21/12/2017

Mixed Zone : Couckenbak

171220 MZ Couckenbak 1.jpgAlbert Roosens et Pierre Sinibaldi

Ce n’est pas tous les jours que le Sporting, ton Sporting, change de proprio, ma traditionnelle, ma longue distance, ma conservatrice. La dernière fois, d’ailleurs, on ne pouvait pas vraiment parler de propriétaire puisque le club fonctionnait encore sous le régime d’une ASBL, avec Albert Roosens comme président. Tu dis, chérie ? Non, moi non plus, si ce n’est de loin : j’avais fait mes classes à l’école primaire de la rue du Chapitre avec son petit-fils et il m’arrivait d’aller chiper un bonbon dans l’épicerie que tenait son fils. Mais quant à dire que le Président et moi on se tapait sur le ventre quand on se voyait, ce serait quelque peu exagéré.

Ancien joueur du Sporting, Albert Roosens avait récupéré le flambeau des mains de Théo Verbeeck le 3 août 1951. Il prit la décision de rejoindre la Fédération en tant que secrétaire-général le 1er janvier 1973 pour laisser la place à Constant Vanden Stock qui était pourtant de deux ans son aîné. Tu connais la suite : en 1996, Roger devint officiellement président du club, même si on considère généralement qu’il resta sous tutelle de Constant jusqu’en 2001 – année où, suivant la rumeur, furent liquidées les dernières dettes que le Sporting avait à l’égard de la famille Vanden Stock.

171220 MZ Couckenbak 2.jpgRoger et Constant Vanden Stock avec Michel Verschueren

Marc Coucke sera donc le sixième président du club en comptant l’éphémère Charles Roos (de 1908 à 1911) et s’il souhaite rester dans la moyenne, tu te farciras son amour des médias, de la fiesta et du karaoké jusqu’en 2035.

Mais qui donc est ce phénomène rigolard dont l’une ou l’autre photo fait périodiquement la une des gazettes ? Un homme d’affaires avisé et rigoureux qui a fait fortune en concevant et en vendant des compléments alimentaires ? Un étudiant prolongé, dilettante et fêtard mais à qui tout sourit ? Un visionnaire qui n’a pas son pareil pour donner ou redonner vie à des projets inaboutis initiés par d’autres ? Un petit mec un peu « pas beau comme Brad Pitt » mais doté d’un indéniable charisme et qui sait jouer d’un capital sympathie à peu près égal à ce dont il dispose au plan financier ?

Sans doute un aimable mélange de tout ce qui précède. Licencié en pharmacie et titulaire d’un Master en business, Coucke met un jour au point avec un pote, un shampoo miracle – la légende précise « dans son garage », sûrement pour faire un clin d’œil aux débuts laborieux des géants de Silicon Valley.

Pleins d’espoirs, les deux compères se lancent dans la vente de leur produit, de pharmacie en pharmacie. Ce sont les débuts d’Oméga Pharma, qui finira par entrer en bourse et par racheter une foule de petits concurrents, avant d’être revendu à une grosse boite américaine pour quelques centaines de millions d’euros. Car Coucke ne s’est pas contenté de faire du porte à porte : communicateur né, il s’est lancé dans le sponsoring sportif, soucieux d’assurer la promotion d’Oméga Pharma et de ses produits sur le plan mondial, d’abord conjointement avec Lotto, puis avec Quick Step.

171220 MZ Couckenbak 3.jpg

Donc, Coucke sait indéniablement comment faire fonctionner une affaire commerciale. Et on dira qu’il applique une recette éprouvée : tout d’abord, avoir un produit intéressant ; pas nécessairement révolutionnaire mais intéressant, comme des compléments alimentaires ou un sympathique petit club de football courageux tel que le KV Ostende. Le gros du boulot vient ensuite : faire connaitre et apprécier le produit, et là, il s’est montré très fort, à la fois pour ce qui concerna Oméga Pharma, pour Pairi Daiza, pour la Petite Merveille de Durbuy ou pour le KVO. Car tout le monde connait désormais ce club de foot issu de la fusion de l’AS Ostende et du VG Ostende, qui végétait gentiment en D2 jusqu’à ce qu’il le rachète.

Espère-t-il réussir le même genre de coup avec le Sporting ? Peut-être, mais alors sur le plan européen : vu le palmarès du club, il aurait plus à perdre qu’à gagner en se limitant à la Belgique. L’homme ne manque en tout cas ni d’idées, ni d’ambition tout en connaissant parfaitement ses limites : on n’a jamais entendu dire qu’il s’immisçait dans la gestion sportive d’une équipe cycliste qu’il patronnait, ni du KV Ostende – encore qu’il n’hésita à virer, ni l’historique Fred Vanderbiest peu après qu’il eut amené l’équipe en D1, ni Yves Vanderhaeghe qui avait assuré au club sa première qualification pour une joute européenne. Le business, c’est le business et les sentiments n’ont rien à faire là-dedans.

On se rappelle que dans un premier temps, Marc Coucke acheta 60% des parts du KVO, avant d’en devenir l’unique propriétaire quelques années plus tard. Dans la foulée, il possède aussi 50% des parts de l’entreprise de construction Versluys, à qui a été confié l’aménagement du stade d’Ostende. Plait-il, lumière de ma vie ? Cela te donne des idées ? Eh bien, si jamais il devait en manquer, n’hésite pas à envoyer un tweet à @CouckeMarc, il est féru du machin.

Ce ne sont toutefois pas là, ses seuls liens avec le monde du sport professionnel ou associé, puisqu’il possède aussi 5% des parts de Lille OSC, ainsi que des intérêts dans le club de basket Castor Braine. Il était déjà sponsor du Sporting au travers de la société Etixx Sports Nutrition.

Sa fortune personnelle est évaluée grosso modo à un milliard six cents millions. Tu dis ? Mais non, enfin, on est à l’euro depuis 2002 ! Ouais, « c’est pas mal », comme tu dis. Mais néanmoins, cela le positionne assez loin d’Alexandre Vandamme et de ses cinquante mille millions... Ce qui ne l’empêchera sûrement pas de brailler « ‘t is alweer koekenbak » (c’est de nouveau en plein dans la cible) chez Michou au soir de la première victoire de son Sporting. 

171220 MZ Couckenbak 4.jpg

Commentaires

Excellent Chilou, merci ! #COYM !

Écrit par : Phil BPh | 21/12/2017

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.