12/02/2018

Mixed Zone : Psychologie de vestiaire

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Il faut parfois savoir faire preuve de psychologie, ma chérie, ma lumière, mon âme qui se trame au gramme, pique et pique et dame de cœur. Comprendre les autres, décrypter leurs motivations, se représenter de quelle façon ils sont amenés à réagir alors qu’ils n’ont pas eu la chance de naitre aussi beaux, aussi forts, aussi intelligents et aussi sympathiques que nous : tout cela nous aide à maintenir l’extrême richesse de la vie sociale hors du commun qui est la nôtre, amen.

Pour certains, toutefois, il s’agit là d’une démarche qu’ils sont incapables de mener seuls. C’est la raison d’exister de professionnels du bien-être personnel que l’on appelle des psychologues. Foin de toutes les ignobles médisances en fonction desquelles un psy entame ce genre d’études parce qu’il est dans l’incapacité de se comprendre lui-même : quand le tas de fumier qu’on a à déplacer est vraiment trop gros, on serait con de ne pas avoir l’humilité de demander de l’aide au garçon de ferme – et tant mieux s’il est un peu simplet, au moins il ne nous fera pas de l’ombre, déconner c’est fun mais l’exagération est nuisible en tout.

Ainsi, nous avons sûrement été nombreux à apprécier qu’Hein Vanhaezebrouck réclame l’embauche d’un psychologue. On dira même qu’il y a longtemps qu’il aurait dû envisager ce type de requête propre à lui apporter de quoi résoudre ses problèmes : patauger depuis des mois dans la choucroute comme il le fait ne ressemble pas à grand-chose, admettons-le.

On peut néanmoins se poser la question de savoir à quel motif il a dû s’ouvrir de cela dans la presse. D’une part, un minimum de pudeur n’aurait pas été déplacé car au fond des choses, il est le boss sportif du club et il est permis de se demander si, vu le vieux contexte machiste dans lequel baigne le foot professionnel, il est bien sage de faire ainsi aveu de faiblesse. Et de l’autre, on serait surpris d’apprendre qu’il ne jouit pas d’une assurance sociale en ordre de marche alors qu’à ma connaissance, la mutuelle prend autant en charge ce type de soin que quand tu souffres d’une pointe de sinusite dans le genou ou d’une entorse au maxillaire après avoir regardé un match du Standard.

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Plait-il ? « Se moquer encore des Rouches est déplacé car on ne vaut vraiment pas mieux qu’eux pour le moment » ? Ouais... Les temps changent, les gens et les joints passent, même le cul lasse et casse.

Mais soudain, tu te fais sévère.

– Ce n’est pas pour lui-même que Ketchup veut un psy », me jettes-tu un regard méprisant. « C’est pour ses joueurs ! »

Ah ? Je me disais bien que d’un seul coup, il laissait un peu trop facilement tomber sa morgue légendaire.

Toutefois... Un psychologue pour des joueurs de foot ? À mon humble avis, si on devait raconter ça à un manager de Premier League, il tomberait de sa chaise : entre leur amour du ballon, des jolies filles pas trop compliquées et de leur plantureux compte bancaire, ce qui anime les footeux n’est pas d’une complexité à se taper une élongation au cerveau.

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Ainsi, souviens-toi du 12 septembre 2017 à Munich : à la 10ème minute, désappointé de se voir aligner en défense centrale, Kums commet une faute dispensable sur Lewandowski. Pénalty, carton rouge et match définitivement orienté alors que la suite montrera qu’à onze, on aurait probablement pu espérer mieux qu’une défaite. Or ce samedi 10 février à Ostende, Dendoncker, positionné en défense centrale depuis trop longtemps et lui aussi contre son goût, fait le même geste – sauf que ce n’est pas dans la surface de réparation, on peut en avoir plein le cul sans pour autant vouloir précipiter le reste de l’équipe dans la tombe.

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Le message parait d’une absolue limpidité... sauf pour la presse : alors que tous s’étaient réjouis de voir comment Kums avait enculé Weiler, les journaleux tombent avec le même ensemble touchant sur la bosse à Dendoncker. On a du mal à piger la différence de traitement entre les deux évènements, mais soit... Si le comportement des journalisses sportifs était empreint d’un soupçon de cohérence intellectuelle, on l’aurait remarqué depuis longtemps.

Bref, tu saisis l’impact de la dimension psychologique, mon cher Hein ? À force de te regarder dans le miroir en te trouvant irrésistible et en n’imaginant même pas te remettre une seconde en question, ni t’interroger sur la pertinence de certitudes qui n’en sont que pour toi-même, tu n’as même pas vu arriver le coup.

Pis que cela, alors qu’on n’est qu’à quelques heures de la Saint-Valentin, tu n’as pas pensé que quelqu’un avait envie de te faire l’amour. Eh bien, c’est fait.

10/01/2018

Les Gens sans Foot : Pour en finir avec les fêtes

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Eh bien, voilà, elles sont terminées, en ce 8 janvier ! Donc, tu t’es chargée de ton cartable – le beau, qu’un gros malin a trouvé intelligent de t’offrir pour ta Noël – et tu as repris le chemin de l’école. Là, tu as trouvé une mine superbe au prof de math – il a sûrement passé le changement d’année en montagne, à moins qu’il ne soit parti visiter le Soudan avec Francken –, ce qui t’a profondément déplu. Ce fut toutefois une exception : chez la plupart des autres membres du cadre éducatif – lire « les pinailleurs avec leur accord du participe passé dans le cadre de la conjugaison des verbes pronominaux » ou encore « les épouvantables pour lesquels il est facile d’intégrer le fait que les molécules organiques contiennent souvent des atomes d’hydrogène, d’oxygène et d’azote » –, tu as noté la profondeur accentuée des poches sous les yeux, le teint brouillé et l’halène de camion poubelle, sans compter une certaine propension à s’alimenter de Rennies dont ils font passer le goût de menthe chimique en buvant un coup à une petite bouteille de Gaviscon.

Tu dis, chérie ? Ma dernière phrase est un peu trop longue pour être facilement lisible ? Moui... Personne n’a été épargné par cette période de l’année au cours de laquelle on mange trop, on boit trop et on fait trop peu d’exercice.

– Mais pourquoi ? », me demandes-tu.

Oui, pourquoi ce déchainement d’huitres, de foie gras, de terrines diverses, de Sauternes, de Monbazillac, de profiteroles, de crème glacée et de vieil Armagnac – ne pas confondre avec vieillard maniaque, Harry Weinstein sors de ce corps où tu es entré à l’insu du plein gré de sa propriétaire –, finalement clôturé par un gâteau des Rois qui te reste sur l’estomac car tu sais quand tu commences à en manger, mais pas quand il convient d’arrêter...

– Eh bien, ce sont les fêtes...

– Joue pas au con avec moi, Chilou de mes deux, tu es sûr de perdre ! Tu détestes tellement les bondieuseries que tu te refuses même à reconnaitre la signification religieuse de cette période.

Pfff... Je fais quoi, là ? J’explique, je détaille, je satisfais sa soif de connaissance ou je retourne me coucher ?

« Explique, ducon, sinon je te fais tâter de la cravache que tu m’as offerte pour mon bien au Nouvel An ! »

Oups... Plus question de tergiverser, là.

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D’une façon générale, l’histoire de l’humanité fut fortement marquée par le moment où, après avoir vécu de chasse, de pêche et de cueillette pendant longtemps, l’être humain s’assit sur un caillou qui passait par là et se dit « Tiens, plutôt que courir derrière ces satanées bestioles qui apparemment, n’aiment pas trop se faire manger, pourquoi n’en enfermerais-je pas quelques-unes derrière des barrières ? Ce serait plus pratique : quand j’aurais envie de mon quatre heures, hop, j’en zigouillerais une et l’affaire serait dans la poche sans que je ne doive leur galoper aux fesses comme un dératé ».

T’ayant vu faire, la copine au pote du cousin de ta belle-sœur – non pas celle avec une verrue sur le nez, l’autre, celle qui a les jambes arquées – remarqua que tes bébêtes avaient tendance à perdre du poids au fur et à mesure que le temps passait. Comme c’était une petite futée, elle avait aussi vu que quand un fruit pourrissait sur le sol, une pousse d’arbre grandissait à cet endroit l’année suivante. Donc, elle envoya Charles et Michel, les jumeaux mal achevés que sa colloc avait eus après s’être fait sodomiser par son père, récolter des fruits pourris et les déposer dans l’enclos que tu avais bâti.

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La civilisation agricole était née. Et avec elle, non seulement les garçons de ferme un peu benêts, mais aussi le travail, tout comme le pognon. Car si j’ai bien de la bidoche mais que je n’ai pas assez de patates pour pouvoir m’entifler un steak frites tous les jours, on échange, non ?

Heureusement, le travail, ce n’était pas tout le temps. En hiver, par exemple, avec le sol dur comme le crâne de ta belle-mère, bien le bonjour si tu espérais faire quoi que ce soit : tu avais essayé, mais ta pelle avait déclaré forfait et tu t’étais ramassé une belle engueulade, car « Merde, ça coûte ce genre de truc, tu crois qu’on a gagné à EuroPiastres, ou quoi ? »

Donc, l’hiver, tu te les roulais au lieu de te les secouer. Alors, tu te mis à observer. Tu contemplas tifs, tu matas Henri, tu reluquas reloqueter... Et tu trouvas bizarre que les jours fussent si courts. Puis, tu notas que le 22 décembre, c’était le jour le plus riquiqui. Tu réfléchis longuement... L’année suivante te conforta dans ton audacieuse déduction : c’était aussi la nuit la plus longue. Comme tu t’emmerdais un peu, tu te dis, tiens, si on faisait une fête pour célébrer cette trouvaille ? Bon, ça ne fut pas du goût de tout le monde : ta femme trouvait que ce serait plus sympa de fêter le 25, car à partir de cette date, les journées commencent à s’allonger.

Tu sourcillas : elle avait raison, mais s’il se couchait plus tard, le soleil continuait de se lever plus tard aussi ! Dès lors, tant qu’à faire, tu estimas qu’il ne serait pas plus con de fêter le 6 janvier, date à partir de laquelle le soleil commence à se lever plus tôt – espèce de grosse feignasse, depuis le temps qu’on attend que tu sortes de tes plumes à une heure décente...

Tu en causas à ta meuf, puis vous tombâtes (t’es beauw) d’accord : on fêtera les deux jours ! Ils sont suffisamment éloignés pour qu’une gueule de bois n’interfère pas de l’un sur l’autre, puis de toute façon, comme tu n’avais quand même rien à foutre, autant rigoler deux fois plutôt qu’une.

Puis, janvier se mit en branle, parce que c’est le terme qui convient. Et lentement en plus : qu’est-ce que tu te faisais chier ! Surtout qu’en foot gaélique c’était la trêve et qu’il n’y avait jamais rien sur cette putain de télé préhistorique, à part Jurassic Park que tu avais vu et revu, ou La Guerre du Feu dans laquelle tu n’avais jamais apprécié que le passage « viens donc voir un peu par ici, toi » dans la rivière.

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Désœuvré, tu comptas et recomptas tes réserves. Ça faisait passer le temps même si ça ne servait pas à grand-chose, sauf à te dire qu’il vaudrait mieux économiser le filet d’auroch mais qu’en revanche, tu pouvais y aller pour ce qui concernait les rutabagas. D’un seul coup, tu eus une idée : il restait pas mal de beurre, du lait et du froment.

– Si on invitait les voisins ? », interpellas-tu ta douce moitié.

– Pourquoi faire ?

Non, mais quelle emmerdeuse, franchement !

– Ben, pour rigoler un coup : on se pèle le jonc, là...

– Ah ouai, cool ! », réagit-elle positivement. « On pourrait faire un barbecue ».

Bonjour le sens des réalités ! Pour se retrouver avec plus rien comme barbaque d’ici à la fin de l’hiver ? Putain, elle n’a vraiment qu’un petit pois dans la calebasse !

– Laisse tomber, le but n’est pas de les engraisser ! Fais-nous plutôt des crêpes !

– Bonne idée, les enfants adorent ça ! Mais il faudrait donner un nom à cette fête, sinon tout le monde va trouver ça bizarre !

Un nom... Où voulait-elle que tu déniches un nom, cette grosse maligne ? En attendant, les fayots de midi t’avaient donné des gaz. Tu levas une fesse...

« Chandeleur ? », réagit ta femme. « Où diable es-tu allé trouver un nom pareil ? »

La vie t’avait appris la prudence. Tu restas évasif.

 

Ce qui précède peut évidemment être entaché de quelques approximations sur le plan historique... Il n’empêche qu’il est certain qu’en substance, c’est ainsi que sont nées les fêtes. Le tableau suivant ne souffre guère de discussion :

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Sur fond jaune, les trois grandes fêtes qui tournent autour de la fête de Pâques, ou encore « le dimanche qui précède le lundi suivant immédiatement la première pleine lune après le 31 mars ». Notons que le carême tombe au bon moment : les réserves constituées pour l’hiver sont en déclin. Pour certains, c’est une période de disette forcée, pour d’autres, se priver est une marque de respect – ou d’avarice – envers les premiers.

On remarque que les grandes fêtes solaires ne sont quasiment pas célébrées : si la Saint-Jean d’hiver l’a toujours été, plus ou moins marginalement, ni le solstice d’été ni les équinoxes ne font l’objet de fêtes. Cela se comprend : en tant qu’agricules, on avait autre chose à faire que la nouba à ces époques de l’année.

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À un moment donné, toutefois, l’être humain décida qu’il était temps de codifier toute une série de phénomènes qu’il ne parvenait pas à s’expliquer, et en premier lieu « Que va devenir tout ce que j’ai appris, tout ce que j’ai en moi, une fois que ma vie s’achèvera ? Est-il imaginable que mes connaissances, mon expérience, tout quoi, est-il pensable que cela mourra avec moi ? Quel gâchis ! »

– Rassure-toi, grand garçon », le réconforta un petit malin, « tu emporteras cela avec toi dans l’au-delà. Et maintenant, cesse de te poser des questions à la con, et retourne bosser ! »

Car il est malheureusement avéré que la religion a toujours été favorable au pouvoir en place. Dans cet ordre d’idées, les fêtes n’étaient pas vues d’un bon œil par le monde religieux : ripailles qui dégénéraient souvent en orgies avec consommation de euh... substances diverses – la découverte des vertus magiques de l’alcool et de certains champignons n’a vraiment rien de récent –, elles ne cadraient vraiment pas avec le mot d’ordre de base de toutes les religions, qui n’est autre que « plus tu souffres maintenant, mieux tu seras après ».

Dans l’impossibilité toutefois, de froidement supprimer les fêtes, les religieux résolurent de se les approprier, tout en les entourant d’un décorum propre à les sanctifier – et donc à éliminer le plus possible ce qui plaisait tellement aux fêtardes et aux fêtards tant il est vrai que de tout temps, l’être humain n’a jamais rien tant aimé que s’arranger la tronche.

C’est ainsi que ces anciennes fêtes d’origine païennes, sont parvenues jusqu’à nous... sous une forme religieuse qu’il serait bien vain de tenter de renier à un quelconque motif. Ce qui, si je puis me permettre de t’adresser un petit clin d’œil, nous poussera donc à célébrer d’ici trois semaines, la fête de la Chandeleur (Maria Lichtmis en néerlandais, si tu en ignorais un contexte religieux peu apparent en français).

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21/12/2017

Mixed Zone : Couckenbak

171220 MZ Couckenbak 1.jpgAlbert Roosens et Pierre Sinibaldi

Ce n’est pas tous les jours que le Sporting, ton Sporting, change de proprio, ma traditionnelle, ma longue distance, ma conservatrice. La dernière fois, d’ailleurs, on ne pouvait pas vraiment parler de propriétaire puisque le club fonctionnait encore sous le régime d’une ASBL, avec Albert Roosens comme président. Tu dis, chérie ? Non, moi non plus, si ce n’est de loin : j’avais fait mes classes à l’école primaire de la rue du Chapitre avec son petit-fils et il m’arrivait d’aller chiper un bonbon dans l’épicerie que tenait son fils. Mais quant à dire que le Président et moi on se tapait sur le ventre quand on se voyait, ce serait quelque peu exagéré.

Ancien joueur du Sporting, Albert Roosens avait récupéré le flambeau des mains de Théo Verbeeck le 3 août 1951. Il prit la décision de rejoindre la Fédération en tant que secrétaire-général le 1er janvier 1973 pour laisser la place à Constant Vanden Stock qui était pourtant de deux ans son aîné. Tu connais la suite : en 1996, Roger devint officiellement président du club, même si on considère généralement qu’il resta sous tutelle de Constant jusqu’en 2001 – année où, suivant la rumeur, furent liquidées les dernières dettes que le Sporting avait à l’égard de la famille Vanden Stock.

171220 MZ Couckenbak 2.jpgRoger et Constant Vanden Stock avec Michel Verschueren

Marc Coucke sera donc le sixième président du club en comptant l’éphémère Charles Roos (de 1908 à 1911) et s’il souhaite rester dans la moyenne, tu te farciras son amour des médias, de la fiesta et du karaoké jusqu’en 2035.

Mais qui donc est ce phénomène rigolard dont l’une ou l’autre photo fait périodiquement la une des gazettes ? Un homme d’affaires avisé et rigoureux qui a fait fortune en concevant et en vendant des compléments alimentaires ? Un étudiant prolongé, dilettante et fêtard mais à qui tout sourit ? Un visionnaire qui n’a pas son pareil pour donner ou redonner vie à des projets inaboutis initiés par d’autres ? Un petit mec un peu « pas beau comme Brad Pitt » mais doté d’un indéniable charisme et qui sait jouer d’un capital sympathie à peu près égal à ce dont il dispose au plan financier ?

Sans doute un aimable mélange de tout ce qui précède. Licencié en pharmacie et titulaire d’un Master en business, Coucke met un jour au point avec un pote, un shampoo miracle – la légende précise « dans son garage », sûrement pour faire un clin d’œil aux débuts laborieux des géants de Silicon Valley.

Pleins d’espoirs, les deux compères se lancent dans la vente de leur produit, de pharmacie en pharmacie. Ce sont les débuts d’Oméga Pharma, qui finira par entrer en bourse et par racheter une foule de petits concurrents, avant d’être revendu à une grosse boite américaine pour quelques centaines de millions d’euros. Car Coucke ne s’est pas contenté de faire du porte à porte : communicateur né, il s’est lancé dans le sponsoring sportif, soucieux d’assurer la promotion d’Oméga Pharma et de ses produits sur le plan mondial, d’abord conjointement avec Lotto, puis avec Quick Step.

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Donc, Coucke sait indéniablement comment faire fonctionner une affaire commerciale. Et on dira qu’il applique une recette éprouvée : tout d’abord, avoir un produit intéressant ; pas nécessairement révolutionnaire mais intéressant, comme des compléments alimentaires ou un sympathique petit club de football courageux tel que le KV Ostende. Le gros du boulot vient ensuite : faire connaitre et apprécier le produit, et là, il s’est montré très fort, à la fois pour ce qui concerna Oméga Pharma, pour Pairi Daiza, pour la Petite Merveille de Durbuy ou pour le KVO. Car tout le monde connait désormais ce club de foot issu de la fusion de l’AS Ostende et du VG Ostende, qui végétait gentiment en D2 jusqu’à ce qu’il le rachète.

Espère-t-il réussir le même genre de coup avec le Sporting ? Peut-être, mais alors sur le plan européen : vu le palmarès du club, il aurait plus à perdre qu’à gagner en se limitant à la Belgique. L’homme ne manque en tout cas ni d’idées, ni d’ambition tout en connaissant parfaitement ses limites : on n’a jamais entendu dire qu’il s’immisçait dans la gestion sportive d’une équipe cycliste qu’il patronnait, ni du KV Ostende – encore qu’il n’hésita à virer, ni l’historique Fred Vanderbiest peu après qu’il eut amené l’équipe en D1, ni Yves Vanderhaeghe qui avait assuré au club sa première qualification pour une joute européenne. Le business, c’est le business et les sentiments n’ont rien à faire là-dedans.

On se rappelle que dans un premier temps, Marc Coucke acheta 60% des parts du KVO, avant d’en devenir l’unique propriétaire quelques années plus tard. Dans la foulée, il possède aussi 50% des parts de l’entreprise de construction Versluys, à qui a été confié l’aménagement du stade d’Ostende. Plait-il, lumière de ma vie ? Cela te donne des idées ? Eh bien, si jamais il devait en manquer, n’hésite pas à envoyer un tweet à @CouckeMarc, il est féru du machin.

Ce ne sont toutefois pas là, ses seuls liens avec le monde du sport professionnel ou associé, puisqu’il possède aussi 5% des parts de Lille OSC, ainsi que des intérêts dans le club de basket Castor Braine. Il était déjà sponsor du Sporting au travers de la société Etixx Sports Nutrition.

Sa fortune personnelle est évaluée grosso modo à un milliard six cents millions. Tu dis ? Mais non, enfin, on est à l’euro depuis 2002 ! Ouais, « c’est pas mal », comme tu dis. Mais néanmoins, cela le positionne assez loin d’Alexandre Vandamme et de ses cinquante mille millions... Ce qui ne l’empêchera sûrement pas de brailler « ‘t is alweer koekenbak » (c’est de nouveau en plein dans la cible) chez Michou au soir de la première victoire de son Sporting. 

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27/11/2017

Chilouvision : Oli, reviens !

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Tu te doutes bien que celui que je supplie de revenir, ce n’est pas l’inoxydable Olivier 171126 Chilouvision Oli, reviens (RSCA - KVK 4-0) 2.jpgDeschacht : il n’est pas parti et on ne sait ni quand ni s’il va se tirer, d’autant plus qu’il fut l’auteur d’une bonne partie ce dimanche en début de soirée – en été, on dit « fin d’après-midi ».

Toutefois, comme le savent les aficionados du regretté Fernandel, il y a plus d’une vache à s’appeler Marguerite, et l’Olivier dont que je te cause à propos duquel, était celui qui nous valait une pelouse comme un billard jusqu’il y a quelques mois.

On avait déjà remarqué contre le Bayern, que le pitch du Sporting n’était pas dans un état enviable. Ce fut bien pis encore en ce dimanche de novembre. Rencontre de Coupe face au Standard incluse, il reste quatre matchs à disputer à domicile d’ici à la trêve de fin d’année. Malheureusement, celle-ci n’arrangera probablement pas grand-chose tant on sait qu’en hiver, le gazon ne fait pas preuve d’un enthousiasme exagéré dans sa croissance. Sur quoi les dernières rencontres de la saison régulière se disputeront-elles ? On en saurien, comme disent les crocos en batifolant dans leur marigot. Mais on craint...

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C’est à un début de match un peu pénible pour eux qu’ont dû assister Glen De Boeck et Lorenzo Staelens, les deux Légendes anderlechtoises qui avaient pris place sur le banc courtraisien. Quarante-cinq secondes venaient en effet à peine de sonner au clocher de Saint-Guidon – c’est une image, ne va pas croire que le bedeau fait des heures sup, le curé n’a pas les moyens et même s’il les avait, il est vital que les pauvres le restent – que Makarenko déviait maladroitement hors de portée de Kaminski, un centre à la va te faire foutre d’Hanni.

Dois-je t’expliquer que c’était exactement ce qu’il fallait à ce Sporting qui éprouve tellement de difficultés à marquer ? « Non », donc, décidé-je à ta place. Le reste du match se déclina en une succession de situations de buts, principalement imputables à Sofiane Hanni, parfois carrément magique dans sa vision du jeu et dans ses prises de décision instantanées, et à Massimo Bruno, dont le retour en forme se précise et se confirme.

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Centre de Bruno (en haut de l’image, partiellement masqué), repris par Hanni (2-0)

Mais c’est l’entièreté de l’équipe qui fit montre de pas mal de concentration et de maitrise, même si on put reprocher par moments à Leander Dendoncker de jouer un peu trop à l’aise et à Sven Kums de ne pas encore tenir le coup plus de quarante-cinq minutes.

En parlant de ce dernier, il disputa le premier match depuis le mois de juillet où je lui voterais une note supérieure à 5. Dans un rôle, non plus de meneur de jeu muni d’un oreiller, mais de vrai médian défensif, s’attachant à organiser le pressing. Et aussi – grande nouveauté – à y prendre une part active !

Tu dis, ma moqueuse, mon ironique, mon sarcasme ambulant ? Que je change vite d’avis ? Peut-être. Ou pas : j’avais encore qualifié son jeu de « translucide » à Mouscron, il y a une semaine. Il avait été un peu plus en vue face au Bayern, mais ce soir, il fut l’auteur d’une bonne première mi-temps, avec un très beau pré-assist pour Bruno sur le 2-0 (Hanni), et pas mal de travail dans l’entrejeu. Ainsi, alors qu’il avait souvent été au ballon, sa première perte de balle se situa aux environs de la demi-heure de jeu – mais elle fut bien ridicule, ce qui me conforte dans l’idée qu’il est encore et toujours aux prises avec de grosses lacunes de condition.

Peut-être Ketchup s’est-il enfin rendu compte que physiquement, son idole est à la ramasse et qu’il vaut mieux lui dire un truc du genre « Donne du gaz tant que tu peux, quand tu seras sur les genoux, je te remplacerai », plutôt que « Tu es le dépositaire du jeu du Sporting, conduis-toi en patron » – ce que Kums a tendance à appliquer à la lettre en ne s’en secouant pas une, comme tout patron qui se respecte.

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On lira probablement dans les gazettes des trucs du genre « À vaincre sans gloire, Anderlecht triomphe sans péril » ou encore « Courtrai était un oiseau dont Anderlecht se pourlécha ». Okay... Dire que le Sporting éprouva des difficultés à s’imposer reviendrait à mentir comme un politicien belge. Cependant, on a pu remarquer une évolution dans le jeu des Mauve et Blanc, et dans leur façon de se déplacer sur le terrain. Il est difficile de dire si c’était le système que Vanhaezebrouck avait en tête et qu’il est enfin parvenu à l’implanter, ou si, plus pragmatiquement, il a résolu de mixer ses idées avec la manière de procéder que les joueurs avaient assimilée sous Weiler.

En effet, alors que les Courtraisiens menaient quelques-unes de leurs rares offensives balle au pied, on a pu voir l’équipe se regrouper autour du ballon sur une aire que l’on pouvait évaluer à un quart du terrain, mais en se déportant vers une aile, un peu comme un gang encadrerait une proie ; puis littéralement éclater latéralement dès récupération de la balle, et ouvrir le jeu au moyen de longues diagonales, le plus souvent directes.

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L’équipe anderlechtoise éclatée latéralement en possession de balle – on devine Onyekuru tout en haut de l’image, strictement au même niveau qu’Appiah.

Cette façon de procéder est assez typique de la variante du total Fußball pratiqué, entre autres, par le Liverpool de Jürgen Klopp. En remarquant que la progression se fait le plus souvent par les flancs, elle s’éloigne de la philosophie de Weiler, pour qui il importait d’aller au but le plus rapidement possible, et donc, dans l’axe de préférence. Toutefois, les diagonales rapides désarçonnent les défenses adverses, presque aussi sûrement que le pressing défensif éclair que Weiler voulait : on en arrive ainsi au même genre de conséquence, mais par des moyens différents.

Notons que Ketchup trouve là de quoi satisfaire l’envie de possession du ballon qui semble être comme un crédo pour lui : en massant toute l’équipe sur une surface rétrécie en perte de balle, on crée un gros pressing négatif autour du ballon et on coupe les angles de passe. On oblige ainsi le joueur adverse à se vautrer dans une tentative de passe vouée à l’échec, ou à dribbler, ce qui ne va jamais sans mal face à plusieurs opposants.

Est-ce vers de tels schémas que l’on s’oriente ? Possible, mais ne vendons pas la charrue de la vieille peau avant que  l’ours n’ait tué les bœufs.

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Exemple a contrario : progression axiale et tir de Trebel (3-0) – savoir varier son jeu est l’abc du foot.

En tout état de cause, ce n’est pas grâce à des matchs comme celui que l’on a vécu ce soir, que Boeckx va perdre du poids : il n’a vraiment rien eu à faire... Il l’a fait toutefois avec beaucoup d’application : on le voit coacher sa défense avec énormément de précision et d’efficacité. Du coup, sa maman ne devra pas laver son équipement. Et elle dit merci à qui, maman ? Quoi ? Qui a osé dire « Merci, Jacquie et Michel » ? Un peu de respect, merde !

 

19/11/2017

Chilouvision : La Mort et le Poulailler

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Depuis des années qu’on se pratique, tu dois commencer à savoir comme je suis fait, ma routinière, mon expérimentée, ma blasée en blazer : vu qu’il y avait un bout de temps que tu n’avais plus eu le plaisir de t’abreuver à mon savoir encyclopédique – t’inquiète, je porte des protège-tibias même quand j’écris – tu avais nécessairement supputé que j’allais te produire une belle Chilouvision, avec plein de calembours en Bresse, de feintes à pas lire la nuit et de jugements derniers.

C’est effectivement ce que j’avais en plan quand je me suis connecté à mon compte Twitter. D’habitude, je ne fais ça que quand je suis tracassé par une pointe de constipation car il y a plein de trucs qui paraissent là-dessus et qui me font chier, mais cette fois, c’était seulement pour le plaisir de trouver quelques jolies piquetcheures destinées à illustrer mon propos – car je sais que quand il n’y a que du texte, ton attention se relâche après trois lignes et demie, ma dissipée, mon impatiente, mon approximative.

Or donc, ce faisant, et entre deux récriminations de masculinistes radicaux qui s’engueulent avec des homosexuels lesbiens en train de harceler des féministes antiporcines aux prises avec des pornocrates gauchisants, eux-mêmes en butte à la sournoise vindicte de hooligans catholico-musulmans de la troisième génération, deuxième porte à gauche au-dessus de l’escalier, il y a du papier, je tombe sur un avis.

171118 Chilouvision La Mort et le Poulailler (Mouscron - RSCA 1-2) 2.jpgUn bête avis, sans rien autour, pas de photo, pas de grands mots, pas de long récapitulatif de sa carrière, que dalle. Malcolm Young est clamsé. Comme ça, paf, en plein dans ta gueule : ni tambour, ni trompette, ni fleurs, ni couronne. Il a passé l’arme à gauche à 64 ans, tchaow, mes riffs de guitare ravageurs, tu te les rentres dans le cul, moi je lâche la rampe, à plus tard, si tu le vois tu lui dis, sinon tu en prends deux, essaie d’avoir un prix de gros, on les mettra à côté des autres.

Forcément, ça m’a un peu coupé la chique : j’adore la musique d’AC-DC et leurs jeux de mots sexo-ringards depuis quarante ans. On savait évidemment que Malcolm Young souffrait de troubles mentaux. Pour le dire franchement, on avait toujours soupçonné qu’il avait de temps en temps deux fils qui faisaient contact alors qu’ils n’auraient pas dû. Mais de là à imaginer que ça finirait par avoir sa peau...

Même pour des rockstars archi-milliardaires, vieillir jeune et en bonne santé, c’est un peu le parcours du combattant, ma rhumatismale, mon arthrotique, ma déficiente mnémonique. On s’y attache, on ne bouffe plus de bidoche, on surveille son poids, son cholestérol, son sucre, on bouge son vieux corps le plus possible, on ne picole plus que dans des grands moments, on compte les clopes qu’on fume et tout ça, mais on le sait un peu trop bien : on est plus proche de la fin que du début.

On baise trop peu aussi, mais bon, on a le Sporting, ça compense. Quoique...

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Reconnaissons que pour avoir droit à un soupçon de vague sensation érectile après la première mi-temps qu’on a vécue ce samedi soir, on aurait eu besoin de s’avaler toute une boite de Viagra – la maison Concarneau, ancienne maison de confiance, accepte les dons en nature en compensation de la pub que je vous fais, bande d’ingrats, merci de déposer les colis à mon attention au bistrot d’en bas, j’ai autre chose à faire qu’attendre le facteur.

Rien de bien étonnant en fait, d’avoir la bande hésitante à observer la composition concoctée par Ketchup Vanhaezebrouck : je suis prêt à te parier ton corset anti-scoliose contre une biroute en plastique véritable qu’il trouvera encore autre chose au prochain match afin de réussir à maintenir Kums dans l’équipe. Admettons que ce bon vieux Sven – il finira par faire partie des meubles, au même titre que le buffet de ta mère qui encombre le salon depuis des siècles – n’a pas disputé son pire match depuis le parachutage de son grand protecteur à la tête de l’équipe. Malheureusement, cela ne signifie pas qu’il a été bon, ni surtout, qu’il eut un volume de jeu satisfaisant pour le rôle qu’il est supposé tenir. Et cela n’enlève rien à l’incongruité de voir Trebel jouer les numéros dix alors qu’il est visiblement bien plus à l’aise et plus efficace un cran plus bas.

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Vu que Stanciu refait seulement surface et que Hanni avait obtenu le droit d’assister au match du banc de touche, le Sporting souffrit donc de ce qu’il est convenu d’appeler « un déficit de créativité ». Bien sûr, et comme on le remarquera sur la screen capture ci-dessus, le match aurait changé de look si, au lieu d’un écran riquiqui planté sur le bord du terrain afin de répercuter les images sélectionnées par des planqués installés sur leurs derrières dans une camionnette à la con, on avait pu disposer de la « goal line technology ». La mauvaise foi de l’imbuvable Delire n’y changera rien – please, que le Sporting ne prenne aucun point en Champions League, qu’on ne doive pas se farcir l’image de ce déplorable à poil –, il est patent que le ballon avait franchi entièrement la ligne sur la reprise de volée d’Henry On-A-Couru.

Quelques minutes plus tard, Bruno aurait fait 0-2 et les carottes auraient été cuites : forcés de se déployer au lieu de se regrouper en défense pour partir en contre, les Mouscrurlus auraient ouvert un peu plus d’espace dans leur camp, s’exposant à une punition comme tu les aimes, ma mère-verse, ma disciplinable, ma cochonnette en massepine.

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À la reprise, le Sporting montrait un peu plus de mordant, mais Trebel ne parvenait pas à joindre Stanciu, parti assez bizarrement en profondeur alors qu’il lui adressait un ballon dans les pieds. Rageur comme toujours, le pit-bull rouquin revenait à toute allure en défense... pour se fendre d’une remise dans l’axe parfaitement suicidaire : quand c’est pas le jour, c’est pas le jour, donc. Pas que Trebel fût l’auteur d’un mauvais match, mais tout simplement, à force de faire tourner tout le monde autour de son translucide Kums, Ketchup est en train de désorienter ses joueurs.

Heureusement, alors que l’on se baguenaudait pesamment vers un partage qui n’aurait pas été immérité pour les Mouscrontus mais qui n’arrangeait absolument pas le Sporting, Hanni retrouvait sa place et y allait d’une ouverture lumineuse pour Henry : c’était 1-2 et tu pouvais enfin te rassoir afin de soulager tes varices, ma vieillasse, ma décatie, ma moribonde.

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Dire qu’on gardera un souvenir impérissable de cette rencontre reviendrait indiscutablement à faire preuve d’un optimisme délirant... Et pourtant, on aura noté la prestation très encourageante de Massimo Bruno, malheureusement trop souvent servi dans les pieds par Josué alors qu’il n’est jamais aussi bon que quand on le lance le long de sa ligne, et surtout de Leander Dendoncker qui semble enfin retrouver son punch de la saison passée. Parallèlement, on reverra avec intérêt Stanciu dans un rôle de titulaire : on sait parfaitement qu’il est capable de bien mieux que ce qu’il a montré ce samedi, mais il me parait limpide qu’il a besoin de temps de jeu pour redevenir lui-même.

Toutefois, comme il est apparu clairement dans la foulée, que ce Sporting a besoin de Hanni, il y a nécessairement quelqu’un qui devra sauter dans l’entrejeu. Étant donné que l’on sait d’ores et déjà que ce ne sera pas Kums, les paris sont ouverts.

–––

Je m’en voudrais de terminer sans mentionner la prestation de David Goffin aux Masters de Londres. En vérité, j’ai été vachement surpris par sa victoire face à Roger Federer en demi-finale : le Suisse l’avait tellement balayé durant le premier set que j’avais considéré que j’avais des choses plus importantes à faire que de continuer à mater un match si déséquilibré. Quoi qu’il en soit, pour continuer de me comporter comme un vieux con, je rappellerai à chacun que le match réellement important, sera la finale et que pour ceux qui n’ont pas payé leur facture chez VOO, elle sera diffusée sur BBC 2 (match ce dimanche 19/11 à 19:00).

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01/11/2017

Chilouvision : Overdose

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Je suppose que tu auras regardé le match de ce mardi soir, ma passionnée, ma fervente, mon optimiste... Eh bien moi aussi. Enfin, disons surtout que j’ai regardé le grand écran HD du Midway Café. Car parler d’un match me paraitrait quand même très exagéré.

D’une façon générale, ayant l’âge de mes artères et ces dernières n’ayant plus l’éclat du neuf, j’ai appris à accepter une défaite. Enfin, presque : je suis resté meilleur gagnant que perdant, mais l’un dans l’autre, on préfère voir le Sporting battu que recevoir sa feuille d’impôt si je me fais bien comprendre. Par contre, il y a quelque chose que j’éprouve énormément de mal à avaler, c’est que quelqu’un s’arroge le droit de faire passer mon club pour une bande de clowns. Or c’est ce qu’il s’est passé ce soir.

Mettons les choses au point : si en championnat, la présence d’un meneur de jeu – ou supposé tel – au rayonnement pitoyable peut encore être plus ou moins compensée par l’activité déployée par les dix autres, face à un monstre bâti à coups de centaines de millions comme le PSG, s’obstiner à aligner ce genre de personnage n’est rien d’autre que du sabotage. Ou de l’aveuglement. Et l’un comme l’autre m’insupportent, plus encore que la mauvaise foi. Quoique...

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Les jeunes Mauve et Blanc avaient pourtant montré la voie à suivre ce mardi après-midi, en s’imposant par 2-3 sur le terrain du même PSG. Mais évidemment, ils jouaient à onze, et s’ils ont pu émerger en fin de partie, c’est en provocant les Parisiens et en les obligeant à commettre des fautes qui finirent par leur être fatales, puisqu’ils terminèrent la rencontre à neuf.

Figure-toi que je m’étais même fendu d’un petit sourire à la mi-temps du match, car en Youth League aussi, le repos avait été atteint sur le score de 2-0. Et là aussi, le deuxième but du PSG était tombé à la 45ème minute. Similitude troublante, ne trouves-tu pas, ma finaude, ma coïncidente, ma détective ? Plait-il ? Comparer l’équipe A avec celle des U19 n’est pas raisonnable ? Bah, les Qatarisiens écument le niveau professionnel, et ils font de même chez les jeunes. Et d’ailleurs, au Sporting, nous avons adopté une politique de recrutement identique... à notre niveau bien sûr.

En tout état de cause, s’il y a bien deux choses à ne surtout pas comparer, ce sont d’une part, l’équipe volontaire et enthousiaste composée par René Peeters et Emilio Ferrera, et de l’autre, le machin bricolé n’importe comment par Hein Vanhaezebrouck.

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Car on parle bien d’un bricolage risible, à se demander lequel des deux rigolos figurant sur l’image ci-dessus peut bien avoir dessiné un foutoir aussi bancal que l’ensemble hétéroclite qui nous a meurtris les yeux ce mardi.

Il n’y a guère plus d’une semaine, je t’expliquais comment la venue de Kums avait créé un sérieux problème au Sporting. Je ne vais pas recommencer : si tu es aux prises avec des soucis de mémoire ou si ta belle-mère venait de t’annoncer sa visite et qu’il valait mieux que tu consacres un peu de temps à virer les canettes vides, à vider les cendriers pleins et à faire un peu bosser ce Dyson qui t’a coûté la peau des fesses, clique ici – pour autant que tu n’aies rien de mieux à faire, bien entendu. Tu dis ? Hmmm... Non, après tout, tu as déjà assez dégusté comme ça, on fera une interro une autre fois.

Tu te souviens du temps où tous les ballons du Sporting passaient par Pär Zetterberg ? Eh bien à ce moment déjà, et bien que le jeu développé à l’époque fût souvent chatoyant et efficace, un certain Frankie Vercauteren m’avait affirmé que cette manière de concevoir le football n’en aurait plus pour longtemps. Et de fait, par la suite, Ahmed Hassan avait lui aussi tenu le rôle de meneur de jeu, mais avec un peu moins de succès. Son talent n’était certes pas en cause, mais les propos de Frankie résonnaient encore dans mes oreilles :

– Dans le football moderne, si tu es prévisible, tu ne gagnes jamais longtemps. On ne peut plus jouer avec un seul meneur de jeu. On ne peut même plus faire fonctionner une équipe suivant un système fixe car avec la télé, les entraineurs voient toutes les équipes : tout le monde doit savoir défendre et tout le monde doit savoir attaquer et marquer des buts ».

– Oué mais Frankie », avais-je objecté, choqué. « Quelqu’un comme Zetterberg... »

– Eh bien, il va prendre sa pension d’ici peu », avait-il asséné cruellement. « Dorénavant, on a besoin de joueurs complets, et surtout, de gens capables d’improviser à toute allure. Zetterberg est de cette trempe. Mais il ne peut pas être seul dans le cas. Sinon, tu mets un type dessus et ton jeu est mort ».

J’ai vu à peu près tout cela au PSG ce mardi soir. Avec ponctuellement, un surnombre impressionnant dans l’entrejeu, où tous combinaient avec une vitesse et une fluidité impressionnantes. Avec aussi un arrière d’aile qui a inscrit plus de buts qu’aucun des attaquants... Alors qu’en face, on trouvait un ailier qui était supposé jouer les avants de pointe avec son mètre soixante et une poussière, un meneur de jeu potentiel confiné à droite, un médian défensif reconverti en relayeur, un médian relayeur qui jouait de temps à autre le rôle d’avant de pointe et un médian défensif qui était supposé tenir la baraque et relancer le jeu à lui tout seul. Quoi ? Euh, eh bien, respectivement : Onyekuru, Hanni, Dendoncker, Gerkens et Trebel.

Et tout cela pour un seul et unique motif : faire de la place au petit chouchou de Ketchup afin qu’il puisse se goberger dans le rôle relax et enviable du would be meneur de jeu qui regarde les autres se décarcasser sans même qu’il ne doive payer sa place ! Parce qu’il ne suffit pas que Ketchup veuille voir le Sporting fonctionner comme si on était encore en 2000 : en plus, môssieur Kums ne s’en secoue pas une pendant une heure et demie !

Alors que pendant ce temps, Stanciu est lui aussi payé à ne rien faire, bien qu’à chacune de ses entrées au jeu, on ait pu constater que lui au moins apporte de la variété, de la précision et de l’énergie dans la manière de procéder.

171031 Chilouvision Overdose (PSG - RSCA 5-0) 4.jpgThe right person in the right place

Pour le dire sans détour, je n’ai pas toujours apprécié la façon de laquelle Weiler faisait évoluer l’équipe. Je n’ai pas toujours aimé ses sélections non plus. Mais j’ai toujours pensé que c’était quelqu’un de très logique et qu’il y avait certainement un motif valable à tout ce qu’il décidait. Dans ce que Ketchup a montré jusqu’à présent, je ne décèle que du parti-pris non raisonné et je n’aime pas cela du tout.

On peut comprendre qu’il n’a pas eu du tout son mot à dire dans la composition du noyau actuel du Sporting. Mais le propre d’un entraineur correct est de faire jouer ensemble les joueurs dont il dispose, pas de vouloir les faire entrer de force dans un système pour lequel ils ne sont pas taillés : il est beau et sain d’avoir des principes mais quand ils se mettent à remplacer l’observation et la réflexion, on n’est jamais très loin de la connerie la plus effarante.

 

24/10/2017

Chilouvision : Résigné - Racing 0-1

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Tu penses bien que depuis le temps qu’on se pratique, je te connais, ma cartésienne, ma logique, mon irréfragable. Tu dois donc te demander pourquoi j’ai choisi pour illustrer mon propos, une image des joueurs de la Sampdoria après leur victoire ce weekend contre Crotone en Serie A.

Eh bien, la raison en est toute simple : dans les rangs de la Samp, se trouve un joueur de 23 ans qui, après avoir bénéficié de la formation réputée dispensée aux jeunes du Racing Genk, choisit de la poursuivre, à 16 ans, au Sporting pour ensuite continuer ce que l’on appelle sa post-formation dans cette équipe discrète du subtop du championnat transalpin. Après une saison passée à se familiariser au jeu hyper-tactique en vigueur dans la botte, ainsi qu’à apprendre à s’exprimer en italien – car il n’est pas du genre à laisser quoi que ce soit au hasard –, Dennis Praet s’est imposé au sein de l’équipe ligurienne, et on oserait dire « les doigts dans le nez ».

Tu dis ? Non, en effet, son numéro 18 n’apparait pas sur la photo ci-dessus. Mais peut-être l’image n’est-elle pas suffisamment large, à moins que ce ne soit lui qui soit en survêt’, qu’il ne fût en train de répondre à des questions des médias, ou qu’il ne dût faire caca, va savoir.

Toujours est-il qu’il est désormais considéré comme un atout majeur de la Samp, laquelle force l’admiration en Italie, par la qualité et la force de son entrejeu, tant offensivement que défensivement.

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Bref, exactement ce pourquoi on a eu envie ce soir, de balancer tout ce qu’on trouvait dans l’écran de la télé. Parce que c’est bien là que la faiblesse du Sporting a trouvé son origine : Dendoncker relégué en défense alors que sur ses quelques apparitions, Josué Sa n’a jamais déçu, Gerkens avec un volume de jeu trop faible et Kums jouant à cache-cache avec le ballon (il a plus d’expérience que les autres et fait cela avec une grande maestria), l’entrejeu des Mauves s’est résumé ce dimanche, au seul Trebel. Ce qui est peu, en dépit de l’abattage énorme du rouquin, et de son sens aigu du sacrifice.

Vu la manière de laquelle Kums, épuisé, avait simulé – ou pas, mais je penche pour “pas pas” – une blessure dans les dernières vingt minutes de la rencontre face au PSG, on aurait imaginé qu’il serait soit devant sa télé, soit assis sur le banc ; et donc, qu’Hanni serait redescendu d’un cran ou que Dendoncker serait remonté d’un. Que dalle : a priori, Ketchup a décidé de faire de Kums un inamovible jusqu’à ce que le public se mette à le siffler. Pronostiquons que cela ne sera pas pour tout de suite, car les grands connaisseurs des gradins s’en prendront d’abord à Hanni qui, privé de ballon, a des tendances à errer comme une âme en peine – il n’a pas encore appris à se cacher derrière l’un ou l’autre adversaire en attendant que le temps passe.

On verra bien entendu, comment s’articuleront les Mauves mercredi, face à Zulte Waregem, mais on a plus que des soupçons : quand un entraineur a un chouchou, il l’aligne contre vents et marées. Donc, Hanni sera éventuellement remplacé par Stanciu, ce qui n’apportera guère de changement : sans être alimenté régulièrement en ballons offensifs de qualité, que peut faire un N° 10 ?

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Désolé de taper sur un clou qui, petit à petit, s’enfonce tout seul, mais c’est depuis le début de la saison que la présence de Kums pose problème :

[ À son arrivée, tout le monde s’est pris d’enthousiasme en écoutant Herman Van Holsbeeck prédire que son retour au club allait changer le foot pratiqué et lui donner une allure plus séduisante. Tout le monde, sauf Weiler, qui, pragmatique comme on le connaissait, n’aura pas manqué de se demander ce qu’il fallait changer au jeu d’une équipe qui venait de briller sur le plan européen tout en remportant le championnat.

† Dès son premier match – en Supercoupe contre Zulte Waregem le 22 juillet 2017 –, j’ai émis des doutes sur ce qu’il pouvait apporter à l’équipe : il avait certes été meilleur que lors d’un amical disputé contre Red Bull Salzbourg et à l’occasion duquel j’avais comparé sa vitesse d’exécution à celle d’un fer à repasser, mais sa manière de procéder rendait le jeu du Sporting réellement trop prévisible. Weiler ne s’y était pas trompé et l’avait gentiment poussé sur le banc – probablement en lui recommandant de travailler son physique, vraiment pas digne d’un pro.

• Suivit le lamentable épisode de Munich : obligé de l’aligner, Weiler le positionna en défense centrale où son manque de vitesse aurait dû causer le moins de dégâts à l’équipe. Kums compensa en se prenant involontairement – encore que quelques doutes puissent planer à ce propos – un carton rouge qui ne fit rien pour aider ses coéquipiers.

N   Là-dessus, Weiler démissionna ou se fit virer – on ne sait toujours pas le fin mot de l’histoire, mais la patience est une vertu – et Nico Frutos le remplaça au pied levé. Ce qui n’offrit guère plus de temps de jeu à Kums, mais la manip était en route : La Gantoise débarquerait Ketchup incessamment et il rappliquerait au Sporting pour sauver son icône. À l’issue des deux rencontres suivantes, on fut d’accord pour qualifier ses prestations d’honorables. Pas au niveau auquel on l’aurait espéré, mais pas non plus à celui que l’on avait craint : ça, ce fut pour ce soir contre le Racing.

171022 Chilouvision Résigné - Racing (RSCA - KRC Genk 0-1) 0.jpgComme énoncé plus haut, on verra si Ketchup prendra sur lui de tirer les conclusions qui s’imposent après l’exhibition pénible à laquelle on a eu droit, et surtout, par rapport aux deux résultats calamiteux qui viennent d’être enregistrés. Mais franchement, il a tout intérêt à trancher dans le vif sans tarder : les matches s’enchainent à un rythme soutenu et il vaudrait mieux pour lui que le vent tourne. Car ici, Hein, c’est Anderlecht : tu n’as pas le temps, tu n’as pas droit à l’erreur et plus tu en commettras, plus présent deviendra le fantôme de René Weiler – qui pourrait très vite se mettre à planer au-dessus du vestiaire.

 

Impossible de passer sous silence, deux faits de jeu qui ne manqueront pas d’alimenter la chronique ces temps-ci, et principalement, auprès de ceux qui aiment casser du Mauve – si tu n’avais pas remarqué, ils sont bien plus nombreux quand le Sporting ne joue pas bien, et encore plus quand il n’engrange pas de points.

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La semelle d’Hanni : scandaleux, odieux, épouvantable... À part que les images montrent à suffisance qu’il n’y a pour ainsi dire aucun mouvement de la part du pied litigieux et que dès lors, la dangerosité du geste est nulle.

Le coup de pied de Teodorczyk : honteux, dégueulasse, crapuleux... Sauf que la victime ne tique même pas : le joueur limbourgeois se contente de rouspéter parce qu’il est poussé dans le dos. Il est évident que le geste est dispensable : Teo n’a aucune chance de toucher le ballon en faisant ce qu’il fait. Mais à sa décharge, il ne touche pas son opposant non plus, ou alors vraiment très peu : si cela avait été le cas, le mec serait au moins tombé ou aurait hurlé sa douleur.

Deux tempêtes dans un même verre d’eau, donc. Désolé, monsieur Delire, mais une fois de plus, votre besoin viscéral de chercher à nous faire passer pour des merdes vous a fait perdre le sens des réalités.

02:26 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

18/10/2017

Troubled Zone : Balance ton cor !

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Et ton corps, man ! Tu peux y aller gaiement et montrer que la joie t’habite : personne n’a deviné que tu t’appelles Marcel.

Pour reprendre les termes d’une dame que je n’ai pas l’honneur de connaitre personnellement et qui ne me connait pas plus, mais dont il m’arrive de lire les tweets :

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Les mots sont ce qu’ils sont. En l’occurrence, le raccourci parait quelque peu audacieux : non, on n’a pas attendu si longtemps pour savoir que dans certains cas, il arrivait que. Mais en effet, dans l’esprit de la plupart des gens, il ne s’agissait là que de pratiques perverses réservées à des grosses salopes arrivistes et à des sex-maniacs aussi glauques qu’omnipotents avec lesquels elles formaient, en définitive, des couples plutôt bien assortis. Ou encore : putain, pourquoi ils mettent toujours les pages sportives à la fin des gazettes tandis que celles du début prennent un malin plaisir à se replier de traviole ?

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Puis, on se souvient. On se souvient de faits que l’on s’était efforcé de juger sans importance au moment où ils sont survenus – ou du moins, peu après :

M Un jour, je découvris que j’avais été mal noté par ma supérieure alors que, jusqu’à ce que je me réfugie derrière mon mariage pour échapper à son insistance – ne ris pas, mon effarouchée, ma candide, mon oie blanche, j’étais bien jeune –, j’avais accumulé les évaluations flatteuses. Cet épisode me laissa quelques arrière-pensées amères, mais après tout, peut-être n’étais-je pas assez bon dans mon job... Je décidai de mieux me concentrer ; tout se calma après quelques jours supplémentaires de remarques acerbes. Je finis par me dire que j’avais sûrement franchi un palier dans mon expertise professionnelle...

M Quelques années plus tard, je dus bien constater qu’une secrétaire de ma boite avait bénéficié d’avantages financiers significatifs après être devenue la petite amie – « maitresse », ça fait tellement vieux dégoûtant – de mon associé. Je posai quelques questions à ce dernier sans trop insister car je considérais que l’on était au moins partiellement dans le domaine privé. Honnêtement et pour autant que je me rappelle, j’avais surtout trouvé que l’on avait disposé avec une certaine légèreté du pognon que je ramenais dans notre business : j’ai toujours considéré que l’être humain est libre de laisser parler son corps comme il en a envie, et pour ce que j’en savais, si ces deux là se trouvaient des sympathies horizontales, qu’ils fassent un peu d’exercice ne pouvait que leur être profitable.

171017 TZ Balance to cor 4.jpgToutefois, quand leur affaire tourna court, elle renversa, plusieurs jours d’affilée, le café qu’elle lui apportait sur des documents qui trainaient sur son bureau. Elle quitta la société sur un arrangement à l’amiable. En fait, peut-être pas si « à l’amiable » qu’elle l’aurait voulu car par la suite, nous eûmes droit à une série de contrôles administratifs. Or tu sais comment ça fonctionne dans ces cas-là, mon expérimentée, ma routinière, ma blanchie sous le harnais : tu as toujours essayé de bien faire, mais en plus qu’ils puent des pieds, pour ces emmerdeurs, rien n’est jamais assez bien.

Certains des autres employés (des deux sexes) firent rapidement le lien, en traitant cette femme de sale pute, de boudin frustré, de tout ce qu’on veut, sauf quoi que ce soit de sympa. Ils étaient peut-être dans le vrai. Ou pas : je n’ai jamais rien eu d’officiel en main qui puisse me confirmer qu’elle était à la source de ces tracasseries. Et quand bien même l’aurais-je eu : à la réflexion – bien plus tard, donc –, la relation qu’elle avait entretenue avec mon associé était-elle vénale, forcée, ou avait-il seulement voulu favoriser celle qu’il aimait ? Enfin... S’il l’aimait, bien sûr.

M Instruit par l’affaire précédente, je décidai de faire très attention à la manière de laquelle je me comportais avec le personnel féminin : finies les histoires graveleuses au lunch de midi, terminés les sous-entendus un peu gras à l’heure de finir de travailler, adios les compliments sur les fringues du jour, etc.

Cela n’empêcha pas une dame que j’avais embauchée, de raconter à une de ses amies – qui s’amusa beaucoup à venir me le répéter – que je lui avais fait sentir à de nombreuses reprises que j’avais envie de coucher avec elle. Pour ce qui concernait l’envie, ce n’était pas complètement faux, mais je ne m’en étais jamais ouvert à qui que ce soit et j’avais toujours agi avec respect et de façon que personne, et surtout pas elle, ne puisse se rendre compte de mon attirance pour elle. Plait-il, ma sceptique, ma ricaneuse, mon incrédule ? Non, rien de tout cela : pas de main qui traine distraitement, pas de petite touchette par inadvertance, pas de regards de merlan frit sur sa jolie frimousse, pas de traitement de (dé)faveur à son égard. Mais peut-être mes talents de comédien ne sont-ils pas à la hauteur de mes espérances... Bref, comment faire pour ne pas mal faire quand on éprouve des sentiments à l’égard de quelqu’un de si proche... et de si lointain ?

––––

 Je n’ai couché qu’avec une seule femme avec laquelle j’avais un rapport – ténu, de plus – d’autorité. J’ai divorcé, pas de gaieté de cœur, mais j’avais un choix à opérer. Nous avons vécu sept ans ensemble et nous avons eu un fils qui fait notre fierté, au même titre que mes trois autres enfants. Car j’ai trois filles aussi, toutes plus magnifiques l’une que l’autre, avec lesquelles cette femme s’est toujours comportée avec beaucoup de gentillesse ainsi qu’en témoignent les relations agréables qu’elles entretiennent toujours.

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Si la lutte féministe apparue aux côtés du Mai 68 que j’ai connu d’assez près, m’avait interpelé à l’époque, le fait que trois de mes enfants puissent être considérées comme des êtres de second plan a achevé de me donner des boutons quant à l’attitude machiste et patriarcale globale de la société dans laquelle nous vivons. Malheureusement, je suis bien dans l’obligation de reconnaitre que j’en suis moi-même le produit, et que ce soit à mon corps défendant, osé-je me trouver des circonstances atténuantes, ne me libère pas l’esprit pour autant.

Je sais ainsi parfaitement que faire à manger, faire le ménage, faire la vaisselle sont des tâches qui m’emmerdent au point le plus haut et que si je peux lâchement profiter de la bonne volonté de quelqu’un d’autre pour m’en décharger, j’éprouve beaucoup de mal à ne pas me conduire comme un gros beauf. Si on ajoute à cela que faire un lit me pompe l’air, que repasser du linge me décourage et que rabattre le couvercle du joke me parait d’une inutilité confondante, on déduira facilement que je me situe malheureusement bien à l’écart des bases mêmes de l’attitude féministe dont j’aime à me revendiquer...

D’autant plus que quand je gérais une société qui employait du personnel, j’aurais volontiers distribué gratuitement des pilules anticonceptionnelles à tout le monde – enfin, pas aux mecs, il faut rester prudent en regard de l’ignardise de certains. Par la porte ou par la fenêtre, on ne trouvera pas un seul employeur belge qui sautera de joie en apprenant qu’une de ses employées est enceinte : s’il y a des choses que l’on se doit de taire par respect pour la Vie, il n’en reste pas moins que dans une petite boite, être privé des services d’une personne pendant près de quatre mois tout en lui versant un complément de salaire, n’a rien de drôle. D’autant plus que viendront souvent s’ajouter des frais d’embauche et de formation d’un employé intérimaire.

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Que l’on ne se méprenne pas : il n’y a ni acrimonie ni surtout, désir de culpabiliser qui que ce soit dans ce qui précède ; seulement la description d’une situation telle que la vit une PME à certains moments.

 

D’une façon générale, l’expérience me dit que les contacts entre hommes et femmes sont souvent peu limpides, et en particulier quand ils se situent dans un cadre où des rapprochements intellectuels sont aussi nécessaires que continuels.

En reprenant des exemples de la page Wikipédia consacrée à la « Promotion canapé », je me pose des questions embarrassantes :

! Un chef de service [...] aide une collaboratrice à préparer un concours. On comprend parfaitement comment cela peut être interprété, mais s’il ne le fait pas, ne se comporte-t-il pas en gros salopard dédaigneux et indifférent ? Pour ma part, j’ai aidé plusieurs personnes (des deux sexes) à plusieurs reprises, sans pour autant que cela ne débouche sur quoi que ce soit si on excepte une certaine complicité. Mais quand c’étaient des femmes, des bruits de couloir n’ont pas manqué de circuler...

! Un responsable de ligne-produit favorise une salariée rémunérée en partie à la commission en lui remettant des commandes directes. Bien sûr que cela m’est arrivé : il y a des moments où la persévérance et l’implication d’une personne méritent de se voir encouragées, me semble-t-il. Et si cela doit se faire en usant d’une entourloupette règlementaire, tant pis !

 

Je suis un mec normalement constitué. Il parait que dans ma jeunesse, j’étais bel homme – comme disent les femmes de mon âge à l’âge qu’elles ont. Je ne me suis jamais trouvé une gueule à faire la une d’un mag pour midinettes, mais admettons. De toute façon, pour ce que cela m’a apporté, je ne suis pas malheureux d’avoir vieilli.

Quoi qu’il en soit et malgré les années, je ne parviens toujours pas à situer où se trouve la frontière entre la drague et le harcèlement. Je me suis par exemple, toujours gardé de me montrer trop insistant – à mon estimation – quand une femme me plaisait. Jusqu’à d’ailleurs, me le faire reprocher à quelques reprises sur le mode « Quel arrogant péteux çui-là, il veut que je le supplie, ou kwè ? »...

Or, j’ai assisté à des scènes où des mecs que je connaissais, pratiquaient ce que je n’hésite pas à qualifier de « drague hard ». Et à mon grand étonnement – parce que franchement, si j’avais été une nana, le fâcheux se serait ramassé mon sac à main dans la tronche, et pas en douceur – cela marchait assez souvent : c’était d’un œil incrédule que je regardais ce nouveau couple s’esbigner rapidement pour une partie de jambes en l’air comme s’ils avaient toujours été d’accord sur ce point.

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Dès lors, je ne sais pas, je ne sais plus. Ou plutôt, chaque individu est tellement différent l’un de l’autre qu’il me parait compliqué de se faire une idée. Ainsi, le discours « Baise avec moi et tu auras ceci, cela... » n’est rien d’autre dans mon esprit qu’une incitation à la prostitution. Alors que paradoxalement, « Je suis sympa avec toi et je ne te demande rien en échange » est perçu par certaines personnes comme une marque d’indifférence voire de mépris à leur égard.

 

J’estime pour ma part, qu’après s’être complu dans l’angélisme pendant des décennies, on aurait tort de verser dans la diabolisation. Parmi celles – et ceux – qui se sont couchées – couchés – ou qui couchent encore, il n’y a pas que des victimes. Et parmi les autres, il n’y a pas que des naïfs – naïves – qui se sont fait vamper.

Ce qui n’enlève rien au dégoût qu’inspire l’attitude de quelqu’un comme Harry Weinstein. Ni à la question de savoir quelles auraient été les réactions aux mêmes faits si ce type avait été doté du physique d’Alain Delon...

171017 TZ Balance to cor 8.jpgDès lors, #balancetonporc, oui ! Beaucoup trop de gens se sont tus bien trop longtemps. Mais au cas par cas. Et #balancetatruie aussi, car l’abus de pouvoir, le mépris et l’objectisation de l’autre ne connaissent pas le sexisme.

Puis si des envies de chasse te prennent en cet automne, réfrène-les et #balancetoncor : on est en 2017, bon sang, c’est encore l’heure d’aller mettre fin à des vies en forêt ?

Et si c’est pour un autre motif que tu as tout lu jusqu’ici, accepte mes excuses et fais-toi soigner : on rêve tous de prendre notre pied le plus souvent possible, mais quand c’est douloureux pour l’un ou l’autre, c’est insupportable.

14/10/2017

Chilouvision : Elle met ça où, dis ?

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Ça ne devrait pas être trop compliqué pour toi de donner une réponse valable à la question ci-dessus énoncée, ma mutine, ma complice, ma malicieuse...

Plait-il ? Euh... Non, désolé, je n’écrirai pas quelque chose d’aussi vulgaire : c’est un blog bien tenu ici, on se lave tous les jours, juste après avoir mis le calbar de la veille au linge, et on se brosse les dents avec un dentifrice qui ressemble à quelque chose, un peu de respect, merde !

Hmmm ? Eh bien oui, « au-dessus » était la réponse que j’attendais. Tu pourrais même ajouter « à notre grand soulagement », car si tu es comme moi, une fois la fin du match sifflée, tu as dû te sentir soudain les jambes un peu flanelleuses.

À la mi-temps, nous avions en vérité tous la mine avantageuse et le sourire confiant du vainqueur à qui plus rien ne pourra arriver. Nous n’avons dès lors ressenti que plus durement, aux environs de la 90ème minute, ce que les Boeren ne manqueront pas d’éprouver dimanche quand ceux d’entre eux qui savent lire, expliqueront aux autres que nous sommes « là ». Pour le dire avec clarté sinon avec classe, que Bandé tire était dans l’ordre des choses ; mais en toute fin de match, on l’aurait volontiers vu plus mou.

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Tu connais les journalisses, évidemment, ma passionnée, ma documentée, ma pressivore. Tu liras un peu partout dans les gazettes de ce samedi, que Ketchup a déjà imprimé sa marque sur le Sporting. Considérons que c’est à la fois vrai – car on a vu des Anderlechtois soucieux de conserver le ballon et de lui imposer une circulation rapide – et faux car le premier but Mauve fut inscrit sur base de ce que les joueurs avaient appris sous l’ère Weiler : reconversion très rapide et souci d’apporter au plus vite le danger dans les seize mètres adverses, en laissant le moins de temps possible à l’opposant pour se réorganiser.

Dans le cas bien entendu, où le Sporting parviendrait à mixer harmonieusement les deux méthodes, on ne situe pas qui pourrait rivaliser avec lui en Belgique – ni même peut-être ailleurs car n’est pas Barcelone qui veut. Dès ce moment, il ne manquerait plus qu’une plus grande intelligence – ou adaptabilité – tactique car on dira gentiment que marquer quatre buts c’est beau, mais qu’en encaisser trois dans le même mouvement, ça fait tache.

On sait comment un joueur de foot est fait : marquer un goal et avoir son nom en grasses sur Twitter, ça fait rêver même les moins cabotins et ça fait saliver les agents. Mais à un certain moment, il devient plus intéressant pour le collectif, de faire tourner le ballon paisiblement plutôt que de risquer de le perdre ou de pousser un équipier à commettre une faute.

Gageons que c’est une des remarqees que Ketchup avait en tête quand, au cours de son interview d’après match, il a parlé de « beaucoup de choses qui restent à régler ».

Sur le plan individuel, tout le monde en aura évidemment plein les superlatifs à propos d’Henry Onyekuru. Mais personnellement, j’ai beaucoup apprécié l’allant de Gerkens et la concentration sans faille de l’inoxydable Deschacht, ainsi que le renouveau qui a semblé habiter Hanni et Teodorczyk. Kums fut l’auteur de quelques gestes intéressants lui aussi, surtout en fin de match : en première mi-temps, tout allait un peu trop vite pour lui et il me parait impératif qu’il travaille son explosivité.

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Onyekuru a fait ramer les Malinois - Photo © Marc Coucke

Tu dis ? Contre PSG, ce sera une autre paire de manches ? Hum... Si j’étais de toi, j’éviterais d’employer ce terme pour faire allusion au tandem Neymar – Mbappé. Parallèlement, cela risque aussi d’être compliqué pour le Sporting face à des équipes disposées plus défensivement que le Malines de Ferrera mais comme dit cette vieille baderne de Jean-Marie en éteignant la télé sur le sourire mécanique de Marine : « À chaque jour suffit sa Pen ».

 

29/09/2017

Mixed Zone : Grand Malade, trois poutrelles levées

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On n’est pas encore bien passé outre l’épisode de la démission-renvoi de René Weiler, de l’intérim subséquent de Nicolas Frutos – qui a dû dire « Merci du cadeau » à son Sporting chéri – et de l’embauche toujours hypothétique de Hein Vanhaezebrouck que vient de se profiler un nouveau challenge pour les rois des entraineurs.

En ce dernier vendredi de septembre, fleurissent en effet les tweets au sujet de la sélection belge, dessinée par Roberto Martinez en vue des prochains Bosnie – Belgique (07/10/2017 18:00) et Belgique – Chypre (20:45). Et comme on en a pris l’habitude, tout le monde s’y met, de multiples Mr. Nobodies jusqu’au monde politique en passant par les médiamanes :

!  Pourquoi sélectionner Tielemans et Defour alors qu’ils jouent si peu en club ?

!  Pourquoi sélectionner Kompany alors qu’il est blessé – Réponse immédiate de Pep Guardiola : Vincent verra les toubibs belges, il ne jouera pas avec la Belgique. Case closed, donc.

!  Pourquoi ne pas sélectionner Radja Nainggolan ?

!  Pourquoi quatre gardiens de but dans la sélection ?

Eh bien, chers amis, chers amateurs de football qui connaissez tout, absolument tout et même le reste, je peux quant à moi vous faire une réponse à la quatrième interrogation : « Quand on a deux matches à jouer en quatre jours, il me parait prudent de sélectionner quatre gardiens de but, ne serait-ce que pour ne pas avoir l’air con dans le cas où un keeper se blesserait ou se ramasserait un carton rouge en Bosnie.

Quant aux autres questions... Personnellement, j’en ajouterais volontiers une : « Pourquoi sélectionner ce Witsel qui pousse la baballe dans un championnat miteux et qui sera suspendu pour la rencontre à Sarajevo ? ». Mais après mûre réflexion, je m’abstiendrai de faire cette remarque : sur ma carte d’identité à moi, il n’est pas marqué « Roberto Martinez ».

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Je n’ai aucun problème si certains soulèvent des objections par rapport à certaines options prises par des responsables, ni par rapport à d’éventuelles suggestions. J’en ai toutefois, au sujet de la méthode de communication qui est utilisée et qui veut très clairement laisser sous-entendre que tous ceux qui ne pensent pas comme l’émetteur du tweet en question, sont des demeurés ou pis, des gens avec un agenda caché.

 Je ne sais pas s’il y a vraiment des problèmes relationnels entre Martinez et Nainggolan, mais plus le temps passe et moins je me dis que c’est impossible. Néanmoins, cela fait partie du jeu : qui pense honnêtement que si j’étais sélectionneur fédéral, je reprendrais Witsel dans ma sélection ?

 

 

J’ai laissé un espacement ci-dessus afin de te permettre de répondre à la question que je posais. Tu peux y écrire le nom que tu veux, mais si tu mets le tien, je serai déçu...

Quoi qu’il en soit, je n’ai aucune idée quant au fait que Martinez a raison ou tort de choisir ces joueurs en vue des deux matches – qui seront pratiquement des joutes amicales, rappelons-le à ceux qui l’auraient oublié – mais ce que je sais c’est que, s’il s’est gouré, il assumera ses choix.

En revanche, s’il pose ces derniers en fonction de ce que pensent... allez, (presque) au hasard, Nordin Jbari, Kristof Terreur, John Baete, Benjamin Deceuninck, Manuel Jous ou... Jean-Michel Javaux (!!), il pourra toujours essayer d’aller leur demander des comptes à l’issue du match. Surtout si leur joueur fétiche se prend un carton rouge après quatre minutes de jeu sur une phase amenant un pénalty à l’adversaire – toute ressemblance avec un évènement s’étant produit il y a peu pourrait être fortuite mais il y a peu de chances. 

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28/09/2017

Chilouvision : Reviens René, c'était pourrir !

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Tu dis ? Il y a une faute d’orthographe dans mon titre ? Non. Et ce n’est pas la peine d’insister, je ne suis pas d’humeur.

Je t’en prie, René, ne t’attarde pas à la dispensable réflexion ci-dessus. Mais surtout, ne traine pas en route : quand tu étais là, au moins tu pouvais servir de bouc émissaire, puisque certains croyaient avoir trouvé en toi et en ta vision du foot, l’explication-clé de la façon de laquelle on évolue. Enfin... Si on peut appeler ça évoluer.

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Dans son interview d’après match, Nicolas Frutos expliquait en substance qu’il veut que le Sporting joue de manière plus offensive que du temps de son prédécesseur, mais que cela prend nécessairement un peu de temps car pendant quinze mois, on a appris aux joueurs à pratiquer d’une manière plus directe. On t’adore, Nico, et tu le sais. Toutefois, on se permet de se montrer réellement sceptique à propos de ce projet : le matériel humain dont tu disposes a été embauché dans l’optique justement, de faire déjouer l’adversaire pour lancer des attaques ultra-rapides. Quand tu bâtis ta propre maison, tu vivras avec devant ton nez, les résultats et les caractéristiques consécutifs à tes propres choix ; à l’opposé, quand tu achètes celle d’un autre, ce seront ses décisions qu’il te faudra supporter.

De plus, j’ai le sentiment personnel que René Weiler faisait évoluer le Sporting vers une version moderne et pragmatique du football, et qu’aller à contrecourant n’est pas nécessairement une bonne idée, même si elle ne doit pas manquer de faire plaisir à quelques passéistes amoureux des arabesques et des ronds de jambe.

Ceci dit, je considère qu’en ce merdeux mercredi soir – heureux anniversaire, Frank the Tank Boeckx, on fera mieux l’année prochaine –, face à une équipe qui pourtant, m’est apparue hautement prenable, on a des circonstances atténuantes.

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Car pour le dire crument, avec un arbitrage à peu près correct, le Celtic aurait été réduit à dix dès la 4ème minute – tackle dégueulasse de Ntcham sur Teodorczyk, qui ne fera plus que se trainer par la suite – et même à neuf à partir de la 26ème – agression de Sinclair sur la cheville de Spajic.

On ose dire que sans cette dernière faute, jamais Spajic ne se serait laissé prendre comme il le fait sur la phase de construction du premier but du Celtic.

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Malheureusement, l’arbitrage miteux de l’Espagnol Gil Manzano n’explique pas tout. Et certainement pas le manque de précision dans le passing chez les Mauves. Plait-il ? « Je le dis bien gentiment ? » En effet. Car plus la passe à faire parait simple, moins on la fait. Ou si on la fait malgré tout – on ne trouve pas toujours immédiatement le machin à faire pour perdre le ballon le plus vite possible –, on la cochonne : trop courte, trop longue, en lui donnant un angle qui aurait fait honte à ma bobonne en personne, bref jamais comme il le faudrait.

Mais ce qui fait vraiment sourciller, c’est qu’on ne parait éprouver qu’un mépris condescendant à l’égard de règles absolues du football. Parce qu’au moment où Dendoncker balance le ballon en direction de Deschacht, non seulement il voit qu’Oli est situé en plein dans l’axe du jeu, mais de plus, il ne peut pas manquer de s’apercevoir qu’un adversaire va pouvoir venir le mettre sous pression dans la seconde qui suit. Or cela n’aura pas été la seule fois qu’il nous blessera les yeux avec cette figure de style d’un goût plus que discutable, puisque le troisième but du Celtic surviendra à l’issue d’une autre passe de relance qui aboutira, elle, directement dans les pieds d’un adversaire – pourquoi finasser, en effet ?

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Par la suite, on pourra encore gloser à l’infini sur le manque d’envie de certains, sur des attitudes corporelles qui en disent un peu trop long à mon goût sur une espèce de découragement qui semble s’abattre trop vite sur l’équipe. Mais à partir du moment où, à tous les coups, on doit courir derrière le score à cause d’erreurs individuelles à répétition et quand les courses sont systématiquement menées en pure perte parce qu’à un certain moment l’un ou l’autre de tes coéquipiers va manquer de discernement ou de concentration ou des deux, il est bien compliqué de conserver une foi d’acier trempé au service d’un moral d’airain.

 

Bref, on va essayer de penser à autre chose en général, et à la rencontre de championnat de dimanche contre euh... contre qui, déjà ? Ah oui, encore une de ces équipes qui paraissent largement à notre portée...

24/09/2017

Chilouvision : Mais comment tu fais ?

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Une fois n’est pas coutume, on commencera par quelques mots à propos d’un évènement encore plus majeur qu’un match du Sporting, si tu veux bien – et si tu ne veux pas, c’est le même prix. Quoi ? Non, je ne te mets pas un point de repère pour t’indiquer à quel endroit je commence à causer de foot, puis quoi encore ! Quand tu ouvres un bouquin, tu le lis, hein, sinon tu le laisses fermé. Enfin, soit, bref, causons de ce que je veux dire à propos de ce que j’ai en tête avant que ça ne m’échappe et que je ne me mette à t’expliquer que ça serait cool de ta part d’envoyer un ou deux chèques-services à un certain Théo : avec cet argent, il pourra s’acheter une belle paire de berriques grâce auxquelles il réussira peut-être à voir où sont les vraies crasses à #opkuisen.

Figure-toi que pour la première fois de tous les temps, les Saoudiennes ont eu le droit de mettre les pieds – vu les mœurs du coin, précisons « et le reste avec » – dans un stade de football ! Bon, on montre éventuellement de timides signes que le cas échéant on ne serait pas nécessairement opposé à risquer un orteil téméraire sur les périlleux chemins d’une certaine modernité d’esprit, mais on ne déconne pas, quand même : ce n’était pas à l’occasion d’un match, mais pour le raout organisé en vue de fêter les 87 balais du roi Truc Ben Brol d’Arabie Saoudite que j’ai la flemme d’aller googler pour connaitre le blaze à cette vieille bite. Tu dis, chérie ? Que je pourrais témoigner d’un peu de respect, ça serait pas du luxe ? Mais allez, foert hein, ce pei a tout à dire dans un pays ultra-friqué et tout ce qu’il trouve à faire c’est continuer à faire des femmes, des citoyens de deuxième classe, si pas de troisième. Franchement, je comprends que les meufs sur la pictcheure ci-dessus trouvent ça sympa de pouvoir entrer dans un stade, mais au XXIème siècle, ce vieux Ibn Melavè-Toudis, il n’attend quand même pas qu’elles lui disent merci, j’espère !

Est-ce que pour un peu tout le monde – car il n’y a pas besoin d’aller en Arabie Saoudite pour trouver des vieux cons, même dans nos pays oh so evoluated, on en entend, on en lit, on en pleure qui grincent du râtelier à propos de ce qu’ils appellent « la mode du féminisme », comme si l’égalité entre les gens était une mode, sans blague –, est-ce que donc, répété-je pour t’éviter de devoir retourner en début de phrase car tu as le cerveau un peu en roue libre, normal c’est dimanche, est-ce qu’il n’y a vraiment pas moyen pour tout le monde, d’intégrer le simple fait que les femmes sont des hommes comme les autres, bordel ?!

Plait-il ? T’aider à prendre les poussières au-dessus de l’armoire ? Non, mais c’est pas vrai, quand même ! Tu vois pas que je suis en train d’écrire, connasse ? Quoi ? Ouais, un dimanche, j’écris un dimanche, ça te dérange ? Sans blague, encore un peu et ça viendrait faire la loi chez moi, tsé ! Gonzesse de mertttt ! Hein ? Non, je suis pas obligé de t’insulter, mais il faut être quoi pour venir me faire une scène devant toute l’entièreté universelle, mondiale et exhaustive de mes lecteurs ? Oué, c’est ça, retourne sur ce trottoir que tu n’aurais jamais dû quitter et fous-nous la paix !

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Hier, de 20:30 heures à 75 minutes plus tard, on a quand même vachement souffert, tu ne trouves pas, mon esquintée, ma ballottée, ma déglinguée ? À tous les coups, on récupérait le ballon d’une façon quelconque – quand ce n’était pas d’une autre –, et ce n’était que pour le reperdre presque immédiatement après. C’était vraiment d’une infinie tristesse... Car bien que sachant que Waasland Beveren n’est plus le petit machin que l’on regardait auparavant avec une certaine condescendance, le Sporting n’a quand même rien à envier à cette équipe sur le plan du talent !

Dès lors, on ne pourra pas s’empêcher de trouver malheureux de perdre bien trop de duels ou de louper des passes faciles – de préférence après avoir réalisé une sortie de mêlée un peu compliquée, histoire de tuer dans l’œuf tout ce qui aurait pu conduire à montrer un soupçon d’enthousiasme.

On comprend, quelque part, que personne n’a envie de se blesser à quelques jours d’un match terriblement attendu de toute part contre Celtic FC, mais on le sait, c’est quand on joue en-dedans de ses possibilités que le risque de blessure est le plus grand – d’autant plus que c’est le genre de truc qui n’échappe pas à l’adversaire. Toutefois, ce que l’on accepte encore nettement moins, c’est un manque de concentration criant sur des actions qui paraissent simples : que l’on veuille se préserver en vue de la Champions League est une chose, mais on n’est quand même pas aux portes du burn-out, j’espère !

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Puis, d’un seul coup, on se met à remporter les duels et le match change d’âme. Brutalement, de façon incompréhensible. Dans le bistrot où je mate la rencontre, sur le côté – mais non, en face, tu crois qu’ils se sont installés dans le bar, idiote ? – au sein d’un petit groupe de supporters de Bruges (ou assimilés), on ferme enfin sa gueule. De commun accord et sans concertation préalable, les sourires se sont éteints.

Et blam, sur un coup de coin, Stanciu récupère un ballon dit deuxième et fait parler la poudre. Je ne saute pas, je ne ris pas, je ne crie pas. Je jouis : parfois le malheur des autres fait plus plaisir qu’un bonheur qu’on trouverait étriqué. « Y avait même pas corner », maugrée un fielleux. En effet, et ce n’en est que meilleur, d’autant plus que peu après, Spajic fait 1-2. Là, je sens monter dans les parages immédiats, une envie folle de fonder un club de curling...

Car effectivement la messe est dite : les Waeslandiens tenteront encore avec ardeur de sauver au moins un point, mais dans les buts du Sporting, The Tank est en état de grâce et ses réflexes fabuleux, que l’on a appris à connaitre mais qui ne laissent pas d’étonner, font le reste.

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Évidemment, les atrabilaires d’à côté – oué, ceux de par là, franchement, t’as mis le temps à les situer – râlent : non seulement la photo ci-dessus remonte à la saison passée et ils trouvent que ça manque de fair play de la ressortir, mais de plus, Dendoncker aurait commis un pénalty sur Kiese Thelin. Qu’ils la ferment gentiment : si on avait été aussi bourrins qu’eux, ce bon vieil Isaak serait resté devant sa télé. Puis, le tacle empêchant Henry de marquer peu avant est tout aussi suspect.

Juste parce que je trouve que dans le foot en général, il n’y a pas assez d’humour, ni de tendresse ni d’autodérision et que ces choses ont toujours fait beaucoup pour rendre la vie supportable : ci-dessous, l’image dont la Fédération Néerlandaise s’est servie afin de lancer la nouvelle saison.

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Tu disais ? Le titre ? Euh, hum... Eh bien ma foi, ce qui est écrit est écrit, mais je n’en sais plus le pourquoi du comment – c’est sûrement ton antiféminisme primaire qui m’a perturbé, comment peux-tu te montrer aussi ridiculement macho, c’est vraiment quelque chose qui me dépasse.

Pardon, chérie ? Oui, passe l’aspirateur mon amour et n’hésite pas à bien aller dans les coins, on n’en est vraiment qu’au tout début de la course. 

 

13/09/2017

Chilouvision : Mêle-toi de tes fesses !

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On est combien à assister aux matches du Sporting, ma compteuse, mon arithméticienne, ma statistiquette ? Comment ? Beaucoup qui les voient mais toi tu les regardes ? Ce n’est pas exactement ce que j’appellerai répondre à ma question... Malheureusement, il semble que j’aie égaré au cours de mon déménagement, cette cravache qui a tant fait pour te rendre supportable. Dès lors, je me contenterai de te lâcher un petit sourire tout en me promettant de garder en mémoire ce déplorable manquement.

Or donc, puisque nous sommes « beaucoup » à nous revendiquer de la Mauvitude, nous sommes, dans la foulée, tout aussi nombreux à assumer le rôle d’entraineur de ce club que nous aimons d’un amour qui pour n’être pas charnel n’en est pas moins passionné.

Dès lors, j’aimerais que tu me détailles la manière de laquelle tu réagirais, ma coachette, mon entraineuse, ma salope, si un jour, un aréopage composé de personnalités importantes de la direction, te tenait à peu près les propos suivants :

–    Allez, notre catégorique, notre tranchante, notre exagérée, tu ne vas quand même pas laisser à la maison le merveilleux joueur qu’est Zperms alors que se profile un match de prestige conte le FC Brabant Quenast ?

–    Bah, il n’est pas en forme », justifierais-tu probablement ton choix. « En plus, il cause régulièrement aux journalisses de ‘La Première Minute’ pour me faire déféquer dans mes braies, c’est d’un agaçant achevé ».

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–    Des broutilles, que cela ! », te sourirait-on avantageusement. « Des gamineries, des enfantillages, des dix putes pour des quéquettes de bigarreaux. Songe que ce garçon nous a coûté un repas pour dix personnes au “Mieux que chez eux”, et on n’a pas besoin de te dire que ces pénibles sacripants culs-linaires utilisent un crayon à quadruple mine pour te composer des additions que seul un émir adore pour peu que dans son camp, on ne manque pas de concentration...

« Alors, nous t’en prions, revois ta position car là, si cela tourne mal, nous risquons d’éprouver quelques difficultés à te soutenir dans un futur postérieur pléonastique ».

Ça te ferait probablement grincer quelque peu des dents, ma râtelière, ma glabre du clapoir, ma pompeuse veloutée, mais étant donné que tu n’es certes pas une grosse connasse, ma lumineuse, ma délurée, mon infiniment neuronée, tu chipoterais sûrement durant au moins sept-douzièmes de seconde, avant de hocher la tête – à moins que tu ne sois d’humeur à branler le chef.

–    Pon, t’aggord », ferais-tu en prenant sur toi.

Plait-il ? Oh, désolé, je voulais dire « Bon, d’accord ».

Il n’empêche, que du coup, tu te trouverais avec la tronche vachement de biais par rapport à ce qui avait été annoncé à un parterre imposant de scribouillards de ‘Ouest Presse’, de ‘Le Matin’ et de ‘Vers le Passé’ – bref, toutes les gazettes du groupe ‘Gros Sel’ car tu avais envie de jouer un sale tour aux vilains bâvachards de ‘La Seconde Initiale’ dont que je t’ai déjà causé au sujet de leur propos que c’est tout des médisants qui font rien qu’à t’ennuyer.

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Mais pis que ça : ton revirement mettrait une pression énorme sur les épaules du dénommé Zperms car il serait évident pour tous qu’il n’aurait pas été ton choix si on t’avait laissée faire.

Heureusement, une telle situation ne risquerait pas de se produire dans le club magnifique qui t’occupe car dans cette organisation parfaitement structurée et respectueuse du travail de chacun, les dirigeants dirigent, les entraineurs entrainent et les joueurs jouent – ou pas, c’est toi qui décides.

 

Note post liminaire à l’attention des sournois, des malveillants, des lecteurs entre les lignes : toute ressemblance avec des personnes vivantes ou presque, ou avec des situations qui seraient survenues récemment au Sporting ne pourrait être que pures coïncidences tant on sait que l’auteur déborde d’une imagination nauséabonde.

Note retardataire : si le titre de la présente est au singulier, notre honoré lectorat est prié de ne pas s’en formaliser, car il s’agit là d’un simple effet de style. Il parait en effet improbable qu’une personne seule prenne l’initiative d’exercer une telle pression sur l’entraineur d’un club – et l’auteur tient à conserver au moins un semblant de crédibilité, amen.

 

 

03/09/2017

Un peu plus à l'ouest

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Chacun se souvient probablement de cette phrase mythique prononcée par le professeur Tournesol dans le « Trésor de Rackham le Rouge ». Profitant d’une marée basse de forte amplitude tombant à pieds joints au beau milieu d’un après-midi tout ensoleillé, j’ai fait comme disait ce cher Tryphon ce samedi 2 septembre 2017...

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Départ donc de Westende Bad peu avant 15:00 heures. Au large semble se disputer une régate...

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La marée n’est pas encore basse-basse, mais malgré cela, l’estran atteint déjà une taille inhabituelle.

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On est aux aguets : les endroits qui se découvrent rarement doivent nécessairement regorger de nourriture.

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Le long du cordon de dunes, un des derniers vestiges du Mur de l’Atlantique. Comme quoi tout n’a pas toujours été aussi paisible que maintenant.

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À vue de nez, il doit y avoir deux mètres de fond à cet endroit quand la marée est haute...

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Hum, pas loin de trois mètres, en fait.

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Dans un trio, il en faut toujours un qui fait rire les autres !

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Entrée de la réserve naturelle qui jouxte le domaine militaire de Lombardsijde. Un petit coup d’œil... OK, pas de drapeau rouge !

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Au fond, Nieuport et son estacade.

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IJzermonding est vraiment le refuge de milliers d’oiseaux. Un vol de sternes...

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De l’autre côté de l’embouchure de l’Yser, le poste de pilotage du port de Nieuport. Il est un peu plus de 16:00 heures.

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Le splendide vaisseau grâce auquel la Région Flamande nous permet de traverser l’Yser à pied sec et gratos... durant les weekends et pendant les vacances scolaires. Le reste du temps, il faut aller chercher le pont situé à proximité du monument au Roi Albert I (à environ trois kilomètres).

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Pas mécontent de m’assoir cinq minutes. ZZ-Top joue “Legs” dans mes oreilles...

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Bachte de Kuppe : le petit bout de la Belgique se trouvant de l’autre côté de la coupe que dessine l’Yser avant de se jeter dans la Mer du Nord.

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Nieuport, et ce bâtiment étrange, dont le look m’a toujours fasciné.

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Mais ici aussi, on attend...

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On attend que le pêcheur de crevettes revienne sur le rivage : il ramènera inévitablement dans son chalut, toutes sortes de bestioles qu’il ne voudra pas garder.

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Oostduinkerke et le Duinpark de mon enfance... Bâti en lieu et place de ce qui avait été prévu pour être un casino pour lequel les autorisations ne sont jamais arrivées.

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17:40 heures. Le flux de la marée est probablement occupé à s’inverser. L’estran est vraiment très long. Au loin, on devine le mole de Dunkerque... 

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21/08/2017

Chilouvision : Ça marche pas

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Si tes vieux avaient fait l’effort de se payer la télé dans les seventies, tu as probablement gardé le souvenir de José Garcimore, de sa voix de fausset, de son accent hispanique marqué et de ses tours de magie hilarants, ma décatie, mon amortie, mon antédiluvienne. À l’inverse, ou si tu n’es pas encore bien sèche derrière les oreilles, ma fringante, ma jeunotte, ma déflorée de frais, fais très attention : je te fournis le lien qui te permettra à la fois de te faire une idée des prestations de cet illusionniste vachement space, mais pour lever tout malentendu – jeu de mots –, le cinéma muet était déjà dépassé à l’époque. Dès lors, si tu me lis au bureau, sois prudente. Tu dis ? Tu t’en fous de tous ces gros cons qui passent leur temps à laisser tomber leur crayon à terre pour te mater les guibolles ? Eh bien, dans ce cas, clique, coco !

Garcimore employait à peu près toujours la même recette : une chute imprévisible pour son auditoire, précédée d’une préparation aussi nébuleuse que foireuse, très souvent ponctuée de quelques « Ça marche pas... » [sa marsé pa] qui faisaient hurler de rire.

Eh bien, en ce beau dimanche d’août, on a eu droit au même genre de tour... encore que pour ce qui fut de hurler de rire, on dira qu’on fera mieux la prochaine fois. Dommage, d’ailleurs, car le reste y était : une composition dans le genre surprenant, un match dont tout enthousiasme était absent et un résultat que l’on qualifiera gentiment d’imprévu – mais complètement justifié.

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Gageons par conséquent, que René Weiler a dû se dire qu’effectivement, « Ça marche pas » :

! Chipciu au back droit, ça marche pas. Le joueur est dans un creux, et on le sent bien. Est-ce physique, est-ce mental, est-ce un mix des deux ? Va savoir...

! Dendoncker, ça marche pas. Il a la tête ailleurs, il est dynamique comme un nénuphar privé de vent, mais on est obligé de l’aligner : le mettre sur le banc, c’est le pousser à quitter le club. Et si cet évènement devait se produire dans ces circonstances, à la moindre contreperformance, fuseraient les « Vous l’avez poussé à partir en ne l’alignant pas ».

! Kums a peu joué la saison dernière, il ne trouve pas ses marques, il donne l’impression d’un joueur fatigué... Bref, ça marche pas. Le sale truc, c’est qu’on est pratiquement obligé de l’aligner lui aussi : il a besoin de temps de jeu et on comprend que personne n’a envie de prendre le risque de niquer d’emblée celui qui a probablement les qualités nécessaires à pallier le départ de Tielemans.

! Obradovic, ça marche pas. Débarrassé depuis trop longtemps de toute concurrence sérieuse, il ne s’applique ni dans ses centres, ni dans sa mission défensive : on n’a pas compté le nombre de fois où il s’est fait enrhumer par un Legear qui a montré qu’il avait de beaux restes pour un joueur prétendument en fin de carrière.

! Kiese Thelin, ça marche pas. On avait apprécié ses progrès – lents mais tangibles – lors de la saison passée. On a trouvé piteuse sa prestation de ce dimanche : arriver à se faire bouffer pratiquement tous les hauts ballons quand on a sa taille, cela tient du tour de force.

 

Tu en veux encore ? Non, tu vas plutôt mater un bon vieux film de cul, histoire de te remettre le moral en ordre ? Je peux te comprendre : ce ne sont pas toujours les mêmes qui doivent l’avoir dans le truc (© Onur Kaya à l’issue de Standard – Zulte Waregem de vendredi soir).

 

 

14/08/2017

Chilouvision : Mauvaise mine (was : Et la camionnette ?)

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Dans une vie plus ou moins bien remplie, on rencontre des gens plus ou moins intéressants. C’est ainsi qu’il m’est arrivé d’entretenir de longues discussions dont je n’ai rien retiré... Tu dis ? Mais non, je ne compte pas clôturer là-dessus, tu prends ce blog pour un site putaclic ?

Bon, où on en était ? Ah oui, donc un jour, il y a bien longtemps, je tombe sur une vieille connaissance. On cause de foot évidemment, on se connait suffisamment pour ne pas risquer une dispute en parlant de politique ou de dioxine – on n’avait pas encore inventé le fipronil – et pas assez pour entamer un colloque sur les mérites culiers de nos nanas respectives.

–    Ah, le foot et les entraineurs ! », m’assèna-t-il. « Ils croient tous qu’ils ont inventé l’eau chaude mais quand ils trouvent quelque chose qui marche, ils n’ont rien de plus pressé que d’en faire un système. Et je n’ai pas besoin de te dire que tous les systèmes...

–    Portent en eux-mêmes ce qui convient pour les rendre obsolètes », complétai-je parce que je n’avais pas envie qu’il me prenne pour le dernier des demeurés.

Je ne sais pas s’il a regardé l’heure et demie pesante qu’on vient de vivre à Charleroi, mais moi oui. Et cette micro-conversation m’est revenue en mémoire.

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On sait que le planning de cette saison est différent des précédentes : le Sporting a sa qualification en poche pour la Champions League et on a remarqué assez vite que la préparation physique a tenu compte du fait qu’il ne faudra vraiment être en forme qu’aux environs du 10 septembre. Aucun besoin d’être prêt plus tôt : une saison est longue et il importe d’éviter le plus possible un éventuel passage à vide.

Bien sûr, il y a des matches avant les débuts européens, mais c’est la saison régulière et si l’expérience nous montre qu’il est téméraire de la snober, il n’est pas non plus obligatoire de l’attaquer pied au plancher.

Parallèlement, on a déjà bien pigé que tout le monde ne regarde pas exactement dans la même direction : si les cas de Kara et de Teo semblent réglés, on n’est pas sûr du tout que Dendoncker restera. À vrai dire, on a un peu le sentiment que le joueur lui-même est tracassé, à un point tel qu’on ne le reconnait plus : où est passée la locomotive qui tirait ses coéquipiers vers l’avant la saison dernière ?

Au-delà de cela toutefois, l’articulation de l’équipe pose problème, estimé-je. En effet :

M  Tout a vraiment commencé à bien fonctionner quand Weiler est parvenu à faire passer son message, probablement aux environs de septembre 2016 : d’abord défendre. Éventuellement attaquer ensuite, mais sans s’exciter : simplement aller très vite porter le danger quand l’adversaire perd le ballon. En abandonnant l’initiative à ses opposants, le Sporting les incitait à attaquer, et donc à laisser dans leur dos, des espaces au cœur desquels Teo s’est beaucoup amusé.

M  Parmi les entraineurs officiant en Belgique, cependant, il n’y a pas que des crétins congénitaux. Certains ont développé la parade plus vite que d’autres et si tu t’en souviens, ma dispersée, ma confuse, ma tête de linotte, on a déjà éprouvé bien des difficultés la saison passée, avec le Charleroi de Mazzù. Parce que la parade au système Weiler n’est pas trop compliquée : il suffit de pratiquer de la même manière.

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La conclusion vient d’elle-même : il va falloir aligner un entrejeu plus créatif afin d’éviter de se retrouver continuellement dans une espèce de débat “René contre Weiler”. Car pour tous nos adversaires, un 0-0 bien tassé constitue un résultat parfaitement honorable face à Anderlecht : tant qu’on n’aura pas marqué au moins un but, la situation restera verrouillée. Ainsi que cela s’est passé ce dimanche – avec en plus, le fait qu’on a encaissé une mine inarrêtable histoire d’être sûr que les Carolos puissent nous attendre à l’aise. Plait-il ? « Et même une deuxième » ? D’accord, mais celle-là n’a eu aucune influence sur la rencontre.

On peut gloser à l’infini sur l’inefficacité de Teo, sur les errements de Chipciu, sur les limites d’Appiah. Mais toujours est-il que ce ne sont pas ces joueurs qui sont supposés s’occuper d’orienter le jeu. Or, l’entrejeu Mauve s’est fait carrément bouffer par Diandy. On connait Christophe, on sait que c’est un battant, on lui reconnait du talent et à 26 ans, il a engrangé pas mal d’expérience. Mais de là à manger tout crus des Kums, des Dendoncker et – plus difficilement – des Trebel, il y a de la marge...

Donc, au boulot, René : le propre des grands entraineurs, c’est de savoir se remettre en question et de ne pas tenir pour acquises, les vérités d’hier.

***

L’évènement du weekend, ce ne furent toutefois ni la défaite du Sporting Mauve, ni celle du Standard, ni les deux buts de Romelu, ni l’assist de son frangin, mais bien l’incroyable négation de l’assistance vidéo par l’arbitre de la rencontre Zulte Waregem – Club Bruges de vendredi soir.

On le sait désormais, la personne chargée de visionner les images des matches – le video-referee, pour le dire en bon français – bénéficie d’une installation mobile qui lui permet de remplir son office dans les conditions les meilleures. On n’a en effet, pas lésiné sur le matos à la Fédération, tout en tenant compte d’un facteur important : la discrétion.

Car s’il y a bien quelque chose qu’il convient d’éviter à tout prix, c’est que le matériel – surtout – et les personnes en charge – aussi, mais c’est moins cher à remplacer – puissent se retrouver aux prises avec des hordes de hooligans assoiffés de sang ou de bière ou des deux. Ou même, que le video-referee se retrouve en butte à des tentatives de corruption plus ou moins bien orchestrées.

On s’est donc d’abord attaché à dénicher un véhicule moderne et confortable mais pas trop voyant, et qui surtout, ne soit pas aux couleurs d’un des clubs de la Pro-League.

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Après de longues discussions tenues lors de réunions ultrasecrètes, dont même les jetons de présence furent réglés sur des comptes anonymes, le choix s’est porté sur le bolide dont la photo figure ci-dessus – du moins jusqu’à ce qu’un huissier ne débarque chez moi pour me sommer de l’enlever.

Ainsi que l’on peut le remarquer, la camionnette, fraichement repeinte, est strictement anonyme et elle est suffisamment spacieuse pour accueillir non seulement, tout l’équipement nécessaire, judicieusement regroupé afin de ménager un espace de travail convenable, mais aussi de quoi se sustenter et s’hydrater – aux dernières nouvelles, c’est Jupiler, sponsor de la Pro-League comme chacun le sait, qui prend le catering en charge.

On m’a bien entendu, envoyé sur les roses quand j’ai voulu photographier le matériel vidéo, mais j’ai réussi à prendre un cliché de l’intérieur de la cabine de pilotage qui montre que l’on a réellement été très pointilleux sur le plan du confort et de la sécurité – rien qu’à le voir, on devine que le conducteur dispose d’un airbag intégré dans son t-shirt.

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Alors, franchement, j’aimerais beaucoup que l’on me dise pourquoi l’arbitre de Zulte Waregem – Club Boerois s’est refusé à rentabiliser l’investissement technologique colossal consenti pour lui permettre de se planter le doigt ailleurs que dans l’œil !

31/07/2017

Naaah, j'déconne (Saison d'œufs : Le Martyre d'un Surimi cacochyme)

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Chiffre préféré des carnivores frustrés – car qui mangue un neuf, papaye un bœuf –, le 9 est d’autant plus plaisant qu’il s’est fait la coupe au carré de 3 et que, ainsi que c’est le cas pour ce dernier, dans le système décimal, un nombre est divisible par neuf (trois) si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 9 (3).

Ainsi donc :

738 ==> 7+3+8=18==> 1+8=9

[738 est divisible par 9]

741 ==> 7+4+1=12==> 1+2=3

[741 est divisible par 3]

Tu dis ? Tu trouves ça cool ? Oué, moi aussi. Mais ne te fatigue pas : 3 et 9 sont les seul nombres avec lesquels ça fonctionne.

Par ailleurs, je ne sais pas si on enseigne encore beaucoup le calcul mental en classe, mais toujours est-il que tu te souviens peut-être de la preuve par 9, ma surannée, mon antiquité, mon antédiluvienne : en simplifiant une multiplication ou une addition par l’addition des chiffres composant ses facteurs (termes), on peut vérifier si une opération n’est pas fausse. La preuve par 9 permet en effet de savoir si une opération effectuée est fausse ; pas si elle est juste. Si tu te souviens vaguement du truc mais qu’un peu plus de détails te rappelleraient tes années d’école primaire avec un doux sourire : clique.

Parallèlement, dans la recherche d’erreurs, 9 joue un rôle intéressant. Ainsi, quand les additions de deux séries de nombres seraient supposées donner le même résultat mais que ce n’est pas le cas et que la différence est divisible par 9, c’est qu’un nombre a été écrit en inversant deux chiffres dans une des deux colonnes.

Ainsi :

21+10+32 = 63

11+20+23 = 54

Plait-il ? « C’est ridicule de s’encombrer le cerveau avec ces conneries alors qu’on a tous une calculette parmi les applications de notre smartphone et que désormais, les colonnes de nombres, ce sont les ordinateurs qui les additionnent » ?

Ouais, tu as sûrement raison. Encombre-toi plutôt le cerveau avec autre chose.

 

29/07/2017

Chilouvision : À la bolognaise

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Avoue-le : il y a exactement un mois et demi que tu l’attendais, cette reprise du championnat. Parce qu’on sait comment ça marche : les derniers jours de mai, tu laisses la pression retomber tout en réglant posément les merdes que le stress de la fin des play-offs t’a poussée à négliger. La première quinzaine de juin, c’est comme si tu étais en vacances, mais par la suite, tu te remets à rêver de courses croisées entre deux attaquants intenables, à te rappeler des pénaltys non sifflés bien que flagrants, à cauchemarder à propos de déchirures ligamentaires survenues à l’improviste lors d’un entrainement, ...

Juillet, c’est carrément l’enfer. Pourtant, tu fais comme les Français quand ils ont envie qu’on les prenne pour des Belges une fois : tu mords sur ta chique – pour information, une « chique » en Bruxellois, c’est pas ta nouille, hein, Parisien tête de chien, c’est un abcès dentaire. Et quand tu es un vrai de vrai, avec une paire bien accrochée, tu n’hésites pas à mordre dessus pour le faire exploser, histoire qu’il te fiche la paix !

Mais tout a une fin, comme tu te disais crânement quand ton prof de français t’obligeait à lire « À la recherche du temps perdu »[1] pendant tes vacances scolaires. Si bien qu’après la Supercoupe – aimable hors d’œuvre que tu vécus comme une mise en jambe – vint enfin l’habituelle conférence de presse d’avant-saison, prélude à ce premier match que tu attendais depuis si longtemps.

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C’est le sourire aux lèvres et l’haleine fraiche que tu parcourus la presse. Quelques déclarations te firent un peu sourciller car tu détestes par dessus tout, lire que « le Sporting a une meilleure équipe que l’an dernier, sur papier ». Depuis le temps où le Standard était champion sur papier au début de chaque saison – avec les années de vaches maigres, ils ont gagné un peu de modestie, c’est toujours ça de pris – tu t’es bien fixé les idées à ce sujet : le foot se joue sur du gazon.

Et là, les choses se présentaient un peu bizarrement : il doit bien exister des vidéos de matchs disputés par l’Antwerp la saison passée, mais pas dans la même division. Et pas sous les ordres du même entraineur non plus... En causant de lui, il est devenu comment, le Laszlo ? Il a un peu réfléchi depuis le temps où il félicitait Witsel d’avoir cassé la guibolle à Wasyl, ou bien c’est toujours le même enculé ?

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Tu hausses les épaules, mon optimiste, ma positive, mon insouciante... Et en dépit de l’état un peu bizarro des installations, le match commence. Et tu as vite pigé : tu me jettes un regard inquiet que je fais semblant de ne pas remarquer. Mais après vingt minutes de jeu, je te rejoins dans tes craintes : Bölöni a bien regardé la manière de laquelle le Sporting de cette saison manœuvre sous la houlette de Sven Kums. Et il a réagi préventivement avec autant de simplicité que d’efficacité, en massant du monde autour de Kums de manière à l’empêcher d’orienter facilement les relances.

C’est peut-être un peu dégueulasse à dire, mais je suis certain que si René Weiler avait mieux connu la mentalité de Bölöni, il aurait aligné Stanciu d’emblée pour laisser Kums sur le banc : ce genre d’entraineur ne fait pas de cadeau et comme il est trop tôt dans la saison pour qu’il connaisse vraiment les points forts et les points faibles de sa propre équipe, il a surtout veillé à transformer les qualités de Kums en défauts. Car si tout le monde aime voir jouer quelqu’un comme Kums, il rend prévisible le football pratiqué par l’équipe qu’il anime.

Néanmoins et en dépit de l’effacement de Kums, le Sporting l’aurait probablement emporté sans la performance de Bolat dans les buts de l’Antwerp. Voyons les choses en face : ce type dont j’ai toujours détesté les allures de matamore m’est apparu changé. Et pas seulement car il porte désormais la barbe : sobriété dans ses gestes, concentration maximale, visiblement très affûté physiquement... Parfois, les gens apprennent de leurs échecs.

On verra comment René réagira à ce revers – car quoi qu’il dise, perdre d’emblée deux points, ce n’est pas une demi-réussite. Mais dans mon esprit, il n’y a pas de joueur protégé au Sporting et Kums doit impérativement être placé sur le même plan que tout le monde. Tu dis ? Mais non, t’es dingue ? Je l’adore. Toutefois, il y aura des matchs pour lui et d’autres dans lesquels sa façon de jouer sera un handicap.

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Un petit mot enfin, à l’adresse de nos amis journalistes qui durent travailler dans des conditions pour le moins inhabituelles ce vendredi. Plait-il ? Ah ben ouais, déjà qu’ils ne paient pas leur place, se la ramener au motif que c’était un peu dur sous leurs fesses, c’est peut-être bien déconner en effet.

 

[1] À la recherche du temps perdu. Les années ayant passé depuis, tu t’es rendu compte que le pensum logorrhéique de Marcel Proust a ceci de commun avec « Das Kapital », de Karl Marx et Friedrich Engels : tout le monde en cause mais personne n’a eu le courage de le lire en entier. Autant dire que le temps recherché a été perdu pour de bon.

22/07/2017

Naaah, j’déconne (Saison 1, avertissement – traduit du sanskrit du Moyen Âge)

8.jpgOn causait des problèmes de créativité l’autre jour, à propos du 6, rappelle-toi. Plait-il ? T’étais pas là, rapport à un surentrainement au niveau du coude en vue de la nouvelle saison de football ? On en est infiniment triste pour toi... Mais bon, on soulignera que sur le plan de la créativité, le glyphe 8, c’est pas terrible non plus.

Par exemple quand tu poireautes au téléphone au motif que toutes les lignes de ces enculés sont occupées, qu’est-ce que tu dessines machinalement au moyen du joli stylo Parker qu’on t’a offert pour ta fête des pères ? Des huit. Quand tu suis une belle pouf en rue – par inadvertance, précisons, car tous les pervers ne sont pas des satyres – et que tu lui imagines un stylo Parker – pas celui de la fête des pères, hein, on peut être pervers tout en respectant ses enfants – dans le cul, qu’est-ce qu’elle dessine sur le trottoir ? Des huit. Quand tu l’abordes et qu’elle répond « D’accord, du moment qu’après, on va baiser comme des malades » au moment où tu lui demandes si une invitation au restau lui ferait plaisir, qu’est-ce qu’elle choisit ? Des huîtres. Et quand tu te fais chier dans des embouteillages à dix heures du soir car si les piaules ne sont pas trop chères par là, c’est aussi le quartier de la Foire du Midi, qu’est-ce que tu mates pour tenter de juguler ta mauvaise humeur ? Le grand huit !

Donc, il y a des 8 partout, à un point tel que c’en devient banal. Pourtant, 8 sur 10, c’est plutôt pas mal comme note, as-tu toujours considéré. Si tu tapes 8 dans Wikipédia, on te montre une particularité liée au chiffre 8 et aux deux unités qui le séparent de 10... De quoi amuser les enfants que tu t’es engagé un peu témérairement à garder en ce premier jour des soldes d’hiver et alors que la météo est bien crapuleuse.

Voyons toutefois les choses en face : 8 figure dans la suite de Fibonacci et en plus, c’est un cube – celui de 2. Il signifie le dernier saut d’unité sur les quatre bits du binaire, puisqu’on le représente sous la forme 1000.

En hexadécimal, 8 bits forment un octet, ce qui représente un caractère. Les permutations binaires (de 0000 0000 à 1111 1111) sur un octet se montant à un maximum de 256, tu sais maintenant pourquoi le nombre de caractères différents sur un ordinateur est de deux cent cinquante-six. On dit « Merci, qui ? ». Quoi ? Quelle est la salope qui a crié « Merci Jacquie et Michel » ?

21/07/2017

Naaah, j’déconne (Saison 1, Introduction aux prémisses de l’avant-propos du pilote)

7.jpgLe nombre de jours que compte une semaine, sebt en arabe, shabbat en hébreu, SE7EN à Hollywood, 7 partout ailleurs où la main de l’homme a déjà mis le pied...

Pour dire les trucs comme il convient, il y a pas mal de croyances et de superstitions qui entourent le nombre 7 : les 7 péchés capitaux, les 7 prophétesses de la religion juive – Tu dis ? Euh... Sarah, Deborah, Myriam, hum, enfin ouais, quoi, tu les reconnaitras facilement, tous les autres prophètes sont des mecs –, les 7 merveilles du monde... Quoi ? Naaah, jeu, 7 et match, ça n’a pas de rapport, je crains. Par contre, si tu as sept fils, le roi sera le parrain du 7ème et il s’appellera Philippe – donc fais gaffe car si un des six premiers porte déjà ce prénom, ça va être la merde. Et si tu as sept filles, c’est Mathilde qui sera la marraine de ta petite dernière. Un conseil en passant : dis à ton mec de ne pas essayer de la coincer dans les cabinets car bien que de la noblesse, elle n’a pas l’air d’être du genre à avoir la raie putation, si je me fais bien comprendre.

Enfin, bref, 7 c’est aussi le quatrième nombre premier dans la progression arithmétique et le deuxième nombre premier de Mersenne. Après 4 et 6, 7 est le premier nombre impair à être absent de la suite de Fibonacci, mais vu que tu t’en fous du nombre d’or depuis que les écrans sont devenus 16:9, je serais malvenu d’insister là-dessus.

En binaire, 7 s’écrit 111, c’est-à-dire qu’il correspond à 22+21+20. Plait-il ? Le binaire, t’as jamais pigé à quoi ça servait ? Huhuh... Personne, en fait, sauf les ordinateurs. C’est un peu comme le téléphone : tant qu’il n’y en avait qu’un, on ne voyait pas bien ce qu’on pourrait bien foutre avec une connerie pareille. Hélas, une fois qu’on a eu pigé, on s’est dit qu’on aurait préféré rester dans l’ignorance.

20/07/2017

Naaah, j’déconne (Saison I, addendum à l’épilogue de la postface)

6.jpg6 est représenté dans la notation arabe, par le glyphe inversé du nombre 9 – à moins que ce ne soit le contraire, va savoir – ce qui permit aux érotomanes de trouver un surnom plaisant à la figure dite de la « tête bèche » mais qui n’en dénote pas moins un certain manque d’imagination de la part de celui qui créa la suite des chiffres. À moins que l’on ne fût vendredi, et que ses potes ne l’attendissent pour l’apéro : tu sais comment ça va, tu te promets de régler cette connerie lundi à la première heure, puis ton boss te trouves un machin urgent à faire car sinon demain, il va se retrouver dans la merde et ça, il ne te le pardonnera pas, résultat des courses, tu perds le truc de vue...

Bref, par la décomposition de 6 en facteurs premiers, on obtient la suite des deux premiers nombres premiers (2, 3) dans la progression arithmétique. Comme tous les produits de deux nombres premiers, 6 n’est divisible que par ces nombres. Et il s’agit d’un nombre pair, comme tous les produits dont au moins un des facteurs premiers est 2.

D’une façon générale, 6 entretient avec 3 des rapports et trois étroits : par exemple, un cube a six faces, mais c’est aussi une élévation à la puissance 3 et de plus, on obtient 6 en additionnant les trois premiers nombres de la progression arithmétique (1+2+3), ou encore en additionnant les deux premiers nombres pairs de cette même progression (2+4), mais bon, ça, j’aurais dû l’enlever du paragraphe qui cause de 3.

Notons encore que 6 est le premier nombre à exiger deux mains de ceux qui comptent sur leurs doigts, tout en étant le premier nombre pentagonal centré après un.

Quoi, « Après un quoi ? ». Ben, après 1, quoi, qu’est-ce que tu peux être lourde, bon sang !

19/07/2017

Naaah, j'déconne (Saison I)

5.jpgDeuxième nombre premier de Fermat, et un des cinq nombres de Fermat dont on est sûr qu’ils sont premiers, 5 est aussi le sixième nombre de la suite de Fibonacci. Accessoirement, 5 est aussi le seul nombre premier à être le jumeau de deux autres nombres premiers : 3 et 7.

Tous les nombres divisibles par 5 se terminent obligatoirement par 0 ou par 5 ; et tous les nombres se terminant par 0 ou par 5 sont nécessairement divisibles par 5.

Par ailleurs, 5 est aussi un nombre de Pell (les burnes), mais si tu as pigé à quoi se rapporte effectivement la suite de Pell (le jonc), je t’adresse mes félicitations admiratives. Plait-il ? Ah ouais, super sympa, mais là, euh, j’ai laissé du lait sur le feu...

07/07/2017

Chilouvision : Raide Boule

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Tout le monde sait que tu aimes le foot, ma passionnée, mon inconditionnelle, ma fanatique. Et que dès lors, ce premier match sérieux de préparation avait requis toute ton attention. Pourtant, ainsi que ne le manqueront pas de souligner tous les grands connaisseurs, ces matchs amicaux d’avant-saison ne signifient pas grand-chose. Sauf que, comme le faisait remarquer la bonne du boulanger avant de nettoyer les cabinets, on a bien dû constater qu’il y a du pain sur la planche.

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Dans une Red Bull Arena bien peu garnie, le Sporting de ce vendredi soir nous a effectivement rappelé de manière désagréable, celui qui nous avait fait mal aux yeux en septembre 2016 : une circulation de balle d’une pauvreté confondante, des hésitations défensives coupables et un Matz Sels semblant glisser sur la même pente que le malheureux Davy Roef d’il y a dix mois. On ajoutera à cela que le brassard de capitaine sembla bien lourd à porter pour Leander Dendoncker visiblement orphelin de Tielemans, que Spajic est loin de sa forme de la saison passée, et que Kums ressemble à un N° 10 comme un fer à repasser ressemble à une Formule 1.

Au rang des circonstances atténuantes, on dira que les Autrichiens parurent nettement plus avancés dans leur préparation, les combinaisons lumineuses s’enchainant en un temps avec une facilité dérisoire devant un entrejeu anderlechtois statique et peu convaincant. Reconnais-le, 3-0 à la mi-temps, cela eut le don de sévèrement te défriser la toison pubienne. Plait-il ? On n’est plus dans les seventies, tu t’étouffes la touffe ? Eh bien, tout mon respect à Gillette, la perfection au masculin.

Là-dessus on est en deuxième mi-temps et ces autres chiens tapent d’emblée sur la barre... Bon, on ne va pas encore un peu se décider à hausser le rythme ? Si, puisque Stanciu – plutôt transparent jusque là – inscrit enfin le but d’ouverture pour le Sporting à la 50ème, peu après (ou avant, n’sé plus) que Sowah fut monté au jeu pour Obradovic.

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Quelques minutes plus tard, Teo tire sur le gardien de but adverse consécutivement à une erreur de défense des sales bourgeois... Ça s’animerait enfin du côté Mauve ? Presque : après un but de Teo annulé pour un off side plutôt douteux, Red Bull remet ses ailes en place en profitant d’une sortie tardive de Sels. Dans la foulée, Ganvoula remplace Teo, Deschacht prend la place de Delcroix, Kums disparait au profit de Hanni, Chipciu se substitue à Bruno, et ainsi de suite supplée et cætera dans le carrousel habituel mais désarçonnant des matchs de préparation.

170707 Chilouvision Raide Boule 3.jpgLe Sporting termine le match nettement mieux qu’il ne l’a commencé, avec entre autres, une tentative lointaine mais très dangereuse de Gerkens. Toutefois, disons-le tout net, ça te fait une belle jambe, ma podagre, ma jatte enculée, ma pute hantée...

Au rayon des satisfactions, on notera surtout les nouveaux maillots away : d’une part, portés sur des shorts mauves, ils sont déjà moins pires que sur des blancs et de l’autre, ils permettent de différencier facilement les joueurs qui se donnent à fond de ceux qui ne sont venus que pour figurer sur la photo d’avant match. On aura néanmoins noté la bonne tenue de Hannes Delcroix et l’entrée au jeu énergique de Manu Sowah, de même que l’activité déployée par Stanciu une fois qu’il put retrouver sa véritable place de soutien d’attaque.

Pour le reste, René, retrousse-toi les manches : le chantier n’est certes pas plus effrayant que celui d’il y a un an, mais il n’empêche que chantier il y a. Espérons seulement que tu mettras autant de cœur à relever un défi moins difficile et donc moins valorisant...

 

05/07/2017

Les Gens sans Foot : Plus que 17 fois dormir

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Chaque année, c’est la même rengaine : dans un premier temps, tu accueilles la trêve estivale avec une certaine dose de philosophie, ma sagesse incarnée, ma grande pragmatique, ma fataliste résignée. L’entre-saison te donnera l’occasion de déployer des activités essentielles que l’empilage des matchs et le stress de la fin du championnat t’avaient fait négliger. Comme par exemple, ranger le tiroir à chaussettes parce que tu en as marre de mettre toujours les mêmes sept paires, semaine après semaine au fur et à mesure des lessives ; ou encore, laver les vitres de la chambre car franchement, c’est à peine si on voit encore à travers et si tu ne t’y mets pas en été, ce sera reparti pour un an. Éventuellement, tu en profiterais volontiers pour déménager mais bon, si le courage est une qualité, la témérité est un défaut, et vu le boxon que tu as accumulé depuis le temps que tu crèches ici, laisse tomber.

170705 GSF Plus que 17 fois dormir 2.jpgPuis juin arrive. Tu profites tant que tu le peux des longues et douces soirées que te propose l’été, mais voyons les choses comme il convient : à force de t’asseoir dans ces fauteuils de terrasse inconfortables, tu commences à avoir les fesses douloureuses, sans compter que picoler tous les jours pour se rafraichir, ça tape à la fois dans ta tête et dans ton cuir.

Alors, tu te remets à lire les gazettes. Avouons-le, ce n’est pas ce qu’il s’y raconte qui réussit à t’occuper réellement l’esprit, surtout que la campagne de transferts du Sporting a été rondement menée et que plus personne n’attend de véritable surprise sur ce plan.

Parallèlement, tu suis toujours les réseaux sociaux, mais sans parvenir non plus à te passionner pour les dernières nouvelles de demain dont ils t’abreuvent. Attention, tu y apprends des choses intéressantes, mais comment dire... Si je me fais bien comprendre, tu vivais aussi bien sans savoir que le gardien de but de Tubize avait signé à Metz, par exemple.

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Heureusement, il y a Wimbledon. Mais je te connais, ma pointilleuse, ma chipoteuse, ma poildecuteuse : le grand tournoi anglais ne vient pas à la cheville de Roland Garros dans ton esprit. « Ça va trop vite, les jeux sont bâclés sans qu’on n’ait droit aux terribles rallies de la terre battue, c’est pas rigolo ». Amen... Dès lors, il ne te reste plus que le Tour de France.

Cela te plait déjà plus, bien que traditionnellement, les premières centaines de kilomètres ne soient que de gentils échauffements préparatoires aux étapes de montagne qui te font saliver à l’avance – surtout que ce n’est pas toi qui roules.

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Tiens, à l’issue de l’arrivée tumultueuse à Vittel, Sagan s’est fait jeter dehors avec un gros carton rouge pour avoir balancé sévèrement Cavendish dans les balustrades. « C’est con », réagis-tu. Car tu l’aimes bien avec son sourire comique, ses longues douilles et l’arrogance amusée avec laquelle il répond aux interviews dans son broken english.

Ben ouais, mais il y a des trucs qu’on ne fait pas à certains endroits. On le sait, les sprinters se conduisent comme des voyous : on se frotte, on se balance des sales coups en douce, on se barre mutuellement la route, le tout lancés à 70 km/h. Mais envoyer dinguer un collègue dans des barrières métalliques et lui occasionner par la même occasion, une fracture à l’épaule, c’est quand même très incorrect.

Plus que dix-sept fois dormir avant que la saison ne reprenne... Tu as lu des trucs sur Facebook, au milieu des rébus avec lesquels d’aucuns passent le temps et qui, passagèrement te font gentiment rire : tu sais que certains n’iront pas voir le Sporting disputer la Supercoupe contre Zulte Waregem ce 22 juillet. Tu te demandes comment ils font... Pour ta part, tu attends d’ores et déjà avec impatience, ce vendredi 7 et le match amical télévisé que les Mauves joueront en Autriche.

Non que cela te passionne plus que le reste, mais il te tarde de voir à quoi l’équipe ressemblera... Globalement, les gens s’en foutent évidemment, mais pas toi !

23/06/2017

Chilouvision : Caisse à dire ?

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Je vais te faire une danse confite, ma mijotée, mon ébouillantée, ma transpiratrice : j’en ai plein le euh... dos. Ras la patate de ces caisses dans lesquelles je dispose les trucs, les machins, les choses que je décide de conserver, de ces sacs poubelles dans lesquels je vire le reste, de ces souvenirs qui m’assaillent à chaque armoire que je vide, à chaque placard que j’attaque, pour ne pas te parler des tiroirs que je découvre. Vraiment, je suis sursaturé de tous ces objets dont l’existence eut probablement une justification à un moment, mais auxquels j’ai trop longtemps foutu la paix depuis, ainsi que de la poussière domestique que je soulève en remuant ces vieilleries, et qui vient se coller à ma peau moite de caniculé de juin.

Car si tu ne le savais pas encore, je te l’annonce : je déménage. Je bouge, je m’évacue, je calte, je dégage, je me taille, je me casse, je m’évapore, je me dissipe, je me prends par la main, bref je m’en vais le ferrailleur, c’est bath ailleurs.

Bah, ça arrive à tout le monde : on est sédentaire mais pas ad vitam æternam... Toutefois, après plus de vingt ans passés dans une vaste maison où il y avait toujours l’espace qui convenait pour ne pas jeter quoi que ce soit qui pourrait être utilisable un jour, sait-on jamais, ai-je réellement besoin de t’exprimer l’ampleur de la tâche à laquelle je me suis attelé ? Tu dis ? « Non » ? Il me semblait bien...

Donc, pendant que tu es apparemment terriblement occupée à supputer – cela signifie ‘évaluer’, no offense, ma chienne lubrique, ma trainée lascive, ma frénétique nymphowoman – de quels transferts René Weiler aurait encore l’usage ou quels joueurs décideront d’aller respirer un air différent de celui de Neerpede d’ici à la fin août, j’ai décidé unilatéralement et à l’unanimité plus ta voix, de m’offrir un petit break en matant Cameroun – Australie en ce chaud jeudi 22 juin. Plait-il ? En Coupe des Connes Fédérations, en effet... Si ça te dérange, dis-le. Ça ne changera rien, mais tu as le droit de t’exprimer, on est en démokratie.

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À dire vrai, je m’attendais au départ, à une sérieuse opposition de style : d’un côté je croyais, un peu naïvement dois-je bien reconnaitre, pouvoir me délecter du foot chatoyant et versatile propre à l’Afrique Noire, tandis que, toujours dans mon esprit, l’Australie n’allait pas manquait de pratiquer le jeu direct et généreux à l’excès que le Championship anglais symbolise si bien.

Si je ne m’étais pas vraiment gouré en ce qui concerna les Aussies, en revanche, je m’étais carrément collé le doigt dans l’orbite au cul l’air à propos du Cameroun, décidément déjà porteur de la marque de notre très cher Hugo Broos – un des rares joueurs que j’ai vus à l’œuvre et qui était capable de disputer un match entier sans jamais toucher le ballon (en revanche, les chevilles et les protège-tibias de ses adversaires...).

Verdict pour les Camerounais : plus Européen comme jeu, tu meurs. Après cinq minutes, on avait pigé : le match s’est résumé à une succession de duels au couteau et de petits coups plus ou moins en douce, portés sous le regard bien complaisant d’un arbitre peu à son affaire – et de plus, guère aidé par un vidéomane qui avait sans doute testé la vodka locale. Car accorder un pénalty sur un sliding tackle très pur, dont l’auteur frôle un Aussie – lequel en profite bien sûr pour s’effondrer comme un terroriste se dégustant une rafale en pleine Gare Centrale –, ça m’a paru un peu exagéré pour le dire poliment.

Pour m’exprimer de façon claire, l’ensemble me donna envie de retourner à mes cartons et à mes bandes collantes, et surtout pas de m’accorder une nouvelle pause afin de mater Allemagne – Chili ce soir. Tu dis ? Vu l’allure de leur pays, les Chiliens seront désavantagés par la largeur du terrain ? Putain, l’étang sont durs, comme on dit quand il gèle à pierre fendre...

Hmmm ? Le résultat ? Ah oui, 1-1 : un but en contre, assez joli des Camerounais en toute fin de 1ère mi-temps, contrebalancé par le pénoche des Australiens, que je t’en ai déjà causé à propos de l’explication du sujet auquel il se rapporte – le concernant, si je me fais bien comprendre.

En d’autres termes, tu as bien fait de rester assise à cette terrasse, il n’y avait pas de quoi fouetter une belle-mère, surtout par ces chaleurs – sans blague, elle croit que c’est fête tous les jours, celle-là ?

22/05/2017

Chilouvision : No comment (ou presque)

On se plaint parfois du niveau de la Jupiler League. Et on a raison : déjà, faire disputer la finale de la Coupe avant le début des play-offs ne ressemble à rien de connu. Tant qu’à faire, pourquoi pas en tout début de saison, de façon que le vainqueur puisse prendre l’entièreté du championnat par dessous la jambe ? Ce serait cool ! Avec déjà sa qualification européenne, le club en question pourrait se contenter de faire juste ce qu’il faut pour ne pas être relégué : le stress étant l’ennemi de l’homme – et de la femme aussi, mon inquiète, mon anxieuse, ma rongeuse d’ongles – ce serait autant de pris dans la quête de cette zenitude à laquelle tous nous aspirons.

Que dire alors de la manière de laquelle se terminèrent ces play-offs ? Scandaleux ! Non seulement la dernière journée ne servit qu’à départager deux équipes à dominante bleue dont je viens d’oublier les noms – ce n’est pas grave, ça me reviendra –, mais de plus tout cela fut complètement désorganisé : champions à l’extérieur, sans blague... Mais que font les arbitres ? Ils attendent l’aide vidéo ? Eh bien, ça promet : la saison prochaine, le Sporting sera champion en mars !

Bref, ci-après, quelques photos soigneusement tripotées car si on s’accorde globalement à me trouver du talent – tu dis chérie ? Eh bien ouvre la fenêtre ! –, il se trouve probablement ailleurs que dans mon appareil pornophotographique.

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Merci à Pat, d’Anderlecht Online pour cette photo. La prochaine fois, toutefois, si tu pouvais un peu me bronzer tout en atténuant le hâle de mon pote Mike, merci d’avance...

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Chris, tu nous manques, bon sang ! Reviens faire la fête avec nous, ton absence était la seule ombre au tableau de cette saison si spéciale...

 

19/05/2017

Chilouvision : 90 minutes pour rire

C’est parti ! D’après un de ses cousins, Massimo Bruno serait en contacts très avancés – ne comprends pas ‘avancés’ au sens de ‘30% de remise car la date approche’, ma malicieuse, mon ironique, mon sarcasme ambulant – avec ....................................................... (je te laisse de l’espace afin que tu puisses indiquer le nom d’un club qui te paraitrait éventuellement peu improbable, mais n’en profite pas pour me saloper mon texte, merci d’avance).

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170519 CV 90 minutes pour rire 2.jpgCar c’est désormais chose faite : la saison est pratiquement terminée. Et donc, le Sporting vient de remporter le 34ème titre de son histoire. Tout le monde Mauve en est ravi évidemment, tandis qu’ailleurs, on met en avant le fairplay en reconnaissant les mérites de l’équipe, du staff, de la direction, du personnel de nettoyage, du concepteur des pompes à ballon, etc. Enfin, en apparence du moins. Car in petto, c’est donc bien là qu’ils l’ont ! Toutefois, antisportifs comme tu les sais, ils se garderaient bien de tirer la gueule, ne serait-ce que pour ne pas encore augmenter ta joie d’avoir gagné, du plaisir de les avoir vus perdre.

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Rappelle-toi, ma chenue, ma décatie, ma vieillasse : le premier succès Mauve fut conquis à l’issue du championnat de 1947. Il y a donc cinquante-vingt ans, comme devraient dire nos amis français s’ils faisaient preuve d’un minimum de cohérence dans leurs délires numériques usuels. Ce qui fait que nous nous retrouvons face à une véritable abomination, un évènement d’une infinie tristesse, un sacrilège épouvantable : non, le Sporting n’est plus champion une année sur deux. Pour nous retrouver pile dans la moyenne, il faudra que René se retrousse sérieusement les manches et nous offre encore deux titres, en 2018 et en 2019.

Sérieusement, souviens-toi de la fin de « Fais pas ta crise ! », qui racontait les play-offs 2013-14 :

170519 CV 90 minutes pour rire 3.jpgOlga termine l’après-midi avec la gorge en feu à force d’avoir chanté à tue-tête ‘We are Anderlecht’ et compagnie. À un point tel qu’elle se plaint auprès du Maitre.

–    Moi très mal gorge », fait-elle dans un chuchotement tant elle a l’élocution douloureuse.

–    Allons bon ! », lui sourit le Maitre avec bienveillance. « Ouvrez donc la bouche bien grande et faites-moi voir cela ! »

–    Toi pas docteur ! », proteste faiblement la Polonaise.

–    Moi pas docteur, mais toi faire comme je dis ! Putain, est-ce que vous croyez vraiment qu’il faut dix-huit diplômes universitaires pour diagnostiquer une angine ou une laryngite ?

Elle voudrait encore regimber, ne serait-ce qu’au motif qu’il est méchamment sous l’influence de la bibine, mais parler lui demande trop d’efforts, aussi se résout-elle à offrir au Maitre le panorama de ses amygdales.

–    Dites trente-trois ! », lui ordonne-t-il.

–    Kurwa ! », explose-t-elle en refermant la bouche si vite que le Maître a tout juste le temps de se mettre les doigts à l’abri. « Moi pas encore arrêté de dire ça tout l’après-midi ! »

Franchement, René, tu ne vas pas nous laisser avec sur les bras, un nombre aussi bidon que 34, j’espère ! Qu’est-ce que tu veux qu’on foute avec un truc pareil ? Quoi ? Z’est teux vois tix-zept ? Ben ouais et après ? En dehors du fait que le produit de deux nombres premiers n’est divisible que par ces deux nombres et qu’un nombre premier n’est divisible que par lui-même et par un mais ça, ça ne compte pas car 1, c’est un facteur neutre dans toute division qui se respecte, tu trouves quoi de bien à ce genre de connerie ? 

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D’une façon générale, on entend çà et là, les plaintes de certains qui n’ont pas apprécié la manière que ce Sporting #SwissMade a employée pour s’adjuger ce 34ème. Chacun est libre d’exprimer son avis bien entendu – encore que certains devraient bénéficier d’un peu moins de latitude que d’autres, si tu veux mon avis.

Pour ma part, je considère que Yannick Ferrera a entièrement raison quand il déclare en substance : « Un entraineur dont l’équipe perd trois fois d’affilée, est dans le dur : après un 0/9, plus personne n’a droit à l’erreur. Et comme remplacer une équipe est impossible, c’est lui qui sautera ». Dès lors, un homme intelligent adapte ses visées en fonction des qualités et des défauts du personnel humain dont il dispose. Si René Weiler a fait jouer le Sporting comme ce fut le cas, c’est qu’il estima que c’était de cette manière qu’il pourrait obtenir le plus de son noyau, tout le reste n’étant que discussions de bistrot tenues par des analystes qui ne risquent pas grand-chose à faire la grimace quand le jeu proposé n’est pas conforme à leur façon de voir.

Quoi qu’il en soit, j’ai vu cette saison, un véritable team à l’œuvre pour seconder un véritable coach moderne, et non plus un entraineur à l’ancienne mode, qui ne s’entourait de l’un ou l’autre adjoint que dans le souci de ne pas tout le temps être lui-même sur la brèche.

Il est clair que René Weiler est en effet sur la même longueur d’ondes que David Sesa, son adjoint principal, et que les deux sont très à l’écoute de Thomas Binggeli, qui est le plus proche des joueurs. Cette façon de gérer le groupe, avec un relai, correspond effectivement à une manière moderne de voir les choses : elle permet au T1 et au T2 de garder une certaine hauteur, tout en restant parfaitement à l’écoute. Elle évite des mouvements d’humeur par rapport à l’entraineur principal en utilisant une courroie de transmission sachant relativiser les choses tout en trouvant les paroles et les attitudes qui conviennent afin de maintenir et de développer la motivation de ceux qui jouent moins.

Il existe évidemment, une figure de proue, en la personne de Weiler himself, mais l’importance du reste du staff ne m’avait jamais parue si développée à Neerpede. Car il est tout aussi évident que Nicolas Frutos et son travail avec les attaquants, tout comme Max De Jong et la manière de laquelle a été résolu le problème du gardien de but, sont à associer dans le succès de cette équipe au-dessus de l’équipe. Succès, on ne le rappelle plus assez ces temps-ci, qui passa aussi par une très belle et très enthousiasmante campagne européenne.

Il n’en reste pas moins que la saison 2016-2017 appartient d’ores et déjà au passé. Et que, si arriver au top est difficile, s’y maintenir est encore bien plus compliqué... L’avenir nous dira si René Weiler et sa bande réussiront à remporter ce lourd challenge. Dans l’attente, il nous reste encore deux fois quarante-cinq minutes pour savourer leur (notre) beau succès.

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Sachant que tu es une amoureuse éperdue des trajets ferroviaires, ma wagonneuse, ma rail-passeuse, ma locomotive d’or, tu sais aussi bien que n’importe quel resteuf à képi qu’un train peut en cacher un autre. Or donc, le nouveau titre du Sporting a éclipsé une nouvelle d’une grande importance pour tous ceux qui considèrent qu’en ces temps électroniques, nos libertés individuelles sont bien trop souvent mises sous pression.

Dans un sursaut de dignité en effet, le Ministère Public suédois vient de décider qu’il convenait de laisser tomber l’accusation particulièrement bizarroïde de viol à l’encontre de Julian Assange. Fondateur et cheville ouvrière de Wiki-Leaks, l’Australien représente une véritable punaise fichée dans les fesses des gouvernements en général et de l’administration américaine en particulier. Dans ce contexte, très nombreux furent ceux qui considérèrent que cette grave accusation tombait réellement un peu trop à point pour qu’elle fût crédible. Pour en savoir plus sur la vie et sur l’action de Julian Assange, n’hésite pas à te taper ‘The Fifth Estate’, un film pas exceptionnel mais très regardable de 2013 réalisé par Bill Condon.

Pratiquement dans le même temps, on apprenait la libération de Chelsea Manning... À quand, l’absolution pour Edward Snowden ?

 

13/05/2017

Mixed Zone : Joli mois de mai

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Tu te souviens de l’après-guerre, baby ? Quoi ? Ah oui, juste, t’étais panée...

On a vécu dans une ambiance bizarro, jusqu’en mai 1968, quand est venue la grande révolution des mœurs, quand enfin, on a pu se fringuer comme on en avait envie, porter des cheveux de la longueur qui nous plaisait et envoyer se faire foutre toute une série de tabous d’un ridicule achevé. Quand enfin aussi, le monde dirigeant a commencé à avoir la pétoche de la populace qu’on était, et s’est dit qu’il lui faudrait prendre un peu plus en considération la manière de laquelle on avait envie de vivre – ou plutôt la façon de laquelle on ne voulait plus vivre.

Quand je te cause d’une ambiance bizarro, je ne tape pas à côté du clou : au début des années 1960, on avait connu les grandes grèves. Secrétaire Général de l’OTAN mais socialiste convaincu, l’ancien Premier Ministre Paul-Henri Spaak n’avait pas hésité à monter sur des assemblages de cageots pour haranguer la foule – ce qui n’avait pas manqué de choquer ma mère qui, si elle se montrait globalement d’accord avec ce qu’il disait, trouvait néanmoins cette attitude déplacée.

 Destiné à l’origine, à contrer l’austérité – eh oui... – prônée par un gouvernement de droite suit à la décolonisation du Congo, le mouvement était aussi revendicateur car la reconstruction avait marqué l’époque du sceau du plein-emploi. Mais d’une façon générale, il a surtout montré en définitive, qu’une grande partie de la population en avaient marre de subir en continu le diktat de conventions d’un autre âge en fonction desquelles on fermait sa gueule devant tout ce qui portait un képi ou même un chapeau, on se fringuait comme il faut le dimanche car c’était le Jour du Seigneur, etc. Parce que le catholicisme rigoureux et pontifiant persistait dans son rôle de donneur de leçon alors que les découvertes scientifiques se succédaient et pointaient du doigt le fatras de mensonges que l’Église avait accumulés au cours des siècles pour maintenir le bas-peuple dans l’ignorance crédule des moutons prêts à se faire tondre – ou égorger – en toute occasion.

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Puis survint la Crise des Missiles de Cuba. J’entends encore papa s’écrier « Bon, d’accord, on va de nouveau se retrouver en guerre, mais franchement, acheter cinquante kilos de sucre et des pâtes et de la farine à ne plus savoir où les stocker, est-ce vraiment raisonnable ? ». Je m’étais posé des questions. On avait la télévision à la maison, mais la RTB et la BRT étaient encore dans l’enfance et on ne captait la télé française que quand il n’y avait pas trop de nuages dans le ciel. Je ne savais pas du tout ce qu’était avoir faim – il me faudrait encore vivre durant plusieurs années avant de le savoir... – et je ne pigeais pas le moins du monde à quel motif il convenait de faire des provisions. D’autant plus que le paternel avait ajouté, sinistre, « De toute façon avec une bombe atomique sur le coin de la figure, la question sera vite réglée », avant de me passer la main dans les cheveux d’un air apitoyé.

Conséquence logique, les gueules s’allongèrent encore un peu plus, phénomène qui culmina quand on apprit l’assassinat en 1963, de John F. Kennedy, dont l’allure de jeune premier avait fait naitre des espoirs – bien naïfs – de nous voir enfin libérer de l’emprise des vieux croûtons qui faisaient la pluie et le beau temps en Europe.

170512 TZ Joli mois de mai 3.jpgPourtant, des fragrances sinon révolutionnaires, du moins révélatrices d’un besoin de liberté flottaient dans l’air. Les Beatles avaient popularisé la mode des cheveux longs – pour l’époque – et ça ne plaisait pas à tout le monde. Je me souviens encore qu’un monsieur âgé s’était levé précipitamment alors que je venais d’entrer dans un tram en me disant « Je vous en prie, mademoiselle, prenez ma place ! ».

Mais l’indignation outrée de ceux qui incarnaient tout ce dont on ne voulait plus, ne servit à rien d’autre qu’à alimenter la révolte. Et mai 68 survint : ‘Sous les pavés, la plage’, ‘Il est interdit d’interdire’, ‘Faites l’amour, pas la guerre’ – ne ris pas, ma blasée, mon ironique, ma connasse, c’était neuf à l’époque et ça faisait férocement grincer des dents du côté des culs bénits et des grenouilles de bénitier.

Soudain, le pouvoir de la rue faisait plus que trembler sur ses bases, la gérontocratie ultra-catholique française personnifiée par le Général de Gaulle, tandis que, bien aidée par la commercialisation de la pilule anticonceptionnelle, toute une génération voulait vivre la ‘Libération Sexuelle’ de Wilhelm Reich.

D’un seul coup, la vie prenait un autre sens. Des voix insistaient pour que les gens simples aient plus de contrôle sur le monde politique, cependant que, bien que vainqueurs en définitive, les conservateurs, les arriéristes et les réactionnaires de tout poil, faisaient profil bas.

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J’ai eu 16 ans en 1969. Dois-je vraiment t’en dire plus ? J’ai vécu depuis lors en suivant scrupuleusement des principes de vie dont je ne me déferai pas :

Œ   Ne fais jamais confiance à une personne de plus de trente ans – d’âge mental, ai-je égocentriquement corrigé depuis – car elle a perdu sa fraicheur, sa candeur et son honnêteté en se faisant avoir à de trop nombreuses reprises.

  Mon corps n’est pas sale au sens où le monde bien pensant l’entend. La nudité en soi n’a rien de vulgaire ni de répréhensible. Seuls des esprits mal tournés et déviants peuvent y voir ce qu’ils appellent honteusement une ‘incitation à la débauche’. La débauche, la vraie, consiste à vouloir faire faire à des gens, des choses dont ils n’ont pas envie – comme par exemple, se faire tirer une pipe par un enfant de chœur.

Ž L’amour physique bien compris rapproche les gens les uns des autres et fait naitre entre eux, une forme d’affection que seules de nombreuses années peuvent éroder. En revanche, la fidélité sexuelle obligatoire ne repose sur rien d’autre que des conventions dérisoires. Dans l’absolu, si je t’aime, je n’ai envie de personne d’autre. Mais qui suis-je, pour vouloir que tu éprouves à mon égard, les mêmes sentiments ?

  L’argent salit tout, des amitiés les plus tenaces à la vie elle-même, en passant par l’amour du travail que tu exécutes. La prostitution consiste à faire quelque chose que tu n’aimes pas faire, avec pour seul objectif de ne pas crever de faim ou pis encore, par peur de t’exposer aux sanctions des salopards de souteneurs de tout ordre qui ricanent en t’ensevelissant sous les coups ou les recommandés – on cicatrise plus vite des premiers.

 

Dès lors, quand je vois qu’on a laissé au fil du temps, les maquereaux s’en foutre plein les poches en ponctionnant sans vergogne, des entreprises qui étaient supposées nous permettre de vivre mieux comme les intercommunales, ou quand j’apprends, ébahi, que des jeunes sportifs prennent – en 2017 ! – leur douche en slip par peur d’on ne sait quoi, j’ai envie d’aller mettre le feu aux églises, aux mosquées, à tous ces endroits où des sales enculés prennent plaisir à déboussoler des enfants. Ou à aller dynamiter les tristes palaces dans lesquels nos hommes politiques démocratiquement élus, comptent leurs millions malhonnêtes.

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Mais certainement pas à voter pour l’extrême-droite. Car le monde était peut-être plus cool avant, mais vraiment pas à l’époque à laquelle ces merdes réactionnaires voudraient nous voir revenir.

 

11/05/2017

Troubled Zone : Terrorisme

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Dimanche dernier, je m’en vais admirer la splendide performance du Sporting contre Zulte Waregem. Quoi ? Dans toutes les gazettes, tu as lu que le match était nul à chier ? Ouais, les journaleux exagèrent toujours un peu, dans un sens ou dans l’autre : il leur faut des titres ronflants sinon leurs feuilles de chou se vendent moins bien que les torchons de la concurrence et ils se font virer...

Donc, match au stade Constant Vanden Stock. Odeurs de saucisses en train de cramer, parfums de frites, gobelets de bière, je ne te fais pas un dessin, le jour où tu as envie de voir à quoi ça ressemble, je te donne l’adresse de la billetterie du club. À l’embranchement de l’avenue Théo Verbeeck, ma fliquette préférée est en grande conversation avec deux militaires qui semblent s’emmerder comme des rats morts dans l’ombre d’un blindé haut sur pattes. Comme d’hab...

Bisous, bonjour messieurs, on vous racontera les goals en revenant, sourires indulgents, tchaow.

À l’entrée, un panonceau nous rappelle que les sacs de quelque sorte que ce soit, sont interdits dans l’enceinte du stade. Puis c’est la fouille... Bon, depuis le temps que ça dure, on finit par se reconnaitre. Je me dispense donc de mon « La dernière fois, c’était une jolie blonde, elle est malade ou quoi... » que tout le monde a fini par comprendre, même celui qui me fouille, puis je me dirige vers ma place du pas conquérant qui ne cesse de t’émerveiller, mon admirative, ma fervente, ma présidente de mon fan-club.

En marchant, une réflexion malsaine s’impose à moi : j’aurais eu, glissé dans ma ceinture contre mon dos, un bon vieux Colt Python ou même le costaud Herstal GP de mon service militaire, que personne ne s’en serait aperçu. Rien de bien surprenant, en vérité : on sait depuis toujours que les mesures exceptionnelles doivent le rester. À partir du moment où elles font partie de la vie courante, la nature humaine s’en accommode, elles deviennent routine et on les bâcle. Parce que franchement, palper des mecs à la chaine, ça fait chier, et pas que ceux qui sont fouillés. Tu dis ? Tsss... On est en 2017, l’homophobie c’est mal.

Quelque part, donc, je me dis que les terroristes ont loupé leur coup... Puis je repense à ce film des années 1990 et à son contenu, qui m’avait fait dresser les cheveux sur la tête.

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Condamné à la prison à vie pour avoir fomenté l’attentat de Peteano[1], le terroriste italien d’extrême-droite Vincenzo Vinciguerra déclarait en 1992[2] :

« Peteano était un acte de guerre, dont la motivation est simple à comprendre. Le corps de police et le pouvoir politique qui ont la mainmise sur les services secrets et sur les forces de sécurité, ont manipulé le néofascisme italien, et ce depuis longtemps – je dirais 1945 ou 1946. Peteano représentait un acte de révolte contre cette manipulation. C’était une vengeance contre l’État.

« Quand on était militant de [l’extrême-] droite, on n’était pas supposé attaquer l’État ni ses représentants. Au contraire, on devait s’en prendre à des civils, à des femmes, à des enfants, à des innocents complètement étrangers à la sphère politique. Afin qu’ils se tournent vers l’État et lui demandent d’assurer leur sécurité.

« C’était précisément le rôle dévolu à la droite [extrême] en Italie. Elle s’était mise au service de l’État qui avait lui-même conçu ce que l’on a appelé la ‘Stratégie de la Tension’. Le but poursuivi était de faire accepter à la population, le fait qu’à n’importe quel moment entre 1960 et le milieu des années 1980, on aurait pu proclamer l’état d’urgence. Dans un tel contexte [de peur], les gens auraient échangé volontiers une partie de leurs libertés contre plus de sécurité, pour pouvoir sans crainte, marcher en rue, prendre un train ou entrer dans une agence bancaire.

« C’est la logique politique qui a sous-tendu tous ces attentats à la bombe. Et s’ils sont restés impunis [pour la plupart], c’est seulement parce que l’État ne peut pas se condamner lui-même ».

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Toute ressemblance avec des faits s’étant passés nettement plus récemment ne peut être que fortuite : l’Histoire n’est pas supposée repasser les plats. Quoique... Le niveau d’alerte 3 qui perdure indéfiniment à un point tel que les militaires en armes font désormais partie du paysage des stations de métro, les écoutes téléphoniques banalisées, la suppression du secret bancaire, les fouilles dans les gares et dans les aéroports... C’est dans le but de garantir notre liberté, évidemment !

 

Plait-il ? Le match ? Bah, 2-0. Le Sporting n’a pas été terrible mais par le passé, on perdait des points dans ce genre de rencontre.

 

[1] Attentat de Peteano : Le 31 mai 1972, le commissariat de Peteano, village du nord-est de l’Italie, reçoit un appel téléphonique anonyme signalant la présence d’un véhicule au pare-brise criblé de balles le long d’une route de campagne. Dépêchés sur place, trois policiers sont tués par l’explosion de la voiture.

[2] Operation Gladio, film documentaire (1992) d’Allan Frankovich.

24/04/2017

Chilouvision : René, t'es un gros menteur !

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Tu te rappelles la colère – rentrée, hein, c’est pas le genre à se laisser aller – de René Weiler en début de saison, mon archiviste, ma mnémonique, mon historique ? « Ach, gu’est-ze gue z’est, za, le fußball jambagne ??? »

Il n’avait pas poursuivi sur sa lancée car il connait le poids des mots, mais ça se lisait tellement dans son regard que tu avais complété : « Afeg guoi ils fiennent, zes gons, alors gu’ils n’ont même bas une éguibe qui dient la roude ! Der Teufel, zi on arrife à ze blazer tans leur voudus blay-ovvs, za zera téchà un miragle ! »

Je te l’ai déjà dit, je connais la mentalité des Suisses alémaniques. Mais là, ce dimanche 23 avril, j’en ai découvert une facette qui m’a laissé pantois. Car Weiler a menti. Deux fois : non seulement, il a déclaré qu’il restait 18 points à conquérir, ce qui est une grosse craque, car 10 suffiront au Sporting, vainqueur de la saison régulière. Mais surtout, face aux Boeren, il a fait développer au Sporting, une des plus belles copies du football champagne que j’aie jamais pu admirer. Et apparemment, il en était très fier.

À raison, car tout y était, y compris l’intransigeance défensive : la seule véritable occasion brugeoise ne fut que la conséquence du ricochet malheureux du ballon sur un dégagement. On a même retrouvé une certaine inefficacité offensive propre au foot-champ’ car si Teo avait fait preuve de la même productivité qu’en 2016, c’est sur un score fleuve que le match se serait terminé. D’ailleurs, dans son analyse de ce matin, le bien connu et habituellement très posé Peter Vandenbempt parle d’humiliation pour Bruges.

D’une façon générale toutefois, on put remarquer l’effet qu’eurent les deux matches disputés récemment contre Manchester United : où, précédemment, les Mauves auraient payé chèrement les efforts consentis sur le plan européen, ils se sont au contraire, inspiré de ce qu’ils leur ont apporté, balayant une opposition pourtant renommée comme s’il s’était agi d’une vulgaire resucée des ‘Helden van het Gras’ – ou encore, l’hypothétique version flamande des ‘Héros du Gazon’, ma franchouillarde, mon unilingue, ma néerlandophobe.

Il n’y a plus aucun doute pour personne : le Sporting remportera son 34ème titre avant la clôture du championnat et au plus tôt le 1er mai, à l’issue de Bruges – Zulte Waregem, si mes savants calculs sont exacts. Ce serait un camouflet pour ceux qui ont inventé le système des play-offs. Mais surtout, reconnaissons que le groupe constitué à Neerpede par Herman Van Holsbeeck et façonné par René Weiler, tient foutrement bien la route.

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Ce qui n’offre de garanties sur rien du tout : dès le mois de juin, tous les compteurs seront remis à zéro et ainsi que le déclara Gary Lineker dans un de ses célèbres aphorismes, « You’re just as good as your next game », ce que l’on pourrait traduire par ‘la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain’. Qui restera en Mauve pour disputer la Champions League 2017-18 ? Qui s’en ira ailleurs pour monnayer tout ce qu’il a appris ici ? Comment réagira René Weiler s’il se voit obligé d’entamer une nouvelle saison avec un effectif amputé de ses meilleurs éléments ? Et si on parvient à garder tout le monde, quelle sera encore l’envie qui motivera ce groupe ? Mystère et boule de gomme.

« À chaque jour suffit sa peine ! », t’entends-je renauder jusqu’ici, ma rouspéteuse, ma râleuse, mon explosive. « Profite du temps présent et du foot magnifique proposé par le Sporting au lieu de commencer déjà à te faire du souci ! »

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Tu as raison bien sûr. Mais demande donc un peu à Preud’homme s’il est facile de confirmer un succès.