14/10/2015

Chilouvision : Demi-pression

 

#andisr, #coyr

Tous les gens un peu au courant de ce que représente la pratique d’un sport professionnel le savent : une fois acquis des fondamentaux inamovibles comme les aspects techniques et physiques du sport concerné ou la capacité d’analyse rapide d’une situation de jeu donnée, la grosse différence entre un bon, un très bon et un joueur exceptionnel se situe au niveau de la mentalité. La confiance en soi, la concentration absolue dans les moments cruciaux, la volonté persistante d’être meilleur que les autres se chargent de situer les lignes de démarcation.

On peut en sourire, mais ce ne sont pas là, des qualités faciles à développer à partir du moment où ceux qui doivent les intégrer ne sont jamais que de jeunes adultes, voire même des (post-) adolescents qui passent un examen une à deux fois par semaine, devant des kyrielles de caméras – lesquelles ne sont jamais que les yeux de dizaines de milliers de juges-spectateurs.

Or donc, c’est en vérité avec une pression fortement diminuée que les Diables Rouges s’alignaient ce mardi soir face au Israéliens : l’objectif de base – à savoir la qualification directe pour l’Euro 2016 – avait été atteint samedi en Andorre.

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Photo : Edgar Makanga via Twitter (@EdgarMakanga)

On a vu ce que cela a donné, entre un coach qui a osé aligner une équipe à vocation résolument offensive, et des joueurs qui ont osé jouer pour prendre l’ascendant de manière conquérante sur leur adversaire. Et on a vu aussi comment un collectif se #andisr, #coyrdéployant sans aucun complexe, permettait aux individualités d’exprimer librement leurs qualités respectives. Rien n’est simple quand on se sent obligé – ou quand on l’est pour des raisons de consignes enregistrées avant match – de se brider, d’accorder à l’adversaire bien plus d’attention qu’il n’en mérite en vérité.

C’est pourquoi on n’a même pas eu peur quand un Israélien a tapé le poteau du but de Mignolet dès la 20ème minute : d’une façon générale, les Belges se montraient tellement dominateurs et talentueux qu’un simple contretemps tel que celui-là, ne pouvait être qu’une péripétie. En multipliant les occasions de but, en mettant systématiquement leurs adversaires sous pression, les Diables devaient nécessairement finir par voir leurs efforts couronnés de succès. Enfin, ‘leurs efforts’... Ils avaient surtout l’air de prendre leur pied sur la pelouse du SRB : tout le monde bossait pour tout le monde, les attaquants revenaient naturellement participer au pressing en perte de balle, les deuxièmes ballons aboutissaient la plupart du temps dans les pieds des médians, cherche l’erreur, mon objective, ma critique, ma sévère...

Tu l’auras probablement vu toi aussi : les Diables Rouges jouèrent un très bon match ce soir, avec en point de mire, l’association enfin réussie entre Eden Hazard et Kevin De Bruyne.

Je n’ai pas souvent été tendre avec l’équipe de Wilmots, et je n’avais pas de raison de l’être. Mais là, ils ont soulevé d’admiration ce torse puissant contre lequel tant tu aimes te blottir, ma câline, ma cajolée, ma langoureuse.

Les seules remarques que je ne ferais pas si je n’étais si fidèle à moi-même, concerneraient l’entrejeu : si d’une part, j’ai apprécié la vitesse du jeu développé en l’absence de Witsel, de l’autre je suis resté sceptique par rapport à la décision de poster Fellaini souvent bien plus bas que Nainggollan. De ce que j’ai toujours pu voir de ces deux indispensables, Ninja aime disposer de plus d’espace pour distiller ses longues passes géniales, cependant que Tampon Jex n’est jamais si à l’aise que quand il peut aller au contact.

Quoiqu’il en soit, voici les Belges têtes de série en vue du tirage au sort des groupes de l’Euro 2016, par la grâce de l’élimination des Hollandais – ce qui est un comble pour l’équipe classée provisoirement en tête du ranking FIFA, tu en conviendras, mon interloquée, ma rigolarde, ma surréaliste.

 

#andisr, #coyr

Pour clôturer, je te citerai un court extrait du ‘Dictionnaire Larousse du Foot’, édition 1998, remise à jour et enrichie en 2013, au chapitre Belgique :

Depuis le début des années 90, le football belge est englué dans la crise. Exode des meilleurs joueurs, moyens financiers insuffisants, désaffection du public, déconfiture du football wallon [...] ; il cherche avec une certaine angoisse la sortie du tunnel”.

Pour rebondir, il faut toucher le fond, non ?

 

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