27/11/2017

Chilouvision : Oli, reviens !

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Tu te doutes bien que celui que je supplie de revenir, ce n’est pas l’inoxydable Olivier 171126 Chilouvision Oli, reviens (RSCA - KVK 4-0) 2.jpgDeschacht : il n’est pas parti et on ne sait ni quand ni s’il va se tirer, d’autant plus qu’il fut l’auteur d’une bonne partie ce dimanche en début de soirée – en été, on dit « fin d’après-midi ».

Toutefois, comme le savent les aficionados du regretté Fernandel, il y a plus d’une vache à s’appeler Marguerite, et l’Olivier dont que je te cause à propos duquel, était celui qui nous valait une pelouse comme un billard jusqu’il y a quelques mois.

On avait déjà remarqué contre le Bayern, que le pitch du Sporting n’était pas dans un état enviable. Ce fut bien pis encore en ce dimanche de novembre. Rencontre de Coupe face au Standard incluse, il reste quatre matchs à disputer à domicile d’ici à la trêve de fin d’année. Malheureusement, celle-ci n’arrangera probablement pas grand-chose tant on sait qu’en hiver, le gazon ne fait pas preuve d’un enthousiasme exagéré dans sa croissance. Sur quoi les dernières rencontres de la saison régulière se disputeront-elles ? On en saurien, comme disent les crocos en batifolant dans leur marigot. Mais on craint...

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C’est à un début de match un peu pénible pour eux qu’ont dû assister Glen De Boeck et Lorenzo Staelens, les deux Légendes anderlechtoises qui avaient pris place sur le banc courtraisien. Quarante-cinq secondes venaient en effet à peine de sonner au clocher de Saint-Guidon – c’est une image, ne va pas croire que le bedeau fait des heures sup, le curé n’a pas les moyens et même s’il les avait, il est vital que les pauvres le restent – que Makarenko déviait maladroitement hors de portée de Kaminski, un centre à la va te faire foutre d’Hanni.

Dois-je t’expliquer que c’était exactement ce qu’il fallait à ce Sporting qui éprouve tellement de difficultés à marquer ? « Non », donc, décidé-je à ta place. Le reste du match se déclina en une succession de situations de buts, principalement imputables à Sofiane Hanni, parfois carrément magique dans sa vision du jeu et dans ses prises de décision instantanées, et à Massimo Bruno, dont le retour en forme se précise et se confirme.

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Centre de Bruno (en haut de l’image, partiellement masqué), repris par Hanni (2-0)

Mais c’est l’entièreté de l’équipe qui fit montre de pas mal de concentration et de maitrise, même si on put reprocher par moments à Leander Dendoncker de jouer un peu trop à l’aise et à Sven Kums de ne pas encore tenir le coup plus de quarante-cinq minutes.

En parlant de ce dernier, il disputa le premier match depuis le mois de juillet où je lui voterais une note supérieure à 5. Dans un rôle, non plus de meneur de jeu muni d’un oreiller, mais de vrai médian défensif, s’attachant à organiser le pressing. Et aussi – grande nouveauté – à y prendre une part active !

Tu dis, ma moqueuse, mon ironique, mon sarcasme ambulant ? Que je change vite d’avis ? Peut-être. Ou pas : j’avais encore qualifié son jeu de « translucide » à Mouscron, il y a une semaine. Il avait été un peu plus en vue face au Bayern, mais ce soir, il fut l’auteur d’une bonne première mi-temps, avec un très beau pré-assist pour Bruno sur le 2-0 (Hanni), et pas mal de travail dans l’entrejeu. Ainsi, alors qu’il avait souvent été au ballon, sa première perte de balle se situa aux environs de la demi-heure de jeu – mais elle fut bien ridicule, ce qui me conforte dans l’idée qu’il est encore et toujours aux prises avec de grosses lacunes de condition.

Peut-être Ketchup s’est-il enfin rendu compte que physiquement, son idole est à la ramasse et qu’il vaut mieux lui dire un truc du genre « Donne du gaz tant que tu peux, quand tu seras sur les genoux, je te remplacerai », plutôt que « Tu es le dépositaire du jeu du Sporting, conduis-toi en patron » – ce que Kums a tendance à appliquer à la lettre en ne s’en secouant pas une, comme tout patron qui se respecte.

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On lira probablement dans les gazettes des trucs du genre « À vaincre sans gloire, Anderlecht triomphe sans péril » ou encore « Courtrai était un oiseau dont Anderlecht se pourlécha ». Okay... Dire que le Sporting éprouva des difficultés à s’imposer reviendrait à mentir comme un politicien belge. Cependant, on a pu remarquer une évolution dans le jeu des Mauve et Blanc, et dans leur façon de se déplacer sur le terrain. Il est difficile de dire si c’était le système que Vanhaezebrouck avait en tête et qu’il est enfin parvenu à l’implanter, ou si, plus pragmatiquement, il a résolu de mixer ses idées avec la manière de procéder que les joueurs avaient assimilée sous Weiler.

En effet, alors que les Courtraisiens menaient quelques-unes de leurs rares offensives balle au pied, on a pu voir l’équipe se regrouper autour du ballon sur une aire que l’on pouvait évaluer à un quart du terrain, mais en se déportant vers une aile, un peu comme un gang encadrerait une proie ; puis littéralement éclater latéralement dès récupération de la balle, et ouvrir le jeu au moyen de longues diagonales, le plus souvent directes.

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L’équipe anderlechtoise éclatée latéralement en possession de balle – on devine Onyekuru tout en haut de l’image, strictement au même niveau qu’Appiah.

Cette façon de procéder est assez typique de la variante du total Fußball pratiqué, entre autres, par le Liverpool de Jürgen Klopp. En remarquant que la progression se fait le plus souvent par les flancs, elle s’éloigne de la philosophie de Weiler, pour qui il importait d’aller au but le plus rapidement possible, et donc, dans l’axe de préférence. Toutefois, les diagonales rapides désarçonnent les défenses adverses, presque aussi sûrement que le pressing défensif éclair que Weiler voulait : on en arrive ainsi au même genre de conséquence, mais par des moyens différents.

Notons que Ketchup trouve là de quoi satisfaire l’envie de possession du ballon qui semble être comme un crédo pour lui : en massant toute l’équipe sur une surface rétrécie en perte de balle, on crée un gros pressing négatif autour du ballon et on coupe les angles de passe. On oblige ainsi le joueur adverse à se vautrer dans une tentative de passe vouée à l’échec, ou à dribbler, ce qui ne va jamais sans mal face à plusieurs opposants.

Est-ce vers de tels schémas que l’on s’oriente ? Possible, mais ne vendons pas la charrue de la vieille peau avant que  l’ours n’ait tué les bœufs.

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Exemple a contrario : progression axiale et tir de Trebel (3-0) – savoir varier son jeu est l’abc du foot.

En tout état de cause, ce n’est pas grâce à des matchs comme celui que l’on a vécu ce soir, que Boeckx va perdre du poids : il n’a vraiment rien eu à faire... Il l’a fait toutefois avec beaucoup d’application : on le voit coacher sa défense avec énormément de précision et d’efficacité. Du coup, sa maman ne devra pas laver son équipement. Et elle dit merci à qui, maman ? Quoi ? Qui a osé dire « Merci, Jacquie et Michel » ? Un peu de respect, merde !

 

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