30/03/2018

Dictionnaire incomplet des expressions dont le sens s'est perdu

Note liminaire : certaines expressions sont entrées dans le langage quotidien, alors qu’elles n’auraient certes pas dû, tant à l’origine, elles sont d’une vulgarité que, dans la candeur et la naïveté qui caractérisent la pureté de son âme, l’auteur n’hésitera pas à qualifier de répugnante.

On déconseillera donc l’emploi de ce genre de locution, et en particulier si l’on est invité au thé d’une baronne généralement quelconque – encore que...

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Courir sur le haricot : expression évoquant la pesée d’un pas humain sur le clitoris d’une femme – puis, par analogie, sur un sexe masculin à l’état flaccide.

Au figuré : ennuyer, agacer méchamment.

Usage courant : « Ce fâcheux me court sur le haricot ».

 

Couper le sifflet [la chique] : Fin prématurée en plein acte sexuel, d’une érection prometteuse, suite à la survenance d’un évènement imprévu.

Au figuré : laisser sans voix, sans réaction.

Usage courant : « Son épouse est arrivée à l’improviste, ça lui a coupé le sifflet ».

 

Envoyer [quelqu’un] au bain : métaphore signifiant à l’origine « jeter [quelqu’un] dans l’eau stagnant au fond de la cuvette des WC ». Ou encore, le traiter comme un excrément.

Au figuré : rabrouer quelqu’un.

Usage courant : « Il m’ennuyait, je l’ai envoyé au bain »

 

Envoyer sur les roses : métaphore pseudo-poétique. Jusqu’à la systématisation de l’emploi des engrais commerciaux, on épandait couramment du crottin de cheval ou du fumier sur les plants de rosiers. En vérité, cette expression consiste à assimiler la personne envoyée sur les roses, à ce que l’appellera aimablement « de l’engrais naturel ».

Au figuré : se débarrasser d’un fâcheux.

Usage courant : « Il me demandait de l’argent, je l’ai envoyé sur les roses ».

 

Eau de boudin : expression argotique qualifiant les sécrétions vaginales d’une femme de peu de grâce, réputée pour se donner à qui veut.

Au figuré : qui ne vaut pas grand-chose.

Usage courant : « La situation a tourné en eau de boudin ».

 

Emmerder : verbe utilisé extrêmement couramment, mais dont le sens original est à rapprocher de « sodomiser ».

Au figuré : ennuyer.

Usage courant : « Quel emmerdeur, celui-là ! »

 

Mettre le brun : belgicisme dérivé du médiéval « mettre la brenne (boue marécageuse) », cette expression n’est à l’origine pas vulgaire et équivaut à « semer la discorde, la zizanie ».

Usage courant : « Il est arrivé trop tôt et ça a mis le brun ».

 

Mettre [toute] la gomme : éjaculer dans le sexe d’une femme.

Au figuré : cette expression est souvent utilisée en lieu et place – et avec une signification supposée équivalente à – « mettre les gaz ».

Usage courant : « Vas-y mon amour, mets toute la gomme ! »

 

Mon œil : expression argotique dont la signification originale n’est autre que « mon anus ».

Au figuré : ne me prenez pas pour un niais.

Usage courant : « Vous n’avez bu qu’un verre ? Mon œil ».

 

Mordre sur sa chique : belgicisme évoquant la hardiesse dont il convient de faire montre afin de faire éclater un abcès dentaire (« chique » en patois bruxellois, par analogie avec une chique de tabac), en mordant sauvagement dessus.

Au figuré : souffrir mais persévérer dans le but de se libérer d’un tracas.

Usage courant : « Tant pis, je mordrai sur ma chique ».

 

Partir en quenouille : édulcoration de l’expression argotique « partir en couille », qualifiant une excitation trop forte d’un membre masculin lors d’attouchements préliminaires à l’acte sexuel et conduisant à en affaiblir, voire à en terminer l’érection.

Au figuré : les espoirs fondés se sont dissipés trop vite.

Usage courant : « C’est à ce moment que c’est parti en quenouille ».

 

Partir en sucette : expression définissant une éjaculation masculine survenue inopinément lors d’attouchements oraux préliminaires à l’acte sexuel.

Au figuré : la situation se délite.

Usage courant : « Par sa maladresse, il a tout fait partir en sucette ».

 

Peler le jonc : édulcoration bucolique de l’acte d’une masturbation masculine pratiquée avec beaucoup de ferveur.

Au figuré : s’ennuyer, n’avoir rien à faire d’intéressant.

Usage courant : « On s’est pelé le jonc lors de cette réunion ».

 

Péter un câble : expression vulgaire décrivant une défécation imprévue dès lors que le sujet ne s’attendait qu’à la libération d’une flatulence. Le « câble » représente l’image de la matière fécale moulée.

Au figuré : par analogie avec l’expression « péter les plombs » (pour « griller les fusibles »), ne plus pouvoir se contrôler, se laisser aller à agir de façon outrancière. Le verbe « péter » n’est plus pris ici dans son sens de « flatuler », mais dans celui, onomatopéique d’« éclater ».

Usage courant : « Mais que fait-il, là ? Il pète un câble, cet abruti ! »

 

Plein la figure pour pas un rond : expression qualifiant une éjaculation faciale survenue lors de rapports sexuels avec une prostituée, avant que celle-ci ne fut rétribuée pour ses services.

Au figuré : subir une déconvenue totalement imprévue.

Usage courant : « Bref, on s’en est pris plein la gueule pour pas un rond ».

 

Tourner autour du pot : expression argotique qualifiant les atermoiements d’un sexe masculin aux alentours de l’anus d’une femme.

Au figuré : se fourvoyer, tergiverser au lieu de s’attacher à l’essentiel.

Usage courant : « Cessez de tourner autour du pot ! »

Note : l’expression américaine correspondante n’est autre que « Cut to the chase », d’un hermétisme absolu si on ne sait pas qu’elle fait référence aux films comiques de l’époque du cinéma muet, lesquels se terminaient invariablement par une poursuite en voiture.

 

 

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