26/04/2016

La Triburne : Errare humanum est...

... sed perseverare, diabolicum[1].

On reste zen évidemment, même dans la défaite : on en a, on n’est pas à une couille près.

On sait surtout qu’un des gros problèmes du football actuel, c’est la télévision, et les résumés de matches que l’on y voit – où bien sûr, les moments endormants sont coupés au montage (© Myriam Leroy, ses émissions intelligentes et ses tweets décapants). Tu dis ? La photo de cette somptueuse jeune femme ? C’est seulement pour remonter le moral de ton mec, ma dépitée, ma dépressive, ma trahie : je me suis dit que de nouveau lui coller le portrait de Besnichou sous le nez... N

160426 La Triburne Errare humanum est 1.jpg

On lira l’œil humide, dans un éditorial qui paraitra d’ici peu en exergue d’une publication que suivent tous les supporters acharnés du Sporting, un rappel d’un évènement majeur survenu dans l’histoire du club il y a quarante ans...

De 1976 à 1978, les Mauves disputeront trois finales européennes consécutives. Ils en gagneront deux. Revers de ces magnifiques médailles : ils ne remporteront aucun titre de champion durant les six saisons de 1974-75 à 1979-80. À titre purement informatif, figuraient dans l’équipe de ces années de maigre, des bras cassés comme Hugo Broos, Ludo Coeck, Nico De Bree, Jean Dockx, Arie Haan, Benny Nielsen, Robbie Rensenbrink, Peter Ressel, Jan Ruiter, Jean Thissen, Gille Van Binst, Erwin Van den Daele, Swat Van der Elst, Franky Vercauteren, etc.

160426 La Triburne Errare humanum est 2.jpg

Le parallèle n’est pas innocent : on a depuis deux saisons, une équipe bourrée de talent, comme elle l’a prouvé en Europe et dans les gros matches (9/9 contre Bruges, pour mémoire). Gageons même que sans le spectre des play-offs qui s’annonçaient, elle serait venue à bout d’un Shakhtar qui ne laissa guère l’impression d’un bloc irrésistible.

Son gros problème, c’est qu’elle ne joue pas les petits matches – qui pourtant valent eux aussi 3 points – où il n’y a pour ainsi dire pas de scout international présent car notre championnat est sous-évalué. Sans doute assez injustement car on joue, sur notre vieille terre de souffrance, un football physique et presque féroce, tactiquement parlant, mais c’est ainsi : dans ‘So Foot’, la Jupiler Pro League n’existe que sous la rubrique ‘Autres’.

C’est donc très clairement un problème de mentalité qui plane sur le vestiaire : quand on a à faire à prétendument plus faible que nous, on s’en fout. Ce qui implique nécessairement des lacunes du côté d’un staff qui ne jouit ni de l’autorité ni du charisme suffisants pour dynamiser le groupe quand le nom de l’adversaire ne suffit pas à le faire.

Globalement, l’encadrement n’a pas grand-chose à apprendre à un noyau comme celui du Sporting. En revanche, lui-même juge ses entraineurs minute après minute. Et si nous – de l’extérieur – identifions si facilement des non-sens comme les titularisations de Deschacht, blessé, ou d’Acheampong, au bout du rouleau, il n’est pas compliqué d’imaginer le type de crédit dont Hasi dispose encore auprès de ses joueurs. Je ne capte pas bien pourquoi Herman Van Holsbeeck tente de persuader le monde du contraire : Hasi doit s’en aller. No offense, entendons-nous : il a probablement fait le maximum pour le club. Mais il est définitivement l’heure de changer ce qui peut l’être.

On a ce qu’il faut au club pour assurer l’intérim de 5 matches jusqu’à la fin de la saison : un workaholic comme Nico Frutos est capable de cumuler deux jobs importants, avec l’aide de Mo Ouahbi par exemple, histoire de siffler la fin du trop long épisode récréatif.

160426 La Triburne Errare humanum est 3.jpg

Le reste, et notamment le dispensable chapitre ouvert ce lundi soir à propos du comportement des supporters Mauves à Roulers, on passera dessus avec toute la morgue que l’on nous connait. Comme le soulignait Peter Van den Bempt, interrompre la partie comme l’a fait l’arbitre Smet dimanche, ne correspondait à rien de sensé : l’envahissement du terrain par deux ou trois agacés n’a mis en rien en danger l’intégrité physique des joueurs et le match aurait pu reprendre dans les deux minutes qui suivirent l’évènement.

À titre personnel, j’ai du mal avec l’acharnement qui semble encore habiter certains par rapport à Steven Defour, alors qu’il est au club depuis déjà deux saisons. En vérité, il fut bien loin d’être le pire Anderlechtois, d’autant plus qu’il était obligé de se trimballer aux pieds, le véritable boulet que constitua Tielemans.

Si l’on se réfère au qualificatif de ‘jeannette’ utilisé par Anthony Vanden Borre il y a quelques mois, on a au moins identifié une de ses cibles. En ajoutant à son ignoble prestation, les problèmes physiques rencontrés par Deschacht et par Acheampong, on se rend compte qu’un quart de l’équipe était constituée de cadavres ambulants. Dans ces conditions, qu’eusses-tu voulu que les autres fissent, mon infirmière, ma doctoresse, ma brancardière ? Qu’ils se surpassassent ?

On aura du mal à réaliser un 15/15 sur la fin de la saison. Mais nos adversaires aussi :

COYM !

 

 

[1] Errare humanum est, sed perseverare diabolicum : L’erreur est humaine, mais persévérer [dans l’erreur] est diabolique.

Les commentaires sont fermés.