19/08/2016

Chilouvision : Славия Прага – Андерлехт 0-3

Les opérateurs de télévision trop occupés à nous détailler avec force superlatifs de fascinantes compétitions se déroulant avec un faste éblouissant dans une ville où innombrables sont ceux qui crèvent de faim et de misère, tu t’apprêtais à te rabattre sur un stream bien pourrave diffusé sur l’insupportable scintillement de l’écran cathodique du PC que ton vieil oncle t’a refilé un soir qu’il avait un peu forcé sur le Picon bière, ma désespérée, ma brimée, mon inconsolable...

Quand soudain, jaillit dans ta vie, le Chevalier Blanc qui allait te la sauver !

–    Je viens de vérifier les listings TV », t’appris-je avec toute la grandeur d’âme que l’univers me connait. « Ils passent le match de ce soir sur Arena Sport 4 Serbia ».

–    Ça me fait une belle jambe », m’objectas-tu, sceptique comme les habitants de Fosses-la-Ville, encore que je te trouve bien de l’aisance. « Si tu crois que je vais me taper le voyage jusque Belgrade... »

–    Mais non, enfin ! », me récriai-je. « À quel motif irais-tu polluer la banlieue namuroise au volant de ta Trabant datant de la chute du Mur de Berlin ?

« J’ai un pote qui dispose d’une Box Internet TV à Neerpede. Et parmi les innombrables chaines qu’il peut capter, se trouve effectivement celle dont je viens de te causer ».

–    Ah ouais... Et ça va marcher ?

–    Bah, on verra bien. Si ça foire, on se rabattra sur une bouteille de pinard, car le pote en question tient un restaurant[1]...

 

Nous voilà donc installés, toi devant une pizza, moi devant un plat de pâtes. Tu envoies un SMS à l’arbitre, et hop, il siffle le début de la rencontre.

Le Sporting démarre plutôt bien, Teodorczyk se créant d’emblée une belle petite occasion. Il y en aura d’autres, car on domine dans le jeu, mais malheureusement, c’est un peu comme avant 2002 : il manque toujours cinq centimes pour faire un franc.

Les Tchèques ne sont pas dénués de qualités, mais ils ne parviennent pas à les mettre en valeur : on ratisse beaucoup dans l’entrejeu et derrière, Dendoncker – surtout – et Nuytinck font le ménage avec application. On termine la 1ère mi-temps un peu à la cravache, avec enfin quelques attaques d’un Slavia plutôt terne jusque là.

 

Un grand type sympa, ancien attaquant brillant du Sporting, reconverti en entraineur – non, pas de nom ; sache seulement qu’il avait de longs cheveux blonds du temps de sa splendeur et qu’ils ont raccourci depuis – nous dit qu’il est surtout important de ne pas encaisser... Si tu veux mon avis – et si tu ne le veux pas, passe directos au paragraphe suivant –, personnellement, je me sentirais plus à l’aise avec l’un ou l’autre but d’avance...

Sylla est d’accord avec moi : le match vient de recommencer quand il reprend un centre tendu de Chipciu. Au départ, on n’est pas certain que le ballon soit entré dans le but : il semble qu’il passe entre les jambes du keeper tchèque, qui se retourne et le dégage. Trop tard : le ralenti montre qu’il est allé le rechercher derrière la ligne.

C’est comme un coup d’assommoir pour les Praguois. Il n’y a plus qu’une équipe sur le terrain, et elle joue en Mauve. La suite coule de source : une dizaine de minutes plus tard, Sylla balance une prune modèle de luxe sur la barre. Teodorczyk a bien suivi et fait 0-2 de la tête. Cinq minutes après, c’est au tour d’Hanni de lâcher un scud, proprement inarrêtable...

On ne sait pas trop pourquoi – enfin, si : à 0-3, la concentration n’est plus maximale –, les Tchèques retrouvent un peu d’allant à ce moment, un très beau tir atterrissant sur la barre du but de Roef.

Je te regarde. Je te vois ravie, mais tu estimes que tout est dit. Tu fais clic sur ton portable, l’arbitre siffle la fin de la rencontre.

 

J’ai bien aimé les prestations de Praet et de Dendoncker, ainsi que celle de toute la ligne d’attaque : Teodorczyk et Sylla côte à côte, ça fait mal, surtout quand ils sont bien alimentés par Tielemans, Chipciu et Hanni – ce dernier dans un rôle un peu plus obscur, mais qui devrait puiser pas mal de confiance dans son brassard de capitaine, comme dans le très beau but qu’il a inscrit.

Le match retour ne devrait être qu’une formalité, encore que ce que le Sporting a réalisé à Prague pourrait donner des idées au Slavia – dont on n’a pourtant pas eu le sentiment qu’il dispose des qualités pour les réaliser.

 

Digressions

Dans ma jeunesse, on pestait parce qu’en Wallonie, on n’avait pas sur le câble, la possibilité de regarder toutes les chaines flamandes. Et vice versa en Flandre. Cette situation ridicule prit fin quand les nabots communautaristes durent s’incliner devant l’apparition du numérique.

Voyons toutefois les choses en face : cela ne parvint pas à guérir les opérateurs de leur cupidité. Même une société dont tu es – prétendent les naïfs – propriétaire à 50% comme Proximus, continue de pratiquer des tarifs scandaleux. Pour faire apparaitre des publicités dans ton salon, sur l’écran de la télévision que tu as payée, au moyen d’un abonnement que tu douilles consciencieusement, mois après mois.

On comprend qu’ils se grouillent de pomper ce qu’il y a encore à pomper : au prix ridiculement bas d’une box tv internet (aux environs de €80,-) et de l’abonnement qui va avec (entre €10,- et €20,- par mois), leur avenir est dans leur dos.

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Il n’y a pas si longtemps, je sélectionnais soigneusement des images sympas dont j’illustrais mes textes. Malheureusement, tu peux toujours cliquer sur l’icône permettant d’importer des piquetcheures dans le soft des blogs Skynet. J’ai signalé le problème il y a trois semaines, puis de nouveau, quelques jours plus tard.

Depuis, j’attends. Je suis de nature patiente, mais...

 

 

[1] Avant, je donnais le nom des endroits où j’allais lutter avec la dernière énergie contre l’amaigrissement qui tous nous guette. Je le faisais de bonne foi, pourtant j’ai eu la désagréable surprise d’apprendre que certains me soupçonnaient d’en profiter pour bouffer gratos.

Évidemment, entre publicité et corruption, il n’y a qu’un pas, et il est vite franchi. Pour éviter donc, de donner l’occasion à certains de passer ma crédibilité au hachoir, je tairai donc soigneusement le nom de ce très bel endroit. Sache seulement que le restaurant en question est italien et qu’il se trouve un peu plus bas que le site RSCA de Neerpede, sur le trottoir d’en face.

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