11/04/2016

La Triburne : SVZW - RSCA 1-2

Parce que la devise de la Maison Concarneau, ancienne maison de confiance, n’est autre que ‘N’allez pas vous faire voler ailleurs, venez chez nous’, on n’est pas à une couille près.

Ainsi, j’ai remarqué, non sans un intense sentiment de gêne, que dans la Chilouvision d’hier, j’avais interverti l’ordre des choses à propos de l’incident de jeu intervenu entre Okaka et Lepoint. Plait-il ? Tu t’en fous ? Moi aussi, mais si tu (re)lis le texte, fais rewind à un moment.

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On n’aura en tout état de cause, pas vécu un grand weekend de football pour la fin des vacances de Pâques : à la limite, le match le plus sympa à regarder se déroula vendredi soir, entre Genk et Ostende.

Encore que dans leur forme actuelle, les Ostendais semblent juste contents d’être là. Le reste, on a un peu le sentiment qu’ils s’en foutent : ils tentèrent bien de recoller au score en 2de mi-temps, mais on ne les sentait pas animés d’une conviction à même d’ébranler la forteresse bâtie par Peter Maes.

Du côté des Limbourgeois, en revanche, on s’applique. On suit visiblement à la lettre, les consignes d’un coach déterminé à effacer la saison plutôt terne du Racing, et on souhaite bien du plaisir à ceux qui doivent encore les affronter et notamment aux Boeren qui iront jouer là-bas le 20 avril : ce ne sera sûrement pas un match à conseiller aux amateurs de dentelle fine, mais le résultat pourrait être plaisant.

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En causant de dentelle, le ‘topper’ de samedi entre Bruges et La Gantoise fit vraiment mal aux yeux. Alignés très – trop à mon avis – défensivement, les Gantois ne montrèrent pour ainsi dire rien du tout et méritèrent de perdre. Quant à dire que les Boeren méritèrent de gagner, ce serait exagéré. Un jour, leurs agaçantes attitudes calquées sur celles de leur entraineur, se retourneront contre eux : il n’y a pas de mauvaise façon de remporter un match, mais systématiquement entourer l’arbitre à chaque fois qu’il souffle dans son sifflet, ça fait profondément chier, pour rester poli.

On notera d’ailleurs, que ce manque continuel de fair-play déteint dangereusement sur leur public, dont le comportement fut scandaleux à plus d’une reprise, et notamment sur des corners adverses. Le hooliganisme dort peut-être, mais seulement d’un œil : il n’est sûrement pas mort et le réveiller comme Preud’homme le fait dans tous les clubs où il passe, devrait être sanctionné beaucoup plus sévèrement.

L’arbitre Delferiere fut simplement magnifique de sérénité dans ce contexte empoisonné. Il siffla juste, même si, à mon avis, il fut parfois un peu trop sympa avec des joueurs qui avaient laissé au vestiaire leurs états d’âme.

 

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Le Sporting entama plutôt bien sa rencontre à Waregem, mais, inexplicablement, les blessures successives d’Essikal et de Lepoint semblèrent lui faire perdre contenance. À moins qu’à la suite du remaniement de l’équipe, Zulte Waregem ne se mît à jouer plus défensivement ? Possible, mais j’avoue ne pas l’avoir remarqué.

Toujours est-il que voici trois saisons que l’on est aux prises avec un problème grave : les coups de pied arrêtés.

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Illustration : Free Kick by Einlee (DeviantArt.com)

Rappelle-toi, mon historique, ma vieillasse, mon antédiluvienne : en 2005, fatigués du football de bourrins prôné par Hugo Broos, on porte au pouvoir Frankie Vercauteren en croyant qu’avec un véritable ‘enfant de la maison’, le grand show va revenir. D’une façon générale, on l’a bien profondément dans l’issue de service de ce point de vue, mais... le Sporting marque pas mal de buts et remporte coup sur coup, ses 28ème et 29ème titres. À l’automne 2007, Frankie se fait jeter et Ariel Jacobs lui succède. Il nous amènera lui aussi, deux titres (2010 et 2012) ainsi qu’une Coupe de Belgique (2008), mais le ‘beau football’ reste caché...

Il se fait que, depuis que Frankie a apposé sa griffe sur l’équipe, on marque pas mal sur phases arrêtées : on se souvient des buts de la tête de Juhasz, de Mazuch ou de Wasyl sur les corners et les coups francs décentrés de Boussoufa, d’Hassan, de Biglia...

Mais on veut le retour du foot champagne au Parc, et on fait venir un entraineur hollandais, avec une réputation bien offensive. Pour John van den Brom, les buts inscrits sur des phases arrêtées valent moins que ceux marqués suite à une action de plein jeu. Et on cesse de trouver des solutions à des situations bloquées grâce à un coup de pied bien dosé aboutissant sur un crâne dur comme de la brique.

Personnellement, j’ai vécu ce changement avec des sentiments mitigés : on n’est pas en Hollande ici, les boulevards largement ouverts dans les défenses, ce n’est pas dans nos mœurs. Que l’on se mette bien d’accord : le football cynique à force d’être pragmatique comme celui que nous faisait jouer Ariel Jacobs, ce n’est pas ma tasse de thé. Toutefois, rien n’est plus agaçant que de voir le Sporting s’user à tenter sans succès de tourner autour dune défense bien organisée, comme on dit.

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Les grandes équipes sont tout le temps dangereuses, que ce soit de plein jeu ou lors des phases arrêtées : les grands principes comme celui que Johnny a introduit, c’est joli tout plein ; mais de temps en temps, un peu de froide efficacité, ça aide à pouvoir les appliquer sans se coller sur le dos une pression de malade.

Si, du côté de Besnichou, on pouvait méditer quelque peu là-dessus, avant de dessiner les plannings d’entrainement des prochains jours... La réussite d’une équipe se situe toujours dans l’équilibre. À tous les niveaux, sur tous les plans, amen.

 

 

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