17/10/2016

Chilouvision : In de sacoche !

Bon d’accord, celle-là, on l’a déjà entendue quelques fois : le Sporting est un club de tradition. Moralité, et revers de la médaille par la même occasion, on n’innove pas beaucoup.

Achtung, ne me fais pas dire ce que je ne dis pas : on s’efforce d’être à la pointe dans tout ce qui est sportif, dans l’accueil du public ainsi que dans la communication. Mais osons le dire tout net, pour ce qui est de la rigolade, qu’elle soit au premier ou au second degré, il vaut mieux fréquenter les bistrots des alentours que le stade proprement dit.

Je ne sais pas qui a eu l’idée de confier, ce dimanche, le micro à celui que je crois être Kevin le Forain, mais, aaaghodferdemilliardeste, chapeau ! Non que le speaker habituel fasse mal son boulot, que du contraire : fluide dans les deux langues, son discours passe toujours parfaitement, mais dans le style convenu et sans surprise. Dès lors, entendre « Merci, bedankt en de kost ! » en clôture d’un message de félicitation adressé au public pour son comportement envers les forces de l’ordre, m’avait déjà fait sursauter. Mais le « Score final, un zerrrrro, een nul, ‘t es in de sacoche ! » a réellement fait du bien après le match peu emballant qu’on a vécu ce dimanche soir. L’initiative est plaisante et renforce l’identité bruxelloise du club d’une manière amusante.

Sur le plan sportif, tu me connais, ma mokke, ma zoeteke, mon kalichezap, j’appelle un chat une mijole et un hareng saur un rollmops. Mais je ne suis pas du genre à hurler avec les loups. Si je reconnais que René Weiler a déjà déclaré souvent que construire une équipe prend du temps, je ne comprends pas bien en revanche, que certains journalistes semblent estimer qu’il devrait changer de discours. Pour dire quoi, en fait ? Des choses moins conformes à la vérité ? Qu’ils aillent donc demander à Michel Preudhomme de combien de saisons il a eu besoin avant de composer une équipe brugeoise qui fut championne en mai dernier – et qui depuis, patauge à l’unisson avec le Standard, où on passe son temps à changer de staff.

On conçoit évidemment que cela en fasse bisquer quelques-uns, de nous voir en tête du championnat alors que l’on est loin, effectivement, de produire un football chatoyant. On est un peu moins amusé de devoir remarquer que les matches précédant une rencontre de Coupe Européenne soient souvent bâclés. On n’est toutefois pas sur le terrain, ce qui nous oblige donc de « faire avec »...

Ainsi que lu quelque part, le match disputé jeudi à Mayence sera un test sérieux pour le Sporting. Après avoir passé ses troupes en revue, Weiler a porté son attention sur la défense et sur un modèle de football permettant de développer un jeu intéressant à l’extérieur – suivant en cela, les principes de Goethals qui a toujours expliqué à l’envi que « Tu construis une équipe comme une maison, fieux, en commençant par le bas ».

On nourrit donc quelques espoirs par rapport à ce qui se passera jeudi, tout en gardant à l’esprit qu’une équipe de Bundesliga est nécessairement un dur morceau à croquer. En attendant, on s’efforcera d’oublier au plus tôt ce pénible Anderlecht – Lokeren ainsi que le pénalty oublié commis par Acheampong, tout en retenant ce qu’il convient : un très bel arrêt de Roef, le missile intergalactique de Badji sur le poteau et le goal de Teo, amen.

 

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