une victoire du Sporting à Courtrai pourrait donc suffire à remettre les Buffalos à portée de fusil...

Mais cela fait évidemment beaucoup de ‘si’, mon hypothétique, ma prédictive, ma cristalline bouboule. Tu dis, ma frustrée, ma rouspéteuse, ma revancharde ? L’arbitre Bart Vertenten aurait dû exclure Imoh Ezekiel bien plus tôt dans le match ? Mouais, peut-être.

Le très bête geste qu’il commit envers Deschacht fut jugé passible de carton jaune par l’arbitre. C’était un choix. Le critiquer serait imaginable, mais pas pendant plus de quelques secondes. Vertenten aurait pu aussi le jaunir pour la façon inutilement provocante de laquelle il fêta son goal ; gageons que s’il avait été vierge à ce moment, il se serait sûrement pris le carton en question. Mais de toute manière, c’aurait été après qu’il eut inscrit le 1-1 : ‘once the damage done...

En définitive, ce qui dérange le plus dans l’arbitrage, ce sont les deux cartons rouges, pour doubles jaunes, attribués à Mbemba et à... Ezekiel – quel baraki, çui-là, dire que certains ont cru bon de le linker au Sporting il y a peu – dans le temps additionnel : s’il est clair qu’ils n’eurent plus aucune influence sur le jeu à ce moment, ils pourraient très bien en avoir une sur le match suivant. Et donc contre des adversaires différents, ce qui n’est certes pas dans l’esprit des avertissements que représentent les cartons jaunes.

On verra bien comment les choses tourneront cette semaine. Mais en tout état de cause, le football développé par les Buffalos contre les Boeren, montre bien qu’ils feraient de beaux champions et que ceux qui mettraient cela en doute feraient aussi bien de passer faire un tour chez Raf le Loup. Parallèlement, le Sporting s’est montré très inconstant cette saison, ce qui est souvent la caractéristique d’une équipe à forte dominante teenager. Mais s’il est bien un team de la Pro League qui pourrait avoir une chance de se qualifier pour les poules de la Champions League sans avoir été champion, c’est cet Anderlecht – pour autant qu’il échappe à un exode cet été. Un tel exploit représenterait indiscutablement un fort coup de boost pour notre football – on se contente de ce que l’on peut encore imaginer...

 

 

 

 

16/05/2015

Mixed Zone : La Peste et le Choléra

On le sait, tout n’est pas rose dans le foot belche : la Review Commission qui review tout sauf les matches de Bruges et du Standard, un hôtel brésilien qui a été payé sans avoir été occupé, un camping dans le même coin, qui aurait rebuté des Roms expulsés de Sibérie... J’en passe sûrement bien d’autres, mais crise sur le gâteux, on découvre un gros déficit tandis que tout le monde croyait faire du profit...

Toutefois, alors que le ‘Calcio’ a l’air de se porter plutôt mieux qu’il y a quelques années, il semblerait que tout ne soit pas que roses et violettes en Italie non plus. Ainsi, l’ex – et pourquoi pas, ‘futur’ – président de la Ligue Amateur transalpine – oui, d’accord, “de cheval” puisque ça te fait plaisir – est un type absolument merveilleux que tu peux admirer ci-dessus et qui s’appelle Carlo Tavecchio. Il ne peut, pour l’heure, exercer ses fonctions car il est sous le coup d’une suspension de six mois que l’UEFA lui a infligée pour propos racistes – il avait parlé d’un joueur qui, avant de débarquer en Italie, « mangeait des bananes », tu vois le genre...

Ce bon vieux Carlo – appelons-le Charel, on est en Belgique, après tout – est nanti d’un pedigree un peu chargé, reconnaissons-le : en 1970, il s’est pris quatre mois pour falsification de titres de crédit ; en 1994, 28 mois pour fraude fiscale et à la TVA ; en 1996, 3 mois pour détournement de remboursements des assurances sociales ; en 1998, 3 mois pour faux et usage et 3 mois de rabiot pour infraction à la législation anti-pollution.

Ça situe un peu le phénomène : notre ami Charel est indiscutablement un de ceux à qui on ne la fait pas. C’est un mec, un vrai, un dur, un balafré. La dernière fois qu’il a eu peur de quelque chose, c’est quand il avait failli tomber de la table à langer où une nounou frivole l’avait laissé quimper pendant qu’elle se faisait tringler par le facteur des recommandés. Lui, la taule, il n’en a rien à battre : depuis le temps qu’il fait des allers-retours, il y a pris ses habitudes, même que la télécommande de son écran de 105 pouces est mieux que celle de chez lui.

Admettons, on soupçonne que la suspension infligée par l’UEFA l’a fait un peu chier : abandonner la direction d’une fédération qui pour être ‘amateur’ n’en gère pas moins un budget de l’ordre de cent millions, ça lui a collé une vilaine crampe aux boyaux... Mais en dépit de tous les « Platini ! Stronzo ! Va fa’ un culo ! » qu’il n’aura pas manqué de chanter à tue-tête pour l’occasion, il a bien dû laisser la main à son bras droit, Felice ‘le Feile’ Belloli.

A priori, vu que le net est assez discret à son sujet, le casier judiciaire du Feile n’a pas le look ‘mur de chiottes militaires’ de celui de Charel. On ne sait pas non plus s’il a quelque chose contre les mangeurs de bananes, mais de toute évidence, il n’est pas plus du style tapiolle mollasse et timorée : « Y en a marre de filer des thunes à ces quatre gouinasses ! », a-t-il tonné au cours d’une réunion du conseil du football féminin.

Bon, euh... Comment dire... Personnellement, je n’ai rien contre les gousses. Mais voyons les choses en face, je n’ai rien pour non plus. Plus il y en a, plus on se sent seul, bordel ! Inutile. Abandonné. Exclu. Relégué. Brimé. Désuet. Périmé. Tout marri sur le banc des réservistes pendant que les autres jouent... Heureusement qu’il y a des pédoques pour compenser : merci, les gars ! – si je puis dire.

Toujours est-il que, ces quelques considérations personnelles mises à part, on aime autant ne pas être à la place de nos potes Macaronis : d’un côté, un escroc raciste, de l’autre un bourrin moyenâgeux... Vas-y, fais ton choix ! Quoi ? Pas maintenant car tu es à la Gay Belgian Pride ? Euh... Bon, ben taleur, quoi. Rentre pas trop tard car demain il y a match !

 

C « Et le faux blessé ? » ; « Il est mort ».

On l’a déjà dit et on ne se lasse pas de le répéter : arbitrer un match de football est plus difficile et plus compliqué qu’auparavant. Dotés d’une condition physique qui en ferait de véritables machines de guerre en comparaison de leurs aînés des années 1970, les joueurs ont vu de plus, leur taille moyenne augmenter, suivant en cela une évolution morphologique que l’on peut probablement attribuer à un suivi médical plus précis et à une alimentation de meilleure qualité. La réunion de ces deux facteurs réduit d’autant la taille des terrains de football : la vitesse de réaction et la résistance à la répétition des efforts sont telles qu’un joueur n’est plus jamais ‘seul’ très longtemps. Dès lors, les contacts et duels se multiplient, demandant à l’arbitre une vigilance accrue.

L’évolution fut aussi significative sur le plan technique : alors qu’avant, on était de naissance, doué ou pas, tout le monde a pris conscience du fait que la technique de balle s’apprend – presque – aussi bien que le reste, et qu’elle s’entretient au prix d’exercices longuement répétés. La vitesse de circulation de ballon en a été progressivement augmentée et, comme si cela ne suffisait pas, on dispose depuis le début des années 2000, de cuirs produits suivant des méthodes technologiques de pointe, qui n’ont plus rien à voir avec le boulet de papa, qui se gorgeait d’eau sous la pluie jusqu’à peser une tonne !

Le résultat est clair : les arbitres couvrent plus de terrain qu’auparavant, mais sur une aire plus petite, la présence d’assistants additonnels le long des lignes de but ne faisant que les conforter dans cette tendance. Laquelle est toutefois assortie d’un inconvénient majeur, à savoir une multiplication des communications par oreillettes, qui soumet l’arbitre principal à un stress croissant, tout en pouvant nuire à la concentration dont il doit faire preuve.

Ceci serait probablement encore gérable si tout le monde y mettait du sien. Malheureusement, les joueurs ont bien retenu les leçons qui furent dispensées tout d’abord aux sociétaires de l’AC Milan au début des années 2000 et dont le thème était ‘Comment tomber de façon suffisamment spectaculaire pour obtenir un pénalty’. Chacun se marre évidemment, à la vue de joueurs qui boulent comme des lapins fauchés en pleine course par une balle de guerre alors que rien ni personne ne les a touchés. En allemand et en néerlandais, on appelle cette figure de style, une ‘schwalbe[1]’. En français, on dit une ‘simulation’, ce qui n’est jamais qu’une mauvaise traduction car on peut aussi simuler une douleur plus forte que celle ressentie réellement après avoir subi une véritable faute.

Dans la foulée, suite aux décès récents et bien tristes de deux joueurs dans la force de l’âge – Gregory Mertens et Tim Nicot – des suites vraisemblables d’un problème cardiaque, on a décidé que les arbitres devraient dorénavant suivre des cours de secourisme.

On ne dira pas que c’est mal. Il leur appartiendra toutefois, de parvenir à faire le tri. Car si un joueur se laisse tomber pour tenter d’arrêter de cette façon une attaque adverse, sachant que de toute manière, une schwalbe ne peut être punie que d’un carton jaune... Ou si un arbitre juge qu’il y en a marre de ces conneries et qu’il n’interrompt pas le jeu alors qu’un joueur est vraiment victime d’un problème sérieux...

Mais d’une façon générale, ne serait-il pas à peu près l’heure que tous, nous nous voyions dans l’obligation de suivre des cours de secourisme complétés de rappels périodiques ? J’y ai eu droit, personnellement... il y a approximativement 40 ans d’ici. Mets-toi à l’aise, pose tes pompes et dégrafe ton soutif : non seulement les instructions reçues doivent être férocement démodées, mais de plus, avec ce que j’en sais encore maintenant, à part te jeter un seau d’eau à la figure et appeler une ambulance si tu tombes pâle devant moi...

On nous oblige légalement à trimballer une boîte de secours et un extincteur dans nos automobiles. On aurait une idée de la surconsommation de carburant que ce poids supplémentaire a déjà causée alors qu’au volant, se goberge quelqu’un qui n’a pas l’ombre d’une idée de la manière de laquelle les utiliser ?

 

C Provoc

Le Sporting est un club réputé pour son fairplay, la haute idée du sport qu’il entend véhiculer et la correction dont il veut faire preuve en toute circonstance.

Ce que l’on sait moins, c’est que, sous ces dehors policés, on a la dent dure dans la maison : on n’oublie rien. Les tracasseries de bas étage, les petits coups sous la ceinture, les sournoiseries en loucedé, on passe au-dessus avec le sourire. On fait comme si cela n’avait aucune importance : on est blindé, on a dans la tête de l’emporter sur le terrain, le reste n’est que vétilles. Mais on n’oublie pas. Et on pardonne encore moins. De telle manière qu’à la première occasion, tu prendras la monnaie de ta pièce sur le coin de la figure, mon intrigante, ma petite maligne, mon aventureuse.

Et donc, histoire de remuer dans une plaie dont on sait qu’elle n’est toujours pas bien refermée, un couteau dont on aura chauffé la lame à blanc en fournissant la ‘visibilité nécessaire’ à l’évènement, c’est Milan Jovanovic qui donnera le coup d’envoi d’Anderlecht – Standard ce dimanche à 18:00 heures.

Tu te souviens de lui ? Il fut l’un des artisans des titres remportés par les Rouches en 2009 et en 2010. Il fut aussi celui qui se montra le plus dégoûté par l’agression scandaleuse d’Axel Witsel sur Marcin Wasilevski,  le 30 août 2009. Et, après un passage plutôt loupé par Liverpool, il fit ensuite les beaux jours du Sporting, avec lequel il fêta deux titres de champion (2012 et 2013).

Ce ne sera certes pas une mauvaise chose de revoir au Parc ce jeune retraité de seulement 34 ans : autant l’atmosphère était électrique la semaine dernière avant le match contre les Boeren, autant il me semble que l’on aurait un peu tendance à prendre les Barakis à la légère.

Pourtant le scénario #gofor34 implique impérativement de l’emporter demain. Quelque soit le résultat du Club Brugge – AA Gent de 14:30 heures – même si un partage agrémenterait évidemment de beurre les épinards Mauves.

 



[1]Le terme provient d’un mouvement réalisé en vol par les hirondelles – ‘Schwalben’ – qui parfois, cessent de battre des ailes pour se laisser tomber vers le sol, avant de repartir de plus belle.

14/05/2015

Mixed Zone : Flics, Hooligans & Ménagères

En ce jeudi de l’Ascension, il est probablement plus que temps de le dire : le bureau auquel je ponds mes Chilouvisions et compagnie, est situé au deuxième étage, ce qui me permet de jouir d’une vue étendue sur la rue, sans pour autant perdre trop le sens du détail. En plus, c’est confortable : par exemple, si une baston éclate six mètres plus bas, je peux, selon mon humeur, mater avec intérêt l’évolution des débats en comptant les poings et les points – ou pas –, fermer la fenêtre et tirer les rideaux pour me réfugier horrifié dans mon personal cocoon, ou encore rafler un coup de poing américain puis mon nunchaku en acier de Tolède avant de dévaler les deux volées d’escaliers pour aller moi aussi, distribuer quelques horions. Plaît-il ? Non, mon FN Browning Hi Power Practical, c’est seulement pour les grandes occasions, comme quand le ministre des Finances vient nous rendre visite. Pour une bagarre de rue, il reste sagement au repos, entre le dentier de feu ma bobonne, et un lance missile SAM-7 que je conserve à portée de la main pour le cas où un ministre de la Défense passerait à proximité.

C’est pour rire, hein ! D’abord, je crèche dans un quartier paisible, ensuite j’ai eu une expérience suffisante des armes de toute sorte pour savoir qu’elles ne valent rien par rapport à une langue bien pendue, et enfin, si une bagarre de rue éclatait devant chez moi, une dose suffisante de civisme vertueux m’étreint et m’habite pour que je consente à sacrifier ce qu’il conviendrait de mon forfait de téléphone afin d’appeler die Polizei.

Bah, de toute façon, les gens ne se bagarrent plus en rue. D’ailleurs, si l’on excepte quelques attardés qui de temps en temps, trouvent encore plaisant d’échanger des mandales dans un bistrot quand ils ont dépassé la dose indiquée, ils ne se bagarrent plus du tout. Pas qu’ils soient devenus civilisés, n’exagérons pas. Simplement, ils ont désormais Facebook ou Twitter pour ça. Il faut reconnaitre que ce n’est pas plus mal : au moins, le lundi quand ils retournent bosser, ils n’ont pas à expliquer qu’ils se trimballent un œil au beurre noir après s’être pris un coin de porte, ou que s’il manque deux touches à leur piano, c’est suite à une chute à trottinette. Sans compter qu’à la dernière chicorne à laquelle tu as participé, il n’a pas suffi que tu te retrouves avec le cul sur le trottoir, il a encore fallu que tu écrases une crotte de chien avec la main en voulant te relever, mon agressive, ma belliqueuse, va va-t-en-guerre...

Ce n’est pas plus mal, mais fondamentalement, on en est toujours à ceux qui ont raison face à ceux qui n’ont pas tort. Et, toujours dans cet ordre d’idée, on ne dira pas que le vocabulaire a fortement évolué : éternellement, on a, d’un côté, des enfants de femmes aux mœurs aussi légères que tarifées, et de l’autre, des sodomites qu’ont vingt culs.  Tu dis ? Oh, si bien sûr qu’il peut y avoir des variantes, mais on cause fondamentalement, je te rappelle, ma vulgaire, ma grossière, ma triviale pure cuite.

Mais le nœud de l’affaire, c’est évidemment que tout le monde croit avoir raison, et s’arroge, du coup, le droit de moucher sévèrement les autres, ceux qui ont tort, qui n’ont rien compris et qui, par un surcroit absolument débectant, seraient de mauvaise foi que ça n’étonnerait tu sais qui ? personne.

Quoi ? Tu ne trouves pas que j’ai raison ? Eh bien, va te faire foutre, connasse ! Et dans le mouvement, retourne dans ta cuisine, bordel, ne serait-ce que pour justifier le titre de la présente car je n’arrive plus à me rappeler sur quelle indispensable thématique je voulais déboucher après cette intro qui euh... se suffira à elle-même, donc hein.

 

C Plus haut on lance une merde...

... plus loin elle éclaboussera en retombant.

Or donc, Michel Preud’homme, actuellement entraineur des Boeren, se plaint amèrement, dans une interview accordée à Humo, du fait que le reste du monde continue de l’appeler Caliméro à chaque fois qu’il ouvre la bouche.

On peut trouver cela dommage et même appeler ça “cracher dans la soupe”, car on n’oubliera pas que c’est lui, l’inventeur du calimérisme® radical. À force de se plaindre de la manière de laquelle l’arbitrage traite l’équipe qu’il entraine – et pas les autres donc, entendons-nous ! –, il a tellement bien réussi à mettre les arbitres sous pression en jouant, de plus, de son statut d’icône du foot belche, que quand il se tait, on a tendance à aller vérifier de quelle façon son équipe a été avantagée.

Mais comme le dit la sagesse populaire, chassez le naturiste et il revient au bungalow. Un court extrait de son interview : « Ce sont surtout tous ces commentaires qui me fatiguent. Peu importe ce que je dis ou fais, tout prend toujours des proportions énormes. Ainsi, il y a quelques semaines, Hein Vanhaezebroeck s’en est pris à la Review Commission et à l’Union Belge. C’est à peine si la presse en a parlé. Si cela avait émané de moi, cela aurait fait la une des journaux !

Je ne fais jamais qu’une chose, c’est défendre mon club. Mais dès que j’agis dans ce sens, je me fais traiter de Caliméro. J’en ai assez ! ».

On le comprend, et on compatit : c’est vraiment trop injuste.

 

& On n’est immortel que jusqu’à preuve du contraire

On a appris, ce lundi 11 mai, le décès de l’écrivain belge Jef Geeraerts, auteur des très chouettes polars ‘De Zaak Alzheimer’ et ‘Dossier K’, portés à l’écran respectivement en 2003 et en 2009, de même que ‘Diamant’, traduit en français sous le titre ‘Le plus gros Diamant du Zaïre’.

Si la mort de cet auteur important pouvait te le faire découvrir et peut-être, te libérer des préjugés qui te font négliger la littérature flamande...

 

 

11/05/2015

Camions League 7 : Sur un Toit brûlant

 

Peut-être te souviens-tu d’avoir vu le film de Richard Brooks (1958) ou d’avoir lu la pièce éponyme de Tennessee Williams qui décrit en gros, une ambiance familiale oppressante dans laquelle se déballent toute une série de griefs...

Ce dimanche après-midi, pour ce qui est de l’ambiance familiale, on repassera : les Brugeois n’étaient vraiment pas les bienvenus, après les mauvais résultats engrangés contre eux, par le Sporting cette saison, mais aussi après la décision de suspendre Silvio Proto pour ce match, prise par une Commission des Litiges dont l’impartialité est plus que douteuse.

Pour ce qui est du suspense, on n’en eut pas trop non plus, sauf entre le moment ou Refaelov inscrivit le but brugeois (66ème), et celui auquel Dennis Praet rétablit l’écart (89ème).

Mais tout le reste y fut ! À commencer par une ambiance des grands jours confortée par un début de match en fanfare du Sporting, Najar inscrivant le but d’ouverture sur une passe en profondeur magnifique de Defour dès la 45ème seconde.

Autant dire que, si les Brugeois avaient été à niveau, toutes les conditions étaient réunies pour nous faire vivre un match palpitant. Mais alors que les Mauves avaient entamé la rencontre en n’alignant en défense que Deschacht, Mbemba et Vanden Borre, Hasi fit immédiatement redescendre Acheampong sur l’échiquier, plaçant ainsi les Boeren devant l’obligation de faire le jeu tout en s’exposant à des contres.

Ni d’un côté, ni de l’autre, cela ne fonctionna correctement : les contre-attaques anderlechtoises avortaient un peu trop facilement par manque de précision, tandis qu’en face, Vazquez et Refaelov avaient du mal à trouver la faille, et quand ils y parvenaient, ils se heurtaient à un Davy Roef magnifique.

The Roef, The Roef, The Roef is on fire !

À 21 ans seulement, l’Anversois a confirmé tout le bien que l’on pensait de lui depuis sa prestation superbe, l’automne dernier, à Galatasaray. Même s’il loupa une sortie en seconde mi-temps, et s’il perdit ses appuis de façon malheureuse sur le but brugeois : s’il ne disposait plus d’une marge de progression alors qu’il est encore si jeune, on serait en droit de se poser des questions...

En tout état de cause, si les Boeren avaient sûrement bien ri sous cape des déboires arnaquo-juridiques de Proto, gageons que leurs sourires s’estompèrent rapidement au fil des arrêts superbes réalisés par ‘The Roef’.

Paradoxalement, c’est après que Mitrovic eut fait joujou avec Mechele pour inscrire le 2-0 d’un coup de tête que l’on peut qualifier d’énergique sans risquer d’exagérer, que l’on sentit que le Sporting était vulnérable malgré tout...

Mitrogol ne lèche plus, il tire ; il est vrai que, pour agréables qu’ils puissent être, les préliminaires doivent avoir une fin...

Heureusement, Praet calma les ardeurs de tout le monde en fin de rencontre, en mettant à profit un placement déficient de Duarte qui obligea ce dernier à renvoyer faiblement un ballon dans l’axe du jeu.

Michel Preud’homme a beau déclarer qu’il a vu un des meilleurs matches de Bruges cette saison, il est apparu clairement que les Boeren manquent de vitesse de jeu pour prétendre faire basculer un match sans pouvoir profiter de l’une ou l’autre phase arrêtée. Or les Mauves avaient clairement bien compris la leçon, se montrant enfin attentifs sur les corners et les coups francs concédés à leur adversaire.

 

C

Après le match nul 1-1 qui sanctionna La Gantoise – Charleroi de vendredi, la situation s’est bien resserrée en tête des play-offs 1, puisque le Sporting est revenu à égalité de points avec le Club Brugeois, à deux unités des Gantois. Les trois dernières rencontres se disputeront clairement au couteau : dimanche prochain, les Boeren recevront les Buffalos à 14:30, le Sporting affrontera les Barakis à 18:00 au Parc, alors que Courtrai s’en ira tenter de laver l’affront que vient de lui faire subir le Standard (4-0) à Charleroi.

 

J

Tu dis ? Ce sera chaud ? Ah oui, cela paraît évident. Déjà, cet après-midi, on a eu le sentiment à plusieurs reprises que les 20° agréables que nous avons connus pesaient sur les performances des joueurs, plus habitués aux 14° accompagnés d’une fine pluie qui font la caractéristique la plus représentative du merveilleux climat qui nous baigne habituellement. Mais baste, d’ici là, on sera passé au travers des Saints de Glace, du 11 au 13 mai : dans l’ordre, Saint-Mamer, Saint-Pancrace et Saint-Servais, juste pour que tu puisses te moquer de l’inculture de tes collègues de bureau.

Sans oublier encore que, dans un souci de modernité – je ne l’invente pas – l’Église a préféré remplacer Saint-Pancrace par Saint-Achille : ancienne maison de confiance, la Maison Concarneau, forte de sa devise “N’allez pas vous faire voler ailleurs, venez chez nous”, accepte les dons en liquide et en nature.

06/05/2015

Mixed Zone : Manipulations.

 

On est comme on naît. Certains n’ont pas encore l’âge de changer, d’autres ne l’ont plus. La frange du milieu l’a peut-être, mais souvent elle se réduit à peu de chose. Quoi qu’il en soit, la plupart d’entre nous ont horreur de se sentir manipulés.

Peut-être as-tu grincé des dents devant « The Contender », ma cinéphile, ma réceptive, ma bonne publique ? Oui, il s’agit de ce film de 2000 avec Joan Allen et Jeff Bridges, dont le titre fut traduit en français par « Manipulations », ce qui, si tu veux mon humble avis – et si tu ne le veux pas, c’est bien dommage – représente probablement mieux le contenu du movie en question, que son titre original. Peut-être aussi, te seras-tu moquée de toi-même en encaissant la chute de « The Sting » (1973 – ‘L’Arnaque’, avec Paul Newman et Robert Redford)...

Mais quand tu t’aperçois du cynisme avec lequel la famille Le Pen manipule des tas de Français, tu es bien obligée de reconnaître que les films dont question plus haut, ne leur arrivent pas à la cheville ! On récapitule l’historique :

p     Fondé en 1972 sur les cendres du mouvement Ordre Nouveau – ramassis de fachos plus ou moins exaltés et manipulés par les services secrets français pour contrer l’extrême-gauche alors très forte – le Front National se choisit comme premier président, le sulfureux Jean-Marie Le Pen, grand spécialiste du coup de gueule et des qualificatifs douteux : personne n’a oublié qu’il présenta un jour, les chambres à gaz nazies comme « un détail de l’Histoire ».

p     En 2010, Jean-Marie Le Pen, âgé alors de 82 ans, cède la présidence du Front National à sa fille Marine. Le parti a pu engranger certains succès électoraux, mais il est de plus en plus patent que la personnalité même de son président l’empêche de faire le plein de voix : Le Pen, ses déclarations scandaleuses, ses jeux de mots douteux et son historique militaire sur lequel planent certaines ombres, passe vraiment trop mal auprès de certaines personnes qui pourtant, se laisseraient éventuellement tenter par la rhétorique simpliste et les slogans au couteau du parti.

p     En 2014, le Président d’Honneur du FN qu’il est devenu, balance sur le site du FN, une plaisanterie douteuse à propos de Patrick Bruel et d’autres artistes juifs, les voyant bien faire une fournée. Marine Le Pen saute sur l’occasion et évacue ses textes du site du FN.

p     Depuis lors, les échanges de vue aigres doux entre père et fille, se multiplient comme à l’envi. Comme s’ils étaient réellement en bisbrouille.

La stratégie est claire : on veut donner du FN une image moderne, d’où les aspérités dues au vieux bonze sont lissées. Toutefois, on ne se prive pas de lui donner de l’écho sur le plan médiatique, histoire de surtout, ne pas décourager les aficionados des heures héroïques.

Il s’agit très clairement de manipuler l’opinion publique : d’un côté, on montre que l’on ne veut plus du Diable, de l’autre, on balance nombre de clins d’yeux à ceux qui aimaient le côté sulfureux du FN, comme pour leur dire, « Ne vous inquiétez pas, c’est du cinéma ».

Et en fait, c’est du cinéma : voter pour le FN de Marine Le Pen n’est pas plus intelligent ni acceptable que ce ne l’était du temps du patriarche. Ce genre de parti politique continue plus que jamais à proposer des solutions simplistes à des problèmes complexes comme l’immigration : sans ses nouveaux Français, que serait la France à l’heure actuelle ? Et comment serait-elle représentée sans ses Français d’origine juive et leur implication de chaque instant dans tout ce qui est culturel, intellectuel ou même industriel ?

 

C Trombines à coulisses

Quand, sous la pression des médias, l’Union Belge décide de mettre sur pied une ‘Review Commission’, qui reverra certains phases de match afin de vérifier si l’un ou l’autre joueur ne s’est pas rendu coupable de quelque chose, elle ne se rend pas compte qu’elle met le doigt dans un engrenage.

Jusque là, en effet, on suit à la lettre les recommandations de la FIFA, pour laquelle l’arbitre est juge souverain : une erreur d’arbitrage est toujours possible, mais elle ressort de conditions très strictes de la non-application du règlement par un arbitre. Le reste est emballé dans ce que l’on appelle ‘l’interprétation arbitrale’, à propos de quoi il existe des recommandations, sans plus.

Toutefois, les images produites par Woestijnvis, relayées ensuite au travers du réseau de distribution bien connu, montrent de plus en plus que l’arbitre d’un match de football est bien seul sur les cinq à sept mille mètres carrés que constitue un terrain.

Avec jusque parfois une vingtaine de caméras HD, Outside Broadcast en voit nécessairement plus que le malheureux homme en noir avec son sifflet, même s’il est désormais assisté de – ou ‘emmerdé par’, car c’est comme quand tu conduis : causer dans ton GSM peut te faire louper un feu rouge – cinq adjoints avec lesquels il communique par radio.

Mets-toi un peu à la place d’un arbitre qui sait que tout ce qu’il va, ou ne pas, faire pendant une heure et demie, sera d’office enregistré par vingt caméras offrant des angles différents, pour être ensuite passé à la loupe dans ‘La Tribune’ sur la RTBF et dans ‘Extra Time’ sur la VRT. Vas-y et demande-toi comment tu vas réagir dans les cas suivants :

On est à la 2ème minute, 0-0. Un joueur en sèche un autre sévèrement. « Carton rouge ! », hurle ton assistant dans l’oreillette. Tu crois bien qu’il a raison, mais il s’agit d’un match décisif pour la descente en D2.

¨Tu montres un carton rouge à ce voyou : on ne te la fait pas, ça n’a rien à faire sur un terrain de football.

¨Tu montres un carton jaune au fautif car si jamais il touche le ballon en premier lieu, on t’accuserait d’avoir orienté la rencontre.

¨Tu fais signe qu’il n’y a rien, mais tu notes le numéro du fautif dans ta mémoire : exclure un joueur à ce moment du jeu serait trop dangereux pour toi, tu n’as qu’une carrière, merde !

On est à la 20ème minute, 0-0. Un attaquant s’effondre dans les 16 mètres. Tu crois avoir vu une faute mais ton assistant ne bronche pas.

¨Tu siffles la faute du défenseur car de toute façon, il reste 70 minutes.

¨Tu ne siffles pas car ton assistant était le mieux placé pour juger.

¨Tu siffles une faute de l’attaquant pour qu’on te foute la paix.

On est à la 40ème minute, 0-3. Un attaquant lâche une patate sur le bras d’un défenseur visiteur dans les 16 mètres.

¨Tu siffles car de toute façon, cela ne devrait pas avoir d’incidence sur le résultat final, donc autant se concilier les faveurs du public.

¨Tu siffles, cette faute était honteuse, carton jaune et qu’il soit déjà bien content que ce n’est pas le rouge.

¨Tu ne siffles pas car c’était clairement involontaire.

On peut multiplier à l’envi ce genre d’exemple, jusqu’à celui de la faute défensive sur un corner à la 93ème minute alors que l’on en est à 0-0 : quel est le suicidaire qui sifflerait sachant que les caméras pourraient montrer que c’est l’attaquant qui commet la première faute ?

Les conclusions sont claires :

Les arbitres se font manipuler. Non seulement leur job est difficile, mais de plus, tout le monde les attend au tournant, de la presse aux téléspectateurs – on ne parlera pas des supporters car eux, c’est même quand l’arbitre a raison qu’ils se mettent en rogne contre lui. Si on se rend compte que, suivant l’angle d’une prise de vue, on verra une faute ou pas, on doit se dire qu’il serait plus que temps qu’on leur foute un peu la paix.

‚La Review Commission est une clique de manipulateurs manipulés. À partir du moment où elle n’a pas renseigné à la Commission des Litiges, les deux coups volontaires consécutifs que Gedoz portait à un adversaire, sa crédibilité est descendue à zéro. Et peu importent les prétextes sous-jacents : ‘déjà trois titres d’affilée pour Anderlecht, c’est mauvais pour le foot’, ‘c’est aider le foot belge que permettre au Club de Bruges de briller au plan européen’, n’ont aucune valeur à partir du moment où on regarde les images sans s’être drogué au préalable. Ou sans d’être fait manipuler.

À preuve ? Quand Danny Spreutels, avocat du Sporting, a montré à la Commission des Litiges, le DVD réalisé en compilant les aveuglements de la Review Commission, on a soigneusement refermé le dossier Proto alors que l’on est bien obligé de reconnaître qu’il y avait matière à discussion.

J’ai amusé du monde sur Twitter en leur suggérant de remplacer, dans l’image ci-dessus, Derrick par Bruges ou le Standard. Parce que l’on peut rire de tout – mais pas avec n’importe qui, aurait ajouté le regretté Pierre Desproges.

Mais franchement, quand Marcel Javaux prétend, en substance, que la Review Commission a déjà le mérite d’exister, je m’insurge : quand on veut faire les choses, on les fait bien, dans la transparence et la cohérence. Sinon, on ne fait rien : était-ce vraiment pis avant que n’existe ce machin qui, visiblement a subi des pressions extérieures auxquelles il s’est soumis ? Tu dis ? Rien ? Ah, désolé, il m’avait semblé entendre quelque chose du genre de ‘corruption’... Je dois être victime d’hallucinations auditives. Comme d’autres en ont de visuelles.