05/09/2016

Chilouvision : Les supporters les plus cons du monde

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Qu’on se mette bien d’accord : je n’ai jamais rien eu contre Marc Wilmots. Même si je n’ai jamais rien eu pour non plus. Mon sentiment de base a toujours été qu’il n’en connait pas assez au plan du football pour entrainer un grand club, ni a fortiori, une équipe nationale – à l’exception probable de celle de Saint-Marin – mais bon, regardons la vérité en face : moi non plus.

Toujours est-il qu’une fois Leekens confronté à un noyau qui lui jetait tous les jours à la face qu’il n’avait jamais été qu’un minable défenseur – lire matraqueur – brugeois de l’époque la plus Boerechtig de l’histoire de ce club déplorable, Wilmots fut le seul à en avoir suffisamment dans le falzar pour permettre à son prédécesseur d’aller soigner son égo meurtri.

Faut-il le dire ? Cela fonctionna. Pas à 100%, car contre l’Argentine à l’été 2014, par exemple, on n’eut pas l’air très malin : le système ‘Allez les gars, on va mord’ dins leurs coillons nondidju en voor de Vlamingen, hetzelfde’ montra en effet quelques limites. Mais un fait vaut plus qu’un premier ministre – surtout celui qu’on a – et les détracteurs de l’ancien avant de choc de la Bundesliga, ont le droit absolu de la fermer : au départ d’une clique d’incertains et de timorés, le Tracteur de Dongelberg créa un groupe qui fit de la Belgique la 1ère nation du football mondial, amen.

Les premières vraies fissures remontent à peu avant l’Euro 2016 : d’un entrejeu faiblard en termes numériques, dessiné afin de rendre indispensable la présence de Witsel, à la sélection ridicule de Jean-François Gillet ‘pour l’ambiance dans le vestiaire’, on eut vite compris qu’on n’allait pas en France pour la gagne. Pis : la plupart des joueurs retenus aussi ! Jouant petitement sur le copinage dans une atmosphère de fin de règne, Meunier et Witsel profitèrent de leur statut d’incontournables pour aller négocier leurs contrats à quelques encablures du crucial Belgique – Pays de Galles, donnant aux autres le sentiment que tout était dit d’avance et qu’il n’était plus l’heure de se déchirer les tripes pour continuer à se faire chier au beau milieu d’une ambiance globale que les attentats terroristes avaient rendue délétère.

 

On ouvre une petite parenthèse à ce moment, et on met l’accent sur un phénomène qui ne semble pas avoir frappé les médias : dès les qualifications pour l’Euro 2016, le profil des supporters des Diables Rouges a changé, ainsi qu’en témoigna les pénibles ‘Oooooh, enculaÿ, fils de prostituaÿe’ enregistrés face aux gentils amateurs andorrans. Là où, auparavant, on retrouvait un peu de tout, y compris une petite chaudasse avide de se montrer le plus possible afin de conclure un contrat avec l’une ou l’autre agence de pub, se dresse soudain un mur : celui des supporters d’un club bien connu de la Jupiler Pro League – à l’étranger, on a oublié de qui il s’agit – et qui, désireux de se retrouver un groupe gagnant, se peignent soudain la tronche en tricolore.

Faut-il le dire ? Je méprise fondamentalement ces navets qui ont trop souvent usé de moyens aussi illégaux que minables pour permettre à leur équipe de bras cassés de remporter des matches alors qu’elle était promise à une défaite humiliante. Je vomis tout autant leur propension à porter aux nues des bidons pour descendre froidement des joueurs au simple motif qu’ils n’émanent pas des bonnes couleurs – alors qu’ils évoluent pourtant à l’étranger depuis longtemps.

 

Souhaitons par conséquent beaucoup de courage à Roberto Martínez qui n’a probablement pas soupçonné qu’il mettait les orteils dans un véritable panier de crabes.

Car non seulement, il se prend d’emblée une volée de critiques à l’issue de trois entrainements suivis d’un match amical contre l’Espagne, mais de plus, pour éviter de se mettre à dos le public le plus con du monde, il va devoir :

!  Continuer à se coltiner un Witsel complètement ramolli par des années passées à glander dans un championnat complètement dévalorisé. Ce n’est un secret pour personne que j’ai du mal à encaisser la présence continuelle de ce gros glandeur. Mais pas des suites d’un évènement crapuleux appartenant à un lointain passé : parce qu’il n’apporte rien, comme il l’a encore montré ce jeudi soir en n’ayant aucune réponse à apporter à l’emprise de l’entrejeu espagnol.

!  Éviter à tout prix de sélectionner un Defour requinqué par deux saisons réparatrices au Parc Astrid. Après un temps indéfini passé à se remettre de son chômage portugais et de blessures à répétition, Steven a retrouvé du temps de jeu au Sporting, avec un bonheur à géométrie variable. Mais en définitive pas en vain, ainsi qu’en témoigna sa bonne entrée en matière en Premier League. Hélas, pour les débiles mentaux, il a renié ainsi son passé Rouche et ces ânes footballistiques ne sont pas prêts à le lui pardonner : ils se fichent de voir les Diables gagner. Eux, ce qu’ils veulent, c’est voir certains joueurs (ne pas) jouer.

!  Accepter de voir les pelouses amochées par la bonne dizaine de kilos superflus trimballés par un Hazard que ses performances sporadiques en club rendent intouchable. Cela fait maintenant des années qu’Éden se traine quand il joue avec les Diables alors qu’il brille dans le très dur championnat anglais. On a connu suffisamment de tels joueurs, magnifiques avec leur club, mais incapables de répéter leurs exploits en équipe nationale...

 

Quant à nous... Eh bien, tout ce que l’on espère, c’est que les performances des Diables Rouges continueront sur leur lancée actuelle, de façon que leurs supporters de l’heure, ne se trouvent plus de – mauvaises – raisons de nous rendre honteux de l’amour que nous portons à une équipe qui vaut définitivement mieux qu’eux. Et tant pis si cela passe par des défaites : en tant que supporters, on en a ras le bol de se voir assimiler à un effroyable ramassis de décervelés dénués de la moindre once de respect humain. Comme du temps où Defour se ramassait des gobelets de bibine sur le portrait !

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