05/08/2016

Chilouvision : On n'y échappera pas (RSCA-Rostov 0-2)

On s’était fait quelques illusions en regardant les deux premiers matches de la saison – à Rostov et à Mouscron – mais pour sa première sortie à domicile, le Sporting nous a remis les pieds sur terre : il faut du temps pour bâtir une équipe. Beaucoup de temps parfois, demande à Michel Preud’homme pendant combien de mois il a cherché sans trouver la bonne formule à Bruges ! Plait-il ? Tu causes pas à ce type ? D’accord, euh... Moi non plus en fait, c’est pour ça que j’essayais de t’envoyer au front.

Ma première réflexion à l’issue de la rencontre fut qu’il fallait nécessairement que l’on finisse par payer le prix de la douteuse plaisanterie Okaka, qui, on l’a oublié un peu vite, a sauvé pour nous, ce qu’il y avait à sauver en 2015-16. Avec tout ce qu’il a dans les pieds comme dans la tête, Sylla a éprouvé trop de mal à s’exprimer, systématiquement encadré par deux armoires à glace russes qui auraient probablement bougé l’Italien moins facilement. Reconnaissons qu’il ne fut guère aidé par Hanni, auteur d’un match peu enthousiasmant – et que Trézéguet aurait dû suppléer plus tôt.

Mais c’est un peu à tous les niveaux que Rostov nous a donné la leçon, de la défense où le manque de vitesse de De Maio m’interpelle autant que la réactivité à retardement de Roef sur le tir de Noboa (0-1, 27ème), à l’attaque où je me pose aussi des questions quant à la non-titularisation de Pong (blessure latente ?). Sans malheureusement oublier l’entrejeu, où tant Dendoncker que Defour furent à la peine.

À propos de ce dernier, un insider me déclarait que le soutien massif du public l’avait ému. Admettons... Mais si ça ne lui va pas que l’on l’applaudisse à la 16ème minute, cependant qu’il n’aime pas non plus les douches de bière, que faire ? Tu dis ? La fermer ? A priori, on ne va pas au match avec cette idée en tête. Déjà que si on ne chante pas pendant 90 minutes, on se fait traiter de public de théâtre, voire de fossile...

Enfin, soit. Les gens dotés d’un minimum de bon sens souhaitent qu’il reste au Sporting car ils savent que c’est un joueur de valeur, capable d’apporter beaucoup à l’équipe. On comprendrait mal devoir subir la loi d’une faible minorité restée scotchée sur l’un ou l’autre évènement anecdotique survenu dans un passé déjà bien lointain... À moins bien sûr, que l’on n’en soit qu’à des prétextes qui pourraient déboucher sur des négociations à propos de son contrat...

D’une façon générale, on a un peu le sentiment que celui qui aurait le plus de choses à se reprocher à propos du résultat navrant de ce match qui ne le fut pas moins, c’est René Weiler. Parce que, devant une équipe défensive, on a retrouvé les travers de la saison passée, avec surtout, bien trop d’espace entre les lignes. L’entraineur adverse avait apparemment tout pigé de la façon de jouer du Sporting, ses joueurs athlétiques – alignés dans un 5-3-2 désagréable pour l’adversaire – se positionnant systématiquement dans les intervalles et se passant très souvent le ballon de la tête. Soit dit en passant, je n’avais jamais vu une équipe progresser si bien et avec tant de fluidité, au moyen de petites balles hautes.

La conclusion est évidemment que la victoire russe ne se discute pas le moins du monde. Ce qui en découle n’est guère plus réjouissant : en dépit de la bonne prestation de Tielemans, le Sporting éprouve des difficultés à prendre le jeu à son compte, ce qui me fait grincer des dents à l’avance dans l’optique de la venue de Courtrai ce dimanche 7 août.

 

 

 

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