23/06/2017

Chilouvision : Caisse à dire ?

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Je vais te faire une danse confite, ma mijotée, mon ébouillantée, ma transpiratrice : j’en ai plein le euh... dos. Ras la patate de ces caisses dans lesquelles je dispose les trucs, les machins, les choses que je décide de conserver, de ces sacs poubelles dans lesquels je vire le reste, de ces souvenirs qui m’assaillent à chaque armoire que je vide, à chaque placard que j’attaque, pour ne pas te parler des tiroirs que je découvre. Vraiment, je suis sursaturé de tous ces objets dont l’existence eut probablement une justification à un moment, mais auxquels j’ai trop longtemps foutu la paix depuis, ainsi que de la poussière domestique que je soulève en remuant ces vieilleries, et qui vient se coller à ma peau moite de caniculé de juin.

Car si tu ne le savais pas encore, je te l’annonce : je déménage. Je bouge, je m’évacue, je calte, je dégage, je me taille, je me casse, je m’évapore, je me dissipe, je me prends par la main, bref je m’en vais le ferrailleur, c’est bath ailleurs.

Bah, ça arrive à tout le monde : on est sédentaire mais pas ad vitam æternam... Toutefois, après plus de vingt ans passés dans une vaste maison où il y avait toujours l’espace qui convenait pour ne pas jeter quoi que ce soit qui pourrait être utilisable un jour, sait-on jamais, ai-je réellement besoin de t’exprimer l’ampleur de la tâche à laquelle je me suis attelé ? Tu dis ? « Non » ? Il me semblait bien...

Donc, pendant que tu es apparemment terriblement occupée à supputer – cela signifie ‘évaluer’, no offense, ma chienne lubrique, ma trainée lascive, ma frénétique nymphowoman – de quels transferts René Weiler aurait encore l’usage ou quels joueurs décideront d’aller respirer un air différent de celui de Neerpede d’ici à la fin août, j’ai décidé unilatéralement et à l’unanimité plus ta voix, de m’offrir un petit break en matant Cameroun – Australie en ce chaud jeudi 22 juin. Plait-il ? En Coupe des Connes Fédérations, en effet... Si ça te dérange, dis-le. Ça ne changera rien, mais tu as le droit de t’exprimer, on est en démokratie.

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À dire vrai, je m’attendais au départ, à une sérieuse opposition de style : d’un côté je croyais, un peu naïvement dois-je bien reconnaitre, pouvoir me délecter du foot chatoyant et versatile propre à l’Afrique Noire, tandis que, toujours dans mon esprit, l’Australie n’allait pas manquait de pratiquer le jeu direct et généreux à l’excès que le Championship anglais symbolise si bien.

Si je ne m’étais pas vraiment gouré en ce qui concerna les Aussies, en revanche, je m’étais carrément collé le doigt dans l’orbite au cul l’air à propos du Cameroun, décidément déjà porteur de la marque de notre très cher Hugo Broos – un des rares joueurs que j’ai vus à l’œuvre et qui était capable de disputer un match entier sans jamais toucher le ballon (en revanche, les chevilles et les protège-tibias de ses adversaires...).

Verdict pour les Camerounais : plus Européen comme jeu, tu meurs. Après cinq minutes, on avait pigé : le match s’est résumé à une succession de duels au couteau et de petits coups plus ou moins en douce, portés sous le regard bien complaisant d’un arbitre peu à son affaire – et de plus, guère aidé par un vidéomane qui avait sans doute testé la vodka locale. Car accorder un pénalty sur un sliding tackle très pur, dont l’auteur frôle un Aussie – lequel en profite bien sûr pour s’effondrer comme un terroriste se dégustant une rafale en pleine Gare Centrale –, ça m’a paru un peu exagéré pour le dire poliment.

Pour m’exprimer de façon claire, l’ensemble me donna envie de retourner à mes cartons et à mes bandes collantes, et surtout pas de m’accorder une nouvelle pause afin de mater Allemagne – Chili ce soir. Tu dis ? Vu l’allure de leur pays, les Chiliens seront désavantagés par la largeur du terrain ? Putain, l’étang sont durs, comme on dit quand il gèle à pierre fendre...

Hmmm ? Le résultat ? Ah oui, 1-1 : un but en contre, assez joli des Camerounais en toute fin de 1ère mi-temps, contrebalancé par le pénoche des Australiens, que je t’en ai déjà causé à propos de l’explication du sujet auquel il se rapporte – le concernant, si je me fais bien comprendre.

En d’autres termes, tu as bien fait de rester assise à cette terrasse, il n’y avait pas de quoi fouetter une belle-mère, surtout par ces chaleurs – sans blague, elle croit que c’est fête tous les jours, celle-là ?

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