13/09/2017

Chilouvision : Mêle-toi de tes fesses !

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On est combien à assister aux matches du Sporting, ma compteuse, mon arithméticienne, ma statistiquette ? Comment ? Beaucoup qui les voient mais toi tu les regardes ? Ce n’est pas exactement ce que j’appellerai répondre à ma question... Malheureusement, il semble que j’aie égaré au cours de mon déménagement, cette cravache qui a tant fait pour te rendre supportable. Dès lors, je me contenterai de te lâcher un petit sourire tout en me promettant de garder en mémoire ce déplorable manquement.

Or donc, puisque nous sommes « beaucoup » à nous revendiquer de la Mauvitude, nous sommes, dans la foulée, tout aussi nombreux à assumer le rôle d’entraineur de ce club que nous aimons d’un amour qui pour n’être pas charnel n’en est pas moins passionné.

Dès lors, j’aimerais que tu me détailles la manière de laquelle tu réagirais, ma coachette, mon entraineuse, ma salope, si un jour, un aréopage composé de personnalités importantes de la direction, te tenait à peu près les propos suivants :

–    Allez, notre catégorique, notre tranchante, notre exagérée, tu ne vas quand même pas laisser à la maison le merveilleux joueur qu’est Zperms alors que se profile un match de prestige conte le FC Brabant Quenast ?

–    Bah, il n’est pas en forme », justifierais-tu probablement ton choix. « En plus, il cause régulièrement aux journalisses de ‘La Première Minute’ pour me faire déféquer dans mes braies, c’est d’un agaçant achevé ».

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–    Des broutilles, que cela ! », te sourirait-on avantageusement. « Des gamineries, des enfantillages, des dix putes pour des quéquettes de bigarreaux. Songe que ce garçon nous a coûté un repas pour dix personnes au “Mieux que chez eux”, et on n’a pas besoin de te dire que ces pénibles sacripants culs-linaires utilisent un crayon à quadruple mine pour te composer des additions que seul un émir adore pour peu que dans son camp, on ne manque pas de concentration...

« Alors, nous t’en prions, revois ta position car là, si cela tourne mal, nous risquons d’éprouver quelques difficultés à te soutenir dans un futur postérieur pléonastique ».

Ça te ferait probablement grincer quelque peu des dents, ma râtelière, ma glabre du clapoir, ma pompeuse veloutée, mais étant donné que tu n’es certes pas une grosse connasse, ma lumineuse, ma délurée, mon infiniment neuronée, tu chipoterais sûrement durant au moins sept-douzièmes de seconde, avant de hocher la tête – à moins que tu ne sois d’humeur à branler le chef.

–    Pon, t’aggord », ferais-tu en prenant sur toi.

Plait-il ? Oh, désolé, je voulais dire « Bon, d’accord ».

Il n’empêche, que du coup, tu te trouverais avec la tronche vachement de biais par rapport à ce qui avait été annoncé à un parterre imposant de scribouillards de ‘Ouest Presse’, de ‘Le Matin’ et de ‘Vers le Passé’ – bref, toutes les gazettes du groupe ‘Gros Sel’ car tu avais envie de jouer un sale tour aux vilains bâvachards de ‘La Seconde Initiale’ dont que je t’ai déjà causé au sujet de leur propos que c’est tout des médisants qui font rien qu’à t’ennuyer.

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Mais pis que ça : ton revirement mettrait une pression énorme sur les épaules du dénommé Zperms car il serait évident pour tous qu’il n’aurait pas été ton choix si on t’avait laissée faire.

Heureusement, une telle situation ne risquerait pas de se produire dans le club magnifique qui t’occupe car dans cette organisation parfaitement structurée et respectueuse du travail de chacun, les dirigeants dirigent, les entraineurs entrainent et les joueurs jouent – ou pas, c’est toi qui décides.

 

Note post liminaire à l’attention des sournois, des malveillants, des lecteurs entre les lignes : toute ressemblance avec des personnes vivantes ou presque, ou avec des situations qui seraient survenues récemment au Sporting ne pourrait être que pures coïncidences tant on sait que l’auteur déborde d’une imagination nauséabonde.

Note retardataire : si le titre de la présente est au singulier, notre honoré lectorat est prié de ne pas s’en formaliser, car il s’agit là d’un simple effet de style. Il parait en effet improbable qu’une personne seule prenne l’initiative d’exercer une telle pression sur l’entraineur d’un club – et l’auteur tient à conserver au moins un semblant de crédibilité, amen.

 

 

03/09/2017

Un peu plus à l'ouest

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Chacun se souvient probablement de cette phrase mythique prononcée par le professeur Tournesol dans le « Trésor de Rackham le Rouge ». Profitant d’une marée basse de forte amplitude tombant à pieds joints au beau milieu d’un après-midi tout ensoleillé, j’ai fait comme disait ce cher Tryphon ce samedi 2 septembre 2017...

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Départ donc de Westende Bad peu avant 15:00 heures. Au large semble se disputer une régate...

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La marée n’est pas encore basse-basse, mais malgré cela, l’estran atteint déjà une taille inhabituelle.

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On est aux aguets : les endroits qui se découvrent rarement doivent nécessairement regorger de nourriture.

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Le long du cordon de dunes, un des derniers vestiges du Mur de l’Atlantique. Comme quoi tout n’a pas toujours été aussi paisible que maintenant.

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À vue de nez, il doit y avoir deux mètres de fond à cet endroit quand la marée est haute...

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Hum, pas loin de trois mètres, en fait.

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Dans un trio, il en faut toujours un qui fait rire les autres !

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Entrée de la réserve naturelle qui jouxte le domaine militaire de Lombardsijde. Un petit coup d’œil... OK, pas de drapeau rouge !

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Au fond, Nieuport et son estacade.

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IJzermonding est vraiment le refuge de milliers d’oiseaux. Un vol de sternes...

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De l’autre côté de l’embouchure de l’Yser, le poste de pilotage du port de Nieuport. Il est un peu plus de 16:00 heures.

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Le splendide vaisseau grâce auquel la Région Flamande nous permet de traverser l’Yser à pied sec et gratos... durant les weekends et pendant les vacances scolaires. Le reste du temps, il faut aller chercher le pont situé à proximité du monument au Roi Albert I (à environ trois kilomètres).

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Pas mécontent de m’assoir cinq minutes. ZZ-Top joue “Legs” dans mes oreilles...

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Bachte de Kuppe : le petit bout de la Belgique se trouvant de l’autre côté de la coupe que dessine l’Yser avant de se jeter dans la Mer du Nord.

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Nieuport, et ce bâtiment étrange, dont le look m’a toujours fasciné.

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Mais ici aussi, on attend...

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On attend que le pêcheur de crevettes revienne sur le rivage : il ramènera inévitablement dans son chalut, toutes sortes de bestioles qu’il ne voudra pas garder.

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Oostduinkerke et le Duinpark de mon enfance... Bâti en lieu et place de ce qui avait été prévu pour être un casino pour lequel les autorisations ne sont jamais arrivées.

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17:40 heures. Le flux de la marée est probablement occupé à s’inverser. L’estran est vraiment très long. Au loin, on devine le mole de Dunkerque... 

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21/08/2017

Chilouvision : Ça marche pas

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Si tes vieux avaient fait l’effort de se payer la télé dans les seventies, tu as probablement gardé le souvenir de José Garcimore, de sa voix de fausset, de son accent hispanique marqué et de ses tours de magie hilarants, ma décatie, mon amortie, mon antédiluvienne. À l’inverse, ou si tu n’es pas encore bien sèche derrière les oreilles, ma fringante, ma jeunotte, ma déflorée de frais, fais très attention : je te fournis le lien qui te permettra à la fois de te faire une idée des prestations de cet illusionniste vachement space, mais pour lever tout malentendu – jeu de mots –, le cinéma muet était déjà dépassé à l’époque. Dès lors, si tu me lis au bureau, sois prudente. Tu dis ? Tu t’en fous de tous ces gros cons qui passent leur temps à laisser tomber leur crayon à terre pour te mater les guibolles ? Eh bien, dans ce cas, clique, coco !

Garcimore employait à peu près toujours la même recette : une chute imprévisible pour son auditoire, précédée d’une préparation aussi nébuleuse que foireuse, très souvent ponctuée de quelques « Ça marche pas... » [sa marsé pa] qui faisaient hurler de rire.

Eh bien, en ce beau dimanche d’août, on a eu droit au même genre de tour... encore que pour ce qui fut de hurler de rire, on dira qu’on fera mieux la prochaine fois. Dommage, d’ailleurs, car le reste y était : une composition dans le genre surprenant, un match dont tout enthousiasme était absent et un résultat que l’on qualifiera gentiment d’imprévu – mais complètement justifié.

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Gageons par conséquent, que René Weiler a dû se dire qu’effectivement, « Ça marche pas » :

! Chipciu au back droit, ça marche pas. Le joueur est dans un creux, et on le sent bien. Est-ce physique, est-ce mental, est-ce un mix des deux ? Va savoir...

! Dendoncker, ça marche pas. Il a la tête ailleurs, il est dynamique comme un nénuphar privé de vent, mais on est obligé de l’aligner : le mettre sur le banc, c’est le pousser à quitter le club. Et si cet évènement devait se produire dans ces circonstances, à la moindre contreperformance, fuseraient les « Vous l’avez poussé à partir en ne l’alignant pas ».

! Kums a peu joué la saison dernière, il ne trouve pas ses marques, il donne l’impression d’un joueur fatigué... Bref, ça marche pas. Le sale truc, c’est qu’on est pratiquement obligé de l’aligner lui aussi : il a besoin de temps de jeu et on comprend que personne n’a envie de prendre le risque de niquer d’emblée celui qui a probablement les qualités nécessaires à pallier le départ de Tielemans.

! Obradovic, ça marche pas. Débarrassé depuis trop longtemps de toute concurrence sérieuse, il ne s’applique ni dans ses centres, ni dans sa mission défensive : on n’a pas compté le nombre de fois où il s’est fait enrhumer par un Legear qui a montré qu’il avait de beaux restes pour un joueur prétendument en fin de carrière.

! Kiese Thelin, ça marche pas. On avait apprécié ses progrès – lents mais tangibles – lors de la saison passée. On a trouvé piteuse sa prestation de ce dimanche : arriver à se faire bouffer pratiquement tous les hauts ballons quand on a sa taille, cela tient du tour de force.

 

Tu en veux encore ? Non, tu vas plutôt mater un bon vieux film de cul, histoire de te remettre le moral en ordre ? Je peux te comprendre : ce ne sont pas toujours les mêmes qui doivent l’avoir dans le truc (© Onur Kaya à l’issue de Standard – Zulte Waregem de vendredi soir).

 

 

14/08/2017

Chilouvision : Mauvaise mine (was : Et la camionnette ?)

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Dans une vie plus ou moins bien remplie, on rencontre des gens plus ou moins intéressants. C’est ainsi qu’il m’est arrivé d’entretenir de longues discussions dont je n’ai rien retiré... Tu dis ? Mais non, je ne compte pas clôturer là-dessus, tu prends ce blog pour un site putaclic ?

Bon, où on en était ? Ah oui, donc un jour, il y a bien longtemps, je tombe sur une vieille connaissance. On cause de foot évidemment, on se connait suffisamment pour ne pas risquer une dispute en parlant de politique ou de dioxine – on n’avait pas encore inventé le fipronil – et pas assez pour entamer un colloque sur les mérites culiers de nos nanas respectives.

–    Ah, le foot et les entraineurs ! », m’assèna-t-il. « Ils croient tous qu’ils ont inventé l’eau chaude mais quand ils trouvent quelque chose qui marche, ils n’ont rien de plus pressé que d’en faire un système. Et je n’ai pas besoin de te dire que tous les systèmes...

–    Portent en eux-mêmes ce qui convient pour les rendre obsolètes », complétai-je parce que je n’avais pas envie qu’il me prenne pour le dernier des demeurés.

Je ne sais pas s’il a regardé l’heure et demie pesante qu’on vient de vivre à Charleroi, mais moi oui. Et cette micro-conversation m’est revenue en mémoire.

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On sait que le planning de cette saison est différent des précédentes : le Sporting a sa qualification en poche pour la Champions League et on a remarqué assez vite que la préparation physique a tenu compte du fait qu’il ne faudra vraiment être en forme qu’aux environs du 10 septembre. Aucun besoin d’être prêt plus tôt : une saison est longue et il importe d’éviter le plus possible un éventuel passage à vide.

Bien sûr, il y a des matches avant les débuts européens, mais c’est la saison régulière et si l’expérience nous montre qu’il est téméraire de la snober, il n’est pas non plus obligatoire de l’attaquer pied au plancher.

Parallèlement, on a déjà bien pigé que tout le monde ne regarde pas exactement dans la même direction : si les cas de Kara et de Teo semblent réglés, on n’est pas sûr du tout que Dendoncker restera. À vrai dire, on a un peu le sentiment que le joueur lui-même est tracassé, à un point tel qu’on ne le reconnait plus : où est passée la locomotive qui tirait ses coéquipiers vers l’avant la saison dernière ?

Au-delà de cela toutefois, l’articulation de l’équipe pose problème, estimé-je. En effet :

M  Tout a vraiment commencé à bien fonctionner quand Weiler est parvenu à faire passer son message, probablement aux environs de septembre 2016 : d’abord défendre. Éventuellement attaquer ensuite, mais sans s’exciter : simplement aller très vite porter le danger quand l’adversaire perd le ballon. En abandonnant l’initiative à ses opposants, le Sporting les incitait à attaquer, et donc à laisser dans leur dos, des espaces au cœur desquels Teo s’est beaucoup amusé.

M  Parmi les entraineurs officiant en Belgique, cependant, il n’y a pas que des crétins congénitaux. Certains ont développé la parade plus vite que d’autres et si tu t’en souviens, ma dispersée, ma confuse, ma tête de linotte, on a déjà éprouvé bien des difficultés la saison passée, avec le Charleroi de Mazzù. Parce que la parade au système Weiler n’est pas trop compliquée : il suffit de pratiquer de la même manière.

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La conclusion vient d’elle-même : il va falloir aligner un entrejeu plus créatif afin d’éviter de se retrouver continuellement dans une espèce de débat “René contre Weiler”. Car pour tous nos adversaires, un 0-0 bien tassé constitue un résultat parfaitement honorable face à Anderlecht : tant qu’on n’aura pas marqué au moins un but, la situation restera verrouillée. Ainsi que cela s’est passé ce dimanche – avec en plus, le fait qu’on a encaissé une mine inarrêtable histoire d’être sûr que les Carolos puissent nous attendre à l’aise. Plait-il ? « Et même une deuxième » ? D’accord, mais celle-là n’a eu aucune influence sur la rencontre.

On peut gloser à l’infini sur l’inefficacité de Teo, sur les errements de Chipciu, sur les limites d’Appiah. Mais toujours est-il que ce ne sont pas ces joueurs qui sont supposés s’occuper d’orienter le jeu. Or, l’entrejeu Mauve s’est fait carrément bouffer par Diandy. On connait Christophe, on sait que c’est un battant, on lui reconnait du talent et à 26 ans, il a engrangé pas mal d’expérience. Mais de là à manger tout crus des Kums, des Dendoncker et – plus difficilement – des Trebel, il y a de la marge...

Donc, au boulot, René : le propre des grands entraineurs, c’est de savoir se remettre en question et de ne pas tenir pour acquises, les vérités d’hier.

***

L’évènement du weekend, ce ne furent toutefois ni la défaite du Sporting Mauve, ni celle du Standard, ni les deux buts de Romelu, ni l’assist de son frangin, mais bien l’incroyable négation de l’assistance vidéo par l’arbitre de la rencontre Zulte Waregem – Club Bruges de vendredi soir.

On le sait désormais, la personne chargée de visionner les images des matches – le video-referee, pour le dire en bon français – bénéficie d’une installation mobile qui lui permet de remplir son office dans les conditions les meilleures. On n’a en effet, pas lésiné sur le matos à la Fédération, tout en tenant compte d’un facteur important : la discrétion.

Car s’il y a bien quelque chose qu’il convient d’éviter à tout prix, c’est que le matériel – surtout – et les personnes en charge – aussi, mais c’est moins cher à remplacer – puissent se retrouver aux prises avec des hordes de hooligans assoiffés de sang ou de bière ou des deux. Ou même, que le video-referee se retrouve en butte à des tentatives de corruption plus ou moins bien orchestrées.

On s’est donc d’abord attaché à dénicher un véhicule moderne et confortable mais pas trop voyant, et qui surtout, ne soit pas aux couleurs d’un des clubs de la Pro-League.

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Après de longues discussions tenues lors de réunions ultrasecrètes, dont même les jetons de présence furent réglés sur des comptes anonymes, le choix s’est porté sur le bolide dont la photo figure ci-dessus – du moins jusqu’à ce qu’un huissier ne débarque chez moi pour me sommer de l’enlever.

Ainsi que l’on peut le remarquer, la camionnette, fraichement repeinte, est strictement anonyme et elle est suffisamment spacieuse pour accueillir non seulement, tout l’équipement nécessaire, judicieusement regroupé afin de ménager un espace de travail convenable, mais aussi de quoi se sustenter et s’hydrater – aux dernières nouvelles, c’est Jupiler, sponsor de la Pro-League comme chacun le sait, qui prend le catering en charge.

On m’a bien entendu, envoyé sur les roses quand j’ai voulu photographier le matériel vidéo, mais j’ai réussi à prendre un cliché de l’intérieur de la cabine de pilotage qui montre que l’on a réellement été très pointilleux sur le plan du confort et de la sécurité – rien qu’à le voir, on devine que le conducteur dispose d’un airbag intégré dans son t-shirt.

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Alors, franchement, j’aimerais beaucoup que l’on me dise pourquoi l’arbitre de Zulte Waregem – Club Boerois s’est refusé à rentabiliser l’investissement technologique colossal consenti pour lui permettre de se planter le doigt ailleurs que dans l’œil !

31/07/2017

Naaah, j'déconne (Saison d'œufs : Le Martyre d'un Surimi cacochyme)

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Chiffre préféré des carnivores frustrés – car qui mangue un neuf, papaye un bœuf –, le 9 est d’autant plus plaisant qu’il s’est fait la coupe au carré de 3 et que, ainsi que c’est le cas pour ce dernier, dans le système décimal, un nombre est divisible par neuf (trois) si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 9 (3).

Ainsi donc :

738 ==> 7+3+8=18==> 1+8=9

[738 est divisible par 9]

741 ==> 7+4+1=12==> 1+2=3

[741 est divisible par 3]

Tu dis ? Tu trouves ça cool ? Oué, moi aussi. Mais ne te fatigue pas : 3 et 9 sont les seul nombres avec lesquels ça fonctionne.

Par ailleurs, je ne sais pas si on enseigne encore beaucoup le calcul mental en classe, mais toujours est-il que tu te souviens peut-être de la preuve par 9, ma surannée, mon antiquité, mon antédiluvienne : en simplifiant une multiplication ou une addition par l’addition des chiffres composant ses facteurs (termes), on peut vérifier si une opération n’est pas fausse. La preuve par 9 permet en effet de savoir si une opération effectuée est fausse ; pas si elle est juste. Si tu te souviens vaguement du truc mais qu’un peu plus de détails te rappelleraient tes années d’école primaire avec un doux sourire : clique.

Parallèlement, dans la recherche d’erreurs, 9 joue un rôle intéressant. Ainsi, quand les additions de deux séries de nombres seraient supposées donner le même résultat mais que ce n’est pas le cas et que la différence est divisible par 9, c’est qu’un nombre a été écrit en inversant deux chiffres dans une des deux colonnes.

Ainsi :

21+10+32 = 63

11+20+23 = 54

Plait-il ? « C’est ridicule de s’encombrer le cerveau avec ces conneries alors qu’on a tous une calculette parmi les applications de notre smartphone et que désormais, les colonnes de nombres, ce sont les ordinateurs qui les additionnent » ?

Ouais, tu as sûrement raison. Encombre-toi plutôt le cerveau avec autre chose.

 

29/07/2017

Chilouvision : À la bolognaise

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Avoue-le : il y a exactement un mois et demi que tu l’attendais, cette reprise du championnat. Parce qu’on sait comment ça marche : les derniers jours de mai, tu laisses la pression retomber tout en réglant posément les merdes que le stress de la fin des play-offs t’a poussée à négliger. La première quinzaine de juin, c’est comme si tu étais en vacances, mais par la suite, tu te remets à rêver de courses croisées entre deux attaquants intenables, à te rappeler des pénaltys non sifflés bien que flagrants, à cauchemarder à propos de déchirures ligamentaires survenues à l’improviste lors d’un entrainement, ...

Juillet, c’est carrément l’enfer. Pourtant, tu fais comme les Français quand ils ont envie qu’on les prenne pour des Belges une fois : tu mords sur ta chique – pour information, une « chique » en Bruxellois, c’est pas ta nouille, hein, Parisien tête de chien, c’est un abcès dentaire. Et quand tu es un vrai de vrai, avec une paire bien accrochée, tu n’hésites pas à mordre dessus pour le faire exploser, histoire qu’il te fiche la paix !

Mais tout a une fin, comme tu te disais crânement quand ton prof de français t’obligeait à lire « À la recherche du temps perdu »[1] pendant tes vacances scolaires. Si bien qu’après la Supercoupe – aimable hors d’œuvre que tu vécus comme une mise en jambe – vint enfin l’habituelle conférence de presse d’avant-saison, prélude à ce premier match que tu attendais depuis si longtemps.

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C’est le sourire aux lèvres et l’haleine fraiche que tu parcourus la presse. Quelques déclarations te firent un peu sourciller car tu détestes par dessus tout, lire que « le Sporting a une meilleure équipe que l’an dernier, sur papier ». Depuis le temps où le Standard était champion sur papier au début de chaque saison – avec les années de vaches maigres, ils ont gagné un peu de modestie, c’est toujours ça de pris – tu t’es bien fixé les idées à ce sujet : le foot se joue sur du gazon.

Et là, les choses se présentaient un peu bizarrement : il doit bien exister des vidéos de matchs disputés par l’Antwerp la saison passée, mais pas dans la même division. Et pas sous les ordres du même entraineur non plus... En causant de lui, il est devenu comment, le Laszlo ? Il a un peu réfléchi depuis le temps où il félicitait Witsel d’avoir cassé la guibolle à Wasyl, ou bien c’est toujours le même enculé ?

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Tu hausses les épaules, mon optimiste, ma positive, mon insouciante... Et en dépit de l’état un peu bizarro des installations, le match commence. Et tu as vite pigé : tu me jettes un regard inquiet que je fais semblant de ne pas remarquer. Mais après vingt minutes de jeu, je te rejoins dans tes craintes : Bölöni a bien regardé la manière de laquelle le Sporting de cette saison manœuvre sous la houlette de Sven Kums. Et il a réagi préventivement avec autant de simplicité que d’efficacité, en massant du monde autour de Kums de manière à l’empêcher d’orienter facilement les relances.

C’est peut-être un peu dégueulasse à dire, mais je suis certain que si René Weiler avait mieux connu la mentalité de Bölöni, il aurait aligné Stanciu d’emblée pour laisser Kums sur le banc : ce genre d’entraineur ne fait pas de cadeau et comme il est trop tôt dans la saison pour qu’il connaisse vraiment les points forts et les points faibles de sa propre équipe, il a surtout veillé à transformer les qualités de Kums en défauts. Car si tout le monde aime voir jouer quelqu’un comme Kums, il rend prévisible le football pratiqué par l’équipe qu’il anime.

Néanmoins et en dépit de l’effacement de Kums, le Sporting l’aurait probablement emporté sans la performance de Bolat dans les buts de l’Antwerp. Voyons les choses en face : ce type dont j’ai toujours détesté les allures de matamore m’est apparu changé. Et pas seulement car il porte désormais la barbe : sobriété dans ses gestes, concentration maximale, visiblement très affûté physiquement... Parfois, les gens apprennent de leurs échecs.

On verra comment René réagira à ce revers – car quoi qu’il dise, perdre d’emblée deux points, ce n’est pas une demi-réussite. Mais dans mon esprit, il n’y a pas de joueur protégé au Sporting et Kums doit impérativement être placé sur le même plan que tout le monde. Tu dis ? Mais non, t’es dingue ? Je l’adore. Toutefois, il y aura des matchs pour lui et d’autres dans lesquels sa façon de jouer sera un handicap.

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Un petit mot enfin, à l’adresse de nos amis journalistes qui durent travailler dans des conditions pour le moins inhabituelles ce vendredi. Plait-il ? Ah ben ouais, déjà qu’ils ne paient pas leur place, se la ramener au motif que c’était un peu dur sous leurs fesses, c’est peut-être bien déconner en effet.

 

[1] À la recherche du temps perdu. Les années ayant passé depuis, tu t’es rendu compte que le pensum logorrhéique de Marcel Proust a ceci de commun avec « Das Kapital », de Karl Marx et Friedrich Engels : tout le monde en cause mais personne n’a eu le courage de le lire en entier. Autant dire que le temps recherché a été perdu pour de bon.

22/07/2017

Naaah, j’déconne (Saison 1, avertissement – traduit du sanskrit du Moyen Âge)

8.jpgOn causait des problèmes de créativité l’autre jour, à propos du 6, rappelle-toi. Plait-il ? T’étais pas là, rapport à un surentrainement au niveau du coude en vue de la nouvelle saison de football ? On en est infiniment triste pour toi... Mais bon, on soulignera que sur le plan de la créativité, le glyphe 8, c’est pas terrible non plus.

Par exemple quand tu poireautes au téléphone au motif que toutes les lignes de ces enculés sont occupées, qu’est-ce que tu dessines machinalement au moyen du joli stylo Parker qu’on t’a offert pour ta fête des pères ? Des huit. Quand tu suis une belle pouf en rue – par inadvertance, précisons, car tous les pervers ne sont pas des satyres – et que tu lui imagines un stylo Parker – pas celui de la fête des pères, hein, on peut être pervers tout en respectant ses enfants – dans le cul, qu’est-ce qu’elle dessine sur le trottoir ? Des huit. Quand tu l’abordes et qu’elle répond « D’accord, du moment qu’après, on va baiser comme des malades » au moment où tu lui demandes si une invitation au restau lui ferait plaisir, qu’est-ce qu’elle choisit ? Des huîtres. Et quand tu te fais chier dans des embouteillages à dix heures du soir car si les piaules ne sont pas trop chères par là, c’est aussi le quartier de la Foire du Midi, qu’est-ce que tu mates pour tenter de juguler ta mauvaise humeur ? Le grand huit !

Donc, il y a des 8 partout, à un point tel que c’en devient banal. Pourtant, 8 sur 10, c’est plutôt pas mal comme note, as-tu toujours considéré. Si tu tapes 8 dans Wikipédia, on te montre une particularité liée au chiffre 8 et aux deux unités qui le séparent de 10... De quoi amuser les enfants que tu t’es engagé un peu témérairement à garder en ce premier jour des soldes d’hiver et alors que la météo est bien crapuleuse.

Voyons toutefois les choses en face : 8 figure dans la suite de Fibonacci et en plus, c’est un cube – celui de 2. Il signifie le dernier saut d’unité sur les quatre bits du binaire, puisqu’on le représente sous la forme 1000.

En hexadécimal, 8 bits forment un octet, ce qui représente un caractère. Les permutations binaires (de 0000 0000 à 1111 1111) sur un octet se montant à un maximum de 256, tu sais maintenant pourquoi le nombre de caractères différents sur un ordinateur est de deux cent cinquante-six. On dit « Merci, qui ? ». Quoi ? Quelle est la salope qui a crié « Merci Jacquie et Michel » ?

21/07/2017

Naaah, j’déconne (Saison 1, Introduction aux prémisses de l’avant-propos du pilote)

7.jpgLe nombre de jours que compte une semaine, sebt en arabe, shabbat en hébreu, SE7EN à Hollywood, 7 partout ailleurs où la main de l’homme a déjà mis le pied...

Pour dire les trucs comme il convient, il y a pas mal de croyances et de superstitions qui entourent le nombre 7 : les 7 péchés capitaux, les 7 prophétesses de la religion juive – Tu dis ? Euh... Sarah, Deborah, Myriam, hum, enfin ouais, quoi, tu les reconnaitras facilement, tous les autres prophètes sont des mecs –, les 7 merveilles du monde... Quoi ? Naaah, jeu, 7 et match, ça n’a pas de rapport, je crains. Par contre, si tu as sept fils, le roi sera le parrain du 7ème et il s’appellera Philippe – donc fais gaffe car si un des six premiers porte déjà ce prénom, ça va être la merde. Et si tu as sept filles, c’est Mathilde qui sera la marraine de ta petite dernière. Un conseil en passant : dis à ton mec de ne pas essayer de la coincer dans les cabinets car bien que de la noblesse, elle n’a pas l’air d’être du genre à avoir la raie putation, si je me fais bien comprendre.

Enfin, bref, 7 c’est aussi le quatrième nombre premier dans la progression arithmétique et le deuxième nombre premier de Mersenne. Après 4 et 6, 7 est le premier nombre impair à être absent de la suite de Fibonacci, mais vu que tu t’en fous du nombre d’or depuis que les écrans sont devenus 16:9, je serais malvenu d’insister là-dessus.

En binaire, 7 s’écrit 111, c’est-à-dire qu’il correspond à 22+21+20. Plait-il ? Le binaire, t’as jamais pigé à quoi ça servait ? Huhuh... Personne, en fait, sauf les ordinateurs. C’est un peu comme le téléphone : tant qu’il n’y en avait qu’un, on ne voyait pas bien ce qu’on pourrait bien foutre avec une connerie pareille. Hélas, une fois qu’on a eu pigé, on s’est dit qu’on aurait préféré rester dans l’ignorance.

20/07/2017

Naaah, j’déconne (Saison I, addendum à l’épilogue de la postface)

6.jpg6 est représenté dans la notation arabe, par le glyphe inversé du nombre 9 – à moins que ce ne soit le contraire, va savoir – ce qui permit aux érotomanes de trouver un surnom plaisant à la figure dite de la « tête bèche » mais qui n’en dénote pas moins un certain manque d’imagination de la part de celui qui créa la suite des chiffres. À moins que l’on ne fût vendredi, et que ses potes ne l’attendissent pour l’apéro : tu sais comment ça va, tu te promets de régler cette connerie lundi à la première heure, puis ton boss te trouves un machin urgent à faire car sinon demain, il va se retrouver dans la merde et ça, il ne te le pardonnera pas, résultat des courses, tu perds le truc de vue...

Bref, par la décomposition de 6 en facteurs premiers, on obtient la suite des deux premiers nombres premiers (2, 3) dans la progression arithmétique. Comme tous les produits de deux nombres premiers, 6 n’est divisible que par ces nombres. Et il s’agit d’un nombre pair, comme tous les produits dont au moins un des facteurs premiers est 2.

D’une façon générale, 6 entretient avec 3 des rapports et trois étroits : par exemple, un cube a six faces, mais c’est aussi une élévation à la puissance 3 et de plus, on obtient 6 en additionnant les trois premiers nombres de la progression arithmétique (1+2+3), ou encore en additionnant les deux premiers nombres pairs de cette même progression (2+4), mais bon, ça, j’aurais dû l’enlever du paragraphe qui cause de 3.

Notons encore que 6 est le premier nombre à exiger deux mains de ceux qui comptent sur leurs doigts, tout en étant le premier nombre pentagonal centré après un.

Quoi, « Après un quoi ? ». Ben, après 1, quoi, qu’est-ce que tu peux être lourde, bon sang !

19/07/2017

Naaah, j'déconne (Saison I)

5.jpgDeuxième nombre premier de Fermat, et un des cinq nombres de Fermat dont on est sûr qu’ils sont premiers, 5 est aussi le sixième nombre de la suite de Fibonacci. Accessoirement, 5 est aussi le seul nombre premier à être le jumeau de deux autres nombres premiers : 3 et 7.

Tous les nombres divisibles par 5 se terminent obligatoirement par 0 ou par 5 ; et tous les nombres se terminant par 0 ou par 5 sont nécessairement divisibles par 5.

Par ailleurs, 5 est aussi un nombre de Pell (les burnes), mais si tu as pigé à quoi se rapporte effectivement la suite de Pell (le jonc), je t’adresse mes félicitations admiratives. Plait-il ? Ah ouais, super sympa, mais là, euh, j’ai laissé du lait sur le feu...

07/07/2017

Chilouvision : Raide Boule

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Tout le monde sait que tu aimes le foot, ma passionnée, mon inconditionnelle, ma fanatique. Et que dès lors, ce premier match sérieux de préparation avait requis toute ton attention. Pourtant, ainsi que ne le manqueront pas de souligner tous les grands connaisseurs, ces matchs amicaux d’avant-saison ne signifient pas grand-chose. Sauf que, comme le faisait remarquer la bonne du boulanger avant de nettoyer les cabinets, on a bien dû constater qu’il y a du pain sur la planche.

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Dans une Red Bull Arena bien peu garnie, le Sporting de ce vendredi soir nous a effectivement rappelé de manière désagréable, celui qui nous avait fait mal aux yeux en septembre 2016 : une circulation de balle d’une pauvreté confondante, des hésitations défensives coupables et un Matz Sels semblant glisser sur la même pente que le malheureux Davy Roef d’il y a dix mois. On ajoutera à cela que le brassard de capitaine sembla bien lourd à porter pour Leander Dendoncker visiblement orphelin de Tielemans, que Spajic est loin de sa forme de la saison passée, et que Kums ressemble à un N° 10 comme un fer à repasser ressemble à une Formule 1.

Au rang des circonstances atténuantes, on dira que les Autrichiens parurent nettement plus avancés dans leur préparation, les combinaisons lumineuses s’enchainant en un temps avec une facilité dérisoire devant un entrejeu anderlechtois statique et peu convaincant. Reconnais-le, 3-0 à la mi-temps, cela eut le don de sévèrement te défriser la toison pubienne. Plait-il ? On n’est plus dans les seventies, tu t’étouffes la touffe ? Eh bien, tout mon respect à Gillette, la perfection au masculin.

Là-dessus on est en deuxième mi-temps et ces autres chiens tapent d’emblée sur la barre... Bon, on ne va pas encore un peu se décider à hausser le rythme ? Si, puisque Stanciu – plutôt transparent jusque là – inscrit enfin le but d’ouverture pour le Sporting à la 50ème, peu après (ou avant, n’sé plus) que Sowah fut monté au jeu pour Obradovic.

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Quelques minutes plus tard, Teo tire sur le gardien de but adverse consécutivement à une erreur de défense des sales bourgeois... Ça s’animerait enfin du côté Mauve ? Presque : après un but de Teo annulé pour un off side plutôt douteux, Red Bull remet ses ailes en place en profitant d’une sortie tardive de Sels. Dans la foulée, Ganvoula remplace Teo, Deschacht prend la place de Delcroix, Kums disparait au profit de Hanni, Chipciu se substitue à Bruno, et ainsi de suite supplée et cætera dans le carrousel habituel mais désarçonnant des matchs de préparation.

170707 Chilouvision Raide Boule 3.jpgLe Sporting termine le match nettement mieux qu’il ne l’a commencé, avec entre autres, une tentative lointaine mais très dangereuse de Gerkens. Toutefois, disons-le tout net, ça te fait une belle jambe, ma podagre, ma jatte enculée, ma pute hantée...

Au rayon des satisfactions, on notera surtout les nouveaux maillots away : d’une part, portés sur des shorts mauves, ils sont déjà moins pires que sur des blancs et de l’autre, ils permettent de différencier facilement les joueurs qui se donnent à fond de ceux qui ne sont venus que pour figurer sur la photo d’avant match. On aura néanmoins noté la bonne tenue de Hannes Delcroix et l’entrée au jeu énergique de Manu Sowah, de même que l’activité déployée par Stanciu une fois qu’il put retrouver sa véritable place de soutien d’attaque.

Pour le reste, René, retrousse-toi les manches : le chantier n’est certes pas plus effrayant que celui d’il y a un an, mais il n’empêche que chantier il y a. Espérons seulement que tu mettras autant de cœur à relever un défi moins difficile et donc moins valorisant...

 

05/07/2017

Les Gens sans Foot : Plus que 17 fois dormir

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Chaque année, c’est la même rengaine : dans un premier temps, tu accueilles la trêve estivale avec une certaine dose de philosophie, ma sagesse incarnée, ma grande pragmatique, ma fataliste résignée. L’entre-saison te donnera l’occasion de déployer des activités essentielles que l’empilage des matchs et le stress de la fin du championnat t’avaient fait négliger. Comme par exemple, ranger le tiroir à chaussettes parce que tu en as marre de mettre toujours les mêmes sept paires, semaine après semaine au fur et à mesure des lessives ; ou encore, laver les vitres de la chambre car franchement, c’est à peine si on voit encore à travers et si tu ne t’y mets pas en été, ce sera reparti pour un an. Éventuellement, tu en profiterais volontiers pour déménager mais bon, si le courage est une qualité, la témérité est un défaut, et vu le boxon que tu as accumulé depuis le temps que tu crèches ici, laisse tomber.

170705 GSF Plus que 17 fois dormir 2.jpgPuis juin arrive. Tu profites tant que tu le peux des longues et douces soirées que te propose l’été, mais voyons les choses comme il convient : à force de t’asseoir dans ces fauteuils de terrasse inconfortables, tu commences à avoir les fesses douloureuses, sans compter que picoler tous les jours pour se rafraichir, ça tape à la fois dans ta tête et dans ton cuir.

Alors, tu te remets à lire les gazettes. Avouons-le, ce n’est pas ce qu’il s’y raconte qui réussit à t’occuper réellement l’esprit, surtout que la campagne de transferts du Sporting a été rondement menée et que plus personne n’attend de véritable surprise sur ce plan.

Parallèlement, tu suis toujours les réseaux sociaux, mais sans parvenir non plus à te passionner pour les dernières nouvelles de demain dont ils t’abreuvent. Attention, tu y apprends des choses intéressantes, mais comment dire... Si je me fais bien comprendre, tu vivais aussi bien sans savoir que le gardien de but de Tubize avait signé à Metz, par exemple.

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Heureusement, il y a Wimbledon. Mais je te connais, ma pointilleuse, ma chipoteuse, ma poildecuteuse : le grand tournoi anglais ne vient pas à la cheville de Roland Garros dans ton esprit. « Ça va trop vite, les jeux sont bâclés sans qu’on n’ait droit aux terribles rallies de la terre battue, c’est pas rigolo ». Amen... Dès lors, il ne te reste plus que le Tour de France.

Cela te plait déjà plus, bien que traditionnellement, les premières centaines de kilomètres ne soient que de gentils échauffements préparatoires aux étapes de montagne qui te font saliver à l’avance – surtout que ce n’est pas toi qui roules.

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Tiens, à l’issue de l’arrivée tumultueuse à Vittel, Sagan s’est fait jeter dehors avec un gros carton rouge pour avoir balancé sévèrement Cavendish dans les balustrades. « C’est con », réagis-tu. Car tu l’aimes bien avec son sourire comique, ses longues douilles et l’arrogance amusée avec laquelle il répond aux interviews dans son broken english.

Ben ouais, mais il y a des trucs qu’on ne fait pas à certains endroits. On le sait, les sprinters se conduisent comme des voyous : on se frotte, on se balance des sales coups en douce, on se barre mutuellement la route, le tout lancés à 70 km/h. Mais envoyer dinguer un collègue dans des barrières métalliques et lui occasionner par la même occasion, une fracture à l’épaule, c’est quand même très incorrect.

Plus que dix-sept fois dormir avant que la saison ne reprenne... Tu as lu des trucs sur Facebook, au milieu des rébus avec lesquels d’aucuns passent le temps et qui, passagèrement te font gentiment rire : tu sais que certains n’iront pas voir le Sporting disputer la Supercoupe contre Zulte Waregem ce 22 juillet. Tu te demandes comment ils font... Pour ta part, tu attends d’ores et déjà avec impatience, ce vendredi 7 et le match amical télévisé que les Mauves joueront en Autriche.

Non que cela te passionne plus que le reste, mais il te tarde de voir à quoi l’équipe ressemblera... Globalement, les gens s’en foutent évidemment, mais pas toi !

23/06/2017

Chilouvision : Caisse à dire ?

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Je vais te faire une danse confite, ma mijotée, mon ébouillantée, ma transpiratrice : j’en ai plein le euh... dos. Ras la patate de ces caisses dans lesquelles je dispose les trucs, les machins, les choses que je décide de conserver, de ces sacs poubelles dans lesquels je vire le reste, de ces souvenirs qui m’assaillent à chaque armoire que je vide, à chaque placard que j’attaque, pour ne pas te parler des tiroirs que je découvre. Vraiment, je suis sursaturé de tous ces objets dont l’existence eut probablement une justification à un moment, mais auxquels j’ai trop longtemps foutu la paix depuis, ainsi que de la poussière domestique que je soulève en remuant ces vieilleries, et qui vient se coller à ma peau moite de caniculé de juin.

Car si tu ne le savais pas encore, je te l’annonce : je déménage. Je bouge, je m’évacue, je calte, je dégage, je me taille, je me casse, je m’évapore, je me dissipe, je me prends par la main, bref je m’en vais le ferrailleur, c’est bath ailleurs.

Bah, ça arrive à tout le monde : on est sédentaire mais pas ad vitam æternam... Toutefois, après plus de vingt ans passés dans une vaste maison où il y avait toujours l’espace qui convenait pour ne pas jeter quoi que ce soit qui pourrait être utilisable un jour, sait-on jamais, ai-je réellement besoin de t’exprimer l’ampleur de la tâche à laquelle je me suis attelé ? Tu dis ? « Non » ? Il me semblait bien...

Donc, pendant que tu es apparemment terriblement occupée à supputer – cela signifie ‘évaluer’, no offense, ma chienne lubrique, ma trainée lascive, ma frénétique nymphowoman – de quels transferts René Weiler aurait encore l’usage ou quels joueurs décideront d’aller respirer un air différent de celui de Neerpede d’ici à la fin août, j’ai décidé unilatéralement et à l’unanimité plus ta voix, de m’offrir un petit break en matant Cameroun – Australie en ce chaud jeudi 22 juin. Plait-il ? En Coupe des Connes Fédérations, en effet... Si ça te dérange, dis-le. Ça ne changera rien, mais tu as le droit de t’exprimer, on est en démokratie.

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À dire vrai, je m’attendais au départ, à une sérieuse opposition de style : d’un côté je croyais, un peu naïvement dois-je bien reconnaitre, pouvoir me délecter du foot chatoyant et versatile propre à l’Afrique Noire, tandis que, toujours dans mon esprit, l’Australie n’allait pas manquait de pratiquer le jeu direct et généreux à l’excès que le Championship anglais symbolise si bien.

Si je ne m’étais pas vraiment gouré en ce qui concerna les Aussies, en revanche, je m’étais carrément collé le doigt dans l’orbite au cul l’air à propos du Cameroun, décidément déjà porteur de la marque de notre très cher Hugo Broos – un des rares joueurs que j’ai vus à l’œuvre et qui était capable de disputer un match entier sans jamais toucher le ballon (en revanche, les chevilles et les protège-tibias de ses adversaires...).

Verdict pour les Camerounais : plus Européen comme jeu, tu meurs. Après cinq minutes, on avait pigé : le match s’est résumé à une succession de duels au couteau et de petits coups plus ou moins en douce, portés sous le regard bien complaisant d’un arbitre peu à son affaire – et de plus, guère aidé par un vidéomane qui avait sans doute testé la vodka locale. Car accorder un pénalty sur un sliding tackle très pur, dont l’auteur frôle un Aussie – lequel en profite bien sûr pour s’effondrer comme un terroriste se dégustant une rafale en pleine Gare Centrale –, ça m’a paru un peu exagéré pour le dire poliment.

Pour m’exprimer de façon claire, l’ensemble me donna envie de retourner à mes cartons et à mes bandes collantes, et surtout pas de m’accorder une nouvelle pause afin de mater Allemagne – Chili ce soir. Tu dis ? Vu l’allure de leur pays, les Chiliens seront désavantagés par la largeur du terrain ? Putain, l’étang sont durs, comme on dit quand il gèle à pierre fendre...

Hmmm ? Le résultat ? Ah oui, 1-1 : un but en contre, assez joli des Camerounais en toute fin de 1ère mi-temps, contrebalancé par le pénoche des Australiens, que je t’en ai déjà causé à propos de l’explication du sujet auquel il se rapporte – le concernant, si je me fais bien comprendre.

En d’autres termes, tu as bien fait de rester assise à cette terrasse, il n’y avait pas de quoi fouetter une belle-mère, surtout par ces chaleurs – sans blague, elle croit que c’est fête tous les jours, celle-là ?

22/05/2017

Chilouvision : No comment (ou presque)

On se plaint parfois du niveau de la Jupiler League. Et on a raison : déjà, faire disputer la finale de la Coupe avant le début des play-offs ne ressemble à rien de connu. Tant qu’à faire, pourquoi pas en tout début de saison, de façon que le vainqueur puisse prendre l’entièreté du championnat par dessous la jambe ? Ce serait cool ! Avec déjà sa qualification européenne, le club en question pourrait se contenter de faire juste ce qu’il faut pour ne pas être relégué : le stress étant l’ennemi de l’homme – et de la femme aussi, mon inquiète, mon anxieuse, ma rongeuse d’ongles – ce serait autant de pris dans la quête de cette zenitude à laquelle tous nous aspirons.

Que dire alors de la manière de laquelle se terminèrent ces play-offs ? Scandaleux ! Non seulement la dernière journée ne servit qu’à départager deux équipes à dominante bleue dont je viens d’oublier les noms – ce n’est pas grave, ça me reviendra –, mais de plus tout cela fut complètement désorganisé : champions à l’extérieur, sans blague... Mais que font les arbitres ? Ils attendent l’aide vidéo ? Eh bien, ça promet : la saison prochaine, le Sporting sera champion en mars !

Bref, ci-après, quelques photos soigneusement tripotées car si on s’accorde globalement à me trouver du talent – tu dis chérie ? Eh bien ouvre la fenêtre ! –, il se trouve probablement ailleurs que dans mon appareil pornophotographique.

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Merci à Pat, d’Anderlecht Online pour cette photo. La prochaine fois, toutefois, si tu pouvais un peu me bronzer tout en atténuant le hâle de mon pote Mike, merci d’avance...

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Chris, tu nous manques, bon sang ! Reviens faire la fête avec nous, ton absence était la seule ombre au tableau de cette saison si spéciale...

 

19/05/2017

Chilouvision : 90 minutes pour rire

C’est parti ! D’après un de ses cousins, Massimo Bruno serait en contacts très avancés – ne comprends pas ‘avancés’ au sens de ‘30% de remise car la date approche’, ma malicieuse, mon ironique, mon sarcasme ambulant – avec ....................................................... (je te laisse de l’espace afin que tu puisses indiquer le nom d’un club qui te paraitrait éventuellement peu improbable, mais n’en profite pas pour me saloper mon texte, merci d’avance).

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170519 CV 90 minutes pour rire 2.jpgCar c’est désormais chose faite : la saison est pratiquement terminée. Et donc, le Sporting vient de remporter le 34ème titre de son histoire. Tout le monde Mauve en est ravi évidemment, tandis qu’ailleurs, on met en avant le fairplay en reconnaissant les mérites de l’équipe, du staff, de la direction, du personnel de nettoyage, du concepteur des pompes à ballon, etc. Enfin, en apparence du moins. Car in petto, c’est donc bien là qu’ils l’ont ! Toutefois, antisportifs comme tu les sais, ils se garderaient bien de tirer la gueule, ne serait-ce que pour ne pas encore augmenter ta joie d’avoir gagné, du plaisir de les avoir vus perdre.

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Rappelle-toi, ma chenue, ma décatie, ma vieillasse : le premier succès Mauve fut conquis à l’issue du championnat de 1947. Il y a donc cinquante-vingt ans, comme devraient dire nos amis français s’ils faisaient preuve d’un minimum de cohérence dans leurs délires numériques usuels. Ce qui fait que nous nous retrouvons face à une véritable abomination, un évènement d’une infinie tristesse, un sacrilège épouvantable : non, le Sporting n’est plus champion une année sur deux. Pour nous retrouver pile dans la moyenne, il faudra que René se retrousse sérieusement les manches et nous offre encore deux titres, en 2018 et en 2019.

Sérieusement, souviens-toi de la fin de « Fais pas ta crise ! », qui racontait les play-offs 2013-14 :

170519 CV 90 minutes pour rire 3.jpgOlga termine l’après-midi avec la gorge en feu à force d’avoir chanté à tue-tête ‘We are Anderlecht’ et compagnie. À un point tel qu’elle se plaint auprès du Maitre.

–    Moi très mal gorge », fait-elle dans un chuchotement tant elle a l’élocution douloureuse.

–    Allons bon ! », lui sourit le Maitre avec bienveillance. « Ouvrez donc la bouche bien grande et faites-moi voir cela ! »

–    Toi pas docteur ! », proteste faiblement la Polonaise.

–    Moi pas docteur, mais toi faire comme je dis ! Putain, est-ce que vous croyez vraiment qu’il faut dix-huit diplômes universitaires pour diagnostiquer une angine ou une laryngite ?

Elle voudrait encore regimber, ne serait-ce qu’au motif qu’il est méchamment sous l’influence de la bibine, mais parler lui demande trop d’efforts, aussi se résout-elle à offrir au Maitre le panorama de ses amygdales.

–    Dites trente-trois ! », lui ordonne-t-il.

–    Kurwa ! », explose-t-elle en refermant la bouche si vite que le Maître a tout juste le temps de se mettre les doigts à l’abri. « Moi pas encore arrêté de dire ça tout l’après-midi ! »

Franchement, René, tu ne vas pas nous laisser avec sur les bras, un nombre aussi bidon que 34, j’espère ! Qu’est-ce que tu veux qu’on foute avec un truc pareil ? Quoi ? Z’est teux vois tix-zept ? Ben ouais et après ? En dehors du fait que le produit de deux nombres premiers n’est divisible que par ces deux nombres et qu’un nombre premier n’est divisible que par lui-même et par un mais ça, ça ne compte pas car 1, c’est un facteur neutre dans toute division qui se respecte, tu trouves quoi de bien à ce genre de connerie ? 

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D’une façon générale, on entend çà et là, les plaintes de certains qui n’ont pas apprécié la manière que ce Sporting #SwissMade a employée pour s’adjuger ce 34ème. Chacun est libre d’exprimer son avis bien entendu – encore que certains devraient bénéficier d’un peu moins de latitude que d’autres, si tu veux mon avis.

Pour ma part, je considère que Yannick Ferrera a entièrement raison quand il déclare en substance : « Un entraineur dont l’équipe perd trois fois d’affilée, est dans le dur : après un 0/9, plus personne n’a droit à l’erreur. Et comme remplacer une équipe est impossible, c’est lui qui sautera ». Dès lors, un homme intelligent adapte ses visées en fonction des qualités et des défauts du personnel humain dont il dispose. Si René Weiler a fait jouer le Sporting comme ce fut le cas, c’est qu’il estima que c’était de cette manière qu’il pourrait obtenir le plus de son noyau, tout le reste n’étant que discussions de bistrot tenues par des analystes qui ne risquent pas grand-chose à faire la grimace quand le jeu proposé n’est pas conforme à leur façon de voir.

Quoi qu’il en soit, j’ai vu cette saison, un véritable team à l’œuvre pour seconder un véritable coach moderne, et non plus un entraineur à l’ancienne mode, qui ne s’entourait de l’un ou l’autre adjoint que dans le souci de ne pas tout le temps être lui-même sur la brèche.

Il est clair que René Weiler est en effet sur la même longueur d’ondes que David Sesa, son adjoint principal, et que les deux sont très à l’écoute de Thomas Binggeli, qui est le plus proche des joueurs. Cette façon de gérer le groupe, avec un relai, correspond effectivement à une manière moderne de voir les choses : elle permet au T1 et au T2 de garder une certaine hauteur, tout en restant parfaitement à l’écoute. Elle évite des mouvements d’humeur par rapport à l’entraineur principal en utilisant une courroie de transmission sachant relativiser les choses tout en trouvant les paroles et les attitudes qui conviennent afin de maintenir et de développer la motivation de ceux qui jouent moins.

Il existe évidemment, une figure de proue, en la personne de Weiler himself, mais l’importance du reste du staff ne m’avait jamais parue si développée à Neerpede. Car il est tout aussi évident que Nicolas Frutos et son travail avec les attaquants, tout comme Max De Jong et la manière de laquelle a été résolu le problème du gardien de but, sont à associer dans le succès de cette équipe au-dessus de l’équipe. Succès, on ne le rappelle plus assez ces temps-ci, qui passa aussi par une très belle et très enthousiasmante campagne européenne.

Il n’en reste pas moins que la saison 2016-2017 appartient d’ores et déjà au passé. Et que, si arriver au top est difficile, s’y maintenir est encore bien plus compliqué... L’avenir nous dira si René Weiler et sa bande réussiront à remporter ce lourd challenge. Dans l’attente, il nous reste encore deux fois quarante-cinq minutes pour savourer leur (notre) beau succès.

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Sachant que tu es une amoureuse éperdue des trajets ferroviaires, ma wagonneuse, ma rail-passeuse, ma locomotive d’or, tu sais aussi bien que n’importe quel resteuf à képi qu’un train peut en cacher un autre. Or donc, le nouveau titre du Sporting a éclipsé une nouvelle d’une grande importance pour tous ceux qui considèrent qu’en ces temps électroniques, nos libertés individuelles sont bien trop souvent mises sous pression.

Dans un sursaut de dignité en effet, le Ministère Public suédois vient de décider qu’il convenait de laisser tomber l’accusation particulièrement bizarroïde de viol à l’encontre de Julian Assange. Fondateur et cheville ouvrière de Wiki-Leaks, l’Australien représente une véritable punaise fichée dans les fesses des gouvernements en général et de l’administration américaine en particulier. Dans ce contexte, très nombreux furent ceux qui considérèrent que cette grave accusation tombait réellement un peu trop à point pour qu’elle fût crédible. Pour en savoir plus sur la vie et sur l’action de Julian Assange, n’hésite pas à te taper ‘The Fifth Estate’, un film pas exceptionnel mais très regardable de 2013 réalisé par Bill Condon.

Pratiquement dans le même temps, on apprenait la libération de Chelsea Manning... À quand, l’absolution pour Edward Snowden ?

 

13/05/2017

Mixed Zone : Joli mois de mai

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Tu te souviens de l’après-guerre, baby ? Quoi ? Ah oui, juste, t’étais panée...

On a vécu dans une ambiance bizarro, jusqu’en mai 1968, quand est venue la grande révolution des mœurs, quand enfin, on a pu se fringuer comme on en avait envie, porter des cheveux de la longueur qui nous plaisait et envoyer se faire foutre toute une série de tabous d’un ridicule achevé. Quand enfin aussi, le monde dirigeant a commencé à avoir la pétoche de la populace qu’on était, et s’est dit qu’il lui faudrait prendre un peu plus en considération la manière de laquelle on avait envie de vivre – ou plutôt la façon de laquelle on ne voulait plus vivre.

Quand je te cause d’une ambiance bizarro, je ne tape pas à côté du clou : au début des années 1960, on avait connu les grandes grèves. Secrétaire Général de l’OTAN mais socialiste convaincu, l’ancien Premier Ministre Paul-Henri Spaak n’avait pas hésité à monter sur des assemblages de cageots pour haranguer la foule – ce qui n’avait pas manqué de choquer ma mère qui, si elle se montrait globalement d’accord avec ce qu’il disait, trouvait néanmoins cette attitude déplacée.

 Destiné à l’origine, à contrer l’austérité – eh oui... – prônée par un gouvernement de droite suit à la décolonisation du Congo, le mouvement était aussi revendicateur car la reconstruction avait marqué l’époque du sceau du plein-emploi. Mais d’une façon générale, il a surtout montré en définitive, qu’une grande partie de la population en avaient marre de subir en continu le diktat de conventions d’un autre âge en fonction desquelles on fermait sa gueule devant tout ce qui portait un képi ou même un chapeau, on se fringuait comme il faut le dimanche car c’était le Jour du Seigneur, etc. Parce que le catholicisme rigoureux et pontifiant persistait dans son rôle de donneur de leçon alors que les découvertes scientifiques se succédaient et pointaient du doigt le fatras de mensonges que l’Église avait accumulés au cours des siècles pour maintenir le bas-peuple dans l’ignorance crédule des moutons prêts à se faire tondre – ou égorger – en toute occasion.

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Puis survint la Crise des Missiles de Cuba. J’entends encore papa s’écrier « Bon, d’accord, on va de nouveau se retrouver en guerre, mais franchement, acheter cinquante kilos de sucre et des pâtes et de la farine à ne plus savoir où les stocker, est-ce vraiment raisonnable ? ». Je m’étais posé des questions. On avait la télévision à la maison, mais la RTB et la BRT étaient encore dans l’enfance et on ne captait la télé française que quand il n’y avait pas trop de nuages dans le ciel. Je ne savais pas du tout ce qu’était avoir faim – il me faudrait encore vivre durant plusieurs années avant de le savoir... – et je ne pigeais pas le moins du monde à quel motif il convenait de faire des provisions. D’autant plus que le paternel avait ajouté, sinistre, « De toute façon avec une bombe atomique sur le coin de la figure, la question sera vite réglée », avant de me passer la main dans les cheveux d’un air apitoyé.

Conséquence logique, les gueules s’allongèrent encore un peu plus, phénomène qui culmina quand on apprit l’assassinat en 1963, de John F. Kennedy, dont l’allure de jeune premier avait fait naitre des espoirs – bien naïfs – de nous voir enfin libérer de l’emprise des vieux croûtons qui faisaient la pluie et le beau temps en Europe.

170512 TZ Joli mois de mai 3.jpgPourtant, des fragrances sinon révolutionnaires, du moins révélatrices d’un besoin de liberté flottaient dans l’air. Les Beatles avaient popularisé la mode des cheveux longs – pour l’époque – et ça ne plaisait pas à tout le monde. Je me souviens encore qu’un monsieur âgé s’était levé précipitamment alors que je venais d’entrer dans un tram en me disant « Je vous en prie, mademoiselle, prenez ma place ! ».

Mais l’indignation outrée de ceux qui incarnaient tout ce dont on ne voulait plus, ne servit à rien d’autre qu’à alimenter la révolte. Et mai 68 survint : ‘Sous les pavés, la plage’, ‘Il est interdit d’interdire’, ‘Faites l’amour, pas la guerre’ – ne ris pas, ma blasée, mon ironique, ma connasse, c’était neuf à l’époque et ça faisait férocement grincer des dents du côté des culs bénits et des grenouilles de bénitier.

Soudain, le pouvoir de la rue faisait plus que trembler sur ses bases, la gérontocratie ultra-catholique française personnifiée par le Général de Gaulle, tandis que, bien aidée par la commercialisation de la pilule anticonceptionnelle, toute une génération voulait vivre la ‘Libération Sexuelle’ de Wilhelm Reich.

D’un seul coup, la vie prenait un autre sens. Des voix insistaient pour que les gens simples aient plus de contrôle sur le monde politique, cependant que, bien que vainqueurs en définitive, les conservateurs, les arriéristes et les réactionnaires de tout poil, faisaient profil bas.

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J’ai eu 16 ans en 1969. Dois-je vraiment t’en dire plus ? J’ai vécu depuis lors en suivant scrupuleusement des principes de vie dont je ne me déferai pas :

Œ   Ne fais jamais confiance à une personne de plus de trente ans – d’âge mental, ai-je égocentriquement corrigé depuis – car elle a perdu sa fraicheur, sa candeur et son honnêteté en se faisant avoir à de trop nombreuses reprises.

  Mon corps n’est pas sale au sens où le monde bien pensant l’entend. La nudité en soi n’a rien de vulgaire ni de répréhensible. Seuls des esprits mal tournés et déviants peuvent y voir ce qu’ils appellent honteusement une ‘incitation à la débauche’. La débauche, la vraie, consiste à vouloir faire faire à des gens, des choses dont ils n’ont pas envie – comme par exemple, se faire tirer une pipe par un enfant de chœur.

Ž L’amour physique bien compris rapproche les gens les uns des autres et fait naitre entre eux, une forme d’affection que seules de nombreuses années peuvent éroder. En revanche, la fidélité sexuelle obligatoire ne repose sur rien d’autre que des conventions dérisoires. Dans l’absolu, si je t’aime, je n’ai envie de personne d’autre. Mais qui suis-je, pour vouloir que tu éprouves à mon égard, les mêmes sentiments ?

  L’argent salit tout, des amitiés les plus tenaces à la vie elle-même, en passant par l’amour du travail que tu exécutes. La prostitution consiste à faire quelque chose que tu n’aimes pas faire, avec pour seul objectif de ne pas crever de faim ou pis encore, par peur de t’exposer aux sanctions des salopards de souteneurs de tout ordre qui ricanent en t’ensevelissant sous les coups ou les recommandés – on cicatrise plus vite des premiers.

 

Dès lors, quand je vois qu’on a laissé au fil du temps, les maquereaux s’en foutre plein les poches en ponctionnant sans vergogne, des entreprises qui étaient supposées nous permettre de vivre mieux comme les intercommunales, ou quand j’apprends, ébahi, que des jeunes sportifs prennent – en 2017 ! – leur douche en slip par peur d’on ne sait quoi, j’ai envie d’aller mettre le feu aux églises, aux mosquées, à tous ces endroits où des sales enculés prennent plaisir à déboussoler des enfants. Ou à aller dynamiter les tristes palaces dans lesquels nos hommes politiques démocratiquement élus, comptent leurs millions malhonnêtes.

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Mais certainement pas à voter pour l’extrême-droite. Car le monde était peut-être plus cool avant, mais vraiment pas à l’époque à laquelle ces merdes réactionnaires voudraient nous voir revenir.

 

11/05/2017

Troubled Zone : Terrorisme

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Dimanche dernier, je m’en vais admirer la splendide performance du Sporting contre Zulte Waregem. Quoi ? Dans toutes les gazettes, tu as lu que le match était nul à chier ? Ouais, les journaleux exagèrent toujours un peu, dans un sens ou dans l’autre : il leur faut des titres ronflants sinon leurs feuilles de chou se vendent moins bien que les torchons de la concurrence et ils se font virer...

Donc, match au stade Constant Vanden Stock. Odeurs de saucisses en train de cramer, parfums de frites, gobelets de bière, je ne te fais pas un dessin, le jour où tu as envie de voir à quoi ça ressemble, je te donne l’adresse de la billetterie du club. À l’embranchement de l’avenue Théo Verbeeck, ma fliquette préférée est en grande conversation avec deux militaires qui semblent s’emmerder comme des rats morts dans l’ombre d’un blindé haut sur pattes. Comme d’hab...

Bisous, bonjour messieurs, on vous racontera les goals en revenant, sourires indulgents, tchaow.

À l’entrée, un panonceau nous rappelle que les sacs de quelque sorte que ce soit, sont interdits dans l’enceinte du stade. Puis c’est la fouille... Bon, depuis le temps que ça dure, on finit par se reconnaitre. Je me dispense donc de mon « La dernière fois, c’était une jolie blonde, elle est malade ou quoi... » que tout le monde a fini par comprendre, même celui qui me fouille, puis je me dirige vers ma place du pas conquérant qui ne cesse de t’émerveiller, mon admirative, ma fervente, ma présidente de mon fan-club.

En marchant, une réflexion malsaine s’impose à moi : j’aurais eu, glissé dans ma ceinture contre mon dos, un bon vieux Colt Python ou même le costaud Herstal GP de mon service militaire, que personne ne s’en serait aperçu. Rien de bien surprenant, en vérité : on sait depuis toujours que les mesures exceptionnelles doivent le rester. À partir du moment où elles font partie de la vie courante, la nature humaine s’en accommode, elles deviennent routine et on les bâcle. Parce que franchement, palper des mecs à la chaine, ça fait chier, et pas que ceux qui sont fouillés. Tu dis ? Tsss... On est en 2017, l’homophobie c’est mal.

Quelque part, donc, je me dis que les terroristes ont loupé leur coup... Puis je repense à ce film des années 1990 et à son contenu, qui m’avait fait dresser les cheveux sur la tête.

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Condamné à la prison à vie pour avoir fomenté l’attentat de Peteano[1], le terroriste italien d’extrême-droite Vincenzo Vinciguerra déclarait en 1992[2] :

« Peteano était un acte de guerre, dont la motivation est simple à comprendre. Le corps de police et le pouvoir politique qui ont la mainmise sur les services secrets et sur les forces de sécurité, ont manipulé le néofascisme italien, et ce depuis longtemps – je dirais 1945 ou 1946. Peteano représentait un acte de révolte contre cette manipulation. C’était une vengeance contre l’État.

« Quand on était militant de [l’extrême-] droite, on n’était pas supposé attaquer l’État ni ses représentants. Au contraire, on devait s’en prendre à des civils, à des femmes, à des enfants, à des innocents complètement étrangers à la sphère politique. Afin qu’ils se tournent vers l’État et lui demandent d’assurer leur sécurité.

« C’était précisément le rôle dévolu à la droite [extrême] en Italie. Elle s’était mise au service de l’État qui avait lui-même conçu ce que l’on a appelé la ‘Stratégie de la Tension’. Le but poursuivi était de faire accepter à la population, le fait qu’à n’importe quel moment entre 1960 et le milieu des années 1980, on aurait pu proclamer l’état d’urgence. Dans un tel contexte [de peur], les gens auraient échangé volontiers une partie de leurs libertés contre plus de sécurité, pour pouvoir sans crainte, marcher en rue, prendre un train ou entrer dans une agence bancaire.

« C’est la logique politique qui a sous-tendu tous ces attentats à la bombe. Et s’ils sont restés impunis [pour la plupart], c’est seulement parce que l’État ne peut pas se condamner lui-même ».

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Toute ressemblance avec des faits s’étant passés nettement plus récemment ne peut être que fortuite : l’Histoire n’est pas supposée repasser les plats. Quoique... Le niveau d’alerte 3 qui perdure indéfiniment à un point tel que les militaires en armes font désormais partie du paysage des stations de métro, les écoutes téléphoniques banalisées, la suppression du secret bancaire, les fouilles dans les gares et dans les aéroports... C’est dans le but de garantir notre liberté, évidemment !

 

Plait-il ? Le match ? Bah, 2-0. Le Sporting n’a pas été terrible mais par le passé, on perdait des points dans ce genre de rencontre.

 

[1] Attentat de Peteano : Le 31 mai 1972, le commissariat de Peteano, village du nord-est de l’Italie, reçoit un appel téléphonique anonyme signalant la présence d’un véhicule au pare-brise criblé de balles le long d’une route de campagne. Dépêchés sur place, trois policiers sont tués par l’explosion de la voiture.

[2] Operation Gladio, film documentaire (1992) d’Allan Frankovich.

24/04/2017

Chilouvision : René, t'es un gros menteur !

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Tu te rappelles la colère – rentrée, hein, c’est pas le genre à se laisser aller – de René Weiler en début de saison, mon archiviste, ma mnémonique, mon historique ? « Ach, gu’est-ze gue z’est, za, le fußball jambagne ??? »

Il n’avait pas poursuivi sur sa lancée car il connait le poids des mots, mais ça se lisait tellement dans son regard que tu avais complété : « Afeg guoi ils fiennent, zes gons, alors gu’ils n’ont même bas une éguibe qui dient la roude ! Der Teufel, zi on arrife à ze blazer tans leur voudus blay-ovvs, za zera téchà un miragle ! »

Je te l’ai déjà dit, je connais la mentalité des Suisses alémaniques. Mais là, ce dimanche 23 avril, j’en ai découvert une facette qui m’a laissé pantois. Car Weiler a menti. Deux fois : non seulement, il a déclaré qu’il restait 18 points à conquérir, ce qui est une grosse craque, car 10 suffiront au Sporting, vainqueur de la saison régulière. Mais surtout, face aux Boeren, il a fait développer au Sporting, une des plus belles copies du football champagne que j’aie jamais pu admirer. Et apparemment, il en était très fier.

À raison, car tout y était, y compris l’intransigeance défensive : la seule véritable occasion brugeoise ne fut que la conséquence du ricochet malheureux du ballon sur un dégagement. On a même retrouvé une certaine inefficacité offensive propre au foot-champ’ car si Teo avait fait preuve de la même productivité qu’en 2016, c’est sur un score fleuve que le match se serait terminé. D’ailleurs, dans son analyse de ce matin, le bien connu et habituellement très posé Peter Vandenbempt parle d’humiliation pour Bruges.

D’une façon générale toutefois, on put remarquer l’effet qu’eurent les deux matches disputés récemment contre Manchester United : où, précédemment, les Mauves auraient payé chèrement les efforts consentis sur le plan européen, ils se sont au contraire, inspiré de ce qu’ils leur ont apporté, balayant une opposition pourtant renommée comme s’il s’était agi d’une vulgaire resucée des ‘Helden van het Gras’ – ou encore, l’hypothétique version flamande des ‘Héros du Gazon’, ma franchouillarde, mon unilingue, ma néerlandophobe.

Il n’y a plus aucun doute pour personne : le Sporting remportera son 34ème titre avant la clôture du championnat et au plus tôt le 1er mai, à l’issue de Bruges – Zulte Waregem, si mes savants calculs sont exacts. Ce serait un camouflet pour ceux qui ont inventé le système des play-offs. Mais surtout, reconnaissons que le groupe constitué à Neerpede par Herman Van Holsbeeck et façonné par René Weiler, tient foutrement bien la route.

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Ce qui n’offre de garanties sur rien du tout : dès le mois de juin, tous les compteurs seront remis à zéro et ainsi que le déclara Gary Lineker dans un de ses célèbres aphorismes, « You’re just as good as your next game », ce que l’on pourrait traduire par ‘la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain’. Qui restera en Mauve pour disputer la Champions League 2017-18 ? Qui s’en ira ailleurs pour monnayer tout ce qu’il a appris ici ? Comment réagira René Weiler s’il se voit obligé d’entamer une nouvelle saison avec un effectif amputé de ses meilleurs éléments ? Et si on parvient à garder tout le monde, quelle sera encore l’envie qui motivera ce groupe ? Mystère et boule de gomme.

« À chaque jour suffit sa peine ! », t’entends-je renauder jusqu’ici, ma rouspéteuse, ma râleuse, mon explosive. « Profite du temps présent et du foot magnifique proposé par le Sporting au lieu de commencer déjà à te faire du souci ! »

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Tu as raison bien sûr. Mais demande donc un peu à Preud’homme s’il est facile de confirmer un succès.

Chilouvision : C'est un peu court, jeune homme

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Ce jeudi soir, je me suis souvenu des tourments de mes 15 ans et de la visite que j’avais rendue à une accorte dame qui avait sérieusement tapé dans mes économies avant de me débraguetter pour me lancer un regard dépité : « C’est un peu court, jeune homme ». Heureusement pour mon orgueil de mâle en devenir, qu’elle s’était léché les lèvres avant de me lâcher un « Ne t’inquiète pas, je vais arranger ça » qui m’avait échauffé le cerveau jusqu’à pas loin de l’ébullition...

Un peu partout, tu auras pu lire des commentaires élogieux à propos du Manchester United – RSC Anderlecht de ce jeudi 20 avril, mon avide, ma glorieuse, ma déçue. Et un peu partout, tu auras rencontré des phrasettes qui t’auront confortée dans une impression que l’on pourrait résumer par « déçue, mais fière ».

Tu me connais évidemment, et tu sais comment je suis fait : chez moi, après une telle rencontre, la déception l’emporte sur la fierté. Si j’ai effectivement apprécié la combativité et l’esprit des Mauves – exactement comme lors du match aller de la semaine dernière –, je ne peux pas me satisfaire des déclarations de Mourinho, qui a osé dire que le Sporting avait dominé Manchester pendant une heure.

Car j’ai vu, au contraire, une équipe anglaise qui, certes restait extrêmement attentive et concernée par le match, mais qui n’en faisait pas moins quelque peu joujou avec nos velléités offensives, et qui, de plus, fit preuve d’une certaine inefficacité au plan de la finition. Voyons les choses en face : si les attaquants mancuniens avaient montré autant d’habileté que le reste de l’équipe, on se prenait une branlée. Un peu comme La Gantoise à Tottenham il y a quelques mois... Tu dis ? Les Gantois avaient fait match nul à Londres ? Oui en effet. Mais tu m’excuseras certainement si je te rappelle qu’ils avaient vraiment eu le cul bordé de nouilles, pour le dire crument tout en restant pourtant dans l’euphémisme.

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Là-dessus, je t’entends maugréer jusqu’ici : « Ouais, mais si on compare les budgets », « T’as un peu vu quelle clique de superstars ils alignaient ? », « Franchement, c’est quand même pas mal de les avoir forcés aux prolongations », et compagnie.

Je te concède tout ça. Il n’en reste pas moins qu’on s’est fait éliminer et que c’est ça que retiendra l’histoire, bien au-delà de quelques petits grincements de dents du genre « M’enfin, pourquoi avoir remplacé Hanni[1] qui justement, pétait des flammes » ou autres « C’est malheureux à dire car on les adore, mais Bruno ne fut pas à la hauteur et la condition physique d’Acheampong me laisse un peu sceptique ».

Le seul véritable profit sportif que l’on peut tirer de rencontres de ce genre se situe ailleurs que dans les gazettes. D’une façon générale, on n’a pas été trop inférieur à Manchester. On n’a toutefois, pas (encore ?) tout ce qu’il faut pour remporter de tels matches. Or c’est en en disputant tant et plus que l’on pourra grandir.

Dès lors, vivement la Ligue des Champions de la saison prochaine. Mais pas pour ce qui concernera les matches de poule, où une défaite à l’extérieur reste un résultat que l’on peut compenser par une victoire à domicile : vivement février 2018, pour les duels à élimination directe ! Et non plus par rattrapage en Europa League, please : il faudra sortir des poules à la 1ère ou à la 2ème place, car qui n’avance pas recule !

Plait-il ? Ah oui, juste... Il faut encore qu’on se qualifie pour la Champions League. Et notamment en bouffant du Boer ce dimanche... Bon appétit !

 

[1] À en croire une info diffusée par RSCA.be, Sofiane serait blessé et douteux pour le match de ce dimanche 23. Si cela s’avère, on espère vraiment que ce n’est pas grave : a priori, on avait pensé que Weiler le faisait sortir pour le ménager...

14/04/2017

Chilouvision : La Rhinite molle

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Tu situes indubitablement ce qu’est une rhinite, mon enrhumée, mon enrouée, ma refroidie : oui, c’est bien ce qui te force à apporter ton écot à la consolidation du chiffre d’affaires de la maison Kleenex avec un enthousiasme retrouvé. Retrouvé, te précisé-je, car tu croyais finir la saison froide sans devoir renouveler ton stock après les 22° de dimanche dernier, lesquels t’avaient poussée à aller piocher dare-dare dans ta garde-robe afin d’y dénicher en catastrophe, un t-shirt pas trop froissé par une longue désaffection...

Mais qu’est-ce donc qu’une rhinite molle, t’interroges-tu probablement, mon interrogative, ma perplexe, mon embarrassée. Eh bien, c’est quand tu toussotes de temps à autre, entre deux lointains besoins de te moucher, sans pour autant que tu n’éternues, ni n’éprouves l’envie de te coller au plumard pour y faire autre chose que jouer la bête à deux dos.

C’est exactement ce qu’a enduré le Sporting ce jeudi soir : ponctuellement, une petite poussée de fièvre ou la nécessité de se déboucher les narines et plus rarement, le déclenchement d’une courte quinte de toux. Parce que l’on n’a pas vraiment souffert le martyre, mais disons-le tout net : parmi les Mauves, ceux qui étaient supposés tirer le niveau de l’équipe vers le haut, ont trop souvent flanché dans leur tâche, ainsi que le montre un résultat peu prometteur dans la perspective d’une qualification pour les demi-finales de l’Europa League.

Bien évidemment, ce n’était pas n’importe quoi en face, comme en témoignèrent quelques sorties de défense orchestrées en un temps avec une précision absolument magnifique. Mais en dépit de cela, on attendait un Sporting un peu plus enthousiaste pour ce qui devait être une soirée de gala. Et en particulier, on aurait espéré voir Tielemans, Stanciu ou même Kara, plus précis, plus vifs, mieux concentrés sur le jeu. Se prétendre apte à jouer à un niveau plus glorieux que celui de la Pro League est une chose. Parvenir à en imposer à une équipe rompue aux duels au couteau de la Premier League, en est une autre.

Que l’on se mette bien d’accord : si Stanciu se contenta trop souvent d’un rôle plutôt obscur de tâcheron, Tielemans nous régala à certains moments. Malheureusement, à certains moments seulement, car à d’autres, il se fit trop facilement chiper le ballon, ou se satisfit d’une passe généralement quelconque. Pour ce qui concerne Kara, ce fut pis car il ne parvient pas à se débarrasser – même contre Zlatan & Co ! – de l’habitude funeste qu’il a, de ponctuer un geste défensif superbe d’une approximation ridicule, comme si rien ne pouvait ne lui arriver...

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Pour le dire sans détour, les seuls qui me parurent à même de figurer dans l’équipe d’en face, furent Ruben Martinez, Leander Dendoncker et Bram Nuytinck : les qualités naturelles sont d’importance, certes, mais seuls eux ont montré une attention et une concentration de chaque instant. Ce qui leur permit d’une part, de ne pas faire de connerie, et de l’autre, de réparer celles de leurs coéquipiers.

Rien n’est fait, bien entendu : il reste deux mi-temps à jouer. Mais aller forcer la qualification à Manchester – et donc, réussir au pire un partage 2-2 à Old Trafford – parait s’apparenter à une mission tellement délicate qu’elle n’est sûrement pas loin d’être impossible. Du moins, si les cadres du Sporting ne laissent pas au vestiaire le trac qui parut leur jouer des tours en 1ère mi-temps surtout.

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Bref, et en dépit de la mauvaise humeur manifestée par The Special One à la fin du match, l’aventure européenne du Sporting s’arrêtera la semaine prochaine si des Stanciu, Tielemans ou Hanni n’en font pas plus et un peu mieux et si on continue à devoir se passer de Najar – même si Appiah m’amusa beaucoup en fin de rencontre en mettant systématiquement Martial dans sa poche comme si c’était un ticket gratuit pour Plopsaland.

Tu dis, ma narquoise, mon ironique, mon sarcasme ambulant ? Oui, tu as raison, je suis et j’ai toujours été un pronostiqueur déplorable, mais c’est bien le seul élément qui ne m’incite pas à me montrer strictement euh... raisonnable.

13/03/2017

Chilouvision : Tout est pardonné !

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De toutes les personnes dont j’ai eu à subir les foudres au long de ma vie, il est au moins une race que je n’ai jamais pu piffer : celle des entraineurs de foot.

Tu vois de quoi je veux causer, ma connaisseuse, mon expérimentée, ma psychobrolesque ? Oui, ceux-là. Ces rastaquouères qui restent plantés le long de la ligne de touche et qui se défoulent à te hurler dessus à chaque fois que tu reprends ton souffle, qui semblent prêts à te balancer des fléchettes dans le gras du bide dès que tu manques un but soi-disant tout fait et qui prennent plaisir à te balancer en continu des « À gauche ! À droite ! Reste devant ! Reviens ! » et autres injonctions tous plus impératives les unes que les autres. Le tout sur un ton d’adjudant en plein délire hystérique, histoire de te faire bien regretter de ne pas avoir choisi de passer ton après-midi pelotonné dans les bras accueillants d’une petite à la peau veloutée et au sourire tendre.

Pour te dire les choses comme je les ai toujours ressenties, il ne s’agissait dans mon esprit, que d’une clique de vieux cons rendus grincheux par la fin de leur jeunesse et qui s’en vengeaient sur ceux qui étaient encore en âge de taper dans un ballon. Voyons les choses en face : je n’ai rien d’un scandaleux et j’ai dès lors fermé ma gueule plus souvent qu’à mon tour quand on me demandait mon avis sur l’un ou l’autre de ces grands savants du foot. Ou du moins, j’ai aimablement édulcoré le fond de ma pensée avant de m’exprimer... Ce qui n’empêche qu’un grand sourire intérieur m’a illuminé à de nombreuses reprises en voyant ces zozos élaborer des tactiques savantes et des stratégies alambiquées que la moindre taupe, le plus petit coup de vent ou un hoquet mal maitrisé foutaient par terre sans cul faire rire.

170312 Tout est pardonne 2.jpgPourtant, j’ai bénéficié de quelques leçons d’une haute portée pédagogique, ne crachons pas dans la soupe : certains soirs de semaine quelque peu arrosés, j’ai appris. Vraiment ! J’ai pu assister dans mes jeunes années, au grand déballage de la science de Raymond Goethals en personne, avec force cartons de bière personnifiant des joueurs – aux noms dûment estropiés, bien entendu – étalés sur les tables du Clubhouse du Sporting ! Mais bon... Dans mon esprit, le foot, c’est et ça a toujours été que les arrières jouent derrière, les médians au milieu et les attaquants devant. Tu dis ? Ouais, le gardien de but dans son goal.

Partant de cet indiscutable schéma, on peut évidemment commencer à se marrer un peu et à faire chier l’adversaire en organisant quelques permutations ponctuelles de façon à être plus nombreux en défense pour contrer les dérisoires velléités offensives des autres – ces ridicules paltoquets –, ou à faire de même en attaque afin de leur mettre leur nez dans leur caca, mais reconnaissons-le : il n’y a pas là de quoi susciter l’admiration béate de ta belle-mère.

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Dès lors, quand, l’été dernier, Herman Van Holsbeeck a présenté René Weiler à un public ébahi de ne jamais avoir entendu parler du quidam en question, je me suis dit pourquoi pas en fait, lui ou un autre... Puis, je me suis grouillé de me trouver un petit resto proposant de la fondue, de la raclette et des röstis, car tout ce que tu as déjà eu, ma sereine, ma posée, ma spécialiste du ‘vafanculo tutti’, personne ne pourra te le reprendre.

D’un seul coup toutefois, la vérité m’a frappé de plein fouet : un Schweizi, putain ! Des Helvètes, j’en connais quelques-uns et nous avons toujours entretenu des rapports amicaux. La plupart sont des Valaisans francophones, dont déjà, j’ose dire qu’ils sont bien carrés pour nos habitudes belgo-belches... Or, eux-mêmes m’ont toujours décrit leurs compatriotes alémaniques comme des êtres « beaucoup trop carrés pour être supportables ». La déduction fut instantanée, en dépit de l’aspect plutôt souriant du personnage : soit le Sporting s’adapterait à lui, soit il ne ferait pas long feu car lui-même prendra pour autant d’insupportables incongruités nos sempiternels « c’est déjà bon comme ça, à chaque jour suffit sa peine et ce qui n’est pas fait aujourd’hui, on verra demain ».

Tu connais le RSCA : à chaque fois que quelqu’un de nouveau ou d’extérieur pointe son nez, on lui montre et on lui remontre les glorieux trophées récoltés par le club au long de sa riche histoire... Je ne sais pas combien de fois Weiler s’est vu servir le même discours avantageux mais toujours est-il qu’à un moment, son tempérament de Schweizi a pris le dessus : « Ach, che m’en vous te l’hizdoire tu glub ! », put-on lire le lendemain dans les gazettes. Inutile de dire que certains avalèrent de travers, d’autant plus qu’il fallait aller chercher dans les petits caractères pour lire qu’il avait ponctué d’un « Che ne zuis bas fenu izi bour lire l’hizdoire mais bour l’égrire ! » qui pourtant me plut beaucoup.

La suite est connue : Stefano Okaka et sa réflexion en italien, allant approximativement dans le même sens que ce que j’ai toujours pensé des entraineurs – mais je sais, moi, que les Suisses parlent tous peu ou prou, l’italien. Le brassard de capitaine de Sébastian De Maio et ce que l’on pourrait assimiler à un limogeage après son match pénible contre Rostov. La fuite éperdue de Steven Defour et de Sylla... Puis, l’agacement de la presse devant les « Il vaut tu demps bour vormer une éguibe, baziendez tonc un beu », de Weiler, Philippe Albert qui explique à tout le monde qu’à Anderlecht, on n’a jamais le temps... Et les matches hésitants qui se succèdent, entre des évolutions collectives sans grâce et des succès pénibles ou surfaits comme le 6-1 contre Mayence (03/11/2016), jusqu’à la défaite bien merdoyante à Waregem (3-2, le 20/11/2016)... Suivie d’une espèce de déclic quelque peu chanceux à Qäbälä (1-3, le 24/11/2016), à l’issue duquel le groupe semble s’être réellement formé, malgré un creux en début d’année (RSCA – Standard 0-0 le 29/01/2017 et Lokeren – RSCA 0-0, le 03/02/2017).

Tout le monde a pigé désormais : en dépit de quelques réactions parfois excédées jusque dans les plus hautes sphères anderlechtoises devant sa personnalité méticuleuse aux limites de la psychorigidité, René Weiler fait l’unanimité. Cela ne signifie pas que le Sporting #SwissMade va remporter le titre au mois de mai, avant de s’adjuger l’Europa League les doigts dans le nez, mais nombreux sont ceux qui considèrent qu’effectivement, ce que Weiler a réalisé force le respect. Car en moins d’une saison, il a formé quasiment deux équipes aussi compétitives l’une que l’autre au départ d’un vestiaire qui avait tous les aspects d’une pétaudière.

Je me vois dès lors dans l’obligation de réviser mon jugement à l’égard des entraineurs... Enfin, pas de tous, ne déconnons pas !

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Plait-il ? Le match de ce dimanche 12 mars contre Waasland Beveren ? Bah... Les gens heureux n’ont pas d’histoire : remarquablement articulé autour de l’inoxydable Leander Dendoncker, le Sporting fonctionne bien, marque en moyenne un but toutes les 40 minutes et termine la saison régulière en tête. Tu te souviens de tes grincements de dents d’il y a quelques mois ?

26/01/2017

Chilouvision : Fosses-la-Ville, mon cher souci

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Comme tu n’as sûrement pas manqué de le remarquer, ma sagace, mon attentive, ma détective, je n’ai pas beaucoup écrit sur le foot ces derniers temps. Non que le sujet ne m’inspirât plus, bien au contraire, mais bon, on n’a que vingt-quatre heures par jour et, comme aime à le faire remarquer la boulangère avant de se mettre au grand nettoyage, il y avait du pain sur la planche... Ne nous voilons toutefois pas la face : les nombreuses réactions négatives enregistrées à la fois dans la presse et parmi les supporters, m’auraient placé dans une position peu confortable. Parce que l’observation strictement objective du jeu des Mauves – pas des résultats, lesquels sont globalement encourageants – m’aurait contraint à emboiter le pas aux râleurs. Cependant que mon ressenti personnel était assez nettement différent.

Depuis plusieurs semaines en effet, on a l’impression de plus en plus marquée que la vie du club a changé d’orientation. Il n’y a pas si longtemps, en effet, René Weiler partageait avec Herman Van Holsbeeck, le triste privilège d’être la cible de toute une série de critiques plus ou moins justifiées...

Le problème du gardien de but. Nombreux furent ceux qui regrettèrent – pour rester modéré dans l’expression – le départ de Silvio Proto. Et dans la foulée, la titularisation de Davy Roef, un jeune homme doué mais manquant singulièrement d’expérience.

Proto ne pouvait rester au club : son implication dans ce que l’on a appelé l’affaire Vanden Borre, les prétentions qu’il avait émises dans le cadre du renouvellement de son contrat, sa peu enthousiasmante saison 2014-15 et l’émergence de jeunes gardiens formés au club, qu’il aurait contrée en prolongeant pour trois saisons étaient autant d’arguments plaidant pour son départ. Proto n’était pas toutefois pas seul en cause : presque mis au rancard, Kaminski est l’auteur d’une saison honorable à Courtrai, tandis que Bossin a aussi dû lui aussi renoncer à ses ambitions Mauves ; pour beaucoup, au sein du club, il était intolérable de voir Roef et Svilar suivre le même genre de chemin de croix. D’autant plus que s’éloignait au fil du temps, la perspective de réaliser une plus-value financière intéressante sur le contrat de Proto, lequel, rappelons-le, n’est jamais parvenu à se faire considérer comme le meilleur gardien de but belge – alors qu’au Sporting, depuis toujours, ‘le meilleur est juste assez bon pour nous’.

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On sait comment Weiler finit par résoudre le problème en titularisant Frank Boeckx, un gardien sûrement moins doué intrinsèquement que Roef, mais nettement plus expérimenté et surtout, disposant de la grande gueule qu’il faut pour coacher valablement une défense qui, soudainement, retrouva la confiance qui lui manquait.

Le départ de Defour. Apparemment pas inscrit dans le script, le transfert brutal de Defour contraria singulièrement les plans de Weiler : qui allait arracher les ballons à l’adversaire ? Tielemans ? Trop tendre, pas assez attaché au boulot défensif. Dendoncker ? Moui, mais il n’a pas la mentalité de roquet parfois peu soucieux d’élégance que Defour développait. Doumbia ? Encore bien jeune et malheureusement rapidement blessé et pour une durée toujours indéfinie.

Weiler tenta de résoudre le problème en positionnant Tielemans et Dendoncker plus bas, mais ce faisant, il étira les lignes du jeu anderlechtois avec pour conséquence, pas mal de passes faciles manquées dans l’entrejeu où on avait évidemment du mal à éviter les jaillissements de l’adversaire.

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C’est Roger Vanden Stock qui résolut le problème, en forçant pratiquement le transfert d’Adrien Trebel – que pratiquement personne n’avait imaginé voir en Mauve. Il est encore tôt pour affirmer que le Français réussira à s’imposer au Sporting. Toutefois, tant son entrée au jeu contre Saint-Trond que sa prestation à Westerlo incitent à l’optimisme.

Les difficultés à marier Hanni et Stanciu. Le football est fait de modes. Ainsi, on aime pour l’heure, faire évoluer un droitier à l’aile gauche « pour lui permettre de rentrer dans le jeu aux abords du rectangle et de balancer une pêche avec son bon pied ». La réussite d’Éden Hazard dans ce rôle n’enlève rien à son caractère de mode : un jour, quand les arrières d’aile auront tout pigé de la façon de contrer un droitier évoluant à gauche et vice-versa, un entraineur rappellera à tout le monde qu’aller à la ligne de fond avant d’adresser un centre en retrait millimétré au moyen de son bon pied est aussi une arme létale.

Quoi qu’il en soit, au Sporting, Weiler n’a pas trop le choix : il doit décaler Hanni ou Stanciu – voire même les deux – sur une aile ou les asseoir sur le banc, ce à quoi il ne peut se résoudre car il s’agit clairement de joueurs à même d’apporter une plus-value intéressante à l’équipe. Avec des bémols : venant de Malines, le Français a éprouvé des difficultés à se faire à la cadence des matches disputés par le Sporting. De son côté le Roumain n’a pas été plus à la fête : il a avoué de lui-même avoir été surpris par le rythme du jeu en Belgique – eh oui, la Pro-League commence à recueillir les fruits du système de play-offs couplé à la production effrénée des centres de formation.

Le grand chambardement. On se rappelle que l’été 2016 fut marqué par de nombreux transferts au Sporting, dans un sens et dans l’autre.

Cela en heurta pas mal mais d’une manière ou d’une autre, c’était probablement nécessaire, pas mal de joueurs semblant avoir quelque peu perdu la foi, ou du moins, avoir besoin de nouveaux défis. Dans la foulée, Herman Van Holsbeeck décida d’embaucher un entraineur dont bien peu avaient déjà entendu parler, mais qui se révéla doté d’une forte personnalité. Je t’en ai déjà parlé, ma répétitive, ma ressasseuse, ma redondante, le Suisse est un personnage assez particulier dont le moins que l’on dira est qu’il sait très bien où il veut mener son groupe : « auf der Spitze der Welt », rien que cela.

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Pour ce faire, René Weiler ne lésine pas sur les moyens : en bon Schweizi, il considère que soit on fonctionne avec lui et comme il l’entend, soit on dégage. Sa politique ‘carrée de chez carré’ a déjà fait grincer quelques dents, y compris dans les plus hautes sphères du Sporting, mais chacun reconnait désormais qu’il a formé un groupe de plus en plus soudé et solidaire.

On ne sait pas jusqu’où cela va nous mener. Pour avoir quelque peu cerné le personnage, on n’a toutefois pas le sentiment qu’il acceptera que certains des joueurs fassent comme l’année dernière, l’impasse sur l’Europa League. Et on ne croit pas non plus qu’il tolérera une déclaration en fonction de laquelle « Il est mieux de gagner le championnat que l’Europa League » : Weiler est un gagneur pur et dur et même si son association avec Frutos peut paraitre quelque peu contrenature, le grand Nico est fait du même bois.

 

Alors que tout cela faisait que l’on vivait une saison où le Sporting, un peu comme à l’habitude, alternait l’honorable – surtout lors des rencontres européennes – avec le détestable – surtout avant les matches européens –, Weiler fut sauvé par la trouvaille extraordinaire de la saison, que je ne te ferai pas l’injure de te nommer, ma fanatique, mon inconditionnelle, mon émerveillée.

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On eut trop longtemps le sentiment – probablement justifié – que le Polonais était un peu l’arbre qui cachait la forêt. Et par la même occasion, on devine que du côté du staff anderlechtois, on dut se ronger quelques ongles à l’idée que Teo pourrait se blesser et en devant constater qu’en dépit de ses qualités propres, Harbaoui ne paraissait pas en mesure de prendre sa relève.

Puis soudain, les choses se mirent à bouger : une fin d’année 2016 au cours de laquelle les Mauves alignèrent trois victoires de rang, suivie d’un début 2017 marqué par deux succès consécutifs et par des progrès sensibles dans la qualité du jeu produit. À l’exception probable de la rencontre face à Saint-Trond où Weiler été allé un peu trop loin dans ses expérimentations en alignant Chipciu à gauche et Bruno à droite alors que ces deux joueurs venaient de disputer de nombreux matches de l’autre côté.

 

Ce mercredi soir à Westerlo, tout fonctionna presque merveilleusement durant une heure, avec un jeu chatoyant et agressif couplé à l’efficacité phénoménale développée par le Sporting cette saison (fruit au moins partiel du travail de Frutos ?).

Par la suite, la gestion du match à 2-4, souffrit encore d’imperfections et d’un manque de discernement dans la façon de jouer qui nous auraient coûté cher face à un adversaire de meilleure qualité – un peu comme quand on se fit rejoindre puis dépasser par Saint-Étienne le jeudi 8 décembre 2016.

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Mais ne faisons pas la fine bouche : tout va – presque – pour le mieux avant de recevoir le Standard ce dimanche. Ce qui ne m’empêche pas de rester, comme les habitants de Fosses-la-Ville, quelque peu sceptique pour la suite. Encore que je garde beaucoup d’aisance, comme les Chinels – lesquels sont toujours très polis, on s’en serait douté.

 

02/01/2017

Cinq livres qui ont changé ma vie...

Depuis quelques jours, parait régulièrement sur ‘DeRedactie.be’, un article intitulé ‘De vijf boeken die het leven van ... hebben veranderd’. Amusé de remarquer les différences qui se marquent en fonction de la personne concernée, j’ai décidé de me prêter moi aussi à ce jeu. Que l’on soit bien d’accord toutefois : dans tout ce que j’ai lu à ce jour, ce ne sont certes pas les seuls ouvrages qui m’ont plu. Il serait d’ailleurs fastidieux de faire le compte de ces derniers... à un point tel qu’il me serait probablement plus facile de lister ceux qui m’ont cassé les pieds – à commencer par celui que je suis en train de terminer un peu à la cravache et qui n’est autre que le très encensé ‘Vernon Subutex – Tome 1’ de Virginie Despentes. Bien fait pour moi, de toute façon, je n’avais pas besoin de me laisser prendre au charme sulfureux de la couverture : en règle générale, les bouquins écrits par un mec et dont le personnage principal est une nana, me donnent des boutons, et vice versa. Que la femme et l’homme soient égaux, n’implique pas qu’ils ne sont pas différents – déjà qu’il faut neuf mois à une nana pour faire un gosse, alors que pour un mec, c’est l’affaire de trente secondes (d’inattention ?)...

 

Sexus – Henry Miller (Buchet-Chastel 1968), lu en 1970.

Cinq livres qui ont changé ma vie 1.jpgPremier tome de la trilogie autobiographique appelée ‘La Crucifixion en Rose’, cette brique de près de mille pages m’a attiré au départ à un simple motif : le bouquin était interdit en France. J’avais déjà lu, en Poche, Plexus et Nexus, dont le ton résolument malade m’avait plu. Il ne manquait plus qu’une chose pour faire mon bonheur et elle ne tarda pas à se produire : ma petite amie de l’époque venait de trouver de l’embauche dans une société qui importait de France, les bouquins édités par Le Seuil, Robert Laffont, Albin Michel, Stock et... Buchet-Chastel. Elle parvint à m’avoir un exemplaire de Sexus en ‘Service de Presse’...

Parfois décousu à un point qu’il faut s’accrocher pour suivre, parfois fastidieux, parfois aussi dingue que le plus taré des bouquins de Charles Bukowski, Sexus changea ma façon d’appréhender la lecture : non, il n’y avait pas que Bob Morane, James Bond ou San Antonio ! Il y avait aussi “ça” ! Et non, il n’y avait pas sur terre, que des gens bien comme il faut comme mes parents bienaimés et ma chère grand-mère, il y avait aussi Henry Miller ! Né en 1891, il était plus âgé qu’eux. Mais il était aussi plus jeune, complètement marteau et d’une insouciance affolante – peut-être parce qu’en tant qu’Américain, il n’avait pas connu les horreurs de la guerre.

Par la suite, je lus aussi ‘Tropique du Cancer’, considéré comme le chef d’œuvre de Miller – mais qui me laissa sur ma faim –, ainsi que le bien scandaleux ‘Jours tranquilles à Clichy’, dont un téméraire se hasarda à tirer un film (Quiet Days in Clichy, 1970) qui marqua tellement peu la mémoire collective que Claude Chabrol décida en 1990, que le moment était venu de faire les choses un peu mieux.

D’une façon générale, lire Sexus est une arme à double tranchant : après cela, toutes les autobiographies qui me tombèrent entre les mains me parurent fades et nombrilistes.

 

Do It ! – Jerry Rubin (1970)

Cinq livres qui ont changé ma vie 2.jpgDécidément, Éliane faisait bien les choses : m’ayant vu lire successivement ‘On the Road’, puis ‘Desolation Peak’ de Jack Kerouac – in English, please ! –, elle me ramène ‘Do It !’, sous-titré ‘Scénarios de la Révolution’ et préfacé par Eldrige Cleaver, membre connu des Black Panthers – réputé parallèlement pour être sérieusement fêlé, d’ailleurs.

D’une façon générale, ‘Do It !’ n’est pas un livre construit, mais plutôt un ensemble d’anecdotes plus ou moins bien contées, le tout parsemé de phrases-chocs comme « Une société qui abolit toute aventure, fait de sa propre abolition la seule aventure possible » ou encore « Nous troublons le sommeil sans rêves de l’Amérike ».

En décrivant la manière de laquelle il combat l’establishment et ses valets, Rubin fait rigoler. À de nombreuses reprise, on se dit que ce n’est pas possible, qu’il n’a pas fait ça – par exemple, présenter la candidature d’un porcelet aux élections –, mais si, il l’a fait. Il l’a fait, et il en a fait bien d’autres, devenant un modèle duquel se sont réclamés pas mal de soixante-huitards alors qu’en mai 1968, il n’était connu que des initiés.

Par la suite, Rubin opérera, comme Cleaver, un incroyable revirement à droite en se lançant avec succès dans les affaires, au grand étonnement de tous. Il n’empêche : si un type comme lui pouvait revenir pour secouer un peu la société coincée du cul dans laquelle nous vivons pour l’heure, il aurait ma bénédiction, urbi et orbi !

 

La Mémoire dans la Peau – Robert Ludlum (1980)

Cinq livres qui ont changé ma vie 3.jpgAcheté au départ comme un roman de vacances, ‘The Bourne Identity’ me rendra fou. Pour son dixième roman d’espionnage, Ludlum est au sommet de son art : bien que plusieurs de ses ouvrages précédents vaillent le détour, il n’a jamais été aussi bon. Et il ne sera jamais meilleur, s’enferrant parfois ensuite dans des intrigues d’une complexité embarrassante tout en sentant assez bizarrement le déjà vu. Portée à deux reprises à l’écran, ce chef d’œuvre de suspense en a souffert pas mal : si la première version (1988) est relativement fidèle au livre de Ludlum, elle pâtit indiscutablement de la mollesse de l’interprétaton de Richard Chamberlain dans le rôle de Jason Bourne. Sous les traits de Matt Damon, c’est évidemment nettement plus musclé, mais malheureusement, le film d’action signé Doug Liman (2002) ne reprend que quelques éléments du bouquin, privilégiant la bagarre et les poursuites en voiture au détriment du drame intérieur vécu par cet amnésique pourchassé par un tueur comme par ses propres commanditaires.

 

La Vieille qui marchait dans la Mer – Frédéric Dard (1988)

Cinq livres qui ont changé ma vie 4.jpgJe sais parfaitement que ce bouquin magnifique a été publié sous le pseudonyme de San-Antonio. Et je trouve cela regrettable : non seulement, le célèbrissime commissaire n’y apparait même pas au coin d’une page, mais de plus, aucun des tics d’écriture auxquels Dard se laissait parfois aller dans ses San-A., ne vient ternir le plaisir que l’on éprouve à lire cette arnaque hilarante et grinçante, écrite dans une langue d’une élégance et d’une richesse à couper le souffle.

Dire que cette Vieille – qui prendra les traits de Jeanne Moreau dans le très bon film éponyme de Laurent Heinemann (1991) – a changé ma vie ne sera jamais qu’une litote : alors que j’ai toujours rêvé d’écrire, la lecture de ce livre m’en guérira pour très longtemps. Comment en effet, imaginer parvenir ne serait-ce qu’à la cheville de ça ?

 

 

Common User Access – IBM (1989)
Advanced interface design guide.

Mettons les choses au point pour les distraits : si d’une part, les insomniaques apprécieront, de l’autre, on parle bien des livres qui ont changé ma vie !

Lorsqu’en 1984, en provenance des unités centrales aux allures de bahuts bretons, je prends le virage de la micro-informatique, le software pour PC a hérité des tares de ses ancêtres : ce sont bien entendu les analystes et les programmeurs qui dessinent les interfaces utilisateurs et en l’absence quasi-totale de guides ou de règles, chacun fait comme il le sent. Ainsi, dans certains logiciels, il faut taper sur ‘Escape’ pour charger un fichier, dans d’autres c’est une touche de fonction qu’il faut activer, etc.

Réalisé en majeure partie sur base des travaux de recherche effectués à Palo Alto dans les laboratoires de Xerox, ce guide de 220 pages (hors index) bouleversera tout cela en jetant aux orties les écrans non graphiques à fond noir – résolument à l’opposé de la feuille de papier qui nous est si familière –, articulant les menus de choix en fenêtres déroulantes au départ d’une poutre située dans le haut de l’écran et s’adressant à l’utilisateur au moyen de boites de dialogues.

Tout cela était bel et bien, mais malheureusement, la plupart des ordinateurs disponibles dans le commerce – y compris ceux que proposait IBM – n’avaient pas la puissance requise pour supporter ce genre de programmes.

Une relation me proposa alors de développer un ensemble d’outils pour lui permettre de créer une version de son logiciel comptable qui serait conforme aux prescrits du guide mais qui fonctionnerait sous DOS – Windows n’en était qu’à des balbutiements sympathiques mais peu fonctionnels. Je ressortis mes vieux manuels d’assembler d’une caisse et je me lançai dans l’aventure avec enthousiasme ! Je n’abandonnai le développement de logiciels que plus de vingt ans plus tard... et en regrettant profondément qu’au fil du temps, de nombreux développeurs trouvèrent judicieux de prendre beaucoup de libertés avec ce qui devrait rester une bible pour eux. Plus de détails pour les intéressés, ici.

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02/11/2016

Mixed Zone : Un club de traditions

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Je ne suis pas du genre à te mentir, ma loyale, ma fidèle, ma sincérité incarnée : je me suis pris une tanne dimanche. À la bière. Et j’avais entamé ma cure bien avant que le match ne commence : je m’étais tout simplement dit que pété, ça passerait plus facilement... ou en tout cas, pas plus difficilement qu’à jeun.

Le Sporting est en effet, un club de traditions : devant les petites équipes, et à quelques encablures d’une rencontre européenne, on ne joue pas, on attend que ça passe. Quand, à la 30ème seconde de jeu, un arrière de Beveren essaie d’arrêter Teo et se prend un carton rouge, on a commandé une nouvelle tournée, et bien tassés, s’il vous plait ! Car le Sporting est un club de traditions : plus un match sera facile à remporter, plus on va laisser faire les autres. Le surmenage, c’est mauvais, surtout à une poignée de journées d’une joute européenne prestigieuse, où il y aura des caméras partout et des margoulins plein les tribunes, car un bon petit transfert bien juteux, ça ne se refuse pas. Puis, même si on n’est pas intéressé, un contact peut constituer un argument intéressant pour débarquer dans le bureau d’Herman et demander une augmentation...

Ceci dit, il n’y a pas qu’au Sporting que des traditions existent : il y en a des tonnes partout, et surtout dans les villages de montagnes. Là, les traditions, on sait ce que c’est : un coup de blanc à l’apéro, puis encore un, car bosser dans les alpages, ça donne soif, puis, une chose en entrainant une autre, bref tu m’as compris...

Je connais la Suisse. J’y ai quelques amis. On a des traditions évidemment, et eux aussi, ce qui fait que nous sommes légèrement différents sur le plan de notre manière de penser. Ce n’est pas surprenant : nos biotopes ne sont pas les mêmes... Mais pour le reste, tout va bien : on a trois langues nationales, eux en ont quatre (on oublie souvent le romanche, une vieille langue celtique qui ressemble vaguement à du West Flemsch prononcé avec l’accent limbourgeois, amuse-toi pour y piger quoi que ce soit), et le tout colporte le même genre de clichés que chez nous – les Francophones sont feignasses et peu rigoureux, les Flamands et les Alémaniques sont réactionnaires et psychorigides, cependant que, d’un côté comme de l’autre, les Italiens font bien la cuisine !

René Weiler est un Schweizi comme on les appelle là-bas. Tu ne lui diras pas sinon il va m’en retourner une la prochaine fois qu’on se verra, mais on peut donc être assuré que parmi les traits de sa personnalité figurent certainement la rigueur et le pragmatisme. Et que parallèlement, il est probablement aussi porté sur le mélange football-romantisme que moi sur la partouze homosexuelle, pour te situer...

Je pense sincèrement que la personne qui lui a probablement raconté, à l’issue de la pantalonnade de Beveren, que, “Ça ne se serait pas passé comme ça avant” aurait mieux fait de s’abstenir : comme il l’a expliqué lors de l’interview particulièrement acide qu’il a accordée à la télévision après le match, les traditions, il s’assied dessus. Et pour bien exprimer le fond de ma pensée, il a entièrement raison : il n’a pas été embauché pour se pencher avec componction sur le passé, mais pour s’occuper du présent et de l’avenir.

Si en plus, il devait savoir... Car je te rappelle que, durant la période la plus riche de son histoire – de 1975 à 1980 –, si le Sporting disputa pas moins de trois finales européennes consécutives et en remporta deux, en six saisons, il ne gagna pas le championnat, et ne s’adjugea la Coupe qu’une malheureuse fois !

Donc, quand René Weiler peste en public contre la “tradition du beau jeu, du football dominant, du plaisir des yeux” et j’en oublie sûrement, le fétichisme ne connaissant guère de limite, je ne peux que lui donner raison : ce n’est pas avec un passé, bien idéalisé comme tous les passés, qu’on va gagner des matches. Et ce n’est certes pas en s’attachant à vouloir voir jouer un football d’un autre âge qu’on va faire avancer les choses dans la direction opposée à celle qu’ont suivie tant d’autres clubs de traditions dont on parle désormais au passé ou avec une petite moue d’apitoiement bien condescendante.

 

Dès lors, vas-y, René ! Rentre-leur dedans avec leur nostalgie casse-couilles et leurs manières agaçantes d’ex Miss Europe. Et surtout n’y va pas avec le dos de la cuiller : on est bientôt au cinquième du XXIème siècle, putain, ils vont encore pleurnicher longtemps sur l’arrêt Bosman ?

Tant que tu y seras, pense aussi à secouer un peu les plumes de ces drôles d’oiseaux qui se sentent déjà arrivés alors qu’ils n’ont encore rien gagné ! Qu’au moins, on ait droit à un minimum de rythme, parce que ça, ce fut réellement honteux dimanche ! Sauf au bar, où ça défilait vachement plus vite...

Mais surtout, oui, surtout : qu’on oublie ce foot champagne d’une époque désormais largement révolue durant laquelle on battait le Real 1-0 et Beveren 7-0. Les centres de formation tournent désormais à plein régime. Le Real les écrème, mais cela n’empêche pas Beveren de se fournir aussi en joueurs intéressants. Or, si l’écart qualitatif global se réduit entre Beveren et le Real, peut-être reverra-t-on plus tôt que prévu, le temps où le Sporting battait le Real par 1-0. Mais pour cela, il faudra qu’on soit efficace, et qu’on pratique un foot du même tonneau dans le cadre d’une structure qui ne lui cèdera en rien !

Je vais te dire un truc René : fais évoluer ce club vers quelque chose qui aurait sa place en Bundesliga comme tu rêves de le faire, et tu auras tous les supporters à tes pieds. Mais comment dire... Est-ce que « Bon courage ! » serait suffisant ?

17/10/2016

Chilouvision : In de sacoche !

Bon d’accord, celle-là, on l’a déjà entendue quelques fois : le Sporting est un club de tradition. Moralité, et revers de la médaille par la même occasion, on n’innove pas beaucoup.

Achtung, ne me fais pas dire ce que je ne dis pas : on s’efforce d’être à la pointe dans tout ce qui est sportif, dans l’accueil du public ainsi que dans la communication. Mais osons le dire tout net, pour ce qui est de la rigolade, qu’elle soit au premier ou au second degré, il vaut mieux fréquenter les bistrots des alentours que le stade proprement dit.

Je ne sais pas qui a eu l’idée de confier, ce dimanche, le micro à celui que je crois être Kevin le Forain, mais, aaaghodferdemilliardeste, chapeau ! Non que le speaker habituel fasse mal son boulot, que du contraire : fluide dans les deux langues, son discours passe toujours parfaitement, mais dans le style convenu et sans surprise. Dès lors, entendre « Merci, bedankt en de kost ! » en clôture d’un message de félicitation adressé au public pour son comportement envers les forces de l’ordre, m’avait déjà fait sursauter. Mais le « Score final, un zerrrrro, een nul, ‘t es in de sacoche ! » a réellement fait du bien après le match peu emballant qu’on a vécu ce dimanche soir. L’initiative est plaisante et renforce l’identité bruxelloise du club d’une manière amusante.

Sur le plan sportif, tu me connais, ma mokke, ma zoeteke, mon kalichezap, j’appelle un chat une mijole et un hareng saur un rollmops. Mais je ne suis pas du genre à hurler avec les loups. Si je reconnais que René Weiler a déjà déclaré souvent que construire une équipe prend du temps, je ne comprends pas bien en revanche, que certains journalistes semblent estimer qu’il devrait changer de discours. Pour dire quoi, en fait ? Des choses moins conformes à la vérité ? Qu’ils aillent donc demander à Michel Preudhomme de combien de saisons il a eu besoin avant de composer une équipe brugeoise qui fut championne en mai dernier – et qui depuis, patauge à l’unisson avec le Standard, où on passe son temps à changer de staff.

On conçoit évidemment que cela en fasse bisquer quelques-uns, de nous voir en tête du championnat alors que l’on est loin, effectivement, de produire un football chatoyant. On est un peu moins amusé de devoir remarquer que les matches précédant une rencontre de Coupe Européenne soient souvent bâclés. On n’est toutefois pas sur le terrain, ce qui nous oblige donc de « faire avec »...

Ainsi que lu quelque part, le match disputé jeudi à Mayence sera un test sérieux pour le Sporting. Après avoir passé ses troupes en revue, Weiler a porté son attention sur la défense et sur un modèle de football permettant de développer un jeu intéressant à l’extérieur – suivant en cela, les principes de Goethals qui a toujours expliqué à l’envi que « Tu construis une équipe comme une maison, fieux, en commençant par le bas ».

On nourrit donc quelques espoirs par rapport à ce qui se passera jeudi, tout en gardant à l’esprit qu’une équipe de Bundesliga est nécessairement un dur morceau à croquer. En attendant, on s’efforcera d’oublier au plus tôt ce pénible Anderlecht – Lokeren ainsi que le pénalty oublié commis par Acheampong, tout en retenant ce qu’il convient : un très bel arrêt de Roef, le missile intergalactique de Badji sur le poteau et le goal de Teo, amen.

 

08/10/2016

Vafanculo !

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Tu sais comment va la vie, ma vieillasse, mon élimée, ma décatie : à certains moments, des priorités se font jour, et il t’incombe absolument de les rencontrer, quitte à devoir laisser tomber provisoirement certaines choses que tu aimais bien et bla-bla-bla. Là-dessus, je jette un coup d’œil à ma montre, je quitte ma chaise de bureau, je fais quatre pas et demi et je me laisse tomber dans le fauteuil qui regarde la télé même quand elle est éteinte : j’ai toujours aimé le sport.

De plus, ce vendredi soir, en tant que patron j’ai dit oui même si le boss nie.

Je te causerais volontiers du match mais hélas, il n’y en eut pas vraiment un. Il suffit d’un changement tactique rapidement imposé par la blessure de Jordan L., pour que les Bosniens n’y pigent plus rien et que, dans une tentative désespérée de simplifier la situation, ils se fendent même d’un auto-goal. Le reste coula de source, avec un Hazard bien libéré par l’absence de KDB, un Mertens du même tonneau et un Romelu – sifflé par le public débile à la sauce rouche de honte pour un loupé après un sprint de 90 mètres – exerçant un pressing éreintant mais efficace sur les arrières bosniens.

Je cite des noms, mais c’est juste comme pour dire, car cette fois, on n’a personne à retirer du lot : même Witsel a mouillé son maillot, c’est dire si Martino Robertez a déjà apposé sa griffe sur ce groupe qui ne l’attendait que depuis trop longtemps, amen.

C’est au repos qu’un puissant jet de bile me jaillit de l’estomac pour aller s’écraser sur la télé... Quoi ? Oui, désolé, je sais bien que c’est la tienne mais rassure-toi : j’ai nettoyé le plus gros pour pouvoir voir la 2ème mi-temps ; puis j’irai t’acheter un stock de cotons-tiges pour les petites fentes des haut-parleurs, c’est un peu plus cher que les cure-dents mais c’est plus efficace.

Hmm ? Pourquoi j’ai dégueulé de la sorte ? Eh bien, figure-toi que j’ai regardé les 45 premières minutes sur la RTBF. Seulement, avant que les 120 kilos de Philippe Albert ne débarquent dans ton salon, ils t’envoient une chiée de publicités toutes plus casse-bonbons les unes que les autres. Aussi basculai-je sur la VRT – là, c’est le commentaire de Frank Raes qui me pèle le jonc – où il n’y a pour ainsi dire pas de pub et où en plus, on avait droit à Jan Mulder et à Wesley Sonck, lesquels ont quand même une classe au-dessus de tout le reste, désolé pour le reste en question. J’avais à peine zappé, toutefois, que vlan, ils affichent la tronche d’Imke Courtois à l’écran ! Disons-le tout net, j’ai rien contre cette jeune femme. Mais bon, j’ai pas non plus énormément pour, surtout qu’elle joue au Standard. En revanche, était-ce vraiment le moment de s’afficher revêtue du training – certes officiel, mais merde, quoi ! – frappé du logo d’ING ?

Parce que les putains de banques, je les connais, exactement comme tout le monde sait que si on devait, nous, faire comme elles, c’est-à-dire rembourser les clients qui le demandent avec le fric qu’on gagne sur le dos des autres, il y a déjà longtemps qu’on serait en taule. On peut appeler ce système comme on veut, de la cavalerie à la pyramide, on n’arrivera pas à trouver un mot qui sentira moins mauvais que l’autre.

Mais figure-toi que je connais un autre truc aussi : ce que l’on a désigné sous le vocable de ‘digitalisation’ et qui en réalité, répond en bon français, à celui de ‘numérisation’. Il s’agit là, d’un ensemble de principes simples à piger même pour toi, mon érudite, ma savante, ma co-sciente intélèque : le boulot dont se chargeait avant, un guichetier bougon, c’est désormais toi qui te le tapes au moyen d’un ordinateur ou d’une smartphone que tu as payés, et d’une connexion internet pour laquelle tu raques pareillement. Ce qui est particulièrement sympa dans le truc, c’est que non seulement, c’est toi qui fais tout le boulot, mais qu’en plus, tu douilles pour, et doublement car ces sagouins ne sont même pas honteux de te facturer mensuellement, un forfait d’« accès internet », comme ils disent.

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Regardons les choses en face : on va vers une société où tu t’enverras toutes sortes de petits boulots du même tonneau, du genre pointer toi-même tes achats à la sortie du supermarché, composer toi-même ton menu au moyen d’une carte numérisée dans ton restaurant préféré, comparer toi-même différentes destinations de voyage avant de faire le nécessaire afin de te réserver un hôtel et ton billet d’avion, etc. Il n’y en a plus pour longtemps avant que, quand tu demanderas un taxi, c’est un véhicule sans chauffeur qui viendra te chercher, quand tu voudras t’acheter des fringues, ce ne sera plus que par le net, idem pour de l’électronique, pour des meubles pour de la bouffe, pour du PQ, pour tout, quoi ! Plait-il ? Euh... Faut voir, mais a priori, je ne situe pas bien l’avenir des commerçantes de la rue d’Aerschot, en effet...

Globalement, cela signifie que de moins en moins de gens travailleront dans un avenir en train de se rapprocher de plus en plus vite. Et que donc, on s’achemine vers un modèle de société différent, dans lequel la norme sera d’être au chômage. Tu dis ? Ben ouais, mais faut voir les choses comme elles doivent être vues : travailler, ça fait chier, et pas que les feignasses ! Putain, un tiers de ta vie passé à dire amen à des cons que tu n’oses pas envoyer à la merde car il te reste encore dix ans à rembourser sur ton appart’, deux sur la Twingo que ta copine t’a pétée il y a trois mois, et un sur la télé sur laquelle tu peux plus mater que des DVD car tu as oublié les factures de Proxivootelenorange depuis trop longtemps...

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Prolétaire, est-ce vraiment une vie ? La réponse est non. Mais pour que ne rien faire soit enfin bien considéré, il faudra d’abord prendre des mesures drastiques contre ceux qui sont tes ennemis, ceux pour qui tu coûteras toujours trop cher.

Or, par un hasard curieux, l’impôt des sociétés n’aura jamais été aussi bas en Belgique que d’ici peu... Pourtant, tu sais parfaitement comment cela se passera quand tu seras payée à ne rien faire, dans la norme du futur : ce seront les profits des sociétés qui te financeront. Et tu n’es pas la seule à savoir cela, raison pour laquelle il importe à tous ces gros radins, grippe-sous et autres cupido-avides, de démarrer l’ensemble du processus au taux le plus bas.

Face the fucking truth : les enculés te préparent sournoisement le monde de demain alors que toi, tu n’es qu’innocence soi-disant défendue par des attardés façon Marc Goblet... Désolé, mais les draps dans lesquels tu te trouvent ne sont pas beaux.

 

En attendant, Caterpillar a lancé un ultimatum au personnel qui sera jeté à la rue d’ici peu : « Produisez un peu convenablement, sinon on arrête tout, tout de suite ! ».

Je ne sais pas comment ces gens vont réagir et je n’ai aucun conseil à leur donner. Mais franchement, on me sort un truc pareil après m’avoir expliqué que j’allais me retrouver dans la merde dans un avenir scandaleusement proche, moi, leur fabrique qui ne sert plus à rien, leur morgue écœurante et les banques dans lesquelles ils entassent leurs profits puants, j’y fous le feu, et avec les allumettes grosses comme ma bite !

07/09/2016

Chilouvision : À poil Nicosie

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Et idem pour ceux qui étaient dans le studio de la RTBF à Bruxelles ! Franchement, se fringuer comme les deux vieux du Muppet Show, ils trouvent ça bien pour un match de foot ? Avec un maillot des Diables – le bleu pâle pour ceux qui sont allergiques au rouge – ils présenteraient un peu mieux que déguisés en croque-morts : à croire qu’ils nous voyaient perdre...

Bon, disons-le tout net, je n’étais pas convaincu qu’on allait gagner. J’avais d’ailleurs prévu quelques autres titres, un peu plus dans la veine des SAS que j’ai toujours aimés – les titres, surtout. 

Chypre – Belgique 2-0 : Les Cyprins de Chypre (après un match au moins aussi pire que contre les Spanish, les poissons rouges n’ont jamais trouvé la sortie de leur bocal).

Chypre – Belgique 2-1 : Arnaque à Larnaka (scandaleusement floués par lard-bite, les Belches s’inclinent à la 102ème minute sur un pénalty imaginaire).

Chypre – Belgique 0-0 : Voir Famagouste et dormir (tu as vraiment besoin que je revienne sur ces 90 minutes, ma soporifique, ma siesteuse, ma léthargique ?)

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Au diable donc, Malko et ses penchants seaux de mites : on a gagné, et d’une façon convaincante. Avec toutefois, deux questions qui viennent immédiatement à l’esprit :

Les Diables ne sont-ils qu’une équipe du subtop, seulement capable de mettre la pâtée à moins forte qu’elle ?

Les joueurs belges ont-ils considéré le match amical de jeudi dernier comme une aimable mise en jambe ?

Et des réponses difficiles : voyons les choses en face, on n’a jamais convaincu contre le haut du panier. On a tous encore en mémoire, le match tristounet face à l’Argentine lors de la Coupe du Monde 2014 et l’exhibition déplorable d’il y a quelques jours face à l’Espagne, n’a rassuré personne de ce point de vue. Même si on se souvient encore d’une aimable fessée administrée aux Français...

Pour le reste, la 1ère place conquise au classement FIFA, le fut suite à de bons résultats enregistrés contre des nations pas trop bien cotées... On manque donc de références sur ce point et même si la Bosnie Herzégovine et la Grèce ne sont pas des adversaires à dédaigner, on n’en aura pas plus d’ici à l’été 2018.

Quant à l’implication des joueurs, on dira qu’elle fut remarquable ce mardi soir. Mais évidemment, avec Fellaini sur le terrain pour se charger à la fois du sale boulot et de créer des brèches dans la défense adverse, tout se passe un peu plus facilement : parfaitement atypique, il représente exactement tout ce dont une équipe a besoin. Lecture du jeu et positionnement extraordinaires, gros impact physique, dans le respect des règles ou pas, concentration maximale...

À un point tel que Witsel lui-même, ne m’a pas trop énervé, ce qui représente un évènement exceptionnel.

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Sans rire, quand Hazard s’implique dans le jeu et qu’on joue avec un véritable centre-avant, la vie des adversaires des Diables ne peut être qu’un long torrent tourmenté. Tu dis ? Ça, on le savait déjà ? Ben ouais... Mais cela implique que l’on n’a pas de réponse satisfaisante à apporter aux questions posées plus haut...

 

05/09/2016

Chilouvision : Les supporters les plus cons du monde

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Qu’on se mette bien d’accord : je n’ai jamais rien eu contre Marc Wilmots. Même si je n’ai jamais rien eu pour non plus. Mon sentiment de base a toujours été qu’il n’en connait pas assez au plan du football pour entrainer un grand club, ni a fortiori, une équipe nationale – à l’exception probable de celle de Saint-Marin – mais bon, regardons la vérité en face : moi non plus.

Toujours est-il qu’une fois Leekens confronté à un noyau qui lui jetait tous les jours à la face qu’il n’avait jamais été qu’un minable défenseur – lire matraqueur – brugeois de l’époque la plus Boerechtig de l’histoire de ce club déplorable, Wilmots fut le seul à en avoir suffisamment dans le falzar pour permettre à son prédécesseur d’aller soigner son égo meurtri.

Faut-il le dire ? Cela fonctionna. Pas à 100%, car contre l’Argentine à l’été 2014, par exemple, on n’eut pas l’air très malin : le système ‘Allez les gars, on va mord’ dins leurs coillons nondidju en voor de Vlamingen, hetzelfde’ montra en effet quelques limites. Mais un fait vaut plus qu’un premier ministre – surtout celui qu’on a – et les détracteurs de l’ancien avant de choc de la Bundesliga, ont le droit absolu de la fermer : au départ d’une clique d’incertains et de timorés, le Tracteur de Dongelberg créa un groupe qui fit de la Belgique la 1ère nation du football mondial, amen.

Les premières vraies fissures remontent à peu avant l’Euro 2016 : d’un entrejeu faiblard en termes numériques, dessiné afin de rendre indispensable la présence de Witsel, à la sélection ridicule de Jean-François Gillet ‘pour l’ambiance dans le vestiaire’, on eut vite compris qu’on n’allait pas en France pour la gagne. Pis : la plupart des joueurs retenus aussi ! Jouant petitement sur le copinage dans une atmosphère de fin de règne, Meunier et Witsel profitèrent de leur statut d’incontournables pour aller négocier leurs contrats à quelques encablures du crucial Belgique – Pays de Galles, donnant aux autres le sentiment que tout était dit d’avance et qu’il n’était plus l’heure de se déchirer les tripes pour continuer à se faire chier au beau milieu d’une ambiance globale que les attentats terroristes avaient rendue délétère.

 

On ouvre une petite parenthèse à ce moment, et on met l’accent sur un phénomène qui ne semble pas avoir frappé les médias : dès les qualifications pour l’Euro 2016, le profil des supporters des Diables Rouges a changé, ainsi qu’en témoigna les pénibles ‘Oooooh, enculaÿ, fils de prostituaÿe’ enregistrés face aux gentils amateurs andorrans. Là où, auparavant, on retrouvait un peu de tout, y compris une petite chaudasse avide de se montrer le plus possible afin de conclure un contrat avec l’une ou l’autre agence de pub, se dresse soudain un mur : celui des supporters d’un club bien connu de la Jupiler Pro League – à l’étranger, on a oublié de qui il s’agit – et qui, désireux de se retrouver un groupe gagnant, se peignent soudain la tronche en tricolore.

Faut-il le dire ? Je méprise fondamentalement ces navets qui ont trop souvent usé de moyens aussi illégaux que minables pour permettre à leur équipe de bras cassés de remporter des matches alors qu’elle était promise à une défaite humiliante. Je vomis tout autant leur propension à porter aux nues des bidons pour descendre froidement des joueurs au simple motif qu’ils n’émanent pas des bonnes couleurs – alors qu’ils évoluent pourtant à l’étranger depuis longtemps.

 

Souhaitons par conséquent beaucoup de courage à Roberto Martínez qui n’a probablement pas soupçonné qu’il mettait les orteils dans un véritable panier de crabes.

Car non seulement, il se prend d’emblée une volée de critiques à l’issue de trois entrainements suivis d’un match amical contre l’Espagne, mais de plus, pour éviter de se mettre à dos le public le plus con du monde, il va devoir :

!  Continuer à se coltiner un Witsel complètement ramolli par des années passées à glander dans un championnat complètement dévalorisé. Ce n’est un secret pour personne que j’ai du mal à encaisser la présence continuelle de ce gros glandeur. Mais pas des suites d’un évènement crapuleux appartenant à un lointain passé : parce qu’il n’apporte rien, comme il l’a encore montré ce jeudi soir en n’ayant aucune réponse à apporter à l’emprise de l’entrejeu espagnol.

!  Éviter à tout prix de sélectionner un Defour requinqué par deux saisons réparatrices au Parc Astrid. Après un temps indéfini passé à se remettre de son chômage portugais et de blessures à répétition, Steven a retrouvé du temps de jeu au Sporting, avec un bonheur à géométrie variable. Mais en définitive pas en vain, ainsi qu’en témoigna sa bonne entrée en matière en Premier League. Hélas, pour les débiles mentaux, il a renié ainsi son passé Rouche et ces ânes footballistiques ne sont pas prêts à le lui pardonner : ils se fichent de voir les Diables gagner. Eux, ce qu’ils veulent, c’est voir certains joueurs (ne pas) jouer.

!  Accepter de voir les pelouses amochées par la bonne dizaine de kilos superflus trimballés par un Hazard que ses performances sporadiques en club rendent intouchable. Cela fait maintenant des années qu’Éden se traine quand il joue avec les Diables alors qu’il brille dans le très dur championnat anglais. On a connu suffisamment de tels joueurs, magnifiques avec leur club, mais incapables de répéter leurs exploits en équipe nationale...

 

Quant à nous... Eh bien, tout ce que l’on espère, c’est que les performances des Diables Rouges continueront sur leur lancée actuelle, de façon que leurs supporters de l’heure, ne se trouvent plus de – mauvaises – raisons de nous rendre honteux de l’amour que nous portons à une équipe qui vaut définitivement mieux qu’eux. Et tant pis si cela passe par des défaites : en tant que supporters, on en a ras le bol de se voir assimiler à un effroyable ramassis de décervelés dénués de la moindre once de respect humain. Comme du temps où Defour se ramassait des gobelets de bibine sur le portrait !

19/08/2016

Chilouvision : Славия Прага – Андерлехт 0-3

Les opérateurs de télévision trop occupés à nous détailler avec force superlatifs de fascinantes compétitions se déroulant avec un faste éblouissant dans une ville où innombrables sont ceux qui crèvent de faim et de misère, tu t’apprêtais à te rabattre sur un stream bien pourrave diffusé sur l’insupportable scintillement de l’écran cathodique du PC que ton vieil oncle t’a refilé un soir qu’il avait un peu forcé sur le Picon bière, ma désespérée, ma brimée, mon inconsolable...

Quand soudain, jaillit dans ta vie, le Chevalier Blanc qui allait te la sauver !

–    Je viens de vérifier les listings TV », t’appris-je avec toute la grandeur d’âme que l’univers me connait. « Ils passent le match de ce soir sur Arena Sport 4 Serbia ».

–    Ça me fait une belle jambe », m’objectas-tu, sceptique comme les habitants de Fosses-la-Ville, encore que je te trouve bien de l’aisance. « Si tu crois que je vais me taper le voyage jusque Belgrade... »

–    Mais non, enfin ! », me récriai-je. « À quel motif irais-tu polluer la banlieue namuroise au volant de ta Trabant datant de la chute du Mur de Berlin ?

« J’ai un pote qui dispose d’une Box Internet TV à Neerpede. Et parmi les innombrables chaines qu’il peut capter, se trouve effectivement celle dont je viens de te causer ».

–    Ah ouais... Et ça va marcher ?

–    Bah, on verra bien. Si ça foire, on se rabattra sur une bouteille de pinard, car le pote en question tient un restaurant[1]...

 

Nous voilà donc installés, toi devant une pizza, moi devant un plat de pâtes. Tu envoies un SMS à l’arbitre, et hop, il siffle le début de la rencontre.

Le Sporting démarre plutôt bien, Teodorczyk se créant d’emblée une belle petite occasion. Il y en aura d’autres, car on domine dans le jeu, mais malheureusement, c’est un peu comme avant 2002 : il manque toujours cinq centimes pour faire un franc.

Les Tchèques ne sont pas dénués de qualités, mais ils ne parviennent pas à les mettre en valeur : on ratisse beaucoup dans l’entrejeu et derrière, Dendoncker – surtout – et Nuytinck font le ménage avec application. On termine la 1ère mi-temps un peu à la cravache, avec enfin quelques attaques d’un Slavia plutôt terne jusque là.

 

Un grand type sympa, ancien attaquant brillant du Sporting, reconverti en entraineur – non, pas de nom ; sache seulement qu’il avait de longs cheveux blonds du temps de sa splendeur et qu’ils ont raccourci depuis – nous dit qu’il est surtout important de ne pas encaisser... Si tu veux mon avis – et si tu ne le veux pas, passe directos au paragraphe suivant –, personnellement, je me sentirais plus à l’aise avec l’un ou l’autre but d’avance...

Sylla est d’accord avec moi : le match vient de recommencer quand il reprend un centre tendu de Chipciu. Au départ, on n’est pas certain que le ballon soit entré dans le but : il semble qu’il passe entre les jambes du keeper tchèque, qui se retourne et le dégage. Trop tard : le ralenti montre qu’il est allé le rechercher derrière la ligne.

C’est comme un coup d’assommoir pour les Praguois. Il n’y a plus qu’une équipe sur le terrain, et elle joue en Mauve. La suite coule de source : une dizaine de minutes plus tard, Sylla balance une prune modèle de luxe sur la barre. Teodorczyk a bien suivi et fait 0-2 de la tête. Cinq minutes après, c’est au tour d’Hanni de lâcher un scud, proprement inarrêtable...

On ne sait pas trop pourquoi – enfin, si : à 0-3, la concentration n’est plus maximale –, les Tchèques retrouvent un peu d’allant à ce moment, un très beau tir atterrissant sur la barre du but de Roef.

Je te regarde. Je te vois ravie, mais tu estimes que tout est dit. Tu fais clic sur ton portable, l’arbitre siffle la fin de la rencontre.

 

J’ai bien aimé les prestations de Praet et de Dendoncker, ainsi que celle de toute la ligne d’attaque : Teodorczyk et Sylla côte à côte, ça fait mal, surtout quand ils sont bien alimentés par Tielemans, Chipciu et Hanni – ce dernier dans un rôle un peu plus obscur, mais qui devrait puiser pas mal de confiance dans son brassard de capitaine, comme dans le très beau but qu’il a inscrit.

Le match retour ne devrait être qu’une formalité, encore que ce que le Sporting a réalisé à Prague pourrait donner des idées au Slavia – dont on n’a pourtant pas eu le sentiment qu’il dispose des qualités pour les réaliser.

 

Digressions

Dans ma jeunesse, on pestait parce qu’en Wallonie, on n’avait pas sur le câble, la possibilité de regarder toutes les chaines flamandes. Et vice versa en Flandre. Cette situation ridicule prit fin quand les nabots communautaristes durent s’incliner devant l’apparition du numérique.

Voyons toutefois les choses en face : cela ne parvint pas à guérir les opérateurs de leur cupidité. Même une société dont tu es – prétendent les naïfs – propriétaire à 50% comme Proximus, continue de pratiquer des tarifs scandaleux. Pour faire apparaitre des publicités dans ton salon, sur l’écran de la télévision que tu as payée, au moyen d’un abonnement que tu douilles consciencieusement, mois après mois.

On comprend qu’ils se grouillent de pomper ce qu’il y a encore à pomper : au prix ridiculement bas d’une box tv internet (aux environs de €80,-) et de l’abonnement qui va avec (entre €10,- et €20,- par mois), leur avenir est dans leur dos.

–––

Il n’y a pas si longtemps, je sélectionnais soigneusement des images sympas dont j’illustrais mes textes. Malheureusement, tu peux toujours cliquer sur l’icône permettant d’importer des piquetcheures dans le soft des blogs Skynet. J’ai signalé le problème il y a trois semaines, puis de nouveau, quelques jours plus tard.

Depuis, j’attends. Je suis de nature patiente, mais...

 

 

[1] Avant, je donnais le nom des endroits où j’allais lutter avec la dernière énergie contre l’amaigrissement qui tous nous guette. Je le faisais de bonne foi, pourtant j’ai eu la désagréable surprise d’apprendre que certains me soupçonnaient d’en profiter pour bouffer gratos.

Évidemment, entre publicité et corruption, il n’y a qu’un pas, et il est vite franchi. Pour éviter donc, de donner l’occasion à certains de passer ma crédibilité au hachoir, je tairai donc soigneusement le nom de ce très bel endroit. Sache seulement que le restaurant en question est italien et qu’il se trouve un peu plus bas que le site RSCA de Neerpede, sur le trottoir d’en face.

05/08/2016

Chilouvision : On n'y échappera pas (RSCA-Rostov 0-2)

On s’était fait quelques illusions en regardant les deux premiers matches de la saison – à Rostov et à Mouscron – mais pour sa première sortie à domicile, le Sporting nous a remis les pieds sur terre : il faut du temps pour bâtir une équipe. Beaucoup de temps parfois, demande à Michel Preud’homme pendant combien de mois il a cherché sans trouver la bonne formule à Bruges ! Plait-il ? Tu causes pas à ce type ? D’accord, euh... Moi non plus en fait, c’est pour ça que j’essayais de t’envoyer au front.

Ma première réflexion à l’issue de la rencontre fut qu’il fallait nécessairement que l’on finisse par payer le prix de la douteuse plaisanterie Okaka, qui, on l’a oublié un peu vite, a sauvé pour nous, ce qu’il y avait à sauver en 2015-16. Avec tout ce qu’il a dans les pieds comme dans la tête, Sylla a éprouvé trop de mal à s’exprimer, systématiquement encadré par deux armoires à glace russes qui auraient probablement bougé l’Italien moins facilement. Reconnaissons qu’il ne fut guère aidé par Hanni, auteur d’un match peu enthousiasmant – et que Trézéguet aurait dû suppléer plus tôt.

Mais c’est un peu à tous les niveaux que Rostov nous a donné la leçon, de la défense où le manque de vitesse de De Maio m’interpelle autant que la réactivité à retardement de Roef sur le tir de Noboa (0-1, 27ème), à l’attaque où je me pose aussi des questions quant à la non-titularisation de Pong (blessure latente ?). Sans malheureusement oublier l’entrejeu, où tant Dendoncker que Defour furent à la peine.

À propos de ce dernier, un insider me déclarait que le soutien massif du public l’avait ému. Admettons... Mais si ça ne lui va pas que l’on l’applaudisse à la 16ème minute, cependant qu’il n’aime pas non plus les douches de bière, que faire ? Tu dis ? La fermer ? A priori, on ne va pas au match avec cette idée en tête. Déjà que si on ne chante pas pendant 90 minutes, on se fait traiter de public de théâtre, voire de fossile...

Enfin, soit. Les gens dotés d’un minimum de bon sens souhaitent qu’il reste au Sporting car ils savent que c’est un joueur de valeur, capable d’apporter beaucoup à l’équipe. On comprendrait mal devoir subir la loi d’une faible minorité restée scotchée sur l’un ou l’autre évènement anecdotique survenu dans un passé déjà bien lointain... À moins bien sûr, que l’on n’en soit qu’à des prétextes qui pourraient déboucher sur des négociations à propos de son contrat...

D’une façon générale, on a un peu le sentiment que celui qui aurait le plus de choses à se reprocher à propos du résultat navrant de ce match qui ne le fut pas moins, c’est René Weiler. Parce que, devant une équipe défensive, on a retrouvé les travers de la saison passée, avec surtout, bien trop d’espace entre les lignes. L’entraineur adverse avait apparemment tout pigé de la façon de jouer du Sporting, ses joueurs athlétiques – alignés dans un 5-3-2 désagréable pour l’adversaire – se positionnant systématiquement dans les intervalles et se passant très souvent le ballon de la tête. Soit dit en passant, je n’avais jamais vu une équipe progresser si bien et avec tant de fluidité, au moyen de petites balles hautes.

La conclusion est évidemment que la victoire russe ne se discute pas le moins du monde. Ce qui en découle n’est guère plus réjouissant : en dépit de la bonne prestation de Tielemans, le Sporting éprouve des difficultés à prendre le jeu à son compte, ce qui me fait grincer des dents à l’avance dans l’optique de la venue de Courtrai ce dimanche 7 août.