01/11/2017

Chilouvision : Overdose

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Je suppose que tu auras regardé le match de ce mardi soir, ma passionnée, ma fervente, mon optimiste... Eh bien moi aussi. Enfin, disons surtout que j’ai regardé le grand écran HD du Midway Café. Car parler d’un match me paraitrait quand même très exagéré.

D’une façon générale, ayant l’âge de mes artères et ces dernières n’ayant plus l’éclat du neuf, j’ai appris à accepter une défaite. Enfin, presque : je suis resté meilleur gagnant que perdant, mais l’un dans l’autre, on préfère voir le Sporting battu que recevoir sa feuille d’impôt si je me fais bien comprendre. Par contre, il y a quelque chose que j’éprouve énormément de mal à avaler, c’est que quelqu’un s’arroge le droit de faire passer mon club pour une bande de clowns. Or c’est ce qu’il s’est passé ce soir.

Mettons les choses au point : si en championnat, la présence d’un meneur de jeu – ou supposé tel – au rayonnement pitoyable peut encore être plus ou moins compensée par l’activité déployée par les dix autres, face à un monstre bâti à coups de centaines de millions comme le PSG, s’obstiner à aligner ce genre de personnage n’est rien d’autre que du sabotage. Ou de l’aveuglement. Et l’un comme l’autre m’insupportent, plus encore que la mauvaise foi. Quoique...

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Les jeunes Mauve et Blanc avaient pourtant montré la voie à suivre ce mardi après-midi, en s’imposant par 2-3 sur le terrain du même PSG. Mais évidemment, ils jouaient à onze, et s’ils ont pu émerger en fin de partie, c’est en provocant les Parisiens et en les obligeant à commettre des fautes qui finirent par leur être fatales, puisqu’ils terminèrent la rencontre à neuf.

Figure-toi que je m’étais même fendu d’un petit sourire à la mi-temps du match, car en Youth League aussi, le repos avait été atteint sur le score de 2-0. Et là aussi, le deuxième but du PSG était tombé à la 45ème minute. Similitude troublante, ne trouves-tu pas, ma finaude, ma coïncidente, ma détective ? Plait-il ? Comparer l’équipe A avec celle des U19 n’est pas raisonnable ? Bah, les Qatarisiens écument le niveau professionnel, et ils font de même chez les jeunes. Et d’ailleurs, au Sporting, nous avons adopté une politique de recrutement identique... à notre niveau bien sûr.

En tout état de cause, s’il y a bien deux choses à ne surtout pas comparer, ce sont d’une part, l’équipe volontaire et enthousiaste composée par René Peeters et Emilio Ferrera, et de l’autre, le machin bricolé n’importe comment par Hein Vanhaezebrouck.

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Car on parle bien d’un bricolage risible, à se demander lequel des deux rigolos figurant sur l’image ci-dessus peut bien avoir dessiné un foutoir aussi bancal que l’ensemble hétéroclite qui nous a meurtris les yeux ce mardi.

Il n’y a guère plus d’une semaine, je t’expliquais comment la venue de Kums avait créé un sérieux problème au Sporting. Je ne vais pas recommencer : si tu es aux prises avec des soucis de mémoire ou si ta belle-mère venait de t’annoncer sa visite et qu’il valait mieux que tu consacres un peu de temps à virer les canettes vides, à vider les cendriers pleins et à faire un peu bosser ce Dyson qui t’a coûté la peau des fesses, clique ici – pour autant que tu n’aies rien de mieux à faire, bien entendu. Tu dis ? Hmmm... Non, après tout, tu as déjà assez dégusté comme ça, on fera une interro une autre fois.

Tu te souviens du temps où tous les ballons du Sporting passaient par Pär Zetterberg ? Eh bien à ce moment déjà, et bien que le jeu développé à l’époque fût souvent chatoyant et efficace, un certain Frankie Vercauteren m’avait affirmé que cette manière de concevoir le football n’en aurait plus pour longtemps. Et de fait, par la suite, Ahmed Hassan avait lui aussi tenu le rôle de meneur de jeu, mais avec un peu moins de succès. Son talent n’était certes pas en cause, mais les propos de Frankie résonnaient encore dans mes oreilles :

– Dans le football moderne, si tu es prévisible, tu ne gagnes jamais longtemps. On ne peut plus jouer avec un seul meneur de jeu. On ne peut même plus faire fonctionner une équipe suivant un système fixe car avec la télé, les entraineurs voient toutes les équipes : tout le monde doit savoir défendre et tout le monde doit savoir attaquer et marquer des buts ».

– Oué mais Frankie », avais-je objecté, choqué. « Quelqu’un comme Zetterberg... »

– Eh bien, il va prendre sa pension d’ici peu », avait-il asséné cruellement. « Dorénavant, on a besoin de joueurs complets, et surtout, de gens capables d’improviser à toute allure. Zetterberg est de cette trempe. Mais il ne peut pas être seul dans le cas. Sinon, tu mets un type dessus et ton jeu est mort ».

J’ai vu à peu près tout cela au PSG ce mardi soir. Avec ponctuellement, un surnombre impressionnant dans l’entrejeu, où tous combinaient avec une vitesse et une fluidité impressionnantes. Avec aussi un arrière d’aile qui a inscrit plus de buts qu’aucun des attaquants... Alors qu’en face, on trouvait un ailier qui était supposé jouer les avants de pointe avec son mètre soixante et une poussière, un meneur de jeu potentiel confiné à droite, un médian défensif reconverti en relayeur, un médian relayeur qui jouait de temps à autre le rôle d’avant de pointe et un médian défensif qui était supposé tenir la baraque et relancer le jeu à lui tout seul. Quoi ? Euh, eh bien, respectivement : Onyekuru, Hanni, Dendoncker, Gerkens et Trebel.

Et tout cela pour un seul et unique motif : faire de la place au petit chouchou de Ketchup afin qu’il puisse se goberger dans le rôle relax et enviable du would be meneur de jeu qui regarde les autres se décarcasser sans même qu’il ne doive payer sa place ! Parce qu’il ne suffit pas que Ketchup veuille voir le Sporting fonctionner comme si on était encore en 2000 : en plus, môssieur Kums ne s’en secoue pas une pendant une heure et demie !

Alors que pendant ce temps, Stanciu est lui aussi payé à ne rien faire, bien qu’à chacune de ses entrées au jeu, on ait pu constater que lui au moins apporte de la variété, de la précision et de l’énergie dans la manière de procéder.

171031 Chilouvision Overdose (PSG - RSCA 5-0) 4.jpgThe right person in the right place

Pour le dire sans détour, je n’ai pas toujours apprécié la façon de laquelle Weiler faisait évoluer l’équipe. Je n’ai pas toujours aimé ses sélections non plus. Mais j’ai toujours pensé que c’était quelqu’un de très logique et qu’il y avait certainement un motif valable à tout ce qu’il décidait. Dans ce que Ketchup a montré jusqu’à présent, je ne décèle que du parti-pris non raisonné et je n’aime pas cela du tout.

On peut comprendre qu’il n’a pas eu du tout son mot à dire dans la composition du noyau actuel du Sporting. Mais le propre d’un entraineur correct est de faire jouer ensemble les joueurs dont il dispose, pas de vouloir les faire entrer de force dans un système pour lequel ils ne sont pas taillés : il est beau et sain d’avoir des principes mais quand ils se mettent à remplacer l’observation et la réflexion, on n’est jamais très loin de la connerie la plus effarante.

 

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